02/11/2012

Caisses de pension : la lutte continue !

Article paru dans le mensuel « Pages de gauche » de novembre

 

Depuis que la droite aux chambres fédérales, avec l’aide des Verts, a décidé que les caisses de pension des travailleuses·eurs du secteur public devaient être recapitalisées

à la hauteur de 80% sans aucune raison économique, la droite genevoise s’est jetée sur l’occasion pour tenter de faire payer un maximum les travailleuses·eurs et le moins possible ses clientes-clients du patronat.


Car ne nous leurrons pas, toute attaque contre les retraites du secteur public prélude à une attaque contre celles du secteur privé. Ainsi, lorsque la droite (majoritaire au Grand Conseil) décide de baisser le salaire des travailleuses·eurs du secteur public et de réduire leurs rentes, il s’agit surtout de ne pas faire payer celles et ceux qui en ont les moyens, tant il est évident que le manque de recettes de l’État découle de baisses d’impôt sur les riches et les entreprises.

En outre, les problèmes actuels des caisses de pension mettent en évidence l’extrême faiblesse des retraites par capitalisation, et rappellent une fois de plus qu’il faut renforcer le système par répartition.


Faut-il pour autant soutenir le référendum du Syndicat des Services Publics (SSP), tout en sachant que la droite et le patronat essaieront par tous les moyens d’opposer les travailleuses·eurs (entre celles et ceux du public et du privé) lors de la campagne, et compte tenu du fait qu’il y a un risque que les libéraux les plus extrémistes cherchent à empirer la situation ?

Quand on voit que certain·e·s travailleuses·eurs perdront 950 francs par mois sur leur rente, on se dit que oui.

La lutte appelle la lutte, alors luttons !


On ajoutera à l'occasion de cette publication sur mon blog, deux considérations :
Les travailleurs du secteur public sont des producteurs (les infirmiers produisent des soins, les professeurs de l'enseignement et du savoir, etc.) au même titre que tout travailleur.
Par ailleurs, la consommation des travailleurs du secteur public fait le revenu des travailleurs du secteur privé (argument keynésien), ce qui implique que toute baisse des revenus pour les travailleurs du secteur public implique une baisse de leur consommation équivalant pour les travailleurs du secteur privé à une baisse de revenus (et par conséquent à une baisse de leur consommation, avec comme résultat une baisse général du niveau de vie). 

19:56 Publié dans Caisses de pension | Lien permanent | Commentaires (10) | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg

Commentaires

La droite s'est livré à une scandaleuse manipulation au niveau fédéral en imposant ce taux de 80%. Elle s'est appuyé, pour faire passer cette mesure, sur la jalousie de la situation des fonctionnaires par les travailleurs du privé, qui s'exacerbe à chaque crise des emplois et des revenus. Elle se garde fort, évidemment, d'attirer l'attention que la dernière de ces crises a été causée en grande partie par un capitalisme financier qu'elle a elle-même mis en place.
Il suffit de lire les billets de Monsieur Weiss pour voir une illustration parfaite du stratagème.

Écrit par : Mère-Grand | 03/11/2012

Tu es borné à la théorie, Monsieur le Co-Président injurieux.

Cette recapitalisation s'explique d'elle-même: comment assurer le versement des rentes si celles-ci n'existent pas ? C'est bien joli d'avoir des chiffres comptables sur un programme type Excel. Mais cela ne matérialise pas pour autant les fonds en liquidités. Logique, finalement.

Écrit par : Grégoire Barbey | 03/11/2012

Ce type de transfert massif de pouvoir d'achat d'un groupe (les employés du service public) vers un autres (les entreprises de la finance) ne se produit pas si souvent ...

Il faut analyser finement à qui profite le crime, qui sont les victimes et qui ont été les exécutants.

Écrit par : Djinus | 03/11/2012

Du haut de ses théories, Adiren assène ses vérités au peuple abasourdi. Et il oublie que ceux qui sont finalement pris en otage, ce ne sont pas seulement les fonctionnaires, mais l'ensemble de ceux qui paient des impôts.

Les copain-pine-s de la gauche auront beau dire et beau faire, cette vérité-là, Adrien se garde bien d'en faire état, c'est bien trop embarrassant.

Alors, faut-il voter ou non sur la fusion des caisses de pension des fonctionnaires?

Comme le fait bien observer Grégoire, il y aura un moment où on ne pourra plus payer. Mais là, Adrien a une idée: ponctionner les riches et procéder par répartition. "Répartition", dans son langage signifie capter les richesses pour les redistribuer. Et là aussi, il y aura bien un moment où il n'y aura plus rien à répartir. Et là, on fera quoi?

Notre théoricien ne dit rien là dessus, car il n'en sait rien.

Écrit par : Déblogueur | 03/11/2012

Ah ah ah ah j'adore votre logique économique, tellement typique de l'étudiant en Lettre qui croit comprendre l'économie parce qu'il lit la page finance du Matin Bleu...

Écrit par : QueFaire | 03/11/2012

@Mère-Grand, + 1, totalement d'accord avec vous !

Écrit par : Adrien Faure | 03/11/2012

@Grégoire Barbey (qui a été injurieux sinon toi ? ), les caisses de pension ne peuvent pas faire faillite, car l'Etat ne peut pas faire faillite.

Mais même en faisant abstraction de cela, il y a bien d'autres moyens de renflouer les caisses que en sabrant dans les revenus des travailleurs.

Écrit par : Adrien Faure | 03/11/2012

@Que Faire, vous êtes mignon monsieur le psychologue de caniveau. Je vous enverrais mes références si ça peut vous faire ravaler votre morgue.

Écrit par : Adrien Faure | 03/11/2012

@Déblogueur, oui passer d'un système de capitalisation à un système de répartiton (comme l'AVS) n'est pas une chimère. Cela fera probablement l'objet d'une initiative dans quelques temps.

Écrit par : Adrien Faure | 03/11/2012

Bonjour Adrien,

Vos usage de la féminisation de certains termes m'a inspiré un billet d'humour:

http://hommelibre.blog.tdg.ch/archive/2012/11/03/espece-d-epicene-ou-comment-faire-ronronner-la-chatte.html

Écrit par : hommelibre | 04/11/2012

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