06/09/2012

Le libéralisme est étatiste

Je dédie cette note à Roberto Fucile Pujol, militant libéral fanatique et poltergeist de Facebook.

« Il est tout aussi vrai, cependant, que si le capitalisme triomphe, c’est au prix de la schizophrénie de ses partisans. Le triomphe du capitalisme, c’est le triomphe de l’Etat – au service, certes, du capital, mais contre la rhétorique libérale de ses idéologues. Nul projet politique n’est plus attaché à l’Etat que celui du libéralisme. » Pascal Holenweg

Les idéologues libéraux ont l'habitude de nous rabâcher les oreilles avec leurs pulsions anti-étatistes.
Pourtant, si leur démonstration théorique peut avoir un semblant de sens, la réalité dément leur discours.

En effet, les libéraux fondent leur organisation économique sur la propriété privée des moyens de production et sur la liberté économique (des possédants de jouir sans entrave de leur propriété et d'en faire ce qu'ils veulent).

Mais cette propriété privée des moyens de production (du capital économique et financier) signifie simplement qu'une minorité possède les moyens de production (et par conséquent touche les profits réalisés à partir de ces derniers), et qu'une majorité n'en possède pas.
Bref, le libéralisme est fondé sur l'inégalité et l'injustice, sur le vol d'une majorité par une minorité.

La question qui découle de ce mode d'organisation économique est de savoir comment maintenir une telle inégalité ?

Et bien, évidemment, par l’État...

L’État au service de la classe possédante, l’État capitaliste, protège les intérêts de cette classe en préservant son ordre juridique (libéral) par la force et la coercition.

Aucune organisation inégalitaire, inéquitable, injuste, ne peut se maintenir sans domination de classe, et sans que la classe dominante n'emploie l’État à protéger ses intérêts de classe.

Ainsi, les idéologues libéraux sont de véritables maîtres du paradoxe, habiles à manier la langue pour tenter de démontrer toute la nuisance de l’État, alors que leur ordre juridique, dans ses fondements, ne peut se maintenir que par la force de l’État et par la coercition.

Au contraire, le socialisme, en prônant la propriété des travailleurs sur leurs moyens de production, l'organisation de la société décentralisée (le pouvoir aux communes), et l'autogestion (vive la démocratie directe), est véritablement peu étatiste.

18:44 Publié dans Libéralisme | Lien permanent | Commentaires (16) | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg

Commentaires

Adrien,

Il faut raisonner et faire la distinction entre théorie et pratique.
Les pires dictateurs sanguinaires sont/ont été socialistes, voire communistes.
Vous avez fait un héros de ce criminel de Che Guévara ... à quoi d'autre puis-je m'attendre de la part des socialistes ?



Ceci est carrément du pure délire ... il faudrait communiquer la recette ...

"Au contraire, le socialisme, en prônant la propriété des travailleurs sur leurs moyens de production, l'organisation de la société décentralisée (le pouvoir aux communes), et l'autogestion (vive la démocratie directe), est véritablement peu étatiste."

Écrit par : Victor Winteregg | 06/09/2012

Etatistes, policiers et autoritaires... On peut lire dans Le Monde Diplomatique de ce mois, un petit extrait des discussions à huis clos qui se tiennent à Bruxelles entre les chefs d'Etat de l'UE. On y apprend que Angela Merkel souhaite étendre l'interdiction du droit de vote (sanction à l'égard des pays qui léseraient les droits humains et démocratiques) à ceux qui ne respecteraient pas les clauses austéritaires du Traité de stabilité qui fixe la limite de l'endettement à 0.5 % du PIB. Ce qui est sûr de retirer tout droit de vote à la majorité ou sinon à tous les Etats membres de l'UE... (!) La commission fera donc son Europe rêvée toute seule...

Écrit par : Laurent | 06/09/2012

Ah j'ai lu ça aussi ! :-)
Les libéraux n'aiment la démocratie que lorsque ça les arrange!

Écrit par : Adrien Faure | 06/09/2012

Victor, vous oubliez Pinochet. N'est-ce pas un dictateur...libéral ?

Je vous assure que le socialisme que je défends est peu étatiste.
Nous voulons la propriété des travailleurs, pas la propriété de l'Etat !

Écrit par : Adrien Faure | 06/09/2012

Et tu as probablement lu aussi que Barroso confie du bout lèvre que la commission s'oppose par principe à toute forme de protectionnisme... (alors que Sarkozy, peu soucieux d'être de gauche, souhaitait tout de même protéger la France d'un certain nombre de méfaits liés au "marché libre et non faussé"...)

Il y a aussi un très bel article sur le Vénézuela et la politique éminemment populaire de Chavès, soutenu et adoré par son peuple. Les bienfaits réels portés dans un sens reviennent aussi de l'autre... ;-)

Écrit par : Laurent | 06/09/2012

Le pouvoir de la Commission est anti-démocratique... mais ça ne m'étonne pas de leur part qu'elle soit libre-échangiste.
La mondialisation sans contrôle est le paradis des capitalistes!

Ah oui l'article sur Chavez est très bien :-)

Écrit par : Adrien Faure | 06/09/2012

Autre chose encore qui m'a stupéfié (toujours dans Le Monde Diplo) : la bulle spéculative qui entoure désormais l'endettement des étudiants aux Etats-Unis qui ne parviennent plus à payer leurs études (toujours plus coûteuses et toujours moins gratifiantes). La dette étudiante s'élève à 1000 milliards de dollars ! Les intérêts récoltés par les banques sur ce marché s'élèvent à 30 milliards de dollars... Par conséquent, l'effondrement de cette bulle pourrait être prochainement un cataclysme de plus dans le cycle destructeur du système actuel... Pour sûr, on est bel et bien à l'aboutissement d'un système parfait dont il serait bien ingrat de lui trouver une alternative plus harmonieuse...

Écrit par : Laurent | 07/09/2012

1000 milliards de dette... et quelle révolte de la part des endettés de force... ?
Il est temps que les étudiants se bougent.

Écrit par : Adrien Faure | 07/09/2012

J'ai oublié de préciser que les intérêts bancaires sur la dette étudiante s'élèvent à 30 milliards "par an..."

Écrit par : Laurent | 07/09/2012

Je recommande à ce titre le reportage d'ARTE sur Goldman Sachs, absolument... sidérant. La Banque qui dirige le monde. Portrait de l'aboutissement d'un système sans aucune limite. Bienvenue dans la quatrième dimension : www.youtube.com/watch?v=StHcjU9Al7k

Écrit par : Laurent | 07/09/2012

Adrien, je vous ai fait parvenir il y a quelques jours, mon adresse e-mail.
Je ne demande qu'à être convaincu de vos valeurs, pour y adhérer moi-même.

Écrit par : Victor Winteregg | 07/09/2012

par Saint Neurones et Saint Cerveau veuillez je vous prie nous protéger des déltrems de la gauche socialiste.En effet c'est le seul moyen pour ne pas éclater de rire en vous lisant Adrien
Excellent journée pour Vous

Écrit par : lovsmeralda | 07/09/2012

Victor, désolé, mais pas reçu :S
Mon adresse est bien celle-ci : afaure@hotmail.ch

Écrit par : Adrien Faure | 07/09/2012

Lovsmeralda, et bien mieux vaut que vous riez plutôt que vous pleuriez en me lisant :-)

Écrit par : Adrien Faure | 07/09/2012

Cher M. Faure,

La gestion des ressources, les moyens de production, doivent être gérés par des agents aptes. Peu d'être humain possède les capacités de rassembler des équipes, de créer des entreprises et des les administrer avec bon sens et intelligence. Ainsi, par souci de bon sens justement, les moyens de production sont (et doivent!) être détenus par une minorité ; la minorité capable de remplir une telle tâche.

Les hommes naissent égaux en droits, pas en facultés. Est-ce politiquement incorrecte? Peut-être. Un des grands mensonges de l'idéalisme réside dans cette pensée que n'importe qui peut occuper des postes à haute responsabilité. Je ne pense pas que cela soit vrai. Il est des gens qui rassemblent, et il est des gens qui suivent. Irais-je trop loin si je disais que le bonheur réside dans cette aptitude que nous devons avoir à "bien" suivre et à "bien" mener?

D'un autre côté, si le meneur est inapte, alors oui, il sera mis à l'écart. Il faut trouver un système qui permette d'identifier les mauvais meneurs. Je vous écoute sur ce point. Je choisis pour ma part le libéralisme. Vous ne serez pas surpris d'apprendre que j'exerce la profession de compositeur de musique, profession indépendante par excellence.

Bien à vous,

Nicolas

Écrit par : Nicolas | 11/09/2012

Cher M. Nicolas,

Vous devriez différencier l'égalité des fonctions avec l'égalité des statuts.

Le socialisme, tel que je l'imagine, instaure l'égalité des statuts avec la généralisation du modèle de coopérative autogérée. Mais cela ne signifie nullement l'égalité des fonctions : il y a toujours des gens qui exercent des fonctions de gestion ou d'organisation.
Ce qui compte c'est de supprimer la domination économique et l'exploitation.

Cordialement,

Adrien

Écrit par : Adrien Faure | 11/09/2012

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