03/06/2012

Jeunes, brisons les chaînes de la bien-pensance paternaliste !

Jeunes, brisons les chaînes de la bien-pensance paternaliste !

Vendredi, les députés du Conseil des États ont décidé (sur proposition du PDC Ruth Humbel) de s'attaquer à la liberté des jeunes de fumer en décidant d'élever la limite d'âge à 18 ans et non plus à 16 ans.

Cette restriction des libertés des jeunes est une atteinte honteuse aux droits des jeunes !

Il est évident que les jeunes qui souhaitent boire et fumer avant 18 ans continueront de le faire, malgré cette loi ridicule et paternaliste.

Tout ce qu'il reste donc c'est le symbole que représente cette attaque des bien-pensants moralisateurs et conservateurs contre la jeunesse.

Les jeunes de moins de 18 ans sont une catégorie qui jouissaient d'ores et déjà de peu de droits.
Et bien à présent ils en auront encore moins !

Pourquoi ces attaques contre les jeunes ?

Parce que les jeunes sont de moins en moins nombreux dans cette société vieillisante.
Parce qu'ils sont la catégorie de population qui vote le moins.
Parce que les jeunes sont peu politisés et peu mobilisés.

La jeunesse représente donc la catégorie sur laquelle se défouler et à laquelle on peut imposer ses caprices de petit bourgeois sans trop de craintes pour son statut de politicien.

Face à cette expression méprisante du paternalisme du Conseil des États, il nous faut réagir et réclamer :

- l'abaissement de la majorité à 16 ans

- l'abaissement du droit de vote à 14 ans

- un renforcement des cours d'éducation citoyenne au cycle avec au moins deux heures de cours par semaine

- la création d'un cours d'initiation à la politique dans tous les établissements du post-obligatoire

- des quotas minimum de jeunes sur les listes électorales

- la reconnaissance des associations d'élèves du post-obligatoire en tant qu'acteur syndical représentant officiel des élèves et apprenants

Nous avons d'ores et déjà dû payer davantage que tout le monde lors de la réforme sur le chômage (LACI) !

Assez d'être des victimes faciles !
Mobilisons-nous !

20:55 Publié dans Jeunesse et engagement | Lien permanent | Commentaires (38) | Tags : jeunesse, bien-pensance, paternalisme, majorité, droits, libertés | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg

Commentaires

Je sais pas qu'el âge t'as mais t'as du commencer de "fumer" avant 16 ans pour écrire de telles inepties. Les jeunes ont surtout besoins de vivre leur jeunesse avant de se prendre la tête avec des problèmes qui les dépassent. Bon y a des exceptions comme Maudet par exemple. Mais un ça suffit.

Écrit par : norbert maendly | 03/06/2012

@Noerbert Meandly, je ne fume pas et je n'ai jamais fumé autre chose que le narghilé occasionnellement.
Vous êtes encore un bien-pensant qui vient dire aux jeunes ce qu'ils doivent être et ce qu'ils doivent faire ! Honte à vous !

Écrit par : Adrien Faure | 03/06/2012

@Adrien dans vos demandes vous oubliez le droit d'admonester vos ainés et ce dès l'âge de 12 ans sans doute¨!
En vous lisant on comprend mieux pourquoi l'UDC menace de mettre dans des camps des jeunes incapables de se plier aux règles de la société dans laquelle ils évoluent .Ce qui plus tard leur donnera l'envie comme celle vécue présentement par de nombreux suisses âgés qui subissent des revers suite à une non intégration de la part de gens qui sont en notre pays depuis trente ans et bien décidés à les empécher de dormir.C'est à nous Suisses de nous plier à leurs caprices et on ose prétendre qu'il existe un risque de violation des droits envers les étrangers ,faut pas exagérer ce sont les suisses qui vivent la peur au ventre de ne plus savoir s'ils pourront bien dormir ou pas,car même plaintes déposés c'est alors un chien qui aboiera à n'importe quelle heure de la nuit
Aussi en vous lisant je crains le pire
!

Écrit par : lovsmeralda | 03/06/2012

@ A Mr Faure. Je vous félicite de n'avoir jamais fumer. D'autres n'ont pas votre force de caractère et doivent être protégé d'eux-même.

Écrit par : norbertmaendly | 03/06/2012

Encore une fois, Adrien, je te félicite.
Bravo.

Un ex-conseiller municipal UDC à Vernier.

Écrit par : Victor Winteregg | 04/06/2012

Bonsoir Victor, vous voulez dire que vous approuvez vraiment mes propos et mes propositions, ou êtes-vous ironique ? : )

Écrit par : Adrien Faure | 04/06/2012

Pas très futfut l'Adrien, on se demande pour qui vous roulez et pas que des cigarettes !!

Écrit par : Corto | 04/06/2012

Que voulez-vous dire Corto ? Je roule pour le bien commun évidemment, je ne ferais pas de politique sinon. Dans le cas présent je défends plus particulièrement les jeunes. C'est bien naturel puisqu'on taille dans leurs droits.

Écrit par : Adrien Faure | 04/06/2012

Vous pensez que le fait d'inverser les valeurs s'apparente à faire de la politique ?

Si il suffisait de se justifier pour faire assumer aux autres ses propres fantasmes, cela ferait longtemps que le monde aurait atteint la perfection !

Écrit par : Corto | 04/06/2012

Vous pensez que le fait d'inverser les valeurs s'apparente à faire de la politique ?

Si il suffisait de se justifier pour faire assumer aux autres ses propres fantasmes, cela ferait longtemps que le monde aurait atteint la perfection !

Écrit par : Corto | 04/06/2012

Vous pensez que le fait d'inverser les valeurs s'apparente à faire de la politique ?

Si il suffisait de se justifier pour faire assumer aux autres ses propres fantasmes, cela ferait longtemps que le monde aurait atteint la perfection !

Écrit par : Corto | 04/06/2012

Vous pensez que le fait d'inverser les valeurs s'apparente à faire de la politique ?

Si il suffisait de se justifier pour faire assumer aux autres ses propres fantasmes, cela ferait longtemps que le monde aurait atteint la perfection !

Écrit par : Corto | 04/06/2012

Vous pensez que le fait d'inverser les valeurs s'apparente à faire de la politique ?

Si il suffisait de se justifier pour faire assumer aux autres ses propres fantasmes, cela ferait longtemps que le monde aurait atteint la perfection !

Écrit par : Corto | 04/06/2012

Avec une loi pareille le nombre de jeunes fumeurs ne changera probablement pas, ou bien peu, comme le dit Adrien. Par contre la proportion des jeunes qui se trouvent dans l'illégalité risque d'augmenter, sans que ceux-là n'aient pourtant modifié leur manière d'agir.
Une personne de 17 ans qui fume aujourd'hui et qui n'a rien à se reprocher vis-à-vis de la loi, se verra interdire l'achat et la consommation de son tabac demain.
C'est sans doute un mauvais calcul d'exclure ainsi des personnes de la société en les plaçant artificiellement dans l'illégalité et les incitant peut-être à s'y installer davantage. Surtout dans ce cas précis où l'efficacité future de la loi est discutable.

Écrit par : Marianne | 04/06/2012

@Adrien,souvenez vous ce ne sont pas les politiciens qui parlent le plus qui sont les plus efficaces.On a vu avec celui qui nous quitte dommage qu'il ait été au national et non dans la commune.
Invisible mais homme de terrain malgré tout et d'une efficacité redoutable,en somme un vrai politicien qui sera regretté de tous.C'est d'ailleurs ce qui est demandé de la part du peuple,montrez vous plus à la hauteurs de vos aspiration et apprenez à ne pas parler pour rien.La discrétion semble ne pas convenir aux jeunes générations,et pourtant pour vivre heureux vivons cachés affirme le dicton et c'est bien vrai
Mais c'est de renommée internationale entre Vaud et Genève plus besoin de mettre des éoliennes,il y en a qui tournent à vide de leurs bons conseils utopistes et non réalisables,seule la Reine d'Angleterre connait le sens du mot durable,vos théories elles battent le pavé des inepties et changent grâce à de nouvelle tournures de phrases identiques aux croissants lunaires et vous osez utiliser le terme durable,quand vous aurez franchi les cinquantes rugissants,là vous pourrez mais pas avant
Et c'est des jeunes comme vous qui luttez contre Exit,remarquez beaucoup ont signé cet engagement aussi en voyant le nombre de gens n'ayant jamais tenu une pioche de leur vie et qui crachent sur ceux qui leur ont permi d'étudier.En vous lisant ,le fameux j'irai cracher sur vos tombes colle exactement a certains de vos articles

Écrit par : lovsmeralda | 04/06/2012

Non, Adrien, je ne suis pas du tout ironique, loin de moi cette idée.
Vous le savez, je suis cash.
Je vous approuve à 100%.

Écrit par : Victor Winteregg | 04/06/2012

Je suis bien d'accord que ça ne sert à rien de rendre la fumée de cigarettes illégale pour les 16-17 ans, puisque déjà, les 10-16 ans fument derrière la salle de gym et cela depuis toujours! Ca fait parti des rites initiatiques et des passages obligés, qu'on le veuille ou non. :-)

Je trouve juste piquant que ce soit cette initiative-là qui vous fasse réagir si fort. C'est ça qui fait déborder le vase ?
Cette bien-pensance qui consiste à dire que certaines substances sont dangereuses et qu'il vaut mieux commencer le plus tard possible, est-elle donc vraiment scandaleuse ?

Personnellement, je n'arrive pas à comprendre qu'on veuille se mettre à se remplir les poumons de 48 substances chimiques, en plus de la nicotine et à engraisser des multinationales ce faisant. C'est donc une sorte de droit de l'être humain ?
Enfin, chacun fait ce qu'il veut. Après tout, notre corps nous appartient.
Il se trouvera pourtant toujours des gens pour venir accuser les autorités compétentes de ne pas avoir assez averti des dangers de l'utilisation de telle ou telle substance ou machine à miracles...

Écrit par : Calendula | 04/06/2012

Corto, et bien je fais de la politique au sein de mon parti.
Nous voulons un changement de société, donc un changement de valeurs oui.
Et effectivement une inversion des valeurs dans certains cas.
Donc oui, faire de la politique c'est aussi prôner une inversion de valeurs dans certains cas.

Écrit par : Adrien Faure | 04/06/2012

Victor, et bien j'en suis content :)
J'apprécie quand des terrains d'entente sont possibles entre opposants habituels.

Écrit par : Adrien Faure | 04/06/2012

Calendula, oui c'est la goutte qui fait déborder le vase comme vous dites :)
J'ai passablement disputé avec des proches plus âgés qui me tenaient des propos très négatifs sur les jeunes, et je constate qu'il existe un courant de pensée qui voit les jeunes d'un mauvais oeil (paresseux, capricieux, gâtés, stupides, dépolitisés, décultivés, bons à rien, addict au chômage, etc.)
Il faut donc réagir, quitte à faire preuve de jeunisme.
Une initiative cantonale JS en faveur du droit de vote à 16 ans me semblerait par exemple un bon angle d'attaque. A creuser.

Plutôt que de faire une interdiction, faisons davantage de prévention, et travaillons sur les causes (qui peuvent être sociales) qui amènent les jeunes à fumer.

Écrit par : Adrien Faure | 04/06/2012

Plutot que d'interdire la cigarette avant 16 ou 18 ans, pourquoi ne pas l'interdire tout court? Jusqu'à preuve du contraire, le tabac est nocif pour les jeunes et les vieux. (oui, je sais c'est liberticide, anti-démocratique, etc...). Et comme cela les vieux donneront le bon exemple, au lieu de râler.

Quant aux attaques contre les jeunes, il est triste que les "vieux" ont oublié leur jeunesse.

Écrit par : ol | 04/06/2012

@Ol, interdire la cigarette ne mettra pas fin à sa consommation (cf. les drogues...)
Par contre on pourrait réduire les sphères spatiales où les individus ont le droit de fumer.
Par exemple on pourrait commencer en interdisant de fumer sur les arrêts des transports publics.

Écrit par : Adrien Faure | 04/06/2012

Mon cher Adrien, ici il est question de liberté individuelle.

"Le prix de la liberté c'est la vigilance éternelle" - Thomas Jefferson

Voila pourquoi je suis à 100% avec vous tous ... les jeunes en général.

Écrit par : Victor Winteregg | 04/06/2012

Je lis souvent votre blog, avec le plus grand intérêt. Votre dernier texte recouvre parfaitement la philosophie de notre association libertaire Les Dissident(e)s de Genève (DDG), fondée en juin 2008 à Genève.

Nous défendons toutes celles des libertés menacées par la machine etatique et non pas seulement le droit de fumer sans nuire à autrui ni incommoder son prochain.

Nos statuts en témoignent:

II. BUTS de l'Assoc. Les Dissident(e)s de Genève (DDG)

4. L'Association Les Dissident(e)s de Genève poursuit les buts suivants :
a) D’une façon générale, défendre le principe fondamental du respect et des
libertés vis-à-vis des restrictions et limitations dont celles-ci font l’objet de façon de plus en plus marquée, notamment envers les fumeurs.

b) Prévenir, dénoncer et combattre le harcèlement des citoyens et des
habitants aux prises avec des abus technocratiques imposés par des
administrations ou des autorités investies de la puissance publique.

c) Etablir un système de veille sur les « technologies émergentes » dites NBIC
(nano-technologies, biotechnologie, technologies de l’information, sciences
cognitives, biométrie, etc.), en dénoncer publiquement et combattre le
caractère abusivement intrusif dans la sphère privée des individus chaque
fois que nécessaire.

d) Maintenir et promouvoir les droits de mobilité et de stationnement des
habitants et citoyens sur le domaine public pour leurs activités
professionnelles, économiques, culturelles, sportives, sociales, familiales et
de loisirs ; lutter de la façon qu’il conviendra pour que Genève soit une ville
propre, libre et accueillante.

--

Parmi les jeunes, à en juger par le contenu de vos blogs, vous êtes l'un des rares et précieux représentants de la jeune génération pas encore endoctrinés par l'hygiéniquement et le politiquement correct. Bravo pour votre indépendance d'esprit !

Notre association DDG est INDEPENDANTE politiquement ...mais non "apolitique". Nous avons déjà de solides relais dans nos parlements.

Vous y êtes le bienvenu, vous et tous ceux et toutes celles qui partagez notre philosophie libertaire et notre combat pour les libertés citoyennes résiduelles face à la machine étatique liberticide. (jaw)

Écrit par : jaw | 04/06/2012

Mon cher Adrien, je redoute très fortement ta position au sein du Parti Socialiste, vu que c'est la famille Rielle (le bon docteur) qui est l'initiatrice de cette nouvelle loi contre la fumée.

La CIPRET est sous la férule des Socialistes ... j'ose espérer que tu vas garder ta position ... et que tu ne te laisseras pas influencer.

Écrit par : Victor Winteregg | 04/06/2012

@ Adrien,

Ne ce serait-ce pas plutôt pour viser une interdiction de vendre des clopes à un jeune de moins de 18 ans? Comme vous le dites interdire un jeune de fumer ne va pas l'empêcher de fumer si il en a envie. Il est bien clair qu'ils ne risquent pas de prendre perpéte. Mais il est néanmoins intolérable que des vendeurs refilent des clopes à des gamins. J'espère que cette loi concerne cela.

D.J

Écrit par : D.J | 04/06/2012

Adrien,

Pas vraiment d’accord avec vos propositions, ou pas comme ça. Mais d’abord la proposition d’interdire de fumer avant 18 ans. Elle me semble irréaliste. On sait bien que le tabac n’est pas vraiment fait pour les poumons, mais on sait qu’à 16 ans on s’en fiche. Et les parents, déjà chargés de toutes les intentions punitives du monde, en ont un peu marre de devoir encore réprimer leurs progénitures. Ils ont d’autres inquiétudes pour eux à cet âge.

Cela dit c’est à eux de déterminer l’âge où ils tolèrent ou non certaines choses. Tout en laissant s’agrandir la marge de décision de l’ado qui a envie de prendre sa vie en main. Cette élévation de l’âge touche autant les parents que les ados puisque les parents auront une charge répressive de plus.

Je ne vois par ailleurs pas la question sous l’angle du paternalisme. Les adultes ont le droit de proposer des mesures de santé publique, en particulier à l’égard des mineurs dont ils sont juridiquement responsables. Laisser fumer un enfant de 10 ans, ou de 5 ans, pourrait être considéré pénalement comme une maltraitance. Il y a donc bien une limite à poser quelque part et cette limite prend force de loi ou de bon sens.

Mais ces mesures se heurtent à la liberté de disposer de soi, comme pour les drogues. Faut-il laisser se développer des comportements à risque ou dangereux pour soi, ou faut-il les interdire sous divers prétextes? Personnellement je suis pour laisser les gens prendre leurs risques. Je suis d’accord aussi que mes primes d’assurance maladie servent à contribuer entre autres aux soins de ceux qui se mettent eux-mêmes en danger.


Donc je n’y vois pas spécialement un paternalisme, et ce sera mon premier point de désaccord. Je pense même que vous faites vous-même une forme de paternalisme inversé en prenant appuis sur «les jeunes» contre «les pas jeunes». Vous créez une classe ou catégorie définie par l’âge, vous la généralisez, vous parlez en son nom en lui disant ce qui est bien de faire, vous dites «nous» alors que vous être déjà un vieux pour les 14 ans, et vous l’incitez à se dresser contre les adultes en prétextant que les propositions sont une attaque contre eux. Je ne suis pas convaincu qu’il s’agisse de paternalisme ou d’un défoulement ou caprice de petit bourgeois comme vous l’écrivez. Ou alors, si je peux me permettre, pas plus paternaliste que de tenter de les politiser en les traitant en victimes et de préparer leur enrôlement dans vos Jeunesses. Inculquer un ersatz de conscience de classe par l’âge me semble assez étrange.


Au fait, je me pose la même question que D.J. au sujet de la mesure qui motive votre billet.


Sur les points précis:

- l'abaissement de la majorité à 16 ans

Pourquoi pas? La seule question est de savoir si l’on est assez mature pour être conscient de ses actes et de pouvoir en répondre juridiquement. Il y a des enfants de 12 ans très matures et des adultes de 30 ans pas du tout matures. Je ne suis quand-même pas convaincu mais c'est à débattre. Dans des sociétés où l'on meurt très jeune on est adulte à 12 ou 14 ans. Dans nos sociétés où l'on passe plus de temps à l'apprentissage et la formation, on va moins vite aux affaires et les parents sont juridiquement responsables de leurs enfants plus longtemps, ce qui leur donne des obligations pour justement rendre possible cet allongement du temps de formation.


- l'abaissement du droit de vote à 14 ans

Pour moi droit de vote doit aller avec éligibilité. On prend des décisions concernant la vie de la cité quand on est soi-même en âge de les mettre en pratique et de les assumer civilement. Je ne découple donc pas l’âge du droit de vote avec l’âge de la responsabilité civile.


- un renforcement des cours d'éducation citoyenne au cycle avec au moins deux heures de cours par semaine

D’accord avec l’éducation citoyenne. Le volume dépend du contenu qu’on y met: fonctionnement des institutions, droits et devoirs du citoyens, responsabilité civile et pénale, éléments de droit fondamental, entre autres.


- la création d'un cours d'initiation à la politique dans tous les établissements du post-obligatoire

S’il est fait dans le respect du pluralisme, avec des promoteurs de chaque représentation politique comme profs.


- des quotas minimum de jeunes sur les listes électorales

Pas d’accord avec les quotas. Ni là ni ailleurs. Aux partis de donner envie aux jeunes de voter pour eux et de s’identifier à eux. La parité est un système rigide. D’ailleurs si l’on allait dans ce sens pourquoi s’arrêter aux jeunes? Il faudrait des quotas proportionnels à tous les âges de la société, aux professions, aux genres par profession, aux confessions, aux orientations sexuelles, aux groupes d’intérêt culturel et économique, etc, etc. Irréaliste et peu confiant dans le fait que les élus ont l’intérêt commun en point de mire. Dans la parité on perd la notion républicaine de «chose publique» au profit de l’esprit de corporation et des luttes d’influence et de pouvoir qui vont avec. Aux partis de mettre l’offre en place si elle correspond à une demande. Chaque parti doit rester maître de son offre.


- la reconnaissance des associations d'élèves du post-obligatoire en tant qu'acteur syndical représentant officiel des élèves et apprenants

Pas d’avis sur ce point pour le moment.

Écrit par : hommelibre | 04/06/2012

D.J, il y a une volonté manifeste du Conseil des Etats : interdire la cigarette aux moins de 18 ans pour des raisons de santé publique et/ou de baisse des coûts de la santé (interdiction de toute façon inefficace). Et il y a une volonté latente : celle moralisatrice de vouloir dicter comment les jeunes doivent vivre.

Écrit par : Adrien Faure | 04/06/2012

Cher Jaw des Dissidents,
Je crains que vous ne jugiez mon approche général de la politique néanmoins quelque peu liberticide. Voyez-vous les libertaires ont tendance à me juger plutôt étatiste.
Mais sur les questions de moeurs, je suis en général plutôt libéral effectivement.

Écrit par : Adrien Faure | 04/06/2012

Cher John (je préfère vous appeler par votre prénom plutôt que par votre pseudo si vous me permettez),

Je ne crée pas une catégorie (une classe) "les jeunes", c'est la société qui crée cette catégorie pour mieux lui ôter tout droit et toute liberté.

"A propos de la maturité, plusieurs études confirment que les jeunes, même avant 16 ans, ont la maturité nécessaire pour voter. Pour n’en mentionner qu’une seule : celle d’Olive Stevens qui , dans son livre Children Talking Politics: Political Learning in Childhood , conclut, grâce à son étude, qu’à l’âge de 9 ans, le langage politique peut être considéré comme acquis et qu’à 11 ans, « beaucoup d’enfants ont autant de vocabulaire politique que les adultes peuvent en revendiquer, et leurs idées ont une structure qui, même si elles sont à développer, leur permettra de saisir les faits touchant à l’actualité, de comprendre les principes et les questions politiques et de faire leurs choix lors des general elections »." (Source : La JS neuchâteloise)

Content de voir que mes propositions vous agréent partiellement.

Oui, le droit d'éligibilité doit accompagner le droit de vote, très bonne idée!

Écrit par : Adrien Faure | 04/06/2012

"Plutot que d'interdire la cigarette avant 16 ou 18 ans, pourquoi ne pas l'interdire tout court?"

C'est idiot, l'interdiction dans bien des cas renforce l'attrait. Il faut au contraire autoriser toutes les drogues. Mais ça ne se fait pas car il y a trop d'argent à gagner (retour sur investissements) pour certains. Combien de guerres financées par ces trafics? Dans une société aliénante, il est "normal" que l'addiction aux drogues soit importante. Ce qui n'est pas normal, c'est la société aliénante. Et des parents (pas tous heureusement, mais pourquoi faire des enfants quand on n'en n'a ni le temps, ni l'éducation ou ni la motivation? - à quand un permis pour faire des enfants?) incapables d'éduquer leurs enfants. La tv comme grand éducateur : violence, sexe et j'en passe. On voit le résultat.

Écrit par : Johann | 05/06/2012

"on peut imposer ses caprices de petit bourgeois"

Cela m'a fait sourire car les partis les plus opposé à la cigarette, ne sont de loin pas les partis bourgeois...

Les biens pensants et ceux qui pensent "juste" sont bien moins numbreux de ce côté là...

Que si les jeunes de 16 ans veulent fumer, qu'ils fument. Ca ne me dérange pas du tout. Ce qui me dérange c'est qu'ils viennent à 40 ans se plaindre de problème de santé en prétendant "les méchant fabriquant de tabac sont responsable et blablabla"...

Cela ne veut absolument pas dire que tous les fumeurs ont des problèmes de santé, puisque plus on avance, plus on s'apercoit que la génétique a un rôle bien plus important. Cependant il faut en assumer les risques quand même sans en remettre la faute sur les autres.

Une chose aussi, on n'a pas 16 - 18 ans très longtemps ;-)

Écrit par : DdD | 06/06/2012

Adrien,

Pas de pbm pour le prénom.

Votre réponse a ceci de dérangeant qu'elle incrimine la société et lui fait endosser une privation de droits chez les jeunes - disons les 16-18 ans pour être plus précis.

Je ne vois pas les choses comme cela. Les âges sont une réalité bio-sociologique. Un enfant de 5 ans n'a pas les mêmes droit qu'un ado ou qu'un adulte. Cela me paraît justifié. Je trouve aussi qu'une réciprocité doit rapidement être enseignée aux enfants puis aux ados: des droits, oui, mais aussi des devoirs et des limitations.

Ne parler qu'en terme de droits est un biais assez répandu actuellement. Les droits des minorités, les droits de l'enfant, les droits de l'Homme, les droits des femmes. La seule attitude juste serait la revendication des droits. Dans la pratique cette attitude dénature la notion d'altérité. On le voit avec les enfants: quand ils ont tous les droits ils deviennent des tyrans.

Je fais une différence aussi entre des droits fondamentaux, existenciels et généraux, comme le droit à la vie, le droit à la protection des enfants, à être soignés, à être formés, et les droits plus circonstanciels: le droit de sortir jusqu'à 22 heures, ou plus, selon l'âge et la famille; le droit de fumer. Les droits circonstanciés ne devraient à mon avis pas faire l'objet d'une loi ou d'une décision sociétale. Je laisse cela à la décision des familles.

Écrit par : hommelibre | 06/06/2012

John,

Il y a selon moi privation de droits qui découle de la croyance paternaliste que l'enfant manque de discernement jusqu'à ce que les parents l'ait formé (on dirait socialisé en sociologie) de manière adéquate.
Le manque de reconnaissance des facultés mentales du mineur par la société est la cause du refus de lui accorder des droits.
J'y vois l'expression de la bonne volonté des parents, convaincus que leur domination de fait et de moyens se justifie et se concrétise par la transmission de connaissances et d'aptitudes.
Cela est vrai en partie, mais sans reconnaissance que le jeune est un être humain qui jouit de droit avant d'être un mineur ou un enfant, alors on maintient un rapport de domination que je trouve anti-démocratique.

Écrit par : Adrien Faure | 06/06/2012

Bonsoir, Adrien,

Faut-il vraiment calquer des schémas politiques sur la vie familiale ?
Jusqu'où peut-on considérer une famille comme une démocratie ?

Je ne suis pas persuadée que le parallèle soit pertinent, car dans les faits, le père et la mère ont des responsabilités et des devoirs non-négociables.

Si on renonce à assumer ses responsabilités (p.ex. en laissant fumer son enfant de 12 ou 15 ans), parce qu'on ne veut pas exercer de domination paternaliste et laisser l'enfant discerner en toute liberté ce qui serait son bon droit, son bon plaisir, sa bonne décision quant à sa santé ou sa belle provocation, il me semble qu'on passerait à côté de quelque chose d'essentiel.

En faisant l'économie de la confrontation aux interdits et aux frustrations, on prive son enfant de capacités à supporter les difficultés qui se présenteront à lui plus tard.
Il ne s'agit pas de formater des gens soumis, mais de préparer son enfant p.ex. à supporter que son amoureux ou son amoureuse ne seront pas toujours à 100% en phase avec lui ou bien qu'il faudra bien respecter le code de la route, même si on a envie de n'en faire qu'à sa tête ...

Les adolescents sont très grégaires, le groupe est hyper-important.
On peut s'imaginer une société, dans laquelle des mineurs s'autogèreraient quant à leurs grands choix. Comme on les aurait déclaré majeurs à 14 ans, ça résoudrait tous les problèmes ?
Les parents les entretiendraient financièrement et les jeunes prendraient toutes les grandes décisions les concernant par eux-mêmes ?

Vous aurez compris que je ne suis pas pour cette vision futuriste, mais suis-je pour autant un tyran domestique ou une paternaliste qui s'ignore ?

"Le manque de reconnaissance des facultés mentales du mineur par la société est la cause du refus de lui accorder des droits.", écrivez-vous.

Tout dépend de ce qu'on entend par "mineur". C'est compliqué d'échelonner les compétences de discernement. Les adolescents sont très divers dans leur développement, p.ex. la différence filles-garçons est assez frappantes vers 12-13 ans, mais les différences entre individus sont également marqués.

C'est compliqué pour des parents de décider à quel moment donner de nouvelles responsabilités à son enfant.
On est déchiré entre sa propre expérience d'enfant alors que le monde à l'entour a tellement changé, et les conseils plus ou moins avisés des médias et des autres parents. Et il y a la pression des ados, qui s'appuient sur le " mais les autres ont tous le droit de rentrer à 3 heures du matin, de boire ce qui leur plaît et ils ont tous le droit de fumer, t'es ringard."
Franchement, les parents ne sont pas dans une position très dominante, de nos jours !

Écrit par : Calendula | 10/06/2012

Calendula, je partage ce développement quant à la différence entre une société et une famille. Il ne me semble pas possible d'établir une complète réciprocité de type politique dans une relation qui s'est initialement construite sur la dépendance, et qui ensuite doit déconstruire cette dépendance pas à pas pour construire autre chose. Ce serait dénier tous les aspect affectifs, générationnels, de transmission, et autres, qui fondent les relations familiales.

L'augmentation du champ des libertés au sein de la famille peut se faire par le dialogue, mais pas sous la pression d'un égalitarisme qui ne me semble pas pertinent, et pas sans renier la notion d'autorité. L'autorité n'est pas anti-démocratique. Elle est d'un autre ordre. Elle montre à l'enfant et à l'ado une attitude qui pose des limites et comment les poser.

Il y a une part de rapport de force dans l'autorité. La vraie autorité est présupposée sage, mais elle peut aussi être conflictuelle. Si les parents assument le "gouvernement" parental, les enfants auront un modèle pour reproduire eux-même dans leur vie ce gouvernement. Une démocratie où les individus n'ont pas la conscience de ce rapport de force et n'ont pas l'autorité intérieure pour poser et se poser des limites et n'assument pas les conflits nés de ces limites n'est pas une vraie démocratie.

Apprendre à poser des limites (aux autres sur soi, et à soi-même) est profondément démocratique. Je trouve même cela plus important, car plus responsabilisant, que de revendiquer des droits. Les droits n'ont de sens que s'il y a préalablement la responsabilité et la conscience et reconnaissance des limites (c'est-à-dire entre autres des droits des autres).

Les adolescents n'entendent pas forcément ce discours parce qu'ils sont dans une puissante phase de prise d'autonomie. Mais les parents doivent néanmoins assumer leurs responsabilités et leur autorité. Dans ce sens ce n'est pas à la loi de dire à quel âge un ado peut fumer. Cela doit se négocier progressivement en fonction de critères plus complexes qu'un âge fixé dans la loi.

Question: l'autorité est-elle une forme de paternalisme? Pour moi qui me suis impliqué dès l'adolescence dans le courant de pensée anti-autoritaire, je dis que non.

Écrit par : hommelibre | 10/06/2012

@hommelibre,
Merci pour ce commentaire très éclairé. Vous avez visiblement beaucoup réfléchi à la chose, mais il y a également du vécu là-derrière. On se sent bien en vous lisant.
Pour moi, il est clair que p.ex. Adrien ne va pas tenir un discours d'une personne qui a du kilométrage. Il va parler de son point de vue, qui est parfaitement respectable.
Dans cette affaire, nous sommes tous un peu juge et partie. Il me semble que personne ne peut avoir un discours neutre, impartial.
Jouir de droits , oui, bien sûr. Mais est-ce que, de nos jours, les jeunes sont-ils vraiment une classe opprimée?
Le fils d'une amie a exprimé un grand triomphe au moment de son anniversaire de 18 ans :"Maintenant, je vais faire tout ce que je veux et tu ne pourras rien dire." Sa mère n'a pas perdu le Nord et à répondu :"Oui, c'est bien. Lorsque tu feras une grosse connerie, c'est toi qui iras en prison, ce ne sera plus moi."
Est-ce du paternalisme ? Selon moi, c'est du réalisme.

Écrit par : Calendula | 11/06/2012

Bonsoir Calendula,


Merci. Oh, je n'ai rien inventé. C'est un sujet dont j'ai beaucoup parlé avec différents parents, sur lequel j'ai lu, réfléchi. J'ai aussi beaucoup appris par mes erreur!!!

:-))) (Comme quoi la lumière vient parfois par l'obscurité...).

La réflexion sur l'autorité et ce que nous en faisons personnellement est extrêmement riche et remet en place pas mal de théories à mon avis.

Écrit par : hommelibre | 11/06/2012

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