14/03/2013

Je suis candidat !

 


Il y a 2 ans, j'étais candidat sur la liste de combat de la Jeunesse Socialiste Genevoise pour le Conseil National. C'était ma première participation à une élection, et notre campagne fut ludique (rappelez-vous nos affiches en 3D) et active (que de stands!). Nous étions toutefois peu nombreux à la JSG et une grande motivation était nécessaire pour assumer cette campagne avec si peu de forces militantes.

Samedi dernier, le Congrès du Parti Socialiste Genevois m'a élu candidat sur la liste socialiste pour le Grand Conseil, faisant taire les mauvaises langues qui disaient que mes positions radicales rendaient impossible mon élection au sein du parti (en réalité ma place en bas de liste est sûrement surtout due au fait que je suis peu actif au sein du PS, du fait de mon fort investissement à la JS). Je remercie d'ailleurs chaleureusement toutes et tous les camarades qui ont voté pour moi, me permettant ainsi de me lancer dans cette nouvelle aventure électorale.

Pourquoi me lancer dans cette élection ?

Tout d'abord, pour renforcer la représentation des jeunes qui sont aujourd'hui sous-représentés, et qui paient ainsi le prix de leur faible nombre, et de leur faible participation aux votations.
Ensuite, pour permettre à la Jeunesse Socialiste Genevoise de faire campagne aux côtés du PS tout en ayant ses propres candidat-e-s (au pluriel car ma camarade co-présidente Caroline Marti est aussi sur la liste socialiste), dont elle peut être assurée (en tout cas dans mon cas) qu'ils défendront ses idées, et notamment notre Manifeste.
Enfin, parce que je souhaite participer à la lutte électorale pour remporter une majorité de gauche au Grand Conseil, ce qui est notre objectif à toutes et tous à gauche à présent.

Il serait à présent d'usage, il me semble, que je présente quelque peu mes choix politiques et ma formation, ainsi que quelques idées politiques représentatives de mes positions, bien que les lecteurs réguliers de mon blog connaissent tout cela d'ores et déjà assez bien.

J'ai donc 21 ans, et je suis étudiant à l'université de Genève, à la Faculté des Lettres, en philosophie et en histoire générale. Avant cela j'ai fait une année en Faculté des sciences économiques en sociales, en science politique. Avant l'université, j'ai passé la maturité gymnasiale au collège de Candolle, option spécifique anglais et option complémentaire géographie, et auparavant j'ai terminé ma scolarité obligatoire au cycle de l'Aubépine. En dehors de ma formation estudiantine, je suis pratiquant de kung-fu depuis plus de 12 ans, et j'ai fondé l'association Martial Arts of Geneva qui organise régulièrement des rencontres entre pratiquants d'arts martiaux différents.

Mon engagement politique a commencé autour de mes 17 ans, quand j'ai fondé la Gauche des collèges qui rédigeait et publiait un petit journal militant, et se livrait toutes sortes d'activité de mobilisation et de conscientisation. Recruté par Olga Baranova à mes 18 ans au sein de la Jeunesse Socialiste Genevoise, j'y ai été d'abord responsable des nouveaux membres, puis secrétaire externe. Plus tard, j'ai été élu co-président de la JSG, avant d'être président unique, et à présent à nouveau co-président.
Au début de mon engagement militant, ce sont surtout les questions altermondialistes qui m'intéressaient, puis les questions écologiques, et notamment la critique que fait la décroissance (Paul Ariès, Serge Latouche, Nicolas Ridoux) de notre époque (d'où mon engagement au sein du Réseau Objecteur de Croissance genevois), mais j'avais alors un positionnement très modéré (social-libéral). Avec la crise et les témoignages réguliers sur la paupérisation croissante de l'Europe du sud, je me suis radicalisé jusqu'à adhérer au socialisme, nourri par Marx, et raffiné par Castoriadis.

Par ailleurs, j'ai participé un peu cette année à la rédaction de Pages de gauche, journal socialiste indépendant, mais j'écris surtout sur ce blog, dans le journal de la JSG la Cuite Finale, et dans le journal des élèves de science politique Troubles Obsessionnels Politiques.

Actif principalement à la JSG, je n'en suis pas moins aussi membre du PS depuis 2012. Avec quelques camarades des JS et du PS de Suisse romande, nous avons d'ailleurs fondé le Mouvement Socialiste Anticapitaliste qui vise à fédérer l'aile gauche du PS suisse.

En outre, j'ai participé au mouvement des Indigné-e-s lors de sa création, et à son développement lorsqu'il a pris la forme d'Occupy Geneva. C'est aussi à cette période que j'ai tenté l'expérience du Cercle Gramsci, qui a malheureusement avorté, faute d'accord sur ses objectifs entre les participants.

Quant à mes idées politiques en elles-mêmes, je crains que le mieux serait de se référer à mes anciennes et futures publications sur ce blog.

En très résumé, j'adhère au programme du PS suisse de 2010 (celui pour les 25 prochaines années), au programme du PS genevois pour la prochaine législature, au document Démocratie Socialiste de la JS suisse, et au Manifeste de la JS genevoise.

En résumé, je suis favorable au projet socialiste qui vise à rendre chaque individu autonome et libre. Pour ce faire, je pense nécessaire de supprimer toute exploitation  de l'être humain par un autre être humain, donc de supprimer le salariat, et la propriété privée des moyens de production, et de les remplacer par l'autogestion et la propriété des travailleurs sur leurs moyens de production.  

Concrètement, un Grand Conseil à majorité de gauche, épaulé d'un Conseil d’État de gauche, pourrait par exemple mener une politique d'achat d'entreprises privées avant de proposer aux travailleurs de cette entreprise s'ils sont favorables à devenir une coopérative autogérée, cela nécessite l'organisation d'un vote et d'une campagne démocratique interne, et en cas de vote positif de mener les transformations structurelles nécessaires (il y a aussi des degrés différents d'autonomie possible pour les travailleurs au sein d'une entreprise que l'on peut mettre en place avant d'en arriver à une coopérative autogérée en tant que telle).

Afin d'étendre l'autonomie individuelle et collective, il me semble aussi souhaitable de mener des réformes radicales des institutions politiques.

En outre, je rappellerai aussi les nécessaires lois sociales pour instaurer une certaine équité et égalité au sein de la société : salaire minimum de 4000 francs, écart salarial de 1 pour 5, et revenu maximum.
Sans oublier la nécessité de supprimer le chômage par une répartition du temps de travail, soit en augmentant le nombre de semaines/jours de vacances, soit en limitant le nombre maximum d'heures de travail par semaine. (Bien sûr, on peut aussi mener des politiques keynésiennes.)

Et puis, n'oublions pas la nécessité de résoudre la crise du logement par la collectivisation progressive du sol et du logement, l’État devant acquérir progressivement tout cela, et en devenir propriétaire. Avec 80% de locataires et 20% de propriétaires, si cette évidente bonne idée n'est pas encore réalité, c'est bien parce que les 20% de propriétaires sont sûrement représentés à plus de 60% parmi les élus ! Combien d'élus sont locataires ? Voilà une question intéressante.


La population doit aussi reprendre à travers l’État le contrôle du crédit et du développement économique en étatisant les banques.  

Enfin, comme l'héritage n'a aucune légitimité éthique il faut le socialiser et le partager équitablement entre toutes et tous (sans privilège).


Voilà, un petit résumé de mes idées politiques.
Et comme j'ai plusieurs brouillons de texte en cours (en fait j'en ai des tonnes non publiées), je compte bien revenir sur tout cela très prochainement.

Pour le moment, permettez-moi simplement de nous souhaiter une bonne campagne, et une victoire électorale en autonome 2013.

Et vive le socialisme !

 

21:44 Publié dans Qui suis-je? | Lien permanent | Commentaires (6) | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg

Commentaires

Bonsoir Adrien. C'était logique et prévisible. Derrière un théoricien il y a une ambition personnelle. Cette ambition est nécessaire. Il est légitime de l'assumer ouvertement. Tenter de prendre le pouvoir au nom des autres, c'est d'abord le prendre parce que l'on en a le goût et le désir personnel, et tout ce qui va avec. Pas de souci: l'ambition personnelle est légitime, c'est un bon moteur. Elle doit être consciente et équilibrée avec l'engagement pour des idées. Je dis cela parce que les idées permettent parfois d'occulter ses propres ambitions. Mais tous les gens qui ont fait de grandes choses avaient une forte ambition personnelle.

Vous avez su faire votre place. Je doute que votre courant survive dans le PS parce que trop radical et d'une efficacité improbable. Etatiser le sol, le logement, le crédit, la banque, c'est le système unique, l'aboutissement du capitalisme sans concurrence. C'est un système sans garde-fou. Un système où les chances seront diminuées et les créatifs démotivés. Avec une banque étatisée pas la peine de faire jouer la dynamique du crédit. Un crédit refusé à un guichet le sera à tous. Donc c'est l'Etat qui décidera à qui accorder des crédits. Plus qu'un seul partenaire: l'angoisse...

Avez-vous estimé le coût de l'achat des entreprises privées par l'Etat? La faillite sera vite là. Et puis, si les impôts et taxes permettent de racheter des entreprises privées, celles-ci doivent logiquement appartenir à l'ensemble de la population. L'Etat, soit les citoyens, seront les propriétaires des entreprises et les patrons. Donner ces entreprises à ceux qui y travaillent? Au nom de quoi, puisque ce n'est pas leur argent qui a racheté l'entreprise? Il n'y a aucune logique ici, aucun mérite à l'effort, aucune prise de risque donc aucune culture d'entreprise.

Je pense que ce socialisme est un suicide économique. Il faudrait demander à la population si elle veut payer des entreprises et en faire cadeau aux employés. Il faudrait demander aux employés s'ils sont prêts à assumer la gestion, les risques financiers, la délégation de pouvoir à une nomenklatura d'entre eux plus compétents ou mieux capable de faire des alliances, etc.

Aucune légitimité, l'héritage? Dire cela c'est organiser le vol de ceux qui ont bossé toute leur vie et qui tentent de donner une meilleure vie à leurs enfants. Voulez-vous organiser la pauvreté généralisée? 100'000 CHF d'héritage à Genève cela fait 25 centimes par habitant. Rien. Alors que 100'000 francs dans les mains d'une personne cela permet d'investir et de créer une société, de donner du travail par contrat, de prendre des risques ou au contraire de dépenser, ce qui fait tourner l'argent. Vous voulez pénaliser, punir les parents qui auront bossé et économisé, ainsi que leurs enfants. Résultat: tout le monde dépensera tout au fur et à mesure pour ne rien laisser derrière eux. Ou feront des donations de leur vivant. Après tout, les gens ont le droit de disposer de ce qu'ils ont gagné en travaillant. Vous voulez leur enlevez ce droit. Votre projet montre de plus en plus son aspect autoritaire et liberticide, après avoir flirté avec un côté un peu libertaire.

Il faudra redéfinir liberté et autonomie. Etre patron collectif de l'entreprise sous la supervision du patron-Etat n'est pas la liberté. Etre co-dépendant de 10'000 employés dans une grosse boîte n'est certainement pas l'autonomie. 10'000 incompétents économiques dirigeant collectivement une grosse boîte cela ne fera jamais qu'un Titanic.

Écrit par : hommelibre | 15/03/2013

Bonsoir John,

Je ne suis pas complètement étanche à vos critiques.
Certes racheter des entreprises à un coût et il faut effectivement que les travailleurs paient une part du rachat.
Bien sûr comme je l'ai dit on ne passera dans un système de coopératives autogérées que progressivement avec un vote dans chaque entreprise racheté par les travailleurs concernés.

Quant à l'héritage, les gens n'ont qu'à transmettre ce qu'ils veulent transmettre de leur vivant. Le partage pourra prendre différentes modalités à travers l'Etat.

Écrit par : Adrien Faure | 15/03/2013

Bonsoir Adrien,

Je ne suis pas non plus complètement étanche à vos propos (ou du moins à votre démarche de théorisation), c'est pourquoi je les commente ou les critique.
:-)

Écrit par : hommelibre | 15/03/2013

@Adrien,ah si jeunesse savait et si vieillesse pouvait,cet adage est le seul héritage qui puisse être légué sans taxe.Quand à léguer de son vivant ,point trop n'en faut non plus,attendez d'être près de la porte de la sortie ,car trop gâter ses héritiers avant sa mort,revient le plus souvent à ne plus jamais les apercevoir,ils se font aussi invisibles que les promesses socialistes,les seules qui soient durables par leur manque profond de réalisme
Vous m'épatez Adrien comme d'autres car donner des conseils à votre âge pour des héritages quand on y connait rien,cela permet de rire au moins ,alors soyez en remercié
excellente journée pour Vous

Écrit par : lovsmeralda | 16/03/2013

Alors un superbe billet.
C'est la toute première fois que je découvre cet excellent blog : je suis déjà sous le charme !
Est-ce que tu vas encore écrire à ce propos ?
En tout cas encore félicitations !

Écrit par : Cadeaux ado | 17/05/2013

Alors voilà un superbe post.
Ce n'est pas réellement la seule fois que je lis ce site à toi, mais cette fois, je me sens obligée de laisser un mot.
Tu as d'autres trucs à me conseiller sur ce sujet ?

Encore félicitations !!

Écrit par : Cuisine enfants | 17/05/2013

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