30/06/2012

Abolir l’État ?

Abolir l’État ?


Libéralisme, libertarisme, marxisme, communisme, anarchisme, toutes ces idéologies politiques ont en commun d'avoir comme finalité l'abolition de l’État.

Pour les uns essence néfaste de la coercition, pour les autres instrument maudit de domination de classe, l’État n'a pas une place très positive dans les grandes philosophies politiques qui ont marqué l'Histoire et qui continuent d'influer très largement sur la construction de nos sociétés contemporaines.

Comment se fait-il que moi, en tant que socialiste, je me refuse alors à soutenir l'abolition (ou le dépérissement) de l’État ?

Ma croyance que l’État est nécessaire à la construction d'une société humaine harmonieuse s'ancre plus profondément dans ma croyance que l’individu contemporain n'est pas suffisamment solidaire, partageux, juste, altruiste, bref en un mot sociable, pour se passer d'un médiateur impersonnel organisationnel comme l’État.

Un autre être humain, un individu transformé, plus évolué, pourra peut-être réaliser l'utopie d'une société sans État.

Mais dans la situation présente, je pense que nous ne saurions nous passer d'organisation collective sous la forme étatique et démocratique.

Cette vision de la nature humaine contemporaine est-elle réactionnaire comme le prétendent certains libertaires ?

Ce n'est pas moi qui trancherait cette question.

Sur ce, je cesse d'occuper l'espace virtuel de la blogosphère genevoise pendant quelque temps, histoire de me couper du monde pour mieux le réinventer.

Votre serviteur,
Adrien Faure,
idéologue en vacances




 

16:17 Publié dans Abolition de l'Etat | Lien permanent | Commentaires (18) | Tags : etat, abolition, idéologies | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg

Austérité & décroissance

Austérité & décroissance

Le mensuel La Décroissance, connu pour certaines de ses prises de position conservatrices, mais néanmoins généralement un journal intéressant et engagé, a publié dans son numéro du mois de juin des propos fort déplaisants.
Il s'est en effet livré à un amalgame parfaitement erroné entre décroissance et austérité, allant jusqu'à faire l'éloge de cette austérité imposée par la force aux populations des pays européens par les classes dominantes !

Comment les éminents représentants de l'écologie politique que sont les membres de cette rédaction peuvent-ils oublier les bases idéologiques de la théorie contemporaine de la décroissance ?

Rappelons la réflexion fondamentale de Serge Latouche, selon laquelle une société de croissance (une société productiviste) ne peut que souffrir d'une baisse de croissance, encore plus lorsque celle-ci est imposée sauvagement par des technocrates au service des plus riches.

La décroissance ne préconise nullement de réduire les acquis historiques de notre civilisation que sont l'Etat-providence, les services publics, ou encore les assurances sociales.

La décroissance propose de réduire individuellement, volontairement, collectivement, par une planification démocratique et décentralisée, l'impact écologique de nos activités humaines.
Il est en effet évident aujourd'hui que mieux vaut choisir comment réduire son impact écologique, que de se le voir imposé par les contraintes découlant de l'évolution de la crise écologique.

Mais cette décroissance doit se faire là où elle ne touche que très faiblement la grande majorité de la population, c'est à dire dans les secteurs les plus futiles et les plus inutiles comme le marché du luxe, l'armement, la publicité, etc.
Car c'est évidemment l'impact écologique des plus riches qu'il s'agit premièrement de réduire, puisque ceux-ci consomment bien au-delà de leurs besoins, alors que nombre d'individus n'arrivent même pas à satisfaire leurs besoins fondamentaux.

Amalgamer décroissance à l'austérité néo-libérale est donc un procédé honteux et profondément faux qu'il nous faut réfuter.

Nous autres objecteurs de croissance, devons par conséquent nous opposer à toute austérité, et prôner une décroissance choisie démocratiquement, une décroissance dans la joie de vivre, et dans le partage équitable.


14:54 Publié dans Décroissance, écologie politique & Anti-productivi | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : décroissance, austérité | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg

29/06/2012

Survivalisme & décroissance

Survivalisme & décroissance

Le Genevois Piero San Giorgio a introduit la semaine dernière le survivalisme parmi les sujets médiatisés dans la presse régionale.
Après l'avoir entendu, certaines pourraient être tentés d'amalgamer décroissance et survivalisme.
Et pourtant, il n'est rien de plus faux.

Démonstration.

Si à première vue le survivalisme (ou néo-survivalisme) et la décroissance peuvent paraître bien s'entendre, c'est parce que tous deux sont d'accord sur un certain nombre d'analyses.
Ils s'accordent en effet sur l'imminence d'un certain nombre de crises de par l'agrégation d'un ensemble de facteurs critiques. Ainsi, décroissance et survivalisme mettent en évidence le phénomène de la raréfaction des ressources naturelles, et notamment énergétiques (pétrole, gaz) ou minières, et les conséquences qui en découlent de par notre dépendance. De même, tous deux pointent la chute drastique de la biodiversité, l'acidification des océans, ou encore le réchauffement climatique.
Bref, le survivaliste comprend fort bien les enjeux de la crise écologique, et ne se ridiculise pas dans une posture de rejet climato-sceptique.

Mais toute ressemblance s'arrête ici.
Car la décroissance se compose, rappelons-le, de trois axes d'action : individuel avec la simplicité volontaire, coopératif avec les projets concrets de type coopérative agricole, et politique avec l'engagement en faveur de l'écologie politique radicale.

Certes, un survivaliste n'est pas inutile à une optique collective de construction d'une société décroissante, car il représente un individu ayant développé ses capacités d'autoproduction et sachant vivre sobrement, en conséquence de quoi il a d'ores et déjà accompli une grande partie du chemin de la décroissance.

Mais ce qu'il faut comprendre c'est que le survivaliste est un individualiste, voire un ultra-individualiste, ce qui paraît malheureusement bien naturel en ces temps de domination libérale...
Cet individualisme se traduit dans toute la réflexion survivaliste, puisque ce dernier se contente de fuir la société et ses pairs, les abandonnant à leur destin.
La posture survivaliste qui au final consiste à aller se cacher dans une montagne et d'y entasser le plus de vivres et d'armes possibles, démontre bien la faiblesse de cette démarche.

Qu'est ce qu'un survivaliste sinon un fuyard égoïste qui se refuse à voir (ou qui est incapable de voir) qu'un projet collectif de société alternative décroissante et écologiquement soutenable est possible et réalisable, pour peu que des Hommes de bonne volonté s'y engage et ne passe pas tout leur temps à bâtir leur petit bunker personnel !

Car finalement, si la crise écologique devait effectivement advenir et embraser notre civilisation, alors ce ne sont pas quelques trous dans la montagne qui permettront réellement à leurs occupants de survivre aux masses d'affamés et de désespérés.

Ainsi proclamons-le : l'humanité survivra ensemble, collectivement, ou périra, dispersée et rongée par l'individualisme de ses membres.

12:28 Publié dans Décroissance, écologie politique & Anti-productivi | Lien permanent | Commentaires (45) | Tags : survivalisme, décroissance | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg

28/06/2012

Le libéralisme « humaniste », une philosophie politique en action

Le libéralisme « humaniste », une philosophie politique en action

Comme c'est les vacances, j'ai enfin le temps de lire quelques livres, activité dont je suis fort tristement généralement privé par la vampirisation temporelle que représente l'étude universitaire.

Ainsi, après avoir lu l'amusante œuvre de Boudon sur les vils schémas explicatifs que le marxisme, folle et délirante théorie du complot selon lui, aurait implanté dans l'esprit des intellectuels organiques, j'ai décidé de me confronter à quelque chose de plus fondamentalement important.

En m'attaquant à « Libéralisme » de Pascal Salin, professeur d'université d'économie, je me suis proposé de confronter sans complaisance mes convictions avec une description de plus de 400 pages de l'idéologie la plus opposée qui soit à la mienne : celle du libéralisme « humaniste ».

C'est par cette appellation que Pascal Salin décrit, en bon disciple de Hayek, le libéralisme qu'il défend. Ce libéralisme se veut un libéralisme « humaniste » car se fondant sur la véritable nature humaine de l'être humain. Cette prétention à la connaissance ontologique véritable fonde sa pensée libérale et s'oppose au consensus idéologique du libéralisme utilitariste qui privilégie une approche pragmatique et non axiologique de l'organisation humaine.

Nos conceptions ontologiques fondent-elles nécessairement nos idéologies ?
Et dans ce cas, comment peut-on prétendre détenir la conception la plus juste ?

On peut en tout cas proposer un schéma d'influences sur la formation de ses conceptions idéologiques :
socialisation & éducation - > valeurs (axiologie) - > conceptions de la nature humaine (ontologie) -> vision du monde -> projet de société - > articulation politique (collectivo-organisatonnelle) - > idéologie politique

Mais ce que fait Pascal Salin, ce n'est pas seulement d'appliquer sa vision de la nature humaine à l'ensemble de l'humanité, mais c'est de généraliser un idéal-type extrapolatoire des comportements individuels économiques à l'action humaine en soi. C'est un raisonnement abusif, car absolutiste.

Pascal Salin prétend donc comme tous les idéologues libéraux n'être qu'un observateur avisé de la nature humaine, alors qu'il formule des fondements politiques (propriété privée des moyens de production, liberté négative absolue, liberté de marché totalisante) qui n'ont rien de naturels.

Il n'y a pas de « droit naturel », seulement une construction sociale et politique d'un système juridique et institutionnel.

On retrouve chez l'auteur toute la dérive libertarienne totalitaire : haine de la démocratie, de l'organisation collective (c'est à dire de l’État), dégoût de l'égalité (et même de l'équité), incompréhension de la solidarité, négation de la justice sociale.

Mais ce qui est beau chez Salin, c'est qu'il a pris position.
Un discours tranché vaut en effet dix discours craintifs et peureux.
Et puis, Salin est conscient que sa philosophie politique est une philosophie en pleine guerre idéologique.
Ce qu'on appelle, à tord ou à raison, l'ultra-libéralisme (ou le néo-libéralisme) est aujourd'hui en phase de confrontation avec les social-libéraux et autres libéraux utilitaristes. 

Face à l'expansion de l'influence intellectuelle, morale, culturelle, idéologique, et politique, de ce véritable libéralisme « humaniste », j'ai eu raison de revenir au socialisme, seule idéologie politique capable de construire un contre-modèle réaliste mais offensif au capitalisme, et seule à même de servir de rempart idéologique pour les populations et les classes subissant les conséquences de cette guerre idéologique (dont l'impact se traduit concrètement économiquement).

Je n'ai lu que plus de 200 pages de cette œuvre de Salin, mais je peux d'ores et déjà présenter quelques éléments où l'auteur et moi-même sommes en parfaite opposition.

1. Le caractère minoritaire des investisseurs privés

Croire que le marché, ou les marchés, ou encore la finance, sont des entités comprenant l'ensemble des individus est une absurdité empirique. C'est pourtant une des bases du libéralisme...
En effet, le marché des investisseurs ne représente qu'un ensemble très minoritaire d'investisseurs privés ou institutionnels, et non la majorité de la population. Concrètement, 0,2% de la population mondiale possède 50% de la capitalisation boursière.

2. Le déséquilibre des flux de l'offre et de la demande

L'équilibre entre demande et offre n'est pas la panacée. En réalité c'est la demande la plus rentable qui détermine l'offre. Pourtant, la demande la plus rentable n'est pas forcément la plus souhaitable collectivement. Ainsi les fonds investis dans la recherche sur l'acné sont-ils plus élevé que les fonds investis dans la recherche sur Alzeihmer. De même à Genève la demande en logements de luxe détermine l'offre en construction de logements et péjore de cette manière la construction de logements pour les classes moyennes et précarisées.

Par ailleurs, l'offre futile (donc écologiquement non souhaitables) peut déterminer la demande en la manipulant par la publicité et le marketing. Il y a dans ce cas gaspillage de ressources par mauvaise allocation.

L'économie planifiée permet de déplacer des ressources d'un secteur à un autre secteur et brise ainsi les limites de la loi du profit privé. La collectivisation du profit ouvre la voie au développement des secteurs socialement souhaitables, même si déficitaires.

3. L'efficacité des incitations dans un régime collectivistes

Le libéralisme prétend bêtement et de manière simpliste qu'il est nécessaire de modifier la nature humaine de l'être humain pour que le collectivisme fonctionne.
Mais c'est mécomprendre la variété de collectivismes qui existe. Le socialisme tel que je l'envisage (et c'est une des raisons pour lesquelles certains communistes et anarchistes n'aiment pas tellement ma philosophie politique) maintient les incitations à la production.

Ainsi le coordinateur (aujourd'hui manager) peut perdre sa fonction si son entreprise est déficitaire ou improductive (en regard de la norme productive dans son domaine), ce qui est une incitation suffisante pour remplacer celle du profit résiduel privé.

Quant aux salariés (ET aux coordinateurs), l'incitation réside dans la différence salariale variable, car un écart salarial équitable (1 pour 5) reste une motivation au travail.

Ajoutons que l'autogestion dans l'organisation du travail, c'est à dire la participation des travailleurs à la prise de décision collective concernant une entité économique est un processus de responsabilisation, incitation à s'investir, et non un processus de désengagement.

4. La liberté réelle

Enfin, l'auteur fait les mêmes erreurs faciles que des générations de libéraux avant lui en prétendant que la liberté contractuelle est une liberté réelle, et non pas uniquement une liberté formelle.
Pourtant, il est évident que la nécessité de vivre (ou de vivre bien, selon des normes socialement construites) contraint l'individu au travail non choisi. Le fondement du capitalisme est donc la coercition, alors que le fondement du socialisme est la liberté.

18:39 Publié dans Libéralisme | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : libéralisme, humanisme, idéologie, collectivisme | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg

24/06/2012

Salika Wenger au Conseil Administratif ?

Salika Wenger au Conseil Administratif ?

Selon le communiqué de presse de ce samedi 23 juin, le Parti du Travail maintient et soutient la candidature de Salika Wenger à l'élection complémentaire du Conseil Administratif de la Ville de Genève.

Je ne peux en conséquence que approuver le Parti du Travail dans sa résolution à ne pas laisser le champ libre à la droite et à l'extrême droite lors de cette élection.

Pourquoi devrions-nous laisser à la droite un quelconque pouvoir politique ou une quelconque influence institutionnelle lorsque nous pouvons au contraire fort heureusement l'éviter ?

Toute élection représente en effet pour la gauche une chance d'améliorer la vie de la population et des classes moyennes et précarisées.
Ainsi toute élection est bonne à prendre.

A la Jeunesse Socialiste Genevoise, nous avions même parlé de la nécessité de lancer un des nôtres si personne d'autre de gauche ne se lançait.
Mais à présent je suis certain que nous devrions soutenir cette candidature de combat.

Quant aux craintes exprimées envers un « gouvernement monocolore », elles n'ont pas de sens.
On trouve en effet dans chaque parti une grande diversité de positions et des ailes nuancées, alors au sein même de la gauche on ne peut évidemment prétendre à un quelconque trop fort degré d'homogénéité idéologique. 

Espérons donc que un large front se formera pour soutenir la candidature de Salika Wenger au Conseil Administratif pour concrétiser cette élection.

00:30 Publié dans élection Conseil Administratif | Lien permanent | Commentaires (11) | Tags : salika wenger, conseil administratif, ville de genève | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg

20/06/2012

Schématisation des modèles socio-économiques & idéologiques

Schématisation des modèles socio-économiques & idéologiques


1. Modèle de propriété des moyens de production

- Capitalisme : propriété privée des moyens de production

- Collectivisme : propriété collective des moyens de production

- Autogestion collectiviste : propriété collective des moyens de production autogérée

- Autogestion individualiste : propriété privée des moyens de production autogérée

Détermine le mode de distribution des richesses produites.

2. Mécanisme de détermination de la production et des échanges

- Économie de marché :
L'agrégation des demandes individuelles déterminent l'offre.
L'agrégation des offres individuelles déterminent la demande.
Économie des flux et des échanges.

- Économie planifiée :
La consommation est déterminée collectivement selon les besoins et les envies agrégées des individus.
La production est déterminée collectivement en fonction de la détermination de la consommation collective.
Économie de la planification de la production.

Détermine l'allocation des ressources.

Modèles socio-économiques et idéologiques.png

Notes

La démocratie ou le totalitarisme n'est pas inhérent aux modèles socio-économiques, mais la définition de la démocratie ou du totalitarisme fluctue selon le modèle en question.

Aucun modèle n'est absolu dans sa mise en application réelle. Chaque modèle aura tendance à une certaine mixité, soit des modes de propriété, soit des modes de détermination de la production. 

La centralisation ou la décentralisation est davantage maximisée selon le modèle, néanmoins l'une et l'autre forment des sous-modèles dans l'application d'un modèle socio-économique.

Le « capitalisme d'Etat » dénomme la forme de régime politique et économique que prend le collectivisme sous sa forme non démocratique, lorsque la propriété étatique ne correspond pas à la propriété collective réelle, mais à une propriété de classe minoritaire au pouvoir.

Le socialisme que je défends (ce que j'ai appelé néo-socialisme dans mes précédents écrits) prend la forme d'un collectivisme mixte autogestionnaire. 

 

19:31 Publié dans Modes d'organisation socio-économique | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : capitalisme, collectivisme, idéologies, planification, marché | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg

18/06/2012

« Pourquoi les intellectuels n'aiment pas le libéralisme ? »

9782738113986.jpg« Pourquoi les intellectuels n'aiment pas le libéralisme ? »


« Pourquoi les intellectuels n'aiment pas le libéralisme ? »
est un ouvrage fort divertissant de l'intellectuel et sociologue libéral Raymond Boudon.
Ce dernier l'a rédigé suite à une conférence donner à l'attention du Parti Libéral Suisse en 2003.


A travers le texte l'auteur tente d'utiliser la théorie marxiste de l'aliénation idéologique à son avantage en présentant un long catalogue de tous les courants de pensée non libéraux comme étant aliénés.


Le procédé est évidemment un peu facile, d'autant plus que la théorie de l'aliénation idéologique se fonde la notion d'intérêt de classe, et non sur un jugement de valeur du type le libéralisme est la seule vraie science / idéologie valable.
Jugement que l'auteur ne défend d'ailleurs que faiblement en présentant « l'ordre libéral » comme découlant de la nature humaine (ce qui est faux puisque toutes sortes de sociétés non libérales ont existé...).

On regrettera par ailleurs que l'auteur oublie (volontairement ?) de parler du libéralisme des mœurs, étrangement absent de son découpage des grands axes du libéralisme (philosophique, politique, et économique).


En outre, globalement, Boudon tente de présenter le libéralisme sous une lumière attrayante en le dépeignant sous une forme plutôt consensuelle. Ce qui fait perdre au libéralisme un peu de sa force de proposition et de sa capacité critique.

C'est pourquoi, je me réjouis de lire « Libéralisme » de Pascal Salin, qui m'a l'air bien plus coriace et bien moins courtois.



PS : Oui, on a perdu l'élection complémentaire, mais on se rattrapera à celle du Grand Conseil. 
La JS s'y investira au maximum.

15:20 Publié dans Libéralisme | Lien permanent | Commentaires (23) | Tags : libéralisme, intellectuels, idéologie | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg

09/06/2012

Cercle Gramsci en pause

Cercle Gramsci en pause

Il semblerait que l'expérience du Cercle Gramsci soit contrainte d'entrer en pause pour le moment.

Si les rencontres entre des personnes d'horizons différents ont permis d'enrichir nos réseaux militants, la diversité des positions idéologiques et la mixité des approches n'ont pas permis d'atteindre les buts que nous nous étions fixés, à savoir le développement dans le détails et la diffusion large d'un modèle organisationnel alternatif au capitalisme.

Je fais le constat qu'un certain niveau d'homogénéité idéologique est nécessaire pour mener à bien ce type de projet.

Ce sera donc la Jeunesse Socialiste Genevoise qui reprendra le flambeau, en se lançant dans la rédaction d'un manifeste qui définira son positionnement idéologique et axiologique.

Cette rédaction ne devrait pas avoir de fin, car chaque année nous retravaillerons notre manifeste en fonction des sensibilités des militants présents annuellement et en tâchant d'améliorer notre projet.

Une publication devrait se faire néanmoins chaque année afin d'entériner une base commune à laquelle se référer.


00:34 Publié dans Cercle Gramsci | Lien permanent | Commentaires (26) | Tags : cercle gramsci, manifeste de la jsg, plate-forme des jeunesses de gauche | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg

03/06/2012

Jeunes, brisons les chaînes de la bien-pensance paternaliste !

Jeunes, brisons les chaînes de la bien-pensance paternaliste !

Vendredi, les députés du Conseil des États ont décidé (sur proposition du PDC Ruth Humbel) de s'attaquer à la liberté des jeunes de fumer en décidant d'élever la limite d'âge à 18 ans et non plus à 16 ans.

Cette restriction des libertés des jeunes est une atteinte honteuse aux droits des jeunes !

Il est évident que les jeunes qui souhaitent boire et fumer avant 18 ans continueront de le faire, malgré cette loi ridicule et paternaliste.

Tout ce qu'il reste donc c'est le symbole que représente cette attaque des bien-pensants moralisateurs et conservateurs contre la jeunesse.

Les jeunes de moins de 18 ans sont une catégorie qui jouissaient d'ores et déjà de peu de droits.
Et bien à présent ils en auront encore moins !

Pourquoi ces attaques contre les jeunes ?

Parce que les jeunes sont de moins en moins nombreux dans cette société vieillisante.
Parce qu'ils sont la catégorie de population qui vote le moins.
Parce que les jeunes sont peu politisés et peu mobilisés.

La jeunesse représente donc la catégorie sur laquelle se défouler et à laquelle on peut imposer ses caprices de petit bourgeois sans trop de craintes pour son statut de politicien.

Face à cette expression méprisante du paternalisme du Conseil des États, il nous faut réagir et réclamer :

- l'abaissement de la majorité à 16 ans

- l'abaissement du droit de vote à 14 ans

- un renforcement des cours d'éducation citoyenne au cycle avec au moins deux heures de cours par semaine

- la création d'un cours d'initiation à la politique dans tous les établissements du post-obligatoire

- des quotas minimum de jeunes sur les listes électorales

- la reconnaissance des associations d'élèves du post-obligatoire en tant qu'acteur syndical représentant officiel des élèves et apprenants

Nous avons d'ores et déjà dû payer davantage que tout le monde lors de la réforme sur le chômage (LACI) !

Assez d'être des victimes faciles !
Mobilisons-nous !

20:55 Publié dans Jeunesse et engagement | Lien permanent | Commentaires (38) | Tags : jeunesse, bien-pensance, paternalisme, majorité, droits, libertés | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg