09/09/2012

Stop à l'aliénation linguistique, ré-inventons notre langage

 

"Lorsque la novlangue sera une fois pour toutes la seule option, une idée hérétique serait littéralement impossible, dans la mesure où la pensée dépend des mots."
George Orwell

De nos jours, les mots nous asservissent, et les idées sont enchaînées.
La doxa libérale a formaté le langage politique et médiatique à l'image de ses dogmes, et nous errons à présent dans un monde vidé de son essence subversive.

Les grands capitalistes (les 0,2% de la population possédant 50% du capital côté en Bourse) ne sont que des investisseurs, au même titre que tonton Albert et ses deux actions Nestlé.
Et ces investisseurs ne sont qu'une entité abstraite : les marchés (financiers), la finance...

La lutte des classes a beau être un fait objectif découlant de la division du travail dans notre mode de production capitaliste, on tente de faire croire qu'elle n'existe plus.
Les antagonismes de classe auraient disparu dans le moule bien-pensant de la soi-disante moyennisation et de la société de consommation.

Quant à la classe des travailleurs, elle n'existe pas.
Après tout, nous sommes tous humains.
Tous frères dans la classe (consensuelle) moyenne.

Et qu'est ce que le socialisme ?
C'est François Hollande, et ses réformettes social-libérales.

De toute façon aujourd'hui, il n'y a plus d'idéologie, mais que des gestionnaires répartis entre gentils (ceux qui ne sont pas néolibéraux) et méchants libéraux (ceux qui sont néolibéraux).

Bref, on nous a imposé et on nous impose un langage de la soumission et du consensus mou.
Ce langage doit être brisé et dépassé.

Nous devons ré-inventer notre langage, élever de nouveaux mots en symboles de lutte, et fonder nos idées sur un terreau plus solide que les compromissions de certains : le langage est un monde à conquérir !

 

18:19 Publié dans Langage et mots | Lien permanent | Commentaires (28) | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg

Commentaires

@Adrien n'en tirez-vous pas vous même profit de ce capitalisme qui vous fait tirer à boulet rouge sur toutes les institutions qui donnent du travail à des milliers voire davantage d'employés?Sans doute êtes vous déjà assis sur un tas d'oseille,le vrai pauvre lui ne s'en prendra jamais à ceux qui l'aide à survivre

Écrit par : lovsmeralda | 09/09/2012

Le plus comique est de régulièrement entendre des hommes politiques de centre-droit s'approprier l'expression "pensée unique" pour dénoncer l'action politique de la gauche, alors qu'initialement, cette expression était utilisée par le rédacteur en chef du monde diplomatique pour désigner le consensus néolibéral de media dominant en france ... en 1994.

Écrit par : Djinus | 10/09/2012

Lovsmeralda, détrompez-vous, je ne suis pas bien riche. J'habite d'ailleurs dans un HBM si ça peut vous rassurer.

Écrit par : Adrien Faure | 10/09/2012

@Adrien,ce n'est tout de même pas un bidon ville !Et je tiens à vous rassurer à mon âge il en faut plus que ça pour m'inquiéter.Ou je m'insurge c'est de voir et vous n'êtes pas le seul des jeunes qui veulent démonter la baraque en oubliant les sacrifices des anciens qui ont permi à l'économie et je parle de la Suisse d'évoluer pour offrir justement tous ces moyens virtuels qui permettent de vous exprimer ,auxquels je n'adhère pas comme beaucoup d'autres je vous rassure.
Je ne suis pas contre le progrès puique j'y ai participé mais en voyant les résultats actuels ,je reste très songeuse sur leur durabilité,on en fait déjà les frais de notre commune avec en plus des déconnologies monumentales et cantonales à venir si on laisse tout faire
Vous êtes sans doute Français je me demande ce que penserait E.Faure de nos propos?rire
allez Adrien toute belle fin de journée pour Vous

Écrit par : lovsmeralda | 10/09/2012

@ Adrien ... lisez ceci ...

http://www.achetezmoins.ch/

Écrit par : Victor Winteregg | 10/09/2012

Victor, seriez-vous objecteur de croissance ? :-)

Je ne l'ai pas encore lu, mais je me réjouis de le faire.

Écrit par : Adrien Faure | 10/09/2012

@ Adrien

Non, mais je pensais à vous en lisant un message sur Facebook, émanant de l'un de mes amis docteur.
Alors, ... , un bon geste ?

Écrit par : Victor Winteregg | 10/09/2012

Promis Victor, je l'achèterai et le lirai :)

Écrit par : Adrien Faure | 10/09/2012

On peut très bien le consulter en ligne, cher Adrien, comme vous n'êtes pas riche ... gardez vos sous.

Écrit par : Victor Winteregg | 10/09/2012

On peut le consulter en ligne ?
Comment fait-on ? :S

Écrit par : Adrien Faure | 10/09/2012

Adrien, voici la page du Sommaire ...

http://www.achetezmoins.ch/?page_id=9

Écrit par : Victor Winteregg | 10/09/2012

Le sommaire okay, mais où est le reste ? :S

Écrit par : Adrien Faure | 10/09/2012

@Adrien et si vous utilisiez le terme économe en lieu et place d'objecteur de croissance? sans doute serions-nous plus ou moins sur la même longueur d'onde!

Écrit par : lovsmeralda | 10/09/2012

"Lorsque la novlangue sera une fois pour toutes la seule option, une idée hérétique serait littéralement impossible, dans la mesure où la pensée dépend des mots."
George Orwell

Heureusement faux, mais Georgie devait bien utiliser quelques béquilles pour que '1984' fasse semblant de tenir debout.

Nul besoin de "mots" hérétiques pour décrire une pensée hérétique. Après, le nom qu'on donne aux idées ou aux concepts ... n'est qu'une question de goût et de couleur, comme ... la Ratatouille.

Tiens, je vais appeller cette citation approximative la "Béquille d'Orwell".
C'est pas plus simple comme ça ?

Écrit par : Chuck Jones | 10/09/2012

Le langage savamment adapté à une cause caractérisa, jusqu'ici, la propagande des partis les plus tyranniques: communisme, nazisme, fascisme, islamisme. En démocratie, on souriait gentiment, du temps de Georges Marchais, par exemple, en parlant de la "langue de bois". Mais dans les pays soumis à dictature, ce sont des gens comme Goebbels qui maîtrisaient jusqu'au moindre détail la langue officielle de l'endoctrinement et du matraquage des cerveaux.
Alors, Adrien, prudence: si vos intentions sont bonnes, prenez en compte ce que je viens de rappeler. Luttez plutôt contre la novlangue, annoncée par Orwell dans son 1984, en agissant pour rendre au français toute sa richesse, sa capacité d'approuver ou de contester, au libre choix de chacun.

Écrit par : Bernard Salvatori | 11/09/2012

Chaque fois que j'ai envie de rire, je viens lire votre blog.

Mais cette.fois, c'est tellement drôle, que je ne peux m'empêcher de commenter.

Un menchévik (je dis menchévik parce que vous êtes davantage un communiste qu'un socialiste) qui se plaint du mésusage des mots en politique, on aura tout vu.

Vous citez 1984 d'Orwell, l'avez-vous lu? On ne dirait pas. D'après-vous quelle tendance politique cet auteur brocarde dans son ouvrage? Je vous aide, l'angsoc (socialisme anglais) est le régime de l'Océania, le néo-bolchévisme est celui de l'Eurasia et le "culte de la mort" s'applique en Estasia Chinoise. Vous ne trouvez toujours pas? Je vous aide, ça commence par "social" et ça finit par "isme".

Citer 1984 d'Orwell pour illustrer votre propos socialiste anti-libéral, c'est comme un protectioniste qui citerait la pétition des chandeliers de Bastiat pour illustrer le sien. C'est grotesque.

S'il est un courant politique professionnel dans ce genre de pratique langagière c'est bien le votre. La moitié du vocabulaire usité par les socalistes et partis apparentés n'est rien d'autre qu'un monceau de galimatias, où l'on joue avec les mots pour associer une connotation plutôt qu'une autre à un même concept, où en renomant l'innaceptable celui-ci devient subitement souhaitable. Les discours et les programmes des socialistes sont truffés de contradictions, de mots qui ne veulent rien dire ou de concepts flous.

Voici quelques exemples pour s'amuser.

« La guerre, c'est la paix. », « La liberté, c'est l’esclavage. », « L'ignorance, c'est la force. », les slogans novlangue de 1984 sont le type de slogans absurdes typiques du socialisme. Je vous en donne un célèbre martelé encore et encore par vos camarades de parti qu'on aurait pu ajouter à la liste d'Orwell: "la propriété c'est le vol". Quel magnifique non sens. Le vol ne prend sens que parce qu'on a définit et reconnu l'existence de la propriété prélalablement. Sans propriété l'action de voler ne peut être définie. Elle est précisément l'anthitèse de l'acquisition légitime de propriété. Le voleur ne peut acquérir la propriété par la possession ou l'occupation. C'est l'antithèse de la propriété pas son synonyme. De détourner la formule de Proudhon de son sens originel (les socialistes ne lisent pas Proudhon) pour lui faire dire un non sens, voilà qui est typique de la novlangue socialiste.

Je lis dans la version brève du récent programme du parti socialiste qu'un de vos camarades m'a gentiment fourni il y a quelques jours: "L'égalité signifine non seulement l'égalité des droits mais aussi l'égalité sociale réelle entre les individus". Non sens.L'égalité mtérielle ne peut être atteinte qu'en soumettant précisément les individus à des règles différentes qui varient selon la condition des individus, donc à l'inégalité des droits. J'y lis encore: "chaque être humain est égal en dignité et doit par conséquent disposer des mêmes opportunités dans la vie". Quel rapport entre la dignité humaine et les opportunités? Comprenne qui pourra. Encore une de ce programme: "Une politique solidaire prend le parti des opprimés [...] et de la nature". Quel est le rapport entre la solidarité et la nature? Etc, etc.

On entend ici évoqué le concept "d'économie sociale et solidaire", on entend là mentionné la formle "service publique de proximité" ou encore le métier de "médiateurs socio-culturels". Des concepts des plus flous qui ne veulent rien dire lorsqu'on les examine de près. Un autre, le plus fréquent et un de mes préférés: "justice sociale". Une belle formule pour rendre acceptable l'innaceptable, à savoir le vol organisé de la propriété des uns et sa redistribution à d'autres, en l'occurence les électeurs du voleur. Formule des plus malhabiles d'ailleurs, parce que si cela était juste, les socialistes n'auraient pas besoin d'accoler le mot "social" à celui de "justice". Ils diraient simplement "justice". En ajoutant le mot social on admet (parce qu'on ne peut faire autrement) que cela suit des principes complètement opposés à ce qu'on nomme communément justice.

Chez nos voisins français plus que bien avancés dans le socialisme, les exemples ridicules de distorsion langagière sont légions. Mon préféré: on refuse les statistiques catégorielles, qualifiées de "statistiques ethniques" parce qu'on veut éviter que les chiffres de la criminalité ne montrent une réalité qui dérangerait l'idéologie de gauche. Puis soudainement, comme les femmes ou les minorités noires et magrhébines sont sous-représentées dans les sphères de pouvoir (économique, médiatique, etc), alors on cherche à justifier l'usage de ces mêmes statistiques catégorielles. C'est encore l'utilisation subtile de la langue qui sert la propagande: on dit qu'il ne s'agit pas de "statistiques ethniques", mais de "statistiques de la diversité". Risible.

Ne sont-ce pas les socialistes et autres affabulateurs de gauche français qui emploient le mot d'"austérité" pour qualifier un simple gel de la dépense des états? On n'ose imaginer le mot qui serait retenu s'il devait y avoir une réelle réduction drastique des dépenses. Et voilà que les socialistes français au pouvoir devant prendre des mesures similaires sont pris à leur propre piège. On ne va pas manquer de parler aussi d'austérité s'inquiètent-ils. Qu'à cela ne tienne, Michel Sapin invente le concept de "sérieux budgétaire" pour qualifier les mesures que les socialistes qualifiaient précédemment d'austérité. Pathétique.

Pas besoin d'aller chez nos voisins pour voir comment on use et abuse du langage chez les socialistes et apparentés. Rien qu'à Genève on est servi. A propos des 50 rues piétonne, une de vos camarades vertes à qui un journaliste disait pertinemment que de facto cela revenait à interdire la voiture, répondait: "on n'interdit pas la voiture, on donne aux citoyens les moyens d'y renoncer". Je n'ai jamais entendu un UDC dire lorsqu'il réclame le renvoi forcé des étrangers attachés comme des animaux dans un avion dire qu'il ne renvoie pas les étrangers, mais qu'il leur donne les moyens de renoncer à rester". On hurlerait au scandale si une telle justification était donnée par un UDC.

Un autre exemple plus proche de vous? Chez les jeunes socialistes genevois récemment, on violait les droits d'auteurs en utilisant l'image de Yoda sans droit sur des affiches. Qu'à cela ne tienne, votre camarade Olga Baranova le justifie en disant, je cite: "Nous avons pris cette liberté car il s’agit d’un matériel à caractère temporaire, utilisé à des fins non-commerciales et sur un périmètre local". Notez le mot "liberté", c'est plus novlangue que "atteinte illicite aux droits de tiers". J'attends de voir sa réaction (et la votre) lorsque si par malheur elle était victime d'un viol et que le délinquant répondait pour se justifier: "j'ai pris cette liberté, car il s'agit d'une pénétration temporaire, réalisée à des fins non-commerciale et sur un périmètre local de votre intimité".

A propos du mauvais usage des mots en politique, j'en connais même un qui s'est brûlé les doigts en se faisant rappeler à l'ordre parce qu'il a eu l'outrecuidance de défendre sur son blog un minimum de nationalisme tout en étant jeune socialiste. Les caciques de votre parti on eu peur de l'association langagière que cela me manquerait pas de susciter chez les imbéciles sensibles aux connotations associées aux mots plutôt qu'à leur sens réel. Le "coupable" (c'est le bon mot dans la novlangue socialiste) a fini par s'excuser en bon padawan qui ne maîtrisait pas encore les subtilités du lexique officiel et autorisé par le parti. Vous voyez de qui je parle?

Écrit par : mais tout à fait | 11/09/2012

Mais tout à fait,

Orwell était... socialiste !! Ta dam ;-)

Mais vous ne le saviez pas on dirait :-)

Peut-être devriez-vous lire "Ecrits politiques (1928-1949)" rédigés par ... Orwell lui-même !

Bon je vais lire la suite de votre commentaire, mais je voulais en faire un spécialement sur Orwell, car je l'ai cité dans l'espoir qu'un libéral tomberait dans le piège, et j'avoue que cela m'amuse beaucoup que ça soit le cas :D

Écrit par : Adrien Faure | 11/09/2012

Mais tout à fait,

Bon à part ça, content que mon blog vous fasse rire :)
Et merci de vous être donner la peine de me répondre tout cela.
Même si c'est comme Roberto, de la contre propagande, pour moi c'est toujours stimulant.

Et oui, j'ai lu 1984 évidemment, mais aussi un peu plus que vous on dirait :P

Je ne suis pas communiste car je défends l'Etat-providence, le keynésianisme, et un écart salarial...

Oui, la propriété privée des moyens de production c'est le vol : théorie marxienne de l'expropriation de la valeur du travail par le propriétaire des moyens de production (le capitaliste oisif faisant de l'argent avec de l'argent).

égalité sociale = égalité économique = démocratie économique = autogestion = propriété des travailleurs sur leurs moyens de production

Nous défendons les travailleurs et la nature contre les mécanismes d'exploitation capitalistes.

On emploie le mot justice sociale pour faire la différence avec la justice quotidienne des tribunaux, différence entre une valeur et une entité organisationnelle.

L'austérité n'est jamais de gauche. Et quand des gens de gauche la mettent en pratique, alors ils ne sont pas de gauche : ils sont de droite, ils sont libéraux.

Ah la polémique sur le nationalisme de gauche.
Vous savez il s'agissait réellement d'une réflexion stratégique pour moi.
J'ai évolué sur cette question parce qu'on m'a démontré mon erreur stratégique, et non mon erreur idéologique ou axiologique.
Mais oui, certains mots effraient mes camarades.

Écrit par : Adrien Faure | 11/09/2012

Je ne vais même pas discuter vos réponses sur la propriété, la justice, ou l'austérité. Il n'y a là aucun argument, ce ne sont que des affirmations creuses et gratuites et de toute façon ce n'est pas le coeur du sujet sur lequel nous joutons.

Allons directement au meilleur, le seul contenu où il y a un semblant d'argument qui vous donne l'impression de gagner la partie.

"Orwell était... socialiste !! Ta dam ;-)
[...] mais je voulais en faire un spécialement sur Orwell, car je l'ai cité dans l'espoir qu'un libéral tomberait dans le piège, et j'avoue que cela m'amuse beaucoup que ça soit le cas :D"

De quel piège parlez-vous? Vous raisonnez très mal.

Formellement, A (Orwell) critique X (l'état totalitaire) qui découle de Y (le socialisme) lorsque Z (un pouvoir étatique fort) est présent. B (le libéralisme) est une théorie qui prone non X, non Y et non Z. Utiliser l'attaque de A contre X pour tenter d'infirmer B (qui implique non X) est logiquement erroné. Vous poursuivez dans l'erreur de raisonnement en ajoutant un nouvel argument qui n'a aucun fondement logique: "A était favorable à Y". Et alors? Qu'est ce que cela apporte au raisonnement lorsque le contenu porte sur la contestation de X par A (et pas sur son éventuelle contestation de B relativement au contenu Y)? Logiquement, strictement rien.

C'est trop formel? Vous ne voyez pas l'absurdité? Je vous aide avec un contenu concret. Trotsky était comuniste. Il contestait la bureaucratisation de l'URSS et l'état omnipotent des fonctionnaires parce que cela prenait le chemin de la dictature contre les prolétaires. Qui prétendrait utiliser la contestation de Trotksy pour remettre en question une théorie politique qui dénonce exactement la même dérive? C'est pourtant ce que vous faites avec le 1984 d'Orwell, et ajoutez ensuite : Orwell (pour l'exemple Trotsky) était socialiste (communiste). Encore une fois: et alors? Quel est le rapport? Si Trotsky qui dénonce la bureaucratie soviétique est communiste, l'argument n'est-il plus soudainement dirigé contre une conséquence possible et néfaste du communisme? Cela transforme-t-il magiquement la dénonciation en argument contre le libéralisme qui est également anti-bureaucratique? Vous faites bien de dire "Tadam", parce que le procédé relève plus du lapin qu'on sort du chapeau que d'un syllogisme rigoureux.

Peu importe qu'Orwell ait été socialiste. Ca n'apporte aucune information relativement à l'argument et la validité du raisonnement. Vous auriez pu dire qu'il était boudhiste, épicurien ou spartiate, qu'il aimait les tulipes, le vin ou la philosophie, la portée logique serait restée là même.

Vous ne voyez toujours pas? Je vais reproduire le raisonnement sur un contenu très simple et personnifié: J'aime l'alcool, mais j'en dénonce les méfaits possibles dans certaines circonstances, notamment lorsque les gens conduisent en état d'ébriété. D'autres, précisément pour ce genre de raisons, sont opposés à la consommation d'alcool. Il serait absurde d'utiliser mon argument relatif aux méfaits de l'alcool pour critiquer ceux qui combattent la consommation d'alcool. Ca en devient ubuesque d'ajouter pour justifier l'absurdité: "Mais, j'aime l'alcool! Tadam :-)! Mon argument sur les méfaits possibles de l'alcool est donc bien utilisable contre ceux qui luttent contre la consommation d'alcool".

Cher Adrien, ajouter absurdité sur absurdité ne rend pas le raisonnement plus correct, bien au contraire.

In fine, avec votre nouvel argument, vous confirmez bien ce que je dis: chez les socialistes on ne produit pas de raisonnement sur le fond, on est profesionnels de l'usage d'associations et de connotations, d'où l'importance chez vous et vos camarades de l'abus de l'usage des mots. Il est donc comique de vous voir attaquer une disicipline où votre parti rafle toutes les médailles d'or Olympiade après Olympiade en citant précisément celui qui vous caricature.

D'ailleurs votre dernier paragraphe sur l'association entre nationalisme et socialisme m'a laissé bouche bée. C'est qu'il ne trompe pas, c'est en effet un très bel exemple tant sur la forme que sur le contenu : "J'ai évolué sur cette question parce qu'on m'a démontré mon erreur stratégique, et non mon erreur idéologique ou axiologique." Je traduis maintenant votre texte sibyllin -pardon, votre novlangue- en langage clair pour les lecteurs. Ce qui compte au parti socialiste n'est pas le fond de la pensée et les implications du contenu idéologique lorsqu'on le décortique, mais les mots que l'on utilise spécifiquement pour rendre compte de l'idée quelle que soit l'idée. Le fond peut rester le même, ce qui importe c'est comment on le dit pour s'associer d'un point de vue purement stratégique les connotations positives (et éviter les négatives). Comprenez par "stratégique": donner à l'ensemble de la société l'illusion de l'image d'un parti du "bien" afin de minimiser les risques d'attaques médiatiques et convaincre ainsi plus aisément les imbéciles parmis les électeurs qui fonctionnent sur ces mêmes heuristiques. Et là, vous avez appris la leçon. A ce titre on notera le magnifique: "j'ai évolué", suivie du nom moins beau: "parce qu'on m'a démontré". Quelle belle formule positive, empreinte de travail sur soi et de progrès intellectuel suite à une interaction argumentative profitable avec quelques experts, pour éviter de dire crûment :"j'ai publiquement fait semblant de changer d'avis et prétexté que je m'étais mal exprimé pour éviter les emmerdements suite aux pressions dans le parti".

On comprend dès lors mieux pourquoi vous voulez "réinventer la langue"; pardon, j'aurai bien évidemment dû dire: renouveler la novlangue.

Écrit par : mais tout à fait | 12/09/2012

@ mais tout à fait:

Vos remarques sur les connotations et associations langagières: j'adhère. Le sens des mots en est déformé voire subtilisé. C'est un hold-up. Les connotations ne sont pas le fond. Elles font obstacle à tout courage rhétorique et politique. On ne pense plus, on se méfie de ce que les autres diront de nos propos. Et donc on organise son langage pour qu'il soit collé à la doxa connotative plus que porteur de sens.

Quant à cette phrase qui devrait devenir culte: "on n'interdit pas la voiture, on donne aux citoyens les moyens d'y renoncer", on croit rêver. Le totalitarisme, bien que rampant dans sa forme actuelle, est parfois imaginatif... surtout pour prendre les gens pour des idiots.

Écrit par : hommelibre | 12/09/2012

rien ne sert
de faire semblant d'inventer du langage ou de copier pour faire genre

cause cte comm-son qu'est le langage, novlangue & autres grognements
est fille créée par de petits trucs de provenances diverses & formatés par celles-ci tout en circulant aux environs de neurones

que peu d'entre nous sauront jamais contrôler

si le mal vous prend alors faites comme Victor dimitriescu: inventez-vous 1 un nom suisse-allemand pour faire genre, puis inventez-vous une espèce d'armoiries avec une carte de la Suisse en fond pour faire genre, en y ajoutant au centre un poing fermé sur-dimensionné tenant des flèches dont les pointes sont dirigées sur la Suisse, pour faire genre.

sinon, ya aussi Faudel, pour faire genre chanteur.

Écrit par : Pierre à feu | 12/09/2012

Mais tout à fait,
Ah je vois que je vous ai agacé^^

Je vais vous dire : Orwell a été très peiné lorsqu'il a lu certaines réactions de gens comme vous (mais de son époque évidemment) qui disaient que 1984 parlait de socialisme.
Il faut être un libéral obtus pour penser cela :P

1984 s'attaque au totalitarisme soviétique, mais Orwell ne remet nullement en cause le socialisme !!!

Bref, voilà pour répondre à toutes vos proto-démonstrations de logique... :)

Concernant le nationalisme, et bien quoi ?
Vous voulez que je vous refasse le débat ?
Okay.
Donc : j'ai soutenu que la création d'un parti nationaliste (par X), de gauche économiquement, aurait comme conséquence un affaiblissement de l'UDC, le parti nationaliste de gauche absorbant son électorat issu de la classe des travailleurs et des précaires.
Cette thèse me paraissait juste, et elle l'est quelque peu, MAIS pas assez pour soutenir que la création d'un parti nationaliste de gauche serait positif pour la gauche (et donc pour la société).
En effet, on m'a fait remarqué que la création d'un nouveau parti ne se contente pas de déplacer l'électorat dans son vote, mais induit aussi la création d'un nouvel électorat (issu des gens qui ne votaient pas jusqu'à maintenant).
Dans ce cas, il est évident que la gauche risquerait de perdre des voix...
Et voilà pourquoi mon raisonnement n'était que partiellement juste, et pourquoi ma conclusion était erronée.

Écrit par : Adrien Faure | 12/09/2012

@ Pierre à feu

Vous ne connaissez rien du tout à mon histoire personnelle, alors arrêtez vos conneries.

Victor DUMITRESCU, même pas capable de bien écrire mon nom.

J'ai été adopté par un bernois, ça vous va ?

Écrit par : Victor Winteregg | 12/09/2012

quel cracheur, ce victor!

quel bonheur: un jour moi aussi, me suis adopté...

Écrit par : Pierre à feu | 12/09/2012

Je ne sais pas depuis combien de temps vous utilisez cette plateforme, Pierre à feu, mais ceux qui sont là depuis 2008, connaissent très bien mon histoire perso.

Écrit par : Victor Winteregg | 13/09/2012

le son des langues en dit tant sur le monde mental du parleur..

mon destin m'a conduit à (& comprendre les dires) écouter le birman en Birmanie,
si chantant que l'italien à côté n'est que du hâchis parmentier à base de verre pilé,

l'espagnol en Amérique centrale, si doux vs le guttural espagnol d'Espagne,

le portugais en Amérique du sud, si doux vs le guttural portugais du Portugal,

l'allemand à Berlin,
bon, moins doux mais plus soft que le suisse-allemand bernois qui est bien plus sec que le suisse-allemand de ma famille schwyzoise

le cockney londonien me donnant d'emblée envie de rire aux éclats,
le hollandais me donnant d'emblée envie de vomir,
j'ai pas essayé l'arabe qui d'emblée trop guttural, avait bouché mes oreilles pour un bout de temps

Écrit par : Pierre à feu | 12/09/2012

Pierre à feu, vous avez absolument raison : la lutte des classes existent de plus en plus fortement. Et c'est vrai, on nous dit qu'elle n'existe plus. Preuve que le langage s'étiole. Les litotes remplacent la sincérité, les anglicismes la variation du vocabulaire. Ce n'est pas notre latin que nous perdons, mais notre construction contre la Barbarie.

Écrit par : Loïc Le Saüder | 12/09/2012

A constater que chaque langage est formellement définit non seulement par le contexte de son utilisation mais affecté par le média utilisé, une réforme de langage serait de ce fait parfaitement inutile dans le monde actuel ou la multiplicité médiatique se veut garante de la liberté d'expression. Alors il ne faut en aucun cas surestimer son pouvoir, qui émane d'une volonté de compréhension de l'imaginaire et qui bien que structurant la pensée. Le langage est en premier lieu un outil de communication normatif comportant ses propres caractéristiques et imperfections mais fort heureusement pas le seul.

Écrit par : Richard Raueiser | 11/11/2013

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