29/09/2012

Bilan de mon cheminement idéologique et politique ces dernières années

Ce tableau reprend mon billet « Comment je suis devenu socialiste », en mettant en évidence les fluctuations de la pensée politique et de l'action militante. 


Événement concret ou idéologique

Réaction politique ou idéologique

Prise de conscience de l'existence du politique et de la vie collective.

Tentative spontantée d'adhérer au Parti Socialiste Genevois.
(Je me rendis à leurs locaux à la Servette, alors que ceux-ci étaient en train d'être déménagés à Plainpalais. Puis, par la suite, je redevins hésitant.)

Adhésion à l'altermondialisme.

Fondation de la Gauche des collèges de Genève (plus tard Gauche du Post-Obligatoire Genevois).

Adhésion au social-libéralisme
(comprendre : le programme contemporain prôné en général par les social-démocrates et autres keynésiens), rejet de l'anticapitalisme.

Recrutement par la Jeunesse Socialiste Genevoise (par Olga Baranova plus exactement).

Adhésion à la décroissance.

Adhésion au Réseau Objecteur de Croissance.

Crise financière, crise économique, crise sociale, crise politique, crise de la dette.

Participation au mouvement des
Indigné-e-s.

Participation à un débat public organisé par la Tribune de Genève sur le thème des Indigné-e-s.

Prise de conscience de l'échec du social-libéralisme.

Rejet du capitalisme, recherche d'alternatives.

Création de mon blog sur le site de la Tribune de Genève.

Adhésion au socialisme démocratique étatiste.

Participation au mouvement Occupy Geneva.

Adhésion à l'économie planifiée.
(Ce que Schumpeter disait être la définition ontologique du socialisme.)

Puis, remise en question partielle avec le socialisme de marché.

Fondation du Cercle Gramsci, groupement de recherche et de développement d'alternatives au capitalisme.

Observation de la pratique de l'autogestion dans le mouvement
Occupy Geneva.

Intégration de l'autogestion à ma réflexion sur le socialisme.

Étude de Marx et du marxisme.
Adhésion au principe de la société sans classe. Étude et rejet du léninisme.

Écriture collective du Manifeste de la Jeunesse Socialiste Genevoise.

Débat avec le libertaire Achille Karangwa.

Adhésion au concept de classe des travailleurs.

Adhésion au principe fondamental de la propriété des travailleurs sur leurs moyens de production.

Finalisation du Manifeste de la JSG. Participation à la rédaction de Pages de gauche.


Après avoir tracé ce cheminement, avec plus ou moins de justesse, je pense pouvoir affirmer avoir à présent une idée de ce que pourrait être le socialisme, et surtout de ce que pourrait être un socialisme démocratique et autogestionnaire, incarnant une véritable alternative à l'ordre capitaliste actuel. 

17:29 Publié dans Qui suis-je? | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg

20/09/2012

Caisses de pension : l'approche keynésienne

Les caisses de pension des travailleurs du secteur public doivent être recapitalisées, ont décidé les autorités fédérales.

Soit, mais l'argent nécessaire à cela doit être réuni de façon intelligente.

Ainsi, d'un point de vue keynésien, couper dans les salaires et les retraites des travailleurs du secteur public, comme le proposent les Verts, la droite, et l'extrême droite, n'est pas sans conséquence.

En effet, réduire les revenus des travailleurs du secteur public revient à réduire les revenus des travailleurs du secteur privé.

Car la consommation des travailleurs du public représente une part des revenus des travailleurs du privé.

On peut donc constater que la mesure préconisée par les Verts, la droite, et l'extrême droite, va simplement à l'encontre des intérêts de tous les travailleurs.

Une solution qui irait dans l'intérêt de tous les travailleurs, serait de recapitaliser les caisses de pension en prélevant l'argent nécessaire sur ceux que ça ne gênera pas (et dont la baisse des revenus ne sera pas une gêne pour les autres travailleurs) : les riches.

Car après tout, si l’État manque d'argent, cela signifie simplement que les riches ne paient pas assez. 

19:16 Publié dans Caisses de pension | Lien permanent | Commentaires (7) | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg

09/09/2012

Stop à l'aliénation linguistique, ré-inventons notre langage

 

"Lorsque la novlangue sera une fois pour toutes la seule option, une idée hérétique serait littéralement impossible, dans la mesure où la pensée dépend des mots."
George Orwell

De nos jours, les mots nous asservissent, et les idées sont enchaînées.
La doxa libérale a formaté le langage politique et médiatique à l'image de ses dogmes, et nous errons à présent dans un monde vidé de son essence subversive.

Les grands capitalistes (les 0,2% de la population possédant 50% du capital côté en Bourse) ne sont que des investisseurs, au même titre que tonton Albert et ses deux actions Nestlé.
Et ces investisseurs ne sont qu'une entité abstraite : les marchés (financiers), la finance...

La lutte des classes a beau être un fait objectif découlant de la division du travail dans notre mode de production capitaliste, on tente de faire croire qu'elle n'existe plus.
Les antagonismes de classe auraient disparu dans le moule bien-pensant de la soi-disante moyennisation et de la société de consommation.

Quant à la classe des travailleurs, elle n'existe pas.
Après tout, nous sommes tous humains.
Tous frères dans la classe (consensuelle) moyenne.

Et qu'est ce que le socialisme ?
C'est François Hollande, et ses réformettes social-libérales.

De toute façon aujourd'hui, il n'y a plus d'idéologie, mais que des gestionnaires répartis entre gentils (ceux qui ne sont pas néolibéraux) et méchants libéraux (ceux qui sont néolibéraux).

Bref, on nous a imposé et on nous impose un langage de la soumission et du consensus mou.
Ce langage doit être brisé et dépassé.

Nous devons ré-inventer notre langage, élever de nouveaux mots en symboles de lutte, et fonder nos idées sur un terreau plus solide que les compromissions de certains : le langage est un monde à conquérir !

 

18:19 Publié dans Langage et mots | Lien permanent | Commentaires (28) | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg

06/09/2012

Le libéralisme est étatiste

Je dédie cette note à Roberto Fucile Pujol, militant libéral fanatique et poltergeist de Facebook.

« Il est tout aussi vrai, cependant, que si le capitalisme triomphe, c’est au prix de la schizophrénie de ses partisans. Le triomphe du capitalisme, c’est le triomphe de l’Etat – au service, certes, du capital, mais contre la rhétorique libérale de ses idéologues. Nul projet politique n’est plus attaché à l’Etat que celui du libéralisme. » Pascal Holenweg

Les idéologues libéraux ont l'habitude de nous rabâcher les oreilles avec leurs pulsions anti-étatistes.
Pourtant, si leur démonstration théorique peut avoir un semblant de sens, la réalité dément leur discours.

En effet, les libéraux fondent leur organisation économique sur la propriété privée des moyens de production et sur la liberté économique (des possédants de jouir sans entrave de leur propriété et d'en faire ce qu'ils veulent).

Mais cette propriété privée des moyens de production (du capital économique et financier) signifie simplement qu'une minorité possède les moyens de production (et par conséquent touche les profits réalisés à partir de ces derniers), et qu'une majorité n'en possède pas.
Bref, le libéralisme est fondé sur l'inégalité et l'injustice, sur le vol d'une majorité par une minorité.

La question qui découle de ce mode d'organisation économique est de savoir comment maintenir une telle inégalité ?

Et bien, évidemment, par l’État...

L’État au service de la classe possédante, l’État capitaliste, protège les intérêts de cette classe en préservant son ordre juridique (libéral) par la force et la coercition.

Aucune organisation inégalitaire, inéquitable, injuste, ne peut se maintenir sans domination de classe, et sans que la classe dominante n'emploie l’État à protéger ses intérêts de classe.

Ainsi, les idéologues libéraux sont de véritables maîtres du paradoxe, habiles à manier la langue pour tenter de démontrer toute la nuisance de l’État, alors que leur ordre juridique, dans ses fondements, ne peut se maintenir que par la force de l’État et par la coercition.

Au contraire, le socialisme, en prônant la propriété des travailleurs sur leurs moyens de production, l'organisation de la société décentralisée (le pouvoir aux communes), et l'autogestion (vive la démocratie directe), est véritablement peu étatiste.

18:44 Publié dans Libéralisme | Lien permanent | Commentaires (16) | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg