08/11/2012

La souveraineté populaire, une nécessité à la réalisation du socialisme

Article paru dans la Cuite Finale de novembre 

On entend régulièrement à gauche un discours parfois quelque peu négatif sur la question de la souveraineté nationale. Pourtant, la souveraineté d'une population est essentielle à bien des égards à la construction d'une société socialiste. 

En effet, on peut constater aujourd'hui que la tentative de créer une fédération européenne (l'Union Européenne) a été noyauté par un ensemble de technocrates libéraux (notamment au sein des organes non élus de la Banque Centrale Européenne et de la Commission Européenne) au service des classes dominantes.
Le risque qui avait été pris de sacrifier (certes heureusement partiellement) la souveraineté populaire sur l'autel du fédéralisme européen n'a donc pas payé, bien au contraire... L'austérité néolibérale, que subissent les populations d'Europe du sud, est en effet largement entretenue par la volonté des instances dirigeantes de l'Union Européenne.

Préserver la souveraineté du peuple correspond donc à préserver son autonomie, et sa liberté d'action et de décision. Un projet confédéraliste européen présenterait ainsi l'avantage de garantir la souveraineté de chaque pays tout en assurant une nécessaire coopération. Un tel projet permettrait à la Suisse de s'associer à ses voisins, sans crainte de devoir abandonner sa souveraineté, et ses institutions de démocratie semi-directe.
En gardant sa souveraineté budgétaire, politique, institutionnelle, fiscale, et économique, chaque pays accroît ses chances de voir un jour se réaliser le projet émancipateur socialiste.
Qu'est ce qu'en effet, que l'influence du militant de base sur la réalisation du socialisme, quand ce dernier ne peut être mis en place que depuis le cabinet de Dieu à Bruxelles ? Quid de la capacité du simple citoyen à avoir une quelconque influence sur son quotidien politique ? Quid de l'autogestion des travailleurs, ou des conseils citoyens de quartier ?
On le voit donc bien, socialisme et souveraineté populaire sont donc bien liés.

En outre, il est un autre domaine où la souveraineté d'une population a toute son importance : c'est le domaine écologique.
« Penser global, agir local. » nous dit une maxime par trop usitée de l'écologie marketing, mais néanmoins pertinente. Dans le cadre d'une réflexion écologiste (ou décroissante) qui se veut conséquente, il est nécessaire d'envisager une économie relocalisée, de circuits production-consommation raccourcis, bref, de commerce local. Ce type d'économie ne peut être mis en place sans que soit affirmée un certain degré de souveraineté populaire communale, et cantonale, ce qui implique la souveraineté nationale, car on ne peut séparer organisation économique et organisation politique, tant ces deux notions sont imbriquées.

Enfin, la souveraineté est souhaitable sur le plan agricole, avec l'usage du protectionnisme, seul moyen de préserver paysans et production agricole (ce qui me paraît fort avisé en ces temps de raréfaction croissante des ressources énergétiques nécessaires au transport du commerce mondiale). 


PS : Rien à voir, mais si vous lisez les propositions du PLR (et de ses alliés PDC et UDC) ces temps-ci, vous constaterez la radicalisation des forces de droite à Genève.
Leur extrémisme les pousse à menacer précaires, bas revenus, et jeunes, d'une taxe de 365 francs... ainsi qu'à soutenir le non remplacement d'un fonctionnaire sur deux (qui va nous soigner ?! Et ça vous dit des classes de 30 élèves ?! ) 
Bref, la droite se radicalise. Va falloir en faire autant, et espérer une gauche davantage unie. 

12:32 Publié dans Souveraineté populaire | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg

Commentaires

@Adrien toute heureuse de vous lire mais n'en retiendrai aucun mot,je tiens à passer une bonne nuit
excellente soirée pour Vous

Écrit par : lovsmeralda | 08/11/2012

Voilà qui répond à l'amalgame et à la micro-polémique du Temps... ;-P Un souverainisme de gauche, ça existe. Et c'est même nécessaire !... Au-delà des affrontements idéologiques (généralement primaires), il existe également ce que l'on peut appeler : du bon sens. Le plus éloquent étant d'entendre Mendès-France énoncer la catastrophe technocratique et économique d'une Europe supranationale à venir dans les années 50, déjà... La droite gaullienne s'en montrait elle-même hostile. Preuve en ceci que les grands esprits ne connaissent pas la binarité des idéologues bornés et stupides qui forment l'écume des jours de la politique...

« Il est prévu que le Marché commun comporte la libre circulation des capitaux. Or, si l’harmonisation des conditions concurrentielles n’est pas réalisée et si, comme actuellement, il est plus avantageux d’installer une usine ou de monter une fabrication donnée dans d’autres pays, cette liberté de circulation des capitaux conduira à un exode des capitaux français. Il en résultera une diminution des investissements productifs, des pertes de potentiel français et un chômage accru. (...) « L’abdication d’une démocratie peut prendre deux formes, soit le recours à une dictature interne par la remise de tous les pouvoirs à un homme providentiel, soit la délégation de ces pouvoirs à une autorité extérieure, laquelle, au nom de la technique, exercera en réalité la puissance politique, car au nom d’une saine économie on en vient aisément à dicter une politique monétaire, budgétaire, sociale, finalement “une politique”, au sens le plus large du mot, nationale et internationale. » Pierre Mendès-France, en 1957

Écrit par : Laurent | 11/11/2012

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