02/01/2013

Arrêtons de parler de néolibéralisme !



Le jour où nous avons décidé que notre adversaire ne devait plus se nommer capitalisme, mais néolibéralisme (ou ultralibéralisme), nous avons fait une grosse erreur. 
Cette erreur n'en était peut-être pas une sur le plan de l'analyse des doctrines politiques, il y a effectivement une évolution dans la forme dominante des idées libérales, mais il s'agit d'une grosse erreur sur le plan de la lutte idéologique.

Car à présent qui critique le néolibéralisme ?
Réponse : quasiment tout le monde, sauf les libéraux humanistes utopistes qui de toute façon ne se réclament même pas de ce courant.

En décidant que notre adversaire devait s'appeler néolibéralisme nous avons donné la possibilité à nos adversaires de droite et du centre (et je ne parle pas des vrais idéologues libéraux humanistes utopistes) de se réclamer de toutes une gamme de libéralisme : libéralisme utilitariste, social-libéralisme, libéralisme à visage humaine, etc.
En créant un méchant libéralisme, nous avons engendré un gentil libéralisme.
Et de ce gentil libéralisme découle tout le flot d'apologies étatistes pour la régulation, le capitalisme moralisé, et l'économie réelle versus la méchante finance, bref, tout un magma idéologique non subversif qui opacifie toute compréhension d'une véritable alternative au capitalisme.

Alors ça suffit.
Aujourd'hui, cessons de parler de néolibéralisme.
Notre adversaire c'est le capitalisme, et son expression idéologique, le libéralisme.





18:59 Publié dans Néolibéralisme | Lien permanent | Commentaires (27) | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg

Commentaires

Juste que Marx n'était pas anticapitaliste puisqu'il considérait les moyens de production comme du capital, entre autres. Dans le Livre II ou III, Marx évoque l'existence passée d'un capitalisme sans plus-value, mode archaïque du capitalisme pré-industriel. Un capitalisme sans plus-value, c'est-à-dire un commerce sans accumulation de capital privé, basé non sur la circulation des valeurs (ou marchandise-argent) mais sur celle des biens de consommation, ruinerait d'office tout le système par action. Va pour la critique radicale du libéralisme économique, mais la critique du capitalisme ne saurait n'être que partielle - puisque même Marx en avait besoin pour opérer son "capitalisme universel" (je jure d'avoir lu ce mot dans un de ses ouvrages sans parvenir à retrouver ma source) désignant : la propriété commune des moyens de production.

Écrit par : Laurent | 03/01/2013

La critique du libéralisme sert un impérialisme.

En critiquant ce concept la classe dirigeante se protège et s'auto-entretient.
Libéralisme correspond avec Liberté et on devrait enseigner cela au delà d'embrigader dès les plus jeunes âges tout esprit qui viendrait à passer par là.

Libéralisme ne va pas avec "état de nature" mais avec émancipation de l'homme.

Nous sommes actuellement en train de lui enlever toute sa nature puisque son action se trouve de plus en plus encadrée.

N'est -ce pas là un autre justificatif à une aliénation orchestrée par quelques uns ?

Écrit par : Antoine | 03/01/2013

Antoine, votre vision du libéralisme n'a pas de sens.
Le libéralisme est justement la doctrine des classes dominantes qui vise à assurer leurs intérêts.

Écrit par : Adrien Faure | 03/01/2013

Je crois personnellement que c'est votre raisonnement qui n'a aucun sens.

Je prendrais pour exemple la droite française (du fait que je ne connaisse pas assez la droite suisse pour le moment.)
Celle que vous vous plaisez tant à appeler "ultralibérale" alors qu'elle n'a même rien de simplement libérale.

Exemples:

- Mr Sarkozy a ainsi mis en place le RSA qui consiste, rappelons le, en un revenu assuré a toute personne de plus de 25 ans n'ayant pas d'emploi.
Garantir ainsi une aide sans aucune réciprocité, est-ce ça être libéral ?

- Je causerais ensuite de ses fameuses 32 propositions de 2012:

- 13- Réserver une partie des commandes publiques aux PME européennes.
Osez - vous ici aussi parler de libéralisme ?
- 14- Impôt sur les exilés fiscaux
- 15- Impôt minimal sur les grands groupes, assis dans une premier temps sur le chiffre d'affaires mondial.
N'avez vous jamais étudié certains principes fondamentaux? Le libéralisme prône l'impôt minimal.

Écrit par : Antoine | 05/01/2013

Mais Laurent, Marx n'est-il pas anti-capitaliste dans le sens où il est contre le maintien du système capitaliste, et qu'il est favorable à son dépassement par le socialisme ?
Cela n'implique effectivement pas que Marx est contre le capital (les moyens de production), mais qu'il est pour la propriété commune du capital (le socialisme), et contre la propriété privée du capital (le capitalisme).

Écrit par : Adrien Faure | 03/01/2013

Oui, bien sûr; c'est tout à fait ça. Mais j'ai l'impression qu'à force de parler de supprimer le capitalisme, ou de laisser entendre qu'il n'existera plus, on se méprend sur son rôle "d'outil" civilisationnel. Si les gauches sont à ce point perturbées et déroutées en ces temps, je me demande si ce n'est pas justement à cause de cela. Pas seulement d'une soumission au libéralisme économique, antisocialiste, mais aussi à un rejet brutal de l'idée même de "capitalisme". Or, comme l'avertissait Bakounine (et il avait probablement une raison pour le faire, plutôt que de se taire), la suppression du capitalisme serait une catastrophe pour la Civilisation. Pour qu'un marxiste révolutionnaire le dise, c'est qu'il devait quand même y avoir anguille sous roche... Ca peut être utile pour réfléchir à partir de Marx, et au-delà de lui.

Écrit par : Laurent | 03/01/2013

Hum bien sûr, dans une vision marxienne de l'évolution historique s'intégrant au matérialisme historique, le capitalisme est un passage nécessaire et souhaitable du processus de développement de l'humanité (de développement civilisationnel).

Peut-être Bakounine veut-il dire que la suppression du capitalisme et son remplacement par un mode de production et d'organisation inférieur (esclavagisme, féodalisme, par exemple) n'est-il pas souhaitable.
Dans la vision marxiste, ce qui est souhaité est effectivement toujours le dépassement du capitalisme (ce qui implique d'atteindre un pallier qualitativement supérieur) et non sa suppression.

Écrit par : Adrien Faure | 03/01/2013

le capitalisme est un diable qu'il faut remettre dans sa cage, et vite avant qu'il ne soit trop tard. raz le bol de ces financiers et autres, qui pourrissent la vie des peuples au nom du profit et du toujours plus. raz le bol de ses financiers et leurs bulles spéculative et de ses crises à répétition. depuis 2007 nous marchons sur la tête, toutes les valeurs sont inversées il n'y en a que pour mrs. les banksters et autre fripouilles de la finance. a oui! il est beau le capitalisme moderne, et sont pote libéralisme. hsbc premiere blanchisserie de l'argent de la drogue et de la protistution, ubs premier de la classe en Suisse pour la fraude fiscale et j'en passe, oui raz le bole de touts ces malhonnêtes jamais poursuivit ni sanctionné. et je ne parle pas ici de ce pays qui se dit la première économie mondiale qui donne des leçons a tout le monde endetté pour les mille ans avenir et qui ne vit que grace à ces planches à fausse monnaie, c'est ça le libéralisme-capitaliste honte à vous tas de malades.sa ne peut plus durer il est tant de mettre de l'orde dans cette m.... et si sa ne plait pas à mrs banksters et sa clic peuvent partir sur mars ou aillieur on ne les retient pas, car à force de foutre le bordel un peu partout il n'y aura aucun endroit sur cette planete ou ils pourrons se cacher. et tu croit qu'ils auraient fait profil bas après 2007 quand les Etats ont du intervenir pour les sauver de la cata. et bien non, toujours là encore plus aroguant et prétentieux qu'avant à nous dire se qu'il faut faire pour satisfaire leurs soife du profit mal aquis. les Etat doivent impérativement reprendre la main et mettre un terme à cette anarchie.oui au capitalisme résonné,oui au libéralisme, mais pour le bien de tous. l'argent doit être au service de l'homme et non l'homme au service de l'argent. bonne année.

Écrit par : Pierre Elucka | 04/01/2013

@ Pierre Elucka

Rien à ajouter...
Sinon que - sans vouloir désespérer personne - Marx faisait déjà le constat lamentable de notre propre époque en... 1850. Dur !

"L'endettement de l'Etat était, bien au contraire, l'intérêt direct de la fraction de la bourgeoisie qui gouvernait et légiférait avec des Chambres. Le déficit de l'Etat était l'objet même de ses spéculations et la source principale de son enrichissement. A la fin de chaque année, nouveau déficit. Au bout de quatre ou cinq ans, nouvel emprunt. Or chaque nouvel emprunt fournissait à l'aristocratie financière une nouvelle occasion de frustrer l'Etat qui, maintenu artificiellement au bord de la banqueroute, était obligé de traiter avec les banquiers dans les conditions les plus défavorables. Chaque nouvel emprunt était une nouvelle occasion de dévaliser le public qui place ses capitaux en rentes sur l'Etat, avec des opérations de Bourse, au secret desquelles gouvernement et majorité de la Chambre étaient initiés. En général, l'instabilité du crédit public et la connaissance des secrets d'Etat permettaient aux banquiers, ainsi qu'à leurs affiliés dans les Chambres et sur le trône, de provoquer dans les cours des valeurs publiques des fluctuations extraordinaires et brusques dont le résultat constant ne pouvait être que la ruine de quantité de petits capitalistes et l'enrichissement fabuleusement rapide des grands spéculateurs. Si le déficit budgétaire était l'intérêt direct de la fraction de la bourgeoisie au pouvoir, on s'explique que le budget extraordinaire, dans les dernières années du gouvernement de Louis-Philippe, ait dépassé de beaucoup le double du montant atteint sous Napoléon, excédant quatre cents millions de francs par an; alors que la moyenne de l'exportation globale annuelle de la France s'est rarement élevée à sept cent cinquante millions de francs. En outre, les sommes énormes passant ainsi entre les mains de l'Etat laissaient l'occasion de contrats de livraisons frauduleux, de corruptions, de malversations et d'escroqueries de toute sorte. Le pillage de l'Etat en grand, tel qu'il se pratiquait avec les emprunts, se répétait en détail dans les travaux publics. (...) Par contre, la moindre réforme financière échouait devant l'opposition des banquiers. (...)

Pendant que l'aristocratie financière dictait les lois, dirigeait la gestion de l'Etat, disposait de tous les pouvoirs publics constitués, dominait l'opinion publique par la force des faits et par la presse, dans toutes les sphères, depuis la cour jusqu'au café borgne, on voyait se reproduire la même prostitution, la même tromperie éhontée, la même soif de s'enrichir, non point par la protection, mais par l'escamotage de la richesse d'autrui déjà existante"

Les Luttes de classe en France, Karl Marx 1850

Écrit par : Laurent | 04/01/2013

Antoine,

"Je prendrais pour exemple la droite française (du fait que je ne connaisse pas assez la droite suisse pour le moment.)
Celle que vous vous plaisez tant à appeler "ultralibérale" alors qu'elle n'a même rien de simplement libérale."

Cher commentateur... relis le titre de mon texte ;-)

Écrit par : Adrien Faure | 06/01/2013

Votre article est global et en ce sens plus que démagogique puisqu'il n'y a bien aucun exemple concret.

Écrit par : Antoine | 06/01/2013

Votre article est global et en ce sens plus que démagogique puisqu'il n'y a bien aucun exemple concret.

Écrit par : Antoine | 06/01/2013

Antoine, les classes dominantes (et leurs partis) prônent et mettent en pratique les politiques qui les arrangent, qui vont dans leur intérêt.
Généralement elles préconisent des politiques libérales, mais effectivement, parfois elles emploient l'interventionnisme étatique.
Rien de surprenant : la classe capitaliste utilise l'Etat capitaliste pour défendre ses intérêts de classe et le système qui l'avantage, le capitalisme.

Écrit par : Adrien Faure | 06/01/2013

Adrien,

Les classes dominantes (et leurs partis) prônent et mettent en pratique les politiques qui les arrangent. --> Je suis tout a fait d'accord avec cela. Il convient cependant de distinguer ce que l'on entend par "classe dominante". La classe qui est au pouvoir n'est pas celle des capitalistes et j'y tiens. Les capitalistes n'ont pas dans nos pays besoin de politiques, la chose qui leur importe est leur utilité financière.

Les classes au pouvoir ne préconisent aucune politique vraiment libérale. Nous n'avons encore jamais vu de vrai régime libéral. Au contraire ces classes crachent sur le libéralisme en lui attribuant tout les maux ... Les classes au pouvoir en Europe sont des classes étatistes et présentent ce principe en divin sauveur alors qu'il n'a pour but que de les entretenir.
L'Etatisme, là est la réelle menace, là est le réel danger, et je suis navré de voir que vous n'en parlez jamais. C'est par lui qu'une "Classe dominante" se protège.

Écrit par : Antoine | 06/01/2013

Antoine, la droite suisse prône des politiques tout autant libérales que celles des gouvernements qui prônent l'austérité dans les pays du sud.

Je parle de l'étatisme, et j'ai bien expliqué que le socialisme ne devait pas être étatiste, mais autogestionnaire.

Écrit par : Adrien Faure | 06/01/2013

Antoine a raison, Adrien. Tu te fourvoies et confonds capitalisme avec libéralisme. Pour quelqu'un qui se gargarise d'étudier à l'Université, tu fais peine à voir.

Écrit par : Grégoire Barbey | 06/01/2013

Grégoire,

Je ne confonds absolument pas capitalisme et libéralisme, même s'il est évident que le libéralisme implique le capitalisme.

Je ne me gargarise nullement d'étudier à l'université, et je fais moins peine à voir que toi qui as abandonné tous tes idéaux.

Écrit par : Adrien Faure | 06/01/2013

Non, le libéralisme n'implique pas le capitalisme. En Chine, la société est organisée par un régime politique communiste. C'est pourtant un système capitaliste. Le libéralisme n'y est de loin pas porté sur tous les flambeaux. Tu es trop occidentalo-nombriliste pour réaliser que ce qui est le cas en Europe ne l'est pas nécessairement partout ailleurs.
Bonne réflexion à ce sujet.

Écrit par : Grégoire Barbey | 06/01/2013

Cher Grégoire, je ne dis pas que le le capitalisme implique le libéralisme, je dis que le libéralisme implique le capitalisme.
Donc oui, la Chine est capitaliste, mais fort peu libéral. Ce n'est pas un contre exemple à l'affirmation selon laquelle le libéralisme implique le libéralisme, mais à celle que je n'ai pas défendu selon laquelle le capitalisme implique le libéralisme.
Est-ce que tu comprends la différence ?

Écrit par : Adrien Faure | 06/01/2013

Adrien

Pourrais tu fournir, enfin, des exemples concrets de politiques "ultralibérales" effectives en Europe ?

J'ai hate d'avoir ta réponse à ce propos car il n'y a pour lors aucun régime fondamentalement libéral alors de là à être ultralibéral ...

Écrit par : Antoine | 06/01/2013

Antoine: excellente question à laquelle Adrien ne pourra répondre tant qu'il y aura des banques centrales effectives en Europe (voire dans le monde...)!

Écrit par : Grégoire Barbey | 06/01/2013

La vérité est qu'il n'y a aucun libéralisme effectif puisque celui-ci impliquerait un déclin de l'étatisme et que celui-ci est l'instrument de protection divin de certaines populaces au pouvoir.

Écrit par : Antoine | 06/01/2013

Antoine,


"Pourrais tu fournir, enfin, des exemples concrets de politiques "ultralibérales" effectives en Europe ?

J'ai hate d'avoir ta réponse à ce propos car il n'y a pour lors aucun régime fondamentalement libéral alors de là à être ultralibéral ..."

Mais mon texte vise justement à dénoncer l'usage du terme néolibéral (ou ultralibéral) :-)
Il faut comprendre avant de critiquer.

Écrit par : Adrien Faure | 06/01/2013

Grégoire, et Antoine,

Oui, il y a des politiques libérales en Europe, comme celles mises en pratique dans le sud de l'Europe pour privatiser l'Etat-social (notamment la santé).
Un exemple trivial mais qui vient contredire vos pleurnicheries sur le manque de libéralisme.

Mais attention, bien sûr que des gouvernements favorables aux classes dominantes emploient l'Etat pour intervenir dans l'économie.
Et je le répète, cela n'a rien de surprenant : l'Etat aux mains des classes dominantes intervient toujours dans l'intérêt des classes dominantes, au-delà des idées libérales que les classes dominantes proclament bien souvent.

Écrit par : Adrien Faure | 06/01/2013

"Notre adversaire c'est le capitalisme, et son expression idéologique, le libéralisme. "

Rien n'est etayé, rien n'est justifié, on se demande même si quelque chose est avancé.

Écrit par : Antoine | 06/01/2013

Antoine, ce petit texte n'a qu'un seul but : expliquer à mes camarades la contre-productivité d'employer le terme "néolibéralisme" (ou "ultralibéralisme").

Va critiquer mes autres textes où je parle plus précisément du capitalisme et du libéralisme, et nous en débattrons. Ou bien je veux bien faire ici un débat avec toi sur le capitalisme et le libéralisme :-)

Écrit par : Adrien Faure | 06/01/2013

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