09/06/2012

Cercle Gramsci en pause

Cercle Gramsci en pause

Il semblerait que l'expérience du Cercle Gramsci soit contrainte d'entrer en pause pour le moment.

Si les rencontres entre des personnes d'horizons différents ont permis d'enrichir nos réseaux militants, la diversité des positions idéologiques et la mixité des approches n'ont pas permis d'atteindre les buts que nous nous étions fixés, à savoir le développement dans le détails et la diffusion large d'un modèle organisationnel alternatif au capitalisme.

Je fais le constat qu'un certain niveau d'homogénéité idéologique est nécessaire pour mener à bien ce type de projet.

Ce sera donc la Jeunesse Socialiste Genevoise qui reprendra le flambeau, en se lançant dans la rédaction d'un manifeste qui définira son positionnement idéologique et axiologique.

Cette rédaction ne devrait pas avoir de fin, car chaque année nous retravaillerons notre manifeste en fonction des sensibilités des militants présents annuellement et en tâchant d'améliorer notre projet.

Une publication devrait se faire néanmoins chaque année afin d'entériner une base commune à laquelle se référer.


00:34 Publié dans Cercle Gramsci | Lien permanent | Commentaires (26) | Tags : cercle gramsci, manifeste de la jsg, plate-forme des jeunesses de gauche | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg

Commentaires

A mon avis, le moyen sûr d'être homogène, en matière d'idéologie, c'est de tabler d'abord sur la réalité actuelle du système politique et des enjeux nationaux et internationaux du moment. Jongler avec des concepts universels, c'est bien; mais essayer de leur donner forme dans des structures existantes ou à créer, est encore plus exaltant... La réalité seule est susceptible d'homogénéiser des principes abstraits sur des problèmes communs. J'ai lu par exemple le projet anti-hadopi présenté en France par une cellule de réflexion du gouvernement Hollande, publié sur Mediapart, c'est un projet magnifique, révolutionnaire, qui répond à tous les problèmes posés par l'ère numérique, le droit d'auteur, la péréquation entre grands monopoles culturels et petites structures modestes et qualitatives, etc. Bref, un projet d'ensemble qui répond à tous les problèmes culturels d'un seul coup, en maintenant d'un bout à l'autre une même logique collectiviste et libertaire. Un cercle de réflexion qui a si bien réussi sa tâche révolutionnaire, sur la problématique culturelle, que l'un de ses représentants, de 23 ans, a décidé de faire filtrer l'intégralité du projet sur Mediapart pour sauver ce vaste programme ambitieux des lobbys qui en ont détourné, manifestement, François Hollande... L'article se trouve ici : http://www.mediapart.fr/journal/france/050612/lhistoire-secrete-du-programme-culturel-du-candidat-hollande (il faut malheureusement être abonné au journal; je peux toutefois offrir l'article gratuitement, mais il me faut pour cela une adresse email...)

Écrit par : Cedric | 09/06/2012

Si jamais, cher Adrien; j'ai suivi ton conseil finalement. Je me suis décidé à utiliser le blog que Mediapart met à profit à chacun de ses abonnés pour partager un peu de mes réflexions et lectures. Mon premier post est surtout philosophique mais l'actualité aura aussi toute sa place à l'avenir. http://blogs.mediapart.fr/blog/laurent-galley

Écrit par : Cedric | 09/06/2012

Ah, voici une question fondamentale.

L'homogénéité idéologique... avec, invariablement, la séquelle qui l'a toujours accompagnée dans l'histoire: l'épuration.

Heureusement la JS sera nantie du devoir de faire survivre le dogme et son axiologie. Ouf! Nous voici rassuré.

Écrit par : Déblogueur | 10/06/2012

"L'homogénéité idéologique... avec, invariablement, la séquelle qui l'a toujours accompagnée dans l'histoire: l'épuration."

Commentaire purement négatif. Complètement aigri.


Et voilà que nous apprenons que Cédric ne s'appelle pas Cédric.
Et qu'il ressort du placard - pour ne pas dire du congélateur - Schopenhauer, le maître à penser du réactionnaire Nietzsche. Et l'inactualité ne fonde pas une "éternelle actualité", mais bien le retour en arrière, le conservatisme le plus réactionnaire. Et dans le cas de Nietzsche l'esclavage. Entre autres. Sans compassion.

Michel Onfray est trop drôle. Il encense Nietzsche et Camus, dit que Nietzsche n'est pour rien dans le nazisme, et... Camus dit exactement le contraire: Nietzsche est le précurseur du nazisme.

Écrit par : Johann | 10/06/2012

@ Johann, le troll des blogs: ni négatif, ni aigri. Juste réaliste, avec une tendance à placer les considérations d'aujourd'hui dans une perspective historique plus large que celle de votre étroitesse de vue.

Comme écrit ailleurs, je préfère les iconoclastes de Charlie Hebdo et des Situs aux idéologues des partis socialistes, jeunes ou vieux.

Et puis, si je vous ennuie, vous n'êtes pas obligé de me lire.

Écrit par : Déblogueur | 10/06/2012

"Comme écrit ailleurs, je préfère les iconoclastes de Charlie Hebdo et des Situs aux idéologues des partis socialistes, jeunes ou vieux."

Mais si c'est les cas, qu'est-ce que tu fous ici alors ?

Écrit par : Amiel | 10/06/2012

Johann: commentaire idiot ! Si l'épuration a effectivement toujours accompagné l'homogénéisation idéologique dans l'histoire (il ne saurait d'ailleurs en être autrement, l'un semblant la définition et la condition sine qua non de l'autre), il me semble que c'est un vrai problème. On peut chercher à contredire le constat avec des arguments ou mieux, des contre-exemples, mais le nier juste par qu'il serait aigri ou négatif n'a aucun sens.
Ou alors, achetez vous des lunettes roses, prenez un anxyolitique et cessez de nous casser les pieds avec vos remarques gaucho-mcégétistes à la noix: la vie est belle, Genève pète la forme, l'argent ne fait pas le bonheur, yop la boum!

Écrit par : FAJ (front Anti Johann) | 10/06/2012

FAJ (front Anti Johann) = Déblogueur

Écrit par : Anti Aigris ;-) | 10/06/2012

@Johann,vous avez raison ,en effet on vit dans un monde qui utilise des noms célèbres ,on les mélange un bon coup pour en sortir comme au jeu du scrabble celui qui aura le temps d'une saison l'emploi désiré par ses admirateurs qui sont en principe de très bons gauchers.C'est comme pour le social,on fait des coupes dans le budget et ensuite on demande au peuple de ramer pour assurer une retraite de demain aux petits chefs qui essayent de tout diriger sans avoir jamais travaillé.On assiste au réveil des rois fainéants de demain,ensuite on ose prétendre agir pour le bien des petits enfants d'aujourd'hui qui une fois devenus adultes devront se plier en 8 afin d'assouvir les désirs innassouvis de gens riches comme crésus.Ces jeunes qui veulent tout diriger sont riches sinon ils ne passeraient pas leur temps à donner des ordres à d'autres,l'argent tue tout même l'envie de raisonner intelligemment,on en a la preuve par 9! Les pauvres n'utilisent pas internet pour endoctriner eux!
@Adrien ,le temps du Seigneur des Anes,agneaux pardon des Anneaux n'est plus depuis très longtemps,il est temps de vous en extirper

Écrit par : lovsmeralda | 10/06/2012

Ah là là... Déblogueur et Yohann, toujours aussi positifs... J'ignore pourquoi j'avais pris un pseudo la première fois que je suis venu sur le blog, mais je l'ai conservé parce que je discutais ici avec depuis le début. Pseudo ou pas, l'important c'est ce qu'on dit. On parle d'assurer une homogénéité de pensée, une cohésion dans un groupe de réflexion (sinon il n'a plus de sens), et on nous sort l'épuration... Le débat s'élève ! ;-) Je ne suis pas sûr que l'esprit du Charlie Hebdo vous anime vraiment... J'en ai été un lecteur assidu durant des années avant que Val ne devienne un moraliste autoritaire... J'ai rejoins depuis l'avis de Guy Bedos sur la question et je lisais Siné Hebdo à la place... Il manque en effet un vrai canard déchaîné dans la presse actuelle, tout est lourd et triste. C'est la crise, hélas, qui pèse sur les esprits. Je me console avec Guy Bedos, en attendant, mais ce n'est pas suffisant, en effet. Desproges n'a pas été remplacé non plus... et c'est encore lui qui me manque le plus. Il y avait aussi Rien à Cirer, sur France Inter, à l'époque...
Pour ce qui est du refrain "tous des nazis", je ne réponds même plus. Lire Deleuze, Derrida, Foucault, et d'autres; ça changera d'Onfray. La moindre lecture honnête de Nietzsche suffit à convaincre. En revanche, lisez Hegel, et là, vous aurez vraiment la passion de l'Etat Absolu ainsi que la soumission intégrale des individus à l'oligarchie qui les représente.

Écrit par : Cédric alias Laurent | 10/06/2012

Je plains au passage ceux qui s'imaginent qu'il n'y a que l'orientation politique (à gauche) qui puisse relever du talent et du génie philosophique... Quelle misère intellectuelle que de n'avoir que la politique pour jugement...

Écrit par : Cédric alias Laurent | 10/06/2012

MDR!

J'adore quand certains éprouvent le besoin de se justifier!

J'adore aussi quand certains sont à bout d'arguments et m'attaquent directement!

Tous des nazis? Vous affabulez, vous calomniez dans votre rage de dénigrer. Comme cela vous va bien! Deleuze fait quatre propositions sur Nietzsche qui sont quatre mensonges. Onfray en relève bien un, mais oublie les autres. Comme vous êtes un honnête homme, lisez donc :

"Le malade est un parasite de la Société. Arrivé à un certain état il est inconvenant de vivre plus longtemps. L’obstination à végéter lâchement, esclave des médecins et des pratiques médicales, après que l’on a perdu le sens de la vie, le droit à la vie, devrait entraîner, de la part de la Société, un mépris profond. Les médecins, de leur côté, seraient chargés d’être les intermédiaires de ce mépris, — ils ne feraient plus d’ordonnances, mais apporteraient chaque jour à leurs malades une nouvelle dose de dégoût... Créer une nouvelle responsabilité, celle du médecin, pour tous les cas où le plus haut intérêt de la vie, de la vie ascendante, exige que l’on écarte et que l’on refoule sans pitié la vie dégénérescente — par exemple en faveur du droit de vivre... Mourir fièrement lorsqu’il n’est plus possible de vivre fièrement. La mort choisie librement, la mort en temps voulu, avec lucidité et d’un cœur joyeux, accomplie au milieu d’enfants et de témoins, alors qu’un adieu réel est encore possible, alors que celui qui nous quitte existe encore et qu’il est véritablement capable d’évaluer ce qu’il a voulu, ce qu’il a atteint, de récapituler sa vie. — Tout cela en opposition avec la pitoyable comédie que joue le christianisme à l’heure de la mort. Jamais on ne pardonnera au christianisme d’avoir abusé de la faiblesse du mourant pour faire violence à sa conscience, d’avoir pris l’attitude du mourant comme prétexte à un jugement sur l’homme et son passé ! — Il s’agit ici, en dépit de toutes les lâchetés du préjugé, de rétablir l’appréciation exacte, c’est-à-dire physiologique, de ce que l’on appelle la mort naturelle : cette mort qui, en définitive, n’est point naturelle, mais réellement un suicide. On ne périt jamais par un autre que par soi-même. Cependant, la mort dans les conditions les plus méprisables, est une mort qui n’est pas libre, qui ne vient pas en temps voulu, une mort de lâche. Par amour de la vie on devrait désirer une mort toute différente, une mort libre et consciente, sans hasard et sans surprise... Enfin voici un conseil pour messieurs les pessimistes et autres décadents. Nous n’avons pas entre les mains un moyen qui puisse nous empêcher de naître : mais nous pouvons réparer cette faute — car parfois c’est une faute. Le fait de se supprimer est un acte estimable entre tous : on en acquiert presque le droit de vivre... La Société, que dis-je, la vie même, en tire plus d’avantage que de n’importe quelle « vie » passée dans le renoncement, avec les pâles couleurs et d’autres vertus —, on a débarrassé les autres de son aspect, on a délivré la vie d’une objection. Le pessimisme pur, le pessimisme vert ne se démontre que par la réfutation que messieurs les pessimistes font d’eux-mêmes : il faut faire un pas plus avant dans sa logique, et non pas seulement nier la vie avec "la volonté et la représentation", comme fit Schopenhauer —, il faut avant tout renier Schopenhauer... Le pessimisme, pour le dire en passant, si contagieux qu’il soit, n’augmente cependant pas l’état maladif d’une époque, d’une race dans son ensemble : il en est l’expression. On y succombe comme on succombe au choléra : il faut avoir déjà des prédispositions morbides : le pessimisme en lui-même ne crée pas un décadent de plus. Je rappelle cette constatation, la statistique que les années où le choléra sévit ne se distinguent pas des autres, quant au chiffre complet de la mortalité."

L'hypocrisie de Nietzsche dans toute sa splendeur, lui qui a agonisé pendant 11 ans 7 mois et 19 jours. Programme bien entendu repris par les nazis. Vous voulez d'autres exemples? Honnêtement?

Écrit par : Johann | 11/06/2012

@ Cédric aka Laurent: en fait vous avez raison lorsque vous parlez des dérives récentes de Charlie Hebdo. Mon âge avancé me faisait parler de l'époque préhistorique durant laquelle le journal se permettait tout, y compris de traiter la femme de Pompidou de grande saucisse... Et pour ma part, je n'ai jamais aimé Siné, mais c'est une affaire de goût. Au-delà de cette métaphore un peu dépassée, je vous l'accorde, ce qui me frappe est le total manque d'humour de la jeune gauche d'aujourd'hui.

Idéologue, rigide, elle s'auto contemple en se prenant vraiment au sérieux... Ce qui la rend terriblement donneuse de leçons, rigide et punitive. Je ne trouve aucun plaisir ni à la lire, ni à l'entendre, ni à réfléchir à ses idées.

Lorsque qu'Adrien Faure devise plus ou moins innocemment sur "l'homogénéité idéologique", cela me fait honnêtement frissonner d'horreur car ce concept est probablement à l'origine même de toutes les dérives idéologiques qui ont mené aux régimes les plus totalitaires et abjects de l'histoire de l'humanité... Si la révolution n'apporte pas de plaisir, dans la ligne de "vivre sans contraintes, jouir sans entraves", alors je préfère ne pas la faire.

Et puisque vous évoquez Desproges, dont la présence me manque tous les jours, je me permettrai de le citer: "Allez-vous rester anticommunistes primaires toute votre vie alors qu’il suffit de lire Marx pour devenir aussitôt anticommuniste secondaire?"

Bonne semaine :-)

Écrit par : Déblogueur | 11/06/2012

@Adrien connaissez vous les dérives sectaires et déviances liées au mouvement des hygiénistes et des ordres Luthériens non? alors lisez Olivier Farron;les enfants du deuil.C'est une des raisons qui me permet de ne pas adhérer du tout mais alors pas du tout à votre vision de la vie

Écrit par : lovsmeralda | 11/06/2012

Cher yohann, vous avez manifestement un problème avec la mort... Le texte que vous donnez à lire de Nietzsche légitime le droit de mourir dignement, c'est-à-dire de choisir sa mort. Ca n'est rien d'autre qu'une ébauche du Droit au suicide. Nietzsche accuse en effet le christianisme et l'ordre médical de tout faire pour prolonger des vies dans l'indignité, à savoir : prolonger l'agonie. Lorsqu'il n'y a plus d'espoir, il vaut mieux en finir. Voilà son idée. Mais il donne moins de crédit aux médecins sur ce plan-là qu'à l'individu, libre de choisir en son âme et conscience. C'est une réponse aussi (morale) qu'il fait aux décadents : vous méprisez la vie ? Vous la détestez ? Vous en dégoûtez les autres ? Vous faites dans le pessimisme radical ? Et bien vous avez le choix : vous pouvez mourir dignement. Je rappelle que cette idée est en réalité celle des stoïciens, Sénèque, Marc Aurèle, Cicéron. D'autres nazis... ;-)Il les a tous lu, évidemment... Je rappelle au passage aussi que le "droit à la vie" est une notion très précise : c'est celle de la religion chrétienne qui lui permet de refuser (de nos jours) le droit à l'avortement et le droit à la mort assistée. Avouez que ce "droit à la vie", qui signifie, agoniser dans l'attente d'être délivré naturellement par la mort, en toute indignité personnelle, cela n'est pas digne d'une société moderne. En s'en prenant aux malades, comme il dit, Nietzsche vise en réalité la morale chrétienne et médicale qui refuse toute dignité à la mort et qui entretient en plus un culte de la maladie et de la misère. Il avait en effet une vision stoïcienne assez sévère de la dignité, lui-même malade (syphilis), et luttant toujours contre lui-même pour être meilleur. On sait très bien que les êtres qui sont durs avec eux-mêmes, moralement, le sont aussi avec les autres. C'est un trait de caractère. Tous ceux qui ont témoigné de la vie de Nietzsche, qui l'ont connu (Lou Salomé, Paul Rée, ses amis) ont tous dit qu'il était dans la vie un homme doux et sensible. Le contraire même de son stoïcisme arrogant, qui, effectivement, se fait souvent injuste ici ou là. Aucune trace de nazisme dans ce texte (il appelait entre autre, ironiquement, à faire fusiller les antisémites et il détestait le nationalisme allemand, tout autant qu'il haïssait l'Etat et ses représentants) On comprend mieux Nietzsche en lisant Zarathoustra, car c'est dans ce livre qu'il nous montre à quoi ressemble le souffreteux-pleurnichard, qui dégoûte les autres de la vie, alors qu'il a le choix de sortir de la vie avec dignité, s'il considère qu'elle n'en vaut plus la peine.

Écrit par : Cédric alias Laurent | 11/06/2012

A Déblogueur : oui, je suis trop jeune pour avoir connu l'époque bénie de Charlie, Hara-Kiri, etc. Les années 70-80. Je le lisais dans les années 90, j'adorais. J'en ai encore une pile énorme et vieillissante chez mes parents... ;-) Je n'ai pas beaucoup de goût non plus pour Siné en lui-même, mais c'est lui qui était au centre du Siné-hebdo. Je m'intéressais plus aux dessins d'humour et à quelques textes (ceux de Guy Bedos et de Michel Onfray)... J'aimais bien Patrick Font, j'écoute toujours Didier Porte; j'aimais bien les chroniques radios de Stéphane Guillon; moins son show chez Ardisson... Je lis le Canard enchaîné; je fais comme vous je pense, je tente de puiser un peu partout où il peux rester un esprit provocateur et impertinent, mais avec le talent qu'on pouvait connaître entre les années 80 et l'an 2000... Ah, ça reviendra ! La médiocrité ne peut pas durer toujours... espérons-le ! Bonne semaine à vous...

Écrit par : Cédric alias Laurent | 11/06/2012

Tiens donc, pour une fois vous condescendez à répondre sur le fond! Mais c'est Nietzsche qui avait un problème avec la mort. Et un très sérieux. Il a mis une quarantaine d'années à crever. Un lent, un très lent suicide, sans le courage de l'acte. Une sorte de suicide de lâche. Selon ses propres mots.

Votre interprétation est une interprétation pour bisounours. S'il dit d'un côté qu'on devrait pouvoir choisir sa mort, fort bien, chacun en tout temps a toujours pu le faire alors qu'il était conscient. Mais ici, il nous dit autre chose que vous refusez bien sûr de voir et qui a été mis en application par le régime nazi. A comparer avec ceci qui lui fait écho:

"Périssent les faibles et les ratés : premier principe de notre amour des hommes. Et qu'on les aide encore à disparaître."

Programme encore une fois reçu 5/5 par les nazis.

"Mais il donne moins de crédit aux médecins sur ce plan-là qu'à l'individu, libre de choisir en son âme et conscience." C'est tout l'inverse. Le titre du billet s'intitule: "morale pour médecins" et pas morale pour candidat au suicide. Il s'adresse d'abord à ceux dont la mission est de soigner et soulager les douleurs. Le malade n'est pas consulté. C'est la société qui méprise et les médecins qui exécutent. C'est leur "responsabilité", plus celui du malade. "Le malade est un parasite de la Société. Arrivé à un certain état il est inconvenant de vivre plus longtemps." Ah, le thème du parasite! Repris par les Soviétiques, n'est-ce pas? Arrivé à quel état? Un certain état! Qui juge? Qui tranche? Qui décide de la soi-disant "vie dégénérescente"? Seule la personne peut décider. Ici Nietzsche pose que ce sont les médecins. Au nom de quoi?

La personne dans le coma, parasite de la société, donc!

Et quand vous prétendez que "le "droit à la vie" est une notion très précise : c'est celle de la religion chrétienne", vous vous déconsidérez complètement en ramenant ce droit au seul christianisme. Vous faites une fixation que je trouve très inquiétante. Débouchant sur un dogmatisme tout aussi inquiétant. Le "droit à la vie" est inscrit dans la Constitution suisse:

"Art. 10 Droit à la vie et liberté personnelle
1 Tout être humain a droit à la vie. La peine de mort est interdite.
2 Tout être humain a droit à la liberté personnelle, notamment à l’intégrité physique et psychique et à la liberté de mouvement."

Rien d'exclusivement chrétien, le droit à la vie est un droit naturel.

Et enfin, de si beaux principes, pourquoi donc ne les a-t-il pas mis en pratique sur lui-même? Un parfait faux-cul: faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais. Lui qui vomit sur Socrate, il nous décrit là la mort de Socrate. Une mort qu'il sera incapable d'imiter. Nietzsche a été très fort pour brasser du vent et tourner en rond.

"au milieu d’enfants et de témoins,"... quand on est seul... quand on a tout détruit autour de soi... très difficile.

"qu’il est véritablement capable d’évaluer ce qu’il a voulu, ce qu’il a atteint, de récapituler sa vie." Ce qu'il fait fin 1888. Et puis... pfuiittt la baudruche se dégonfle. Il n'est plus que capable de tuer son père symboliquement.

Vous ressortez tous les poncifs sur Nietzsche. Il n'a jamais eu la syphilis. (Il prétend même l'avoir contractée deux fois! Cela fait partie des mensonges du personnage qui était plutôt un disciple d'Onan.) Elle fait partie du mythe. Notamment propagé par Onfray. Il n'a jamais lutté pour être meilleur, il a toujours lutté - totalement en vain - contre ses angoisses qu'il a toujours été incapable de comprendre et qui l'ont rendu malade sa vie durant et ont fini par le détruire. Il m'est amusant de constater que tous les diagnostics portés sur Nietzsche sont mal venus, celui qui s'en rapproche le plus étant celui du syndrome maniaco-dépressif. Bref en tous les cas un malade mental, qui a essayé d'échapper à sa maladie par sa graphomanie. En fait une aliénation. Et une mégalomanie qui éclate enfin dans Ecce homo.

Nietzsche, dur avec lui-même? D'où vous sortez cette idiotie? Il n'arrête pas de se plaindre de ses maux, de prendre des drogues, d'aller consulter des médecins, tout en vain, car il ne souffre pas d'une maladie physique, mais psychique.

Dur avec lui-même? Alors qu'il est constamment dans la fuite, dans la fuite de ses choix, de ses responsabilités, incapable d'achever quoi que ce soit pour cause de fuite...

Il détestait tellement l'Etat qu'il loue l'empire romain et l'Etat napoléonien. Qu'il appelle de ses voeux la création d'un empire européen destiné à devenir le maître du monde. Rien que ça. Vous nous recrachez la vulgate d'Onfray dans ses grandes largeurs. Aucun sens critique. Aucune lecture honnête de Nietzsche. Il déteste sur la fin l'Allemagne incapable justement de s'élever à l'état d'empire européen.

Et finalement vous avez oublié de commenter : "l’état maladif d’une époque, d’une race dans son ensemble". L'état maladif d'une race dans son ensemble? Une race comme parasite de la Société? Une race que l'on peut "mépriser", voire "aider" à disparaître? Il reste plus qu'à choisir la "race maladive". Mussolini et Hitler ont correctement lu Nietzsche.


Bon ceci dit, va falloir maintenant prendre la défense d'Onfray contre le commentaire hilarant du sieur ramadan.

Écrit par : Johann | 11/06/2012

Johann; vous arrive-t-il parfois de voir les lignes de force dans une pensée ou êtes-vous à ce point toujours focalisé sur le pire ?... Nietzsche n'a jamais connu le nazisme, pas plus que Marx n'a connu l'URSS. Les grandes lignes de la pensée de Nietzsche sont celles du surhumain qui est une hypermorale qui juge par-delà le Bien et le Mal. Elle consiste à accepter la vie dans son intégralité, tragiquement, en acceptant même la fatalité du malheur. Albert Camus rend grâce à Nietzsche de son travail dans L'homme révolté, bien qu'il ne partage pas le jusqu'au-boutisme fataliste du personnage. Des écrits de Nietzsche (La volonté de puissance) ont été trafiqué par sa soeur pour les adapter au régime nazi. Hitler ne s'y est pas trompé puisqu'il n'a jamais reconnu en Nietzsche un penseur susceptible de l'appuyer, et pour cause... Le solitaire de Sils-maria ne cadre pas avec le fascisme. Ce débat est clos depuis longtemps et votre obstination est surtout malveillante puisqu'elle vise simplement à se débarrasser d'un grand penseur pour ne pas avoir à aborder le vrai fond de sa pensée : la morale antireligieuse. Pour ce qui est de la folie des penseurs et des artistes, vous savez également qu'ils sont tous plus ou moins atteints, ce fait était déjà connu par la médecine Antique qui faisait souvent le lien entre le génie et la mélancolie, la dépression. Autres grands malades avérés : Rousseau, Voltaire, Blaise Pascal, Deleuze, Héraclite, Sénèque, Epicure, Foucault, Camus, et j'en passe.

Écrit par : Cédric alias Laurent | 12/06/2012

Et j'oublie même de mentionner Hegel qui a écrit la Phénoménologie de l'Esprit en pleine dépression nerveuse et l'exercice lui a fait beaucoup de bien... ;-)

Écrit par : Cédric alias Laurent | 12/06/2012

Cédric alias Laurent, super que tu te sois créé un blog ! ;)
Je vais aller lire cela : )

Désolé si je réagis si tardivement, mais je viens de finir mes examens, et de commencer les vacances, ce qui fait que j'étais assez pris ces jours^^

Écrit par : Adrien Faure | 13/06/2012

Déblogueur, un minimum d'homogénéité idéologique au sein d'un groupement politique cherchant à développer un projet de société commun me semble nécessaire.
Sinon on arrive à des partis faisant des écarts monstrueux idéologiquement parlant :S
Est-ce vraiment intéressant d'avoir des partis autant attrape-tout ? :-/
Un peu de fermeté dans ses idées et de force de convictions ne peut pas faire de mal : )

Écrit par : Adrien Faure | 13/06/2012

Lovsmeralda,

"@Adrien ,le temps du Seigneur des Anes,agneaux pardon des Anneaux n'est plus depuis très longtemps,il est temps de vous en extirper"

Mais détrompez-vous, Bilbo le Hobbit va sortir en décembre ! :D

Écrit par : Adrien Faure | 13/06/2012

Lovsmeralda,

"@Adrien connaissez vous les dérives sectaires et déviances liées au mouvement des hygiénistes et des ordres Luthériens non? alors lisez Olivier Farron;les enfants du deuil.C'est une des raisons qui me permet de ne pas adhérer du tout mais alors pas du tout à votre vision de la vie"

Promis, je n'appartiens pas à l'Ordre des Luthériens Hygiénistes : )

Écrit par : Adrien Faure | 13/06/2012

@Adrien.merci de votre réponse,mais je reste sur la défensive,car on n'est jamais si mieux aidé que par soi-même,rire.je vous charrie un peu mais l'expérience de l'âge peut-être nous a convaincues ,nous quelques senioras qu'aujourd'hui et comme ce fut pendant la guerre si on veut faire avancer le schmilblik ,vaut mieux prendre sa vie en main personnellement et ne rien attendre des politiciens qui eux ne savent que perdre leur temps en bavardages inutiles et jamais rentables la plupart du temps.Tandis que nous les ringardes on utilise le téléphone,on booste tout le monde et on est écoutées et recevons les réponses qui sinon auraient mis encore un siècle avant de pouvoir rassurer une population très âgée et qui pensaient devoir revivre 39.Donc on a accompli notre mission quand à la votre je n'en doute pas qu'elle soit aussi importante mais vous verrez comme d'autres qu'avant 60 ans très peu osent ce que l'âge avancé offre comme avantages,celui de ne pas être tourné en bourricot sur le long terme et d'oser secouer un panier de crabes qui essayent vainement d'y amener d'autres
excellente journée pour Vous

Écrit par : lovsmeralda | 13/06/2012

A Déblogueur : un article de 1974 sur l'équipe du Charlie Hebdo et de Hara-Kiri. http://blogs.mediapart.fr/blog/patrick-le-cellier/130612/hara-kiri-charlie-hebdo-cavanna-cabu-et-les-autres-vus-de-1974

Écrit par : Cédric alias Laurent | 14/06/2012

Ce qui est assez marrant, c'est de se lancer dans un projet de société commun (applicable à tout le monde), de constater très rapidement que personne n'a exactement le même avis (et ce même au sein d'un cercle de personnes idéologiqument très proches), et de ne pas en tirer la seule conclusion logique, à savoir qu'il est impossible de tout planifier pour les autres.

A moins d'imposer la volonté d'une personne (celle dont la pensée est "pure et juste", le Guide (j'allais écrire le Fuhrer) ou de quelques personnes ayant le même avis. Ca s'appelle alors une dictature...

Écrit par : Amusé | 14/06/2012

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