08/05/2012

Pragmatisme : socialisme de transition

Pragmatisme : socialisme de transition

La finalité du projet socialiste est la société sans classe.
La société sans classe est une société sans riches, ni pauvres, où il n'y a plus qu'une vaste classe moyenne.
Cela nécessite une équité égalitariste, non une égalité totale.

L'intérêt que la classe moyenne a avec le socialisme réside dans la pérennisation et l'amélioration de ses conditions de vie.
On le voit avec la crise, le capitalisme n'est plus capable d'assurer le niveau de vie des classes moyennes, les politiques pro-capitalistes d'austérité les précarisant gravement.
La solution se trouve dans le socialisme, un système bien plus stable que le capitalisme.
Le socialisme c'est la cohésion, le capitalisme c'est la lutte des classes.

Néanmoins, les classes moyennes ne peuvent adhérer d'un coup à un socialisme trop abouti, et il me semble nécessaire d'esquisser un socialisme de compromis, un socialisme de transition, qui permettra d'unir les classes moyennes avec les autres classes naturellement pro-socialistes (classe ouvrière, classe précarisée, classe populaire, classe intellectuelle éclairée).

Quelle forme doit prendre ce socialisme de transition ?

Je dirais qu'il sera nécessaire d'instaurer une économie mixte composée d'un État producteur et planificateur, ET d'une économie privée.

La phase suivante consistera à passer de secteurs étatiques et privés à un secteur général de coopératives autogérées.

Dans le socialisme de transition la planification jouera donc encore un rôle minime, et ne concernera que le secteur étatique.
C'est d'abord dans ce secteur étatique producteur que l'on pourra mettre en place progressivement une autogestion dans la prise de décision.

Le marché définira la production dans l'économie privé.

Bien entendu, cette économie privée correspondra à la composition des classes moyennes.
Le grand capital, les grandes entreprises et les multinationales, seront socialisés (étatisés dans un premier temps pré-autogestionnaire).
Cette économie privé du marché de ce socialisme de transition sera composée de PME, et le salariat n'y sera pas aboli.

A la fin de la transition, on devrait pouvoir arriver au socialisme abouti et se passer du libre marché, du libre entreprenariat, et des PME.

La période de transition devrait aussi permettre de réformer l’État et les institutions (sans parler des aspects juridiques) afin de décentraliser, et relocaliser les activités et structures politiques et économiques, de mettre en place une transparence généralisée, et d'améliorer la représentativité des députés par le tirage au sort partiel.

Bien sûr, l'économie privé ne sera pas laissée à elle-même, que ce soit sur le plan macro-économique où le crédit et les banques seront étatisés (démocratisés), que sur le plan micro-économique où un écart salarial de 1 pour 5 pourra être établi (ainsi qu'un revenu maximal).

Pour conclure, je joins ma théorie néo-socialiste de la démocratie, puisque je me réfère souvent à elle dans les débats sur ce blog :

http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2012/02/23/nouvell...

Il est intéressant de noter que cette théorie correspond à une forme de socialisme abouti, alors que la première esquisse correspondait davantage à un socialisme de transition (que j'établissais comme finalité à l'époque).

16:34 Publié dans Socialisme de transition | Lien permanent | Commentaires (11) | Tags : transition, socialisme, classes sociales | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg

Commentaires

"A la fin de la transition, on devrait pouvoir arriver au socialisme abouti et se passer du libre marché, du libre entreprenariat, et des PME." Il faudra qu'on m'explique en quoi c'est un progrès !... Je n'y vois que la suppression de différentes libertés essentielles. Ce qui n'est pas tolérable, en effet, c'est l'absence de planification étatique de la production publique et privée; car on voit bien que la libre concurrence conduit à l'anarchie complète... Toute gestion nationale des besoins industriels se perd dans l'anarchie des intérêts privés de chaque entreprise individuelle. Il n'y a plus aucune rationalité dans ce domaine entre les besoins réels de l'économie nationale et écologique. Il n'est pas normal non plus que les salaires n'aient aucun seuil plancher et que l'effort des salariés ne soit jamais redistribué dans l'entreprise par la hausse des salaires, l'investissement ou l'innovation. Il faut rompre avec la finance actionnariale et le capitalisme boursier. Cela dit, je ne pense pas que le capitalisme doit être chassé à ce point par le collectivisme... Je ne suis pas encore très calé en la matière, mais je pense qu'il faudrait s'intéresser davantage à un collectivisme libertaire qu'à un collectivisme communiste. Bakounine plutôt que Marx.

Écrit par : Cedric | 08/05/2012

Cédric, la planification contrevient au libre marché et au libre entreprenariat.
C'est pourquoi je parle de se passer de ces éléments dans le socialisme (question de cohérence).
La création d'entreprise aura certes toujours lieu, mais sous le filtre des intérêts sociaux et écologiques (donc par la planification collective).
Comme vous le dites, il s'agit de développement rationnel et non d'un chaos improductif capitaliste.

La transformation des PME en coopératives autogérées s'inscrit justement dans une approche libertaire du socialisme.
Dans une version davantage étatiste on se conterait de transformer un salariat privé en un salariat étatique.
Avec les coopératives, on donne une liberté réelle à l'individu :)

Écrit par : Adrien Faure | 08/05/2012

Alors je dirais que, fi du libre marché, la libre entreprise ne devrait pas être interdite absolument. La planification n'a pas nécessairement vertu d'être résolument absolue et hégémonique en la matière. Elle peut se concentrer sur les grands secteurs de l'économie ou les secteurs importants pour le pays, sans pour autant s'appliquer à tout type de libre entreprise. A mon sens, il y a là une dérive autoritaire... Pour ce qui est de le coopérative, je ne pense pas qu'il soit bon de supprimer la distinction entre dirigeants et dirigés, comme dans l'autogestion. Il existe des modèles de coopératives non-communistes, sous forme de votes avec assemblée des travailleurs, qui pourraient respecter le clivage patrons/employés (surtout pour les très grandes entreprises) et favoriser ainsi la démocratie à l'intérieur de l'entreprise plutôt que la disparition pure et simple des classes sociales... Là aussi, nier qu'il y ait une raison anthropologique à la distinction de classes, c'est faire preuve d'une grande naïveté sur les intérêts humains particuliers...

Écrit par : Cedric | 08/05/2012

Cédric, dans une coopérative vous avez toujours des fonctions avec des coordinateurs et des travailleurs (et toutes les variantes et spécificités possibles).
La société sans classe reste le but du socialisme, mais cela ne signifie pas la fin des différences entre humains. La différence est une richesse.
Tant que nous resterons dans un modèle de libre entreprise il y aura concurrence et concentration du capital, et soumission aux lois de la rentabilité...

Écrit par : Adrien Faure | 08/05/2012

En tous les cas, il y a plusieurs formes de collectivismes; communistes, anarchistes, libertaires... tous n'ont pas la même vision du collectivisme. J'ai même trouvé l'appellation de "collectivisme partiel", sans parvenir à avoir davantage d'explication sur ses modalités... En tous les cas, l'ensemble doctrinal du socialisme mérite d'être exploré de fond en comble pour sa richesse et ses propositions multiples. A chacun d'y trouver les éléments d'un socialisme nouveau... En quoi ce blog est très utile... ;-)

Écrit par : Cedric | 08/05/2012

"En tous les cas, l'ensemble doctrinal du socialisme mérite d'être exploré de fond en comble pour sa richesse et ses propositions multiples. A chacun d'y trouver les éléments d'un socialisme nouveau... En quoi ce blog est très utile... ;-)"

Merci pour ce commentaire motivant Cédric :)

Écrit par : Adrien Faure | 09/05/2012

Et j'ajoute - pour la motivation - que les partis traditionnels italiens se sont effondrés ! Confirmant une fois de plus, après la Grèce, que le sociaux-libéraux et les libéraux en général, sont condamnés à disparaître. Sans créditer l'extrême-droite italienne en raison de sa corruption. Le profit pour la gauche radicale reste flou; il s'agirait de candidats sans partis, anonymes, sans argents, c'est-à-dire : citoyens. A suivre...

Écrit par : Cedric | 09/05/2012

"les autres classes naturellement pro-socialistes (classe ouvrière, classe précarisée, classe populaire, classe intellectuelle éclairée)."

Pour un parti qui veut supprimer les classes, ils arrivent vachement bien à les définir en tous cas...

Ce qui démontre que "La finalité du projet socialiste est la société sans classe" ne peut exister dans le sens où les classes n'existent pas. Elles sont simplement la manière de se comparer avec d'autres. De ce qu'on les autres et ce que l'on a pas, ou inversement.

Ce que confond le socialisme est "égalité" et "identifiant", on peut être égale en terme de loi (ce qui est plus ou moins deja le cas) mais supprimer ce qui nous différencie en terme physique, culturel, de nos biens, c'est ça refuser la différence.

De ce fait, supprimer les "classes" sociales ne pourront jamais être effectuées puisque c'est une question d'interpretation et de refuser de différencier ce qui est différenciable est tout bonnement impossible. A moins bien sur de lobotomiser les gens par les classes "intellectuelle éclairée" (du moins, qui se prétend plus éclairée que les autres).

Écrit par : DdD | 15/05/2012

DdD, la société sans classe est une société égalitaire (disons équitable en tout cas) sur le plan économique. Vos accusations d'uniformisation sont malhonnêtes.
Quant à l'existence même des classes sociales, elles existent en soi en tant que catégories divisibles et identifiables de la société, ce qui ne veut pas dire qu'elles existent pour elles-mêmes, en ayant conscience de leur appartenance de classe.

Écrit par : Adrien Faure | 15/05/2012

@Adrien.
Je suis désolé que vous voyez de la malhonneté, ce n'était pas mon intention.

Cependant, le fait de supprimer les classes, uniformise tout de même la société. Une société sans classe est avant tout une société où l'on ne se différencie pas et ou personne ne se compare à l'autre. Ce qui est tout bonnement impossible pour tout être vivant.

Attention tout de même à ne pas confondre égalité et appropriation. Car là où le paradoxe sociale arrive est que pour supprimer la notion de classe vous serez, soit:

- Obligé d'identifier des classes pour définir qui est dans le besoin (ou non) afin d'obtenir d'aide éventuelle.
- Obligé d'identifier des classes pour éviter que même ceux qui n'ont pas besoin d'aide en aient.

prenons l'exemple suivant:
Si on considère qu'il faut donner 500.- par enfant. Faudrait-il donner 500.- à toutes les familles, même ceux qui en ont besoin?

Ou différencier (ainsi donc, créer des classes) les familles qui en ont besoin à celle qui n'en on pas besoin?

De plus, le fait que vous (et moi) assis tranquillement derrière notre bureau essayons de réduire le monde à notre propre vision est sans aucun doute, une uniformisation de la société selon notre propre vision du monde. Et de l'"imposer" aux autres, n'a rien d'équitable face aux visions de ceux qui ne pensent pas comme nous.

Pour en revenir à ce qui est malhonnete, c'est de s'approprier les biens de personnes qui se sont crevé à la tache (pas besoin d'aller chez les hauts riches), qui ont sacrifié leur vacances et plein de chose pour se payer leur maison, leur voiture sans credit et que l'argent qu'ils ont économisé soient utiliser pour payer ceux qui ne gère pas leur argent, qui partent en vacances alors qu'ils n'ont rien sur leur compte.

Attention, je ne dis pas que c'est le cas pour tout le monde. Mais quand des personnes partent en vacances tranquille alors qu'elles ont des commandemants de payer, qu'elles reçoivent des aides et que de l'autre côté vous, vous avez été rigoureux sur votre budget, sur vos dépenses que vous, n'avez pas le droit d'aide mais juste de payer, vous m'excuserez mais là, il y'a de la malhoneté et de l'inégalité des traitements.

Écrit par : DdD | 15/05/2012

DdD

La société sans classe n'est pas une société sans différence, mais une société sans exploitation ou domination économique.

La socialisation des moyens de production permet cela.

Maintenant, je ne suis pas communiste, et c'est pourquoi je ne suis pas contre un barème équitable dans les rémunérations du travail (par exemple de 1 pour 5).

Mais je vous l'accorde, un certain pragmatisme est de mise lors de la transition entre capitalisme et socialisme.
Un modèle mixte est nécessaire, laissant au privé les PME et le petit capital dans un premier temps (comme au Venezuela par exemple).

Écrit par : Adrien Faure | 15/05/2012

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