19/08/2012

La coopérative autogérée : le modèle du socialisme de demain

L'entreprise privée est l'entité basique du mode de production capitaliste.

Elle existe sous diverses formes, dont deux principales : premièrement, l'entrepreneur/patron (gestionnaire et propriétaire) et son salariat (cas des PME), et deuxièmement, le manager/patron (le gestionnaire), l'actionnariat (le propriétaire), et le salariat (cas des grandes entreprises).

La principale critique socialiste envers le mode de fonctionnement de pareille entité tourne autour du processus de domination du propriétaire et/ou gestionnaire de l'entreprise sur les travailleurs membres de son salariat, et de l'expropriation de la valeur du travail qui en découle.


A cette critique, certains socialistes répondent par l'entreprise étatique et la planification totale.
Si ce modèle étatiste et planificateur fait sens lors de phase de développement industriel (et pré-industriel), ou dans des cas d'économie de guerre ou de pénurie, il est moins évident qu'il soit la réponse socialiste la plus pertinente à notre époque et dans le contexte que nous connaissons (et compte tenu de notre état actuel de développement économique et technologique).

Ainsi, le socialisme que je prône préférera défendre un mode de production fondée sur la coopérative autogérée.
Concrètement, cela signifie que la collectivisation des moyens de production donne la propriété non à l’État socialiste, mais aux travailleurs eux-mêmes.
(Oublions la querelle philosophique entourant les PME, il est évident que la collectivisation concerne avant tout le grand capital et non les petites entreprises avec un petit salariat.)

La propriété des travailleurs sur leurs entreprises est la grande véritable révolution économique du socialisme, car elle change la structure de base de tous les rapports économiques entre les individus.

En effet, dans la coopérative autogérée (CA), tout rapport de domination économique est supprimé puisque le statut même de salarié est aboli (l'égalité de statut est instauré).
Chaque travailleur recevant une part égale des bénéfices (à ne pas confondre avec le revenu normal du travail) de la CA, il en résulte une plus forte incitation à s'investir et à s'impliquer dans le bon fonctionnement de l'entreprise et dans la réussite de ses activités. Cette incitation représente un gain probable de productivité élevé et constant pour toute l'activité économique de la société socialiste.
Les conséquences psychologiques de cette révolution sont par ailleurs sûrement aussi importants (bonus de motivation, gain en autonomie, responsabilisation, croissance de l'estime de soi, etc.)

Toutefois, il est évident que toute production au niveau technologique actuelle nécessite une division du travail (par exemple simplement entre travail manuel et intellectuel). Cette division du travail implique une différence de fonction dans la CA, sans induire du tout une inégalité de statut.
Ainsi, les fonctions de coordination, d'administration, et de gestion, de la CA sont toujours assurés par certains travailleurs. De cette façon, les améliorations en innovation (à différencier avec le progrès de la recherche et de la technologie, l'innovation représente la mise en place de nouvelles configurations d'organisation pour améliorer la production) peuvent se poursuivre.

Concernant les modalités pratiques de l'organisation interne des CA, l'autogestion peut être découpée en temporalité décisionnelle différente.

A long terme, c'est l'Assemblée Générale des travailleurs (coopérateurs) qui prend les décisions stratégiques sur l'avenir de la CA (comme les décisions touchant aux investissements ou à des choix de développement sectoriel). Pour cela elle peut utiliser la démocratie directe, éventuellement par unanimité.

A court terme, l'AG des travailleurs délègue, par mandat impératif, à quelque uns des siens la prise de décisions, en ce qui concerne la gestion, l'administration, et la coordination, des activités quotidiennes de la CA.

A moyen terme enfin, les délégués à la coordination appelle des AG extraordinaires pour traiter des prises de décision tactiques.

De cette façon, la coopérative autogérée représente-elle un véritable modèle de démocratie économique socialiste.

On notera toutefois, que une majorité de travailleurs pourraient fort bien décider de stigmatiser ou de dominer une autre minorité de la CA.
C'est pourquoi, l'État socialiste se doit-il de contrôler un minimum les CA pour éviter toute dérive (surtout en ce qui concerne les licenciements).

 

13:53 Publié dans Coopérative autogérée | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : coopérative, coopérative autogérée, ca, autogestion, travailleurs | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg

Commentaires

A ton avis d'où vient la classe des oligarques russes ? Du premier cycle que tu décris comme le court terme

C'est méconnaitre l'humanité mais surtout l'Histoire que de croire qu'en ce type de développement il y aura un moyen et un long terme.

Définitivement il nous faut faire preuve d'imagination car aménager plus ou moins la propriété privée,qu'elle soit collective ou individuelle ne résout rien.

Quant aux PME peut-être devrais tu te pencher un plus sur cet aspect de l'entreprise de proximité. A Genève elle représente 75 % de l'emploi...
Par exemple tout le secondaire a disparu et avec lui les emplois les moins qualifiés.... 10 % de chômage dont 5% incompressibles. C'est un peu plus compliqué mais cet aspect de l'économie ne se résout pas avec ton système. Définis mieux le cadre de ta réflexion car sinon tu fais rire les vieux comme moi qui ont connu l'URSS et donc savent qu'il y a très loin de la coupe aux lèvres.

merci néanmoins de ce travail qui nous permet de reposer des bases de discussions.

Écrit par : lulu la nantaise | 19/08/2012

on pensait la chute du Mur de Berlin ouvrir les yeux sur une réalité connue de beaucoup bien avant en. En vous lisant Adrien on a presque envie de vous dire faut apprendre à vivre avec votre temps le système kolkhoze est mort et bien enterré .Pour preuve même en certaines copropriétés basées sur ce système ,c'est la décadence complète suivant ou avec armes et fusils aux poings lors de périodes tumultueuse .Les Suisse ont longtemps coopéré,ils étaient même recherchés pour ce qui fut longtemps considérés comme qualités cependant faut pas leur en demander trop non plus surtout avec Schengen tout le monde se méfie de tout le monde maintenant,mais il n'est pas interdit de réver non plus

Écrit par : lovsmeralda | 19/08/2012

pour coopérer faudrait déjà installer des réformes qui durent sinon c'est briser même les meilleures volontés,nos anciens savaient réformer mais sur le long terme sans se laisser destabiliser par des théories de bouts de chandelle qui font de plus en plus penser a un monde ou dirigé par ou entre les mains de bipolaires ou alzheimers

Écrit par : lovsmeralda | 19/08/2012

Jadis, il y a eu de grandes discussions sur l'autogestion. Même une revue que je lisais passionnément. On observait avec attention la "samo upravlije" titiste. Puis 1981 est arrivé en France Miterrand. A partir de là, plus un mot. Les idées servent surtout à prendre le pouvoir. Après, on fait le ménage.

Écrit par : yves scheller | 19/08/2012

@Yves Scheller, on retrouve aussi l'autogestion dans le programme du PS de 1985.
Mais je me permets de vous faire remarquer que l'autogestion reste présente dans le programme de 2010 ;)

Écrit par : Adrien Faure | 19/08/2012

@Lulu la nantaise

"A ton avis d'où vient la classe des oligarques russes ? Du premier cycle que tu décris comme le court terme.

C'est méconnaitre l'humanité mais surtout l'Histoire que de croire qu'en ce type de développement il y aura un moyen et un long terme."

Ce n'est pas ce que je dis.
Lorsque je parle de termes différents, il s'agit en réalité non pas d'un processus graduel mis en place dans une société socialiste, mais d'un mode de fonctionnement constant concernant les modalités de la prise de décision dans une coopérative autogérée.
J'essaie de répondre à la question de savoir comment les décisions sont prises dans une coopérative autogérée à court, moyen, et long terme.

"Définitivement il nous faut faire preuve d'imagination car aménager plus ou moins la propriété privée,qu'elle soit collective ou individuelle ne résout rien."

Quelles solutions avons-nous ?
Propriété privée, propriété des travailleurs, et propriété étatique non?

"Quant aux PME peut-être devrais tu te pencher un plus sur cet aspect de l'entreprise de proximité. A Genève elle représente 75 % de l'emploi...
Par exemple tout le secondaire a disparu et avec lui les emplois les moins qualifiés.... 10 % de chômage dont 5% incompressibles. C'est un peu plus compliqué mais cet aspect de l'économie ne se résout pas avec ton système.
Définis mieux le cadre de ta réflexion car sinon tu fais rire les vieux comme moi qui ont connu l'URSS et donc savent qu'il y a très loin de la coupe aux lèvres."

Le présent écrit explore la question du modèle de propriété idéal.
Je ne traite pas ici directement de macro-économie, type développement régional et la question de l'emploi (et du chômage).

Mais concernant les PME, je me montre pragmatique et je ne pense effectivement pas qu'il faut aller embêter les petites entreprises avec des modèles de coopératives qui ne les intéressent pas.

Par rapport, à la structure économique régionale, il est clair que l'Etat doit s'engager pour lutter contre la désindustrialisation en investissant ou en incitant les entreprises à fonder dans les secteurs souhaitables. Dans ce cas là à nouveau, se focaliser sur le modèle de propriété idéal n'est pas l'essentiel : l'essentiel étant de développer les secteurs économiques souhaitables pour la population (et notamment effectivement pour les chômeurs).

On peut aussi lutter contre le chômage en répartissant le temps de travail (davantage de vacances ou moins d'heures hebdomadaires), en mettant en place une allocation universelle élevée, et par des politiques (keynésiennes) de dépenses étatiques et de redistribution des richesses.

A noter que une économie planifiée (qu'elle soit décentralisée ou pas, et quelle que soit son modèle de propriété) ne comprend pas de chômage.

Bref, je ne crois pas au chômage incompressible, tout au plus au chômage frictionnel dans une économie de marché.

Écrit par : Adrien Faure | 19/08/2012

Bonsoir Adrien,

Dans ce système il y a toujours une tutelle. L’Etat est là au début, et en cas de besoin. L’autogestion et la liberté économique sont surveillées. Si une partie des employés tentent de l’emporter sur l’autre partie, ils seront remis à l’ordre. Comment déterminer ce qui serait un vote libre d’une tentative de domination d’une majorité sur une minorité? Tout vote majoritaire suppose qu’une majorité décidera pour une minorité. Tout débat mettra en présence des opposés, des influences, des tentatives d’alliances, des formes de stigmatisations de l’adversaire.

A quoi donc sert-il de voter si c’est pour que l’Etat central (et forcément centralisateur) décide parce que la majorité vote «mal»? On a déjà donné, non? Redescendez sur Terre. C’est exactement ce qui s’est passé autrefois. Vous voulez recommencer la dictature d’une élite qui sait pour les autres comment bien voter?


L’unanimité? Bonne chance. Rien ne se fera. Plus aucune décision ne sera prise. L’unanimité n’est valable qu’après palabre dans de petits groupes d’humains. Pas dans une commune, ou un canton, ou une entreprise de milliers d’employés.


L’égalité dans les prises de bénéfices? Selon quel critère? Niveau de formation? Degré d’implication? Rentabilité? Productivité individuelle? Par idéal? Par égalité absolue? Elle sera injuste par rapport au degré d’investissement individuel et donc le référent deviendra le moins investi. Car pourquoi bosser mieux ou s’investir plus si l’on n’a pas de meilleure rétribution? Les humains veillent d’abord à leur propre conservation, ce qui est au fond une forme de responsabilité individuelle acceptable tout bien pesé.


Et puis il faudrait commencer par prendre les entreprises à ceux à qui elles appartiennent.


Les PME: faudra-t-il les limiter en croissance? A partir de quel moment l’entreprise sera-elle volée à celui qui l’a créée? On attend qu’elle soit rentable et on prend aux autres ce qu’ils ont su faire et que l’on n’a soi-même pas su faire?


Donner mandat pour la gestion: qui a la compétence d’évaluer les compétences de ceux qui sont élus? Et pour orienter l’entreprise, qui en a les compétences économiques, techniques, comptables, promotionnelles, etc? Qui peut voter en connaissance de cause? Pas grand monde. Donc ce sera l’incompétence au pouvoir, portée par des jeux d’influences de minorité connaissantes sur des majorités ignorantes.

Et quand on change d’entreprise, peut-on voter immédiatement sans connaître bien la nouvelle entreprise? Certainement pas. De plus si l’employé est propriétaire de l’entreprise, que devient sa part s’il la quitte? J’imagine qu’il la perd. Reçoit-il sa mise de départ, avec plus-value si l’entreprise s’est bonifiée? Si c’est non, c’est injuste car les bénéfices ne sont pas toute la rétribution de son investissement: la croissance de la société devrait être prise en compte idéalement et non seulement économiquement. Sinon il ne s’investit que pour l’argent, c’est-à-dire par égoïsme. Si c’est oui, il devient capitaliste...


Personne ne sera vraiment responsable. La responsabilité sera diluée. D’ailleurs il n’y aura plus de responsabilité: comment pourrait-on attaquer juridiquement l’ensemble des employés? Ou seulement ceux qui ont «mal» voté? Ah mais non, les humains seront devenus parfaits d’un coup et il n’y aura plus besoin de procès contre les dirigeants (qui seront tous les employés).


Au fond si l’autogestion était si simple, rien n’empêcherait de la développer à grande échelle maintenant. Les employés investissent, prennent les risques, répartissent les niveaux de décisions et les représentants. Assument les éventuelles pertes. Fliquent les profiteurs.


Mais, hélas, l’idéologie n’a encore jamais changé l’humain. C’est l’un des écueils de votre théorie. Le salariat est un contrat. L’autogestion sera une contrainte. Sa régulation demandera la tutelle et l’intervention de l’Etat central, intervention forcément contraignante. Pour vous ce ne sera pas un problème: en tant que producteur de théorie, vous ferez automatiquement partie des nouveaux oligarques.

Vous vous préparez une place dans la direction du PS, visiblement.


Quand-même:

« On notera toutefois, que une majorité de travailleurs pourraient fort bien décider de stigmatiser ou de dominer une autre minorité de la CA.
C'est pourquoi, l'État socialiste se doit-il de contrôler un minimum les CA pour éviter toute dérive (surtout en ce qui concerne les licenciements).»


Le système est verrouillé avant même que d’exister.

Écrit par : hommelibre | 19/08/2012

Bonsoir John, merci pour ce long, mais intéressant commentaire :)
Je vais tâcher d'y répondre le mieux que je peux.

"Dans ce système il y a toujours une tutelle. L’Etat est là au début, et en cas de besoin. L’autogestion et la liberté économique sont surveillées. Si une partie des employés tentent de l’emporter sur l’autre partie, ils seront remis à l’ordre. Comment déterminer ce qui serait un vote libre d’une tentative de domination d’une majorité sur une minorité? Tout vote majoritaire suppose qu’une majorité décidera pour une minorité. Tout débat mettra en présence des opposés, des influences, des tentatives d’alliances, des formes de stigmatisations de l’adversaire. "

On pourrait imaginer une variante : ce serait des cours de justice chargés de trancher ce genre de litiges.
Mais des pressions pourraient empêcher les lésés de porter plainte.
Un contrôle discret de l'Etat permet d'éviter toute dérive comme je le dis.
Imaginez que une majorité de travailleurs décident de virer une minorité peu aimée ou peu coopératives à accepter une baisse de salaire unilatérale ?
Vous voyez bien que la nécessité du contrôle de l'Etat peut avoir son sens, tant que ce contrôle n'intervient que pour gérer des situations de conflit, et jamais pour interférer avec les prises de décision non conflictuelles.

"A quoi donc sert-il de voter si c’est pour que l’Etat central (et forcément centralisateur) décide parce que la majorité vote «mal»? On a déjà donné, non? Redescendez sur Terre. C’est exactement ce qui s’est passé autrefois. Vous voulez recommencer la dictature d’une élite qui sait pour les autres comment bien voter?"

L'Etat n'est pas forcément centralisateur.
La décentralisation est essentiel à tout Etat véritablement démocratique, surtout pour des questions économiques où la proximité peut être de bon aloi.

Je ne vois pas en quoi vous considérez l'Etat comme une élite ???
Au cas où dans mon processus de démocratie idéale ce n'est pas une élite à la tête de l'Etat, mais des députés élus ou tirés au sort (50/50).


"L’unanimité? Bonne chance. Rien ne se fera. Plus aucune décision ne sera prise. L’unanimité n’est valable qu’après palabre dans de petits groupes d’humains. Pas dans une commune, ou un canton, ou une entreprise de milliers d’employés."

Là je suis d'accord avec vous. Moi non plus je n'y crois pas trop. Je la mentionnais seulement pour celles et ceux qui y voient du sens.


"L’égalité dans les prises de bénéfices? Selon quel critère? Niveau de formation? Degré d’implication? Rentabilité? Productivité individuelle? Par idéal? Par égalité absolue? Elle sera injuste par rapport au degré d’investissement individuel et donc le référent deviendra le moins investi. Car pourquoi bosser mieux ou s’investir plus si l’on n’a pas de meilleure rétribution? Les humains veillent d’abord à leur propre conservation, ce qui est au fond une forme de responsabilité individuelle acceptable tout bien pesé."

Egalité absolue en ce qui concerne le partage des bénéfices.
Tous propriétaires à part égale.
C'est cela le socialisme coopératif.
Mais attention, je différencie bien le bénéfice général, du revenu du travail (ce qu'on appelle salaire dans un système de salariat).
Le revenu du travail ne sera pas égalitaire, mais équitable (une échelle de 1 pour 5 est pour moi équitable).


"Et puis il faudrait commencer par prendre les entreprises à ceux à qui elles appartiennent."

C'est ce qu'on appelle l'expropriation des expropriateurs chez Marx ;)
Un procédé moralement parfaitement légitime.


"Les PME: faudra-t-il les limiter en croissance? A partir de quel moment l’entreprise sera-elle volée à celui qui l’a créée? On attend qu’elle soit rentable et on prend aux autres ce qu’ils ont su faire et que l’on n’a soi-même pas su faire?"

Une bonne question que je n'ai pas encore tranché personnellement (par contre je n'adhère pas à la terminologie libérale).
Mais je suis sûr que on pourrait se mettre d'accord la dessus démocratiquement.
On peut imaginer que les PME deviennent des CA en croissant bcp.

"Donner mandat pour la gestion: qui a la compétence d’évaluer les compétences de ceux qui sont élus? Et pour orienter l’entreprise, qui en a les compétences économiques, techniques, comptables, promotionnelles, etc? Qui peut voter en connaissance de cause? Pas grand monde. Donc ce sera l’incompétence au pouvoir, portée par des jeux d’influences de minorité connaissantes sur des majorités ignorantes. "

Je différencie très bien différents niveaux de temporalité dans la prise de décision, temporalité qui se réfère à des types de décision différentes.
Mais ce petit schéma peut être amélioré.

"Et quand on change d’entreprise, peut-on voter immédiatement sans connaître bien la nouvelle entreprise? Certainement pas."

Mais si! C'est ça l'autogestion :)

" De plus si l’employé est propriétaire de l’entreprise, que devient sa part s’il la quitte? "

Et bien il n'appartient plus à la coopérative et il n'en est plus propriétaire.

"J’imagine qu’il la perd. Reçoit-il sa mise de départ, avec plus-value si l’entreprise s’est bonifiée? Si c’est non, c’est injuste car les bénéfices ne sont pas toute la rétribution de son investissement: la croissance de la société devrait être prise en compte idéalement et non seulement économiquement. Sinon il ne s’investit que pour l’argent, c’est-à-dire par égoïsme. Si c’est oui, il devient capitaliste..."

Réflexion un peu vénale.
Le travailleur s'investit dans l'entreprise tant que cela lui plaît.
Si il la quitte il la quitte. Peu importe la taille des bénéfices de l'entreprise à son départ.


"Personne ne sera vraiment responsable. La responsabilité sera diluée. D’ailleurs il n’y aura plus de responsabilité: comment pourrait-on attaquer juridiquement l’ensemble des employés? Ou seulement ceux qui ont «mal» voté? Ah mais non, les humains seront devenus parfaits d’un coup et il n’y aura plus besoin de procès contre les dirigeants (qui seront tous les employés)."

Pourquoi vouloir toujours attaquer juridiquement tout le monde ???

Les coopérateurs seront très responsabilisés, puisque l'entreprise sera la leur...
C'est une grande responsabilité justement, et ils en sont tous responsables collectivement, si il y a un problème ils payeront tous un part égale dans les dommages.


"Au fond si l’autogestion était si simple, rien n’empêcherait de la développer à grande échelle maintenant. Les employés investissent, prennent les risques, répartissent les niveaux de décisions et les représentants. Assument les éventuelles pertes. Fliquent les profiteurs."

L'ordre capitaliste maintient l'ordre capitaliste.
L'esprit humain est partiellement déterminé par l'hégémonie qu'instaure et diffuse un système comme notre ordre socio-économique.
Cela limite ce type de création.

"Mais, hélas, l’idéologie n’a encore jamais changé l’humain. C’est l’un des écueils de votre théorie. Le salariat est un contrat. L’autogestion sera une contrainte. Sa régulation demandera la tutelle et l’intervention de l’Etat central, intervention forcément contraignante. Pour vous ce ne sera pas un problème: en tant que producteur de théorie, vous ferez automatiquement partie des nouveaux oligarques. "

Le salariat est une domination, l'autogestion une libération.

"Vous vous préparez une place dans la direction du PS, visiblement. "

Vous surestimez ma plume^^


"Quand-même:

« On notera toutefois, que une majorité de travailleurs pourraient fort bien décider de stigmatiser ou de dominer une autre minorité de la CA.
C'est pourquoi, l'État socialiste se doit-il de contrôler un minimum les CA pour éviter toute dérive (surtout en ce qui concerne les licenciements).»


Le système est verrouillé avant même que d’exister."

Le socialisme n'est pas un communisme ou un anarchisme.

Écrit par : Adrien Faure | 21/08/2012

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