24/05/2013

Du mauvais usage du mot « éducation » ?



Je m'interroge ces temps-ci sur l'emploi du mot « éducation ». On lit souvent en effet ces derniers temps que M. Freysinger va devenir « ministre de l'éducation ».

Pourtant, il me semble bien que le mot « éducation » fait référence à l'activité des parents de transmettre à leurs enfants un certain nombre de connaissances, d'aptitudes, et de valeurs, qui vont forger leur personnalité et leur comportement.
Éduquer n'est-il pas une tâche réservée aux parents ?

Je pense que le système scolaire ne se charge pas d'éduquer des élèves, mais de les instruire. L'instruction publique transmet certes elle-aussi des aptitudes, des connaissances, et des valeurs, mais l'instruction publique est neutre, contrairement aux parents, et agit en toute transparence et impartialité, ce qui n'est pas forcément le cas des parents, qui en outre peuvent se livrer éventuellement à une forme d'endoctrinement plutôt que d'éducation.

Ainsi, je maintiens mon interrogation quant au bon usage du mot « éducation », tant il me semble bien qu''il vaudrait mieux distinguer l'activité éducative des parents, de l'activité d'instruction des professeurs et de l'école. Ce ne sont pas forcément les mêmes connaissances qui sont transmises, ni les mêmes aptitudes, ni les mêmes valeurs, et les méthodes de transmission sont différentes des parents à l'école, sans même parler de la différence de relation qui existe, entre les parents et l'école, avec l'élève.

14:37 Publié dans Education | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg

Commentaires

Si on se met à bien définir les mots, il faudrait affiner l'usage du mot "aptitude".
A la base, c'est une "disposition naturelle", une donnée, un talent.

Je crois qu'on ne peut pas transmettre des aptitudes par l'éducation ou l'instruction, on peut seulement les développer ou les découvrir.
Il en va ainsi de la capacité à jouer d'un instrument ou de dessiner, de parler des langues étrangères ou de sauter en hauteur.
C'est justement pour cela qu'à l'école, l'éventail des activités proposées doit être assez vaste, afin que les élèves puissent découvrir quelles sont leurs aptitudes.
C'est pour cela que le seul choix de l'élève ou de sa famille ne saurait être totalement satisfaisante. Si l'école n'"oblige" pas à parcourir un certain programme, l'élève peut passer à côté de la découverte d'une aptitude.
Dans certaines familles, on a le temps, les moyens et la conscience nécessaires pour faire découvrir une vaste palette d'activités à ses enfants. Mais ce n'est pas la grande majorité.
Quand bien même j'étais née dans une famille de musiciens émérites, je pourrais avoir des aptitudes pour le foot ou le travail sur bois. Ma famille n'aurait probablement pas l'idée de m'aiguiller vers ces découvertes, toute occupée qu'elle serait à me diriger vers le solfège et la pratique de mon instrument.

La frontière entre instruction et éducation n'est pas toujours très nette.
L'école a cette dimension sociale, qui élargit l'éducation familiale. L'influence des autres enfants et le phénomène de groupe a un rôle majeur, pour le meilleur et pour le pire.

Écrit par : Calendula | 25/05/2013

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