17/10/2013

Initiative 1:12 : Une solution éthiquement valable et économiquement intelligente



L'initiative 1:12, initiative fédérale lancée par la Jeunesse Socialiste Suisse sur laquelle nous voterons le 24 novembre 2013, demande l'instauration d'un écart salarial maximal de 1 pour 12. Autrement dit, un manager (un patron) d'une entreprise ne pourrait pas gagner plus de 12 fois le plus bas salaire de cette même entreprise. Symboliquement, cela revient à dire qu'un manager ne pourrait pas gagner en un mois plus d'un an du plus bas salaire de l'entreprise dans laquelle il travaille.

Cette initiative est une réponse au niveau très élevé qu'ont atteint les inégalités dans la répartition des revenus et des richesses produites, ainsi qu'un moyen de lutter contre les bas salaires qui ne permettent pas de vivre dignement.
Elle concerne 1% des entreprises suisses, soit les très grandes entreprises, qui sont aussi de gros employeurs (autour des 1/3 des salariés de Suisse). Elle a donc un impact positif non négligeable.

En instaurant un écart salarial maximal de 1 pour 12, l'initiative 1:12 crée une forte incitation pour les managers à augmenter les plus bas salaires de l'entreprise. En effet, pour pouvoir augmenter leur propre salaire, les managers sont contraints d'augmenter les plus bas salaires de manière quasi-automatique.
Concernant l'application de l'initiative et ses modalités, le conseiller national Jean Christophe Schwaab a traité la question ici.

Par rapport à d'éventuelles craintes concernant les rentrées fiscales ou les cotisations AVS, une étude a prouvé le contraire.
En effet, en distribuant la masse salariale plus équitablement, cette-dernière n'est nullement réduite, et continue par conséquent d'être ponctionnée.
Qui plus est, en redistribuant une part des revenus des plus hauts salaires aux plus bas salaires, on augmente le niveau général de consommation, puisque les plus bas salaires dépensent davantage (ils ont davantage de besoins non comblés que les plus hauts salaires) que les plus hauts salaires (comme ils ont moins de besoins à combler). Cela implique une hausse des recettes de la TVA, et une hausse de la croissance, et donc un rééquilibrage de l'offre en fonction de cette hausse de la demande, et par conséquent une création d'emplois.

Le grand patronat agite l'épouvantail des délocalisations, mais ce n'est qu'un artifice de propagande pour faire peur aux citoyens. En réalité, une entreprise ne va pas quitter les conditions optimales que notre pays lui offre (infrastructures de pointe, travailleurs bien formés, qualité de vie, haut niveau d'enseignement, etc.) simplement parce que leurs managers vont être payés un peu moins. Il faut bien se rappeler que ce sont les actionnaires qui sont propriétaires des entreprises, et qu'ils ont leur mot à dire.

Quant aux managers les plus cupides, il est possible que certains s'en aillent effectivement. Mais nous nous ferons une joie de les remplacer par d'autres managers moins avides, et prêts à travailler avec des conditions de rémunération équitable.

Enfin, le patron de Victorinox a bien mis en avant le grand bienfait que représente un écart salarial réduit. Selon lui, cela crée un climat de confiance et de convivialité dans l'entreprise, ce qui améliore la coopération, et in fine, la productivité.
L'initiative 1:12 a donc aussi pour conséquence d'augmenter la productivité des entreprises, et les rend ainsi plus compétitives.

On voit donc bien que l'initiative 1:12 est une réponse non seulement éthiquement valable, mais aussi parfaitement économiquement intelligente.

C'est pourquoi, le 24 novembre, votons OUI à l'initiative 1:12 !!

19:46 Publié dans Initiative 1:12 | Lien permanent | Commentaires (4) | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg

Commentaires

Bravo!

Écrit par : Madame Schellenberg | 17/10/2013

Qu'allez-vous dire aux employés qui seront licenciés parce que :

1. l'entreprise a délocalisé une partie de ses services, par exemple les pharmas
2. le propriétaire licencie pour ne pas augmenter sa masse salariale étant donné qu'il a dû augmenter quelques salaires

Ensuite, vous parlez de managers cupides qui choisiront de partir de notre pays et que vous allez les faire remplacer avec joie !

Auriez-vous peut-être oublié que ces "managers cupides" ont pris des responsabilités, ont donné du travail à des employés ?

Le problème de leurs salaires mensuels est à débattre par les Conseils d'administrations et non par une loi de plus !

Écrit par : Lise | 17/10/2013

Vous dites "Mais nous nous ferons une joie de les remplacer par d'autres managers moins avides"

Le problème, c'est que ce n'est pas vous qui allez décider de ce genre de chose. Le monde et les choix des entreprises ne tournent pas autour des idées sympboliques de quelque idéaliste.

D'ailleurs preuve en est, que même la gauche ne veut pas défendre les citoyens suisse en mettant des priorités quand nombreux suisses se retrouve au chomage. Alors si aujourd'hui on arrive pas donner des priorités sur les personnes que les entreprises doivent engager, pas sûr qu'avec le 1:12 cela améliore la situation.

Non pas que je défende les différences salariales, je ne fait que constater les repercution négative des idées "lumineuse" de certains, qui au lieu d'aider, fait que c'est toujours sur les même que ca retombe, la classe moyenne.

Et qu'en regardant l'histoire, il arrivera surement plus facilement que des managers "moins cher" soient engagé de l'étrangers pour moi cher afin d'éviter de lever le salaire du bas.

Mais le plus marrant dans tout cela, c'est que ces gens qui n'ont rien à faire des emplois suisses (et de vos idées), ce sont bien ceux que la gauche défend en traitant de xénophobe ou raciste, les suisses qui essaient de défendre leur industrie local et leur concitoyen.

Cela dit en passant, le 1:12 sera peut-être une initiative qui permettra de donner la priorité de l'emploi au citoyens suisses. Car quand la gauche verra que "son pognon" n'ira pas là où elle veut, ils n'aurons plus le choix de prendre les mesures qui s'imposeront? Et ainsi comprendre pourquoi nos anciens ont tant défendu l'économie du pays avant celle des autres (comme chaque pays le fait).

Écrit par : DdDNews | 17/10/2013

C'est une vision certes optimiste et séduisante de la société mais certainement irréaliste. Plusieurs entreprises et pas des moindres ont déjà décidé des délocalisations des organes de direction en cas de oui. D'autres vont simplement externaliser certains services - avec mandat de prestation - sur la base de montants globaux revus chaque année. Dire que cela n'aura aucun impact sur les rentrées des cotisations AVS est un doux rêve. Dire que la redistribution des revenus ainsi obtenue n'affecterait pas la fiscalité reviendrait à dire que le taux d'imposition restera le même, donc qu'on augmenterait les impôts des autres revenus les plus bas(par exemple un manager gagnant 2mios , imposé à 30% rapportera toujours plus au fisc que ce même revenu 'partagé' qui sera nécessairement imposé bien plus bas). Entre le monde idéalisé et la réalité il y a un fossé !

Écrit par : uranus2011 | 18/10/2013

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