07/05/2012

Débat autour du socialisme avec John Goetelen (deuxième partie)

Débat autour du socialisme avec John Goetelen (deuxième partie)

En réponse à mon article sur les PME et le socialisme, John Goetelen, alias Homme Libre, a publié une réaction en deux parties.

Voici la seconde, à laquelle je réponds à travers le présent écrit :


http://hommelibre.blog.tdg.ch/archive/2012/05/05/socialis...

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« Le temps libre rendrait plus créatif, paraît-il dans la théorie socialiste. Non. Cent fois non. On est créatif par ses qualités personnelles, pas par son temps libre. Pour la plupart des gens le temps libre est une occasion de consommer des loisirs, pas d’être créatif. »

Et pourtant, en libérant l'être humain du travail aliénant, et en réduisant le temps de travail au profit du temps libre, le socialisme démocratique donne la possibilité à l'individu de s'engager dans des activités bénévoles, militantes, associatives, humanitaires, artistiques, culturelles, etc.
N'est ce pas dans ce que l'on aime faire que l'on est le meilleur ?
Chacun sera libre de donner davantage de temps à ses préférences.
N'est-ce pas ainsi avantager la créativité ?

«
Il faudra ensuite que cela entre dans le plan du super-Etat centraliste socialiste qui voit tout, sait tout et gère tout. »

Tel que développé dans ma théorie néo-socialiste de la démocratie, l’État socialiste se doit d'être décentralisé au maximum, afin de maximiser la capacité de l'individu à influer sur l’État démocratiquement. La planification se fera de même à un niveau d'échelle très rapproché de l'individu (sauf dans le cas de production nécessitant un niveau d'échelle supérieur).

«
Donc une minorité d’Etat imposera à la majorité ce qui est bien et décidera in fine de ce qui doit être produit. Il n’y a là pas de liberté. Les seuls gens libres seront les membres de l’Etat central. »

L’État socialiste, sera non seulement décentralisé, mais surtout démocratique.
Et parce qu'il est démocratique il représentera réellement les intérêts de la population.
A nouveau, tel que développé dans ma théorie néo-socialiste de la démocratie, des garde-fous devront être mis en place afin de maximiser le degré de démocratisation de l’État socialiste.
Notamment le tirage au sort d'un pourcentage de parlementaires, une transparence totale en économie et en politique, et des assemblée populaires de quartiers.

«
Le socialisme n’aurait éventuellement pas laissé créer les avions pour éviter de «faire mourir la planète»? Donc pas de voitures non plus? Mais leur technologie va avec l’ensemble de la technologie: ordinateurs, téléphones, dentisterie, scanners, anesthésie et chirurgie, CERN, électricité, chauffage, recherche fondamentale pour produire un jour une énergie propre et abondante, etc, tout se tient. Toute évolution dans un domaine fait avancer les autres. Renoncer aux avions c’est aussi, d’une certaine manière renoncer aux nano technologies, à l’enseignement des langues par la vidéo, à soigner les caries sans douleur, à opérer les cancers, à pouvoir analyser notre environnement et le comprendre, etc, puisque c’est la technologie elle-même qui est mise en cause. »

Ce paragraphe est intéressant, car il confond productivisme et progrès, scientisme et science.
Non, tout progrès technologique n'est pas souhaitable.
Oui, il faudrait que la collectivité puisse se prononcer sur le développement scientifique.
Démocratiser la science est souhaitable.
Dans le socialisme démocratique le progrès et la recherche se poursuivront, mais ils seront soumis aux limites écologiques. L'impact écologique des activités humaines ne devra pas dépasser les capacités régénératrices de la biosphère.

«
Le capitalisme n’est pas une dictature. C’est un système d’investissement par le privé. Il multiplie les centres de décision. »

Au contraire, la loi de la concurrence amène toujours à une concentration du capital (multinationales, fortunes privées gigantesques, grandes entreprises, etc.)
Cette concentration donne énormément de pouvoir à quelques individus qui en profitent pour influer sur la sphère politique.

«
Sans capitaux privés c’est l’assemblée des employés de la coopérative autogérée qui investit. »

C'est certes une possibilité, néanmoins les banques de l’État socialiste et l’État socialiste lui-même seront là pour permettre l'investissement et le crédit.

«
Peut-être faudrait-il relire «1984» avant de promouvoir ce socialisme de fourmilière. »

Sauf que George Orwell prônait justement le socialisme démocratique... en opposition avec le capitalisme et le stalinisme.

18:04 Publié dans Socialisme | Lien permanent | Commentaires (26) | Tags : socialisme, capitalisme, marché, libéralisme | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg

Commentaires

Adrien Faure pratique l'art de l'oxymore jusqu'au paroxysme. Après l'utopie concrète, voici le néo-socialisme décentralisé au maximum, les banques de l'état socialiste seront à pour permettre l'investissement...

Décidément, ce jeune homme se prend un peu trop au sérieux, en plus de ne pas l'être.

Écrit par : Déblogueur | 07/05/2012

C'est pourtant ce que va faire François Hollande en France : instaurer un pôle public financier destiné à l'investissement.

Écrit par : Cedric | 07/05/2012

L'utopie, c'est très bien; "concrète", encore mieux. L'oxymore d'Adrien est tout ce qu'on peut espérer d'un socialisme pragmatique. Parfait ! Juste que, à mon avis, il y a encore trop de matérialisme dialectique dans cette téléologie révolutionnaire... Hegel était le grand maître de Marx, ou, disons, sa source d'inspiration principale. Or, l'hégélianisme, c'est précisément la finalité divine de toutes les actions humaines, et donc : du marxisme révolutionnaire. Donc, à mon avis, l'utopie ici n'est pas assez concrète encore... ;-) Il faut pousser le gramscisme encre plus loin dans l'infidélité au Maître... Mais sinon, à première vue, ça me semble de plus en plus intéressant...

Écrit par : Cedric | 07/05/2012

Mmmm... Un Etat décentralisé n'est-ce pas au fond le fédéralisme ?...

Écrit par : Cedric | 07/05/2012

Déblogueur, mais n'avez-vous pas vu le résultat électoral en Grèce ?
La crise du capitalisme amène le socialisme :)

Écrit par : Adrien Faure | 07/05/2012

Cédric, effectivement la décentralisation politique c'est le fédéralisme.
La décentralisation économique c'est une économie relocalisée de proximité (impératif écologique).

Je suis conscient d'être assez influencé par le matérialisme et la dialectique de Marx^^
Mais l'analyse marxiste (ou marxienne) apporte beaucoup pour comprendre le monde d'aujourd'hui.
Par contre le socialisme que j'esquisse se doit d'être clairement les pieds dans la réalité contemporaine.

Écrit par : Adrien Faure | 07/05/2012

Oui, je suis d'accord pour dire que le marxisme est une grille d'analyse toujours très pertinente et efficace car extrêmement précise et pragmatique. Mais je sens tout de même ici ou là la récupération d'un marxisme révolutionnaire qui a produit des effets désastreux... Et le ver (hégélien) - qui était dans le fruit socialiste - resurgit ici ou là dans les argumentaires... et ça me fait crisser les dents... ;-)

Écrit par : Cedric | 07/05/2012

Mais bien évidemment que j'ai vu le résultat électoral des élections législatives en Grèce... Et d'ailleurs aussi celui de l'élection présidentielle française, à laquelle j'ai voté Hollande, aussi bizarre que cela puisse vous paraître.

Cependant, vous imaginez qu'un vote de réaction - qui rendra probablement la Grèce ingouvernable - comme une lame de fond qui, d'après vous, mettrait le capitalisme en crise à terre... Je pense sincèrement que vous vous trompez.

Je ne saurais par ailleurs me réjouir du résultat d'un parti nationaliste d'extrême droite que vous passez sous un silence remarquablement assourdissant (mais je sais que vous êtes en délicatesse avec ce sujet!)

En général, je pense que vous prenez vos rêves pour des réalités, ce qui ne fait qu'un oxymore de plus dans un système de pensée qui en comporte déjà beaucoup...

Bien cordialement à vous néanmoins.

Écrit par : Déblogueur | 08/05/2012

Que vous le vouliez ou non - et c'est en ceci que vous êtes cohérent en votant Hollande - la crise du libéralisme se pose dans toute l'Europe. Après avoir congédié Zapatero, je doute que l'Espagne pardonne à la droite ce qu'elle leur fait subir actuellement. Le prochain vote en Espagne sera donc ni droite, ni gauche : c'est-à-dire comme en Grèce actuellement et comme en France en 2017 : gauche radicale et extrême droite. Pourquoi ? Simplement parce que, tous bords politiques confondus, la crise du libéralisme est ressentie de tous les côtés. La gauche a une avance certaine sur la droite : elle a déjà des partis antilibéraux en marge des partis traditionnels. En revanche, la droite a un problème sérieux en Europe : elle n'a pas de partis antilibéraux comme en il en existait du temps du Général de Gaulle ! Les partis gaullistes représentaient la droite républicaine et antilibérale, de plus : souverainiste. Aujourd'hui, pour que les citoyens de droite puissent voter contre le libéralisme économique et la supranationalité européenne, ils n'ont plus aucun candidat. Certes, ils pourraient voter blanc. Mais ce vote de contestation n'est pas vraiment entré encore dans les moeurs. On préfère voter extrême droite par mécontentement plutôt que de voter blanc... Très dommageable. Bref, ni Bayrou, ni Hollande, ni Sarko, ni Villepin, ni Fillon, ni Copé, ni aucun de ces candidats passés ou futurs ne défendra une droite antilibérale et souverainiste et c'est la raison pour laquelle, contrairement à la gauche, l'extrême droite sera à l'avenir très puissante. Heureusement, je pense que la déroute de la droite et de la gauche classique profitera davantage à la gauche antilibérale qu'à l'extrême droite plus ou moins fascisante, selon les pays. Les citoyens ne sont pas suffisamment décérébrés pour croire en l'extrême droite, telle qu'elle est aujourd'hui.

Écrit par : Cedric | 08/05/2012

Déblogueur, Hollande est un pur social-libéral keynésien. Cela ne m'étonne pas que vous votiez pour lui :)
Sarkozy n'a que l'austérité à la bouche lui...

En Grèce, je souhaite la mise en place d'un gouvernement de gauche.
Nouvelle Démocratie ayant passé la main, cela devient possible.
La réalisation du socialisme sera alors envisageable.

Par rapport au résultat de l'extrême droite, permettez moi de vous citer un article :

"Voilà la leçon grecque. Ce n’est pas la montée d’un groupuscule nazi délirant, mais la poussée à gauche qui est le fait marquant. 44,52 % des voix c’est le total des voix des partis qui se réclament de la gauche. Mais le Pasok qui n’a rien compris se propose d’essayer de gouverner… avec la droite et continuer la destruction sociale du pays aux ordres de la troïka. On a aussi un exemple d’une autre gauche qui pourrait diriger si elle s’unissait, car elle dispose de 31, 33 % des voix et serait de loin le principal parti. Le refus de l’austérité, le refus de capituler devant les requins des banques et des marchés vont de pair avec l’exigence de l’unité de la gauche, là-bas comme partout en Europe."

http://www.filoche.net/2012/05/07/grece-l%E2%80%99heure-du-bilan-le-fait-marquant-est-la-poussee-de-la-gauche/

Je n'ai par ailleurs aucun problème à condamner le vote nationaliste.

Écrit par : Adrien Faure | 08/05/2012

Adrien, à force de coller des étiquettes dans tous les sens, vous créez un système complètement fermé qui ne fonctionne que sur lui-même. il serait vain de vous répondre, tant votre autosuffisance intellectuelle vous rend sourd - ou aveugle en l'occurrence - à toutes idées différentes des vôtres. C'est ce que l'on appelle du sectarisme.

Écrit par : Déblogueur | 08/05/2012

Adrien, j'ai eu un empêchement à reprendre le fil plus vite.

Sur la créativité qui serait améliorée par un système socialiste, je mets en doute d'une part le fait qu'un tel système puisse l'augmenter, et le fait de faire dépendre la créativité du système. Le système est l'émanation des citoyens, il ne dit pas devenir le patron ou le parent des citoyens.

"Et pourtant, en libérant l'être humain du travail aliénant, et en réduisant le temps de travail au profit du temps libre, le socialisme démocratique donne la possibilité à l'individu de s'engager dans des activités bénévoles, militantes, associatives, humanitaires, artistiques, culturelles, etc.
N'est ce pas dans ce que l'on aime faire que l'on est le meilleur ?
Chacun sera libre de donner davantage de temps à ses préférences.
N'est-ce pas ainsi avantager la créativité".

Ce que vous décrivez se passe déjà, maintenant, en système libéral. s'engager dans des activités bénévoles, etc, c'est déjà le cas. Moi-même j'ai beaucoup travaillé dans des associations, en plus de mon travail. Le système libéral ne m'a empêché de rien.

Je pense, contrairement aux constructivistes (qui ne sont que des théoriciens) que la créativité est individuelle et dépendante des situation que l'individu rencontre, des interactions avec d'autres individus, voire peut-être de données physiologiques cérébrales.

J'ai aussi beaucoup pratiqué l'humain, aperçu sa complexité, et ne peux penser un seul moment que l'éducation seule lui donnera les capacités d'une créativité. La différence entre nous est que je me fonde sur l'observation de l'humain dans le réel alors que vous mettez l'humain dans des théories.


Sur la loi de la concurrence, même si en effet il y a concentration des moyens économiques, au moins il y a quand même un certain pluralisme. Dans une économie étatisée, il n'y a plus de pluralisme. Or je crois l'humain profondément pluraliste et un système trop contraignant lui est contraire. Regardez, il est bien sorti de l'emprise temporelle très puissante de la religion. Au profit de quoi? Du pluralisme intellectuel, de la liberté de penser. De plus il est possible dans ce système de créer des entreprises, des coopératives, il n'empêche donc rien tout en laissant ouvert.


Sur la science, on ne peut savoir d'avance l'impact écologique d'une innovation. On ne sait même pas encore tout des mécanismes de la biosphère et de ses possibilités d'adaptation. Vouloir tout jauger sur la base des années 1950 ou 2000 est très conservateur. De plus de nombreux constructeurs incluent aujourd'hui la notion de moindre coût écologique dans leurs produits. Donc c'est déjà le cas, en bonne partie.


Démocratiser la science? C'est les incompétents au pouvoir! Quand je vois comment nombre de socialistes en particulier ont contesté le LHC du Cern, pour le coût et pour la peur d'un trou noir... non, je ne pense pas que ce soit une bonne idée de faire décider les incompétents. La démocratie à ce point là, c'est le retour au Moyen-âge, avec les peurs de fin du monde.

Les savants sont loin d'être des idiots et je peur fais confiance. Que les gouvernement encadrent certaines recherche, ok. C'est déjà le cas. Mais je préfère une aristocratie de savants éclairés à une démocratie idiote.

En fait tout ce que vous proposez me semble déjà largement réalisé dans le système libéral.

Sauf sur un point: j'imagine que le socialisme prônera le parti unique? Pas de pluralité? Cela même serait contraire à toute l'histoire des humains. Intellectuellement, c'est une préhistoire.

A suivre.

Écrit par : hommelibre | 08/05/2012

"l'infrastructure économique ne conditionne pas la superstructure idéologique" (Michel Onfray - L'Ordre libertaire : la vie philosophique d'Albert Camus, p. 347

Écrit par : Cedric | 08/05/2012

Dans l'interaction entre l'individu et le collectif, je pense qu'il faut renforcer l'individu. C'est le maillon faible.

Il y a des lois, des cadres qui, s'ils étaient respectés, ferait de notre société une très belle société. Mais ce sont les individus qui dérapent à un moment.

Renforcer le collectif ne peut que favoriser encore plus l'irresponsabilité individuelle et le contournement.

Renforcer l'individu c'est renforcer sa conscience intérieure, son sens de la responsabilité personnelle: par l'éducation, par l'exemple, par la réflexion, et parfois par l'erreur.

L'éducation doit nous aider à agir selon notre vérité intérieure, pas selon la comparaison ou la jalousie. Les comportements issus de notre vérité intérieure seront, je l'espère, plus justes et équilibrés socialement. Je défends plus la conscience individuelle que le système. Le système ne doit être que la gestion des interaction. Il ne doit pas être le parent moralisateur et punisseur ou contraignant. Penser que le système peut éduquer l'individu? Cela se peut en partie, mais par la peur de la sanction plus que par la conscience libre.

Cela on le sait bien. Tous les système éducatifs utilisent le mécanisme récompense-sanction. C'est un mécanisme psycho-physiologique de base de tous les individus. L'adulte doit s'en affranchir pour fonder son comportement non plus sur la peur de la sanction ou sur la récompense. Tant qu'on ne sera pas là, toute idée de bonheur sera à mon avis illusoire. Elle ne sera qu'un conformisme craintif, comme l'enfant face au parent. L'Etat que vous décrivez me fait penser à ce parent omnipotent, qui veut à tout prix le bonheur de ses enfants - même contre leur volonté parfois!

Écrit par : hommelibre | 09/05/2012

Il y a des domaines d'activités dans lesquelles on ne peut pas laisser l'individu libre de faire ce qu'il veut. Les intérêts deviennent tellement énormes, les sommes, les bénéfices, les enjeux... que même les patrons, les actionnaires, les traders y perdent toute notion de réalité. La responsabilité individuelle a aussi ses limites... Pour ce qui est de la gestion des banques, des très grandes entreprises, de la finance actionnariale, toutes les limites ont été franchies de puis longtemps; et même depuis toujours ! La spéculation empochait des bénéfices sur les faillites, les dettes et même sur les matières premières lors de famines, déjà en 1789, pendant la Commune de Paris, lors de la Grande Dépression de 1873, ou lors du crach de 1929... Tâche surhumaine s'il en est : être responsable dans un océan d'argent... Pas crédible, y compris aux yeux de l'Histoire...

Écrit par : Cedric | 09/05/2012

""l'infrastructure économique ne conditionne pas la superstructure idéologique" (Michel Onfray - L'Ordre libertaire : la vie philosophique d'Albert Camus, p. 347"

Qu'attendre de qqn qui fait l'éloge "du plus grand penseur réactionnaire et du plus grand réactionnaire parmi les penseurs"?

Qu'attendre de qqn qui calomnie la vie elle-même?

Écrit par : Johann | 09/05/2012

"La crise du capitalisme amène le socialisme"

La crise du capitalisme amène soit l'impérialisme, soit le fascisme, soit les deux ensemble.

Écrit par : Johann | 09/05/2012

La crise actuelle du capitalisme a trois causes directes.

1. La part toujours plus grande versée au revenu du capital au détriment du revenu du travail. Résultat perte de pouvoir d'achat (et accroissement de la masse à disposition pour la spéculation), en partie caché par les délocalisations avec dumping salarial, puis spirale déflationniste.

2. La diminution des impôts et la fraude fiscale. Les dettes des Etats sont des impôts qui ne sont pas rentrés. L'Etat s'affaiblit, voire s'auto-détruit (cf. la Grèce), en se finançant sur les marchés au lieu de se financer par l'impôt.

3. La complète déconnexion de la finance de l'économie réelle. Il y a une bulle financière gigantesque avec des sommes basées sur du vent. Cf. le principe de la création monétaire.

Écrit par : Johann | 09/05/2012

Johann, bilan en trois points imparable... Le diagnostique est médicalement parfait. Les calomniateurs de la vie te sont reconnaissants... ;-) Manque à cela le remède... Le grand réactionnaire Onfray/Camus propose le collectivisme socialiste ainsi que la société libertaire théorisée par la doxa anarchiste (Proudhon, Bakounine, Gramsci, Pelloutier) à condition d'y mettre de l'ordre, à savoir : rejet de la violence, de la dictature du prolétariat, du "grand soir" de la téléologie marxiste, et de tout sacrifice de la liberté individuelle au nom de la cause socialiste. Le philosophe de l'hédonisme appréciera pour le reste la caricature nihiliste qui est faite de son éthique postmoderne... ;-)

Écrit par : Cedric | 09/05/2012

Cédric:

Avec ces conditions pour y mettre de l'ordre, je peux faire un pas dans la direction du socialisme... !!!

En fait ce serait une forme de libéralisme avancé. Un socialisme de la conscience.


A propos de ce que vous disiez dans le comm d'avant, c'est bien parce qu'il manque une responsabilité individuelle que ça dérape vers une dislocation sociale. Si la liberté finit pas faire se disloquer le lien social, c'est là qu'il y a quelque chose qui manque. Ceux qui ont plus devraient le savoir, le comprendre, être éduqués à cela et appliquer des règles du jeu dans ce sens. Ce n'est pas une sagesse exorbitante à leur demander, à mon avis. C'est leur faire réaliser que leur intérêt passe aussi par l'intérêt du plus grand nombre.

Vous dites que la responsabilité individuelle n'est pas crédible aux yeux de l'Histoire. Mais je pense que l'Histoire avance quand-même, malgré les cycles et l'éternel retour. Une information demeure. Une petite mémoire du passé. Et dans cette petite mémoire il y a un indicateur qui montre la responsabilité individuelle et la liberté comme des évolutions souhaitables. C'est d'ailleurs quand-même vers cela que va la société, il me semble.

D'autre part, les remèdes socialistes, ceux que l'on a vu dans le passé, ne sont pas plus crédibles aux yeux de l'Histoire. Mais eux sont définitivement le passé de la pensée, le retour aux empires barbares et totalitaires du pouvoir unique, alors que la responsabilité individuelle est encore à construire, elle est l'avenir d'une société où il n'y aura ni violence, ni dictature du prolétariat, ni "grand soir" de la téléologie marxiste, ni tout sacrifice de la liberté individuelle.

Probablement pas une société totalement égalitaire, il faudrait pour cela trop de contraintes vu les inégalités naturelles qui existent, mais au moins une société du droit, de la responsabilité et de la coopération.


Johann: d'accord aussi sur le diagnostic.

Écrit par : hommelibre | 09/05/2012

Sur le plan des libertés publiques, le libéralisme est tout à fait compatible avec le socialisme. C'est le libéralisme économique qui ne l'est pas, puisqu'il concentre in fine toutes les richesses auprès des actionnaires et que la production du PIB national ou cantonal, qui n'a jamais cessé, chaque année de progresser, ne revient jamais plus dans l'économie réelle. Ainsi, la richesse produite ne cesse de s'accroître, mais nous ne cessons malgré tout de nous enfoncer... Cherchez l'erreur...

Albert Camus a une phrase lapidaire : "Tout pouvoir rend fou celui qui le détient". Il suffit de voir l'attitude des chefs d'Etat, complaisante, intéressée, lâche, complice... Celle des grands groupes industriels qui n'hésitent plus à délocaliser sans raison économique; ou à sacrifier emplois, sécurités et innovations, pour accroître toujours davantage la part des actionnaires. Folie que de laisser sa propre entreprise (Total, Renaud, etc.) péricliter techniquement au prix de graves accidents ou défauts sur les marchandises, pour ne pas avoir à investir de l'argent dans l'entreprise elle-même... ! Folie suicidaire, s'il en est.

Aucun système politique n'a jamais abouti à la fin de l'Histoire, tant chérie par Hegel - donc par Marx. Ni le libéralisme, ni le communisme, ni le socialisme... Sinon, cela ferait longtemps en effet que l'alternance politique n'aurait plus aucun sens. Tous dépassés; tous indépassables, tant qu'ils auront leurs innovateurs.

A ce propos, le socialisme libertaire n'a jamais été appliqué encore à ce jour. Il a été écrasé, symboliquement et réellement, à toutes les périodes de l'Histoire. Ecrasé par les jacobins de la Révolution française lors de l'insurrection des Enragés; écrasé par la déportation massive et l'assassinat des libertaires de la Commune de Paris (dont Marx disait qu'elle n'avait pas été une révolution communiste !), et puis écrasé encore par les marxistes autoritaires lors de la 1ère Internationale socialiste à coup d'insultes, de mauvaises foi et de dénégations diverses; puis, écrasé encore par l'Armée rouge de Trotski, lorsque les paysans anarchistes d'Ukraine feront dissensions des thèses marxistes-léninistes. Les communistes souhaitaient la dictature du prolétariat; le socialisme libertaire était donc devenu l'ennemi à abattre. Par la suite, Albert Camus se fera le chantre de ce socialisme libertaire et sera, là encore, entièrement pilonné par les intellectuels communistes pour les mêmes raisons... A croire que le socialisme libertaire n'a aucune chance face au socialisme autoritaire, qui domine par la force. Il reste cette "révolution inconnue" dont parle Violine dans ses mémoires, et qui se trouve être, précisément, le socialisme libertaire...

Écrit par : Cedric | 10/05/2012

"Le philosophe de l'hédonisme appréciera pour le reste la caricature nihiliste qui est faite de son éthique postmoderne..."

En voilà un qui mélange tout. Ajouter un ";-)" n'y change rien. Que Michel Onfray est un nihiliste, cela va de soi en lisant sa prose où il s'affiche tel qu'en lui-même. Tellement nihiliste qu'il est déjà mort. Sans ";-)"

Lacune de lecture? Sans doute.

Ethique post-moderne = faire du fric en revisitant la philosophie pour les gogos prêts à tout avaler pourvu que ce soit "contre" et à faire passer fn pour un saint libertaire? Faire l'éloge d'un réactionnaire, d'un esclavagiste, d'un misogyne, d'un anti-démocrate, d'un impérialiste, d'un militariste, d'un malade mental et j'en passe, vous appelez ça "éthique post-moderne"? Ouf! Nous n'avons pas les mêmes valeurs.


"(dont Marx disait qu'elle n'avait pas été une révolution communiste !)"

"Karl Marx propose un «bilan» de la Commune – qu’il sait pourtant condamnée – entièrement inscrit dans la 
question de l’État. Pour lui, pas de doute. La Commune de Paris est le premier cas historique où le prolétariat assume sa fonction transitoire 
de direction, ou d’administration, de la 
société tout entière, «la forme politique enfin trouvée qui permet de réaliser l’émancipation économique du prolétariat»… "

Calomnie donc, encore et toujours.

Il ne suffit pas de se proclamer marxiste pour l'être, ni du reste socialiste libertaire. Lisez donc "la Société du spectacle". Votre idole est à fond là dedans.


Camus encore un calomniateur de la vie.

Écrit par : Johann | 10/05/2012

oui... on a bien compris. Qui n'est pas communiste orthodoxe est un débile, un fou, un malade, un ultra-réac, un nihiliste, un fasciste, une ordure, un bobo, etc. Vous êtes tout à fait cohérent avec l'histoire et la ligne du parti... Très subtile dans les catégories politiques et la variantes d'opinion. Debord a tout à fait raison de critiquer la société du spectacle. Il ne faut juste pas confondre : diffuser ses idées via les médias et s'y collusionner. Ca n'est pas du tout la même chose. Je n'ai pas d'idole, contrairement à vous. Idolâtrer rend agressif, sectaire et haineux. Je suis ouvert à toutes les propositions. Chaque individu se doit d'avoir une pensée propre, c'est-à-dire : indépendante de tous les partis et de toutes les idéologies existantes. L'héritage des Lumières est plus important que l'idéologie politique.

Écrit par : Cedric | 10/05/2012

"oui... on a bien compris"

Et bien force est de constater que non. Par sectarisme? Par catalogage vite fait mal fait?


"Qui n'est pas communiste orthodoxe est un débile, un fou, un malade, un ultra-réac, un nihiliste, un fasciste, une ordure, un bobo, etc. Vous êtes tout à fait cohérent avec l'histoire et la ligne du parti..."

Mauvaise pioche. Jugement hâtif et sectaire. Je ne suis ni communiste, ni communiste orthodoxe, ni dans la ligne d'un parti quelconque. C'est vraiment pas de chance. Ah, et ni réactionnaire. Ni prenant la défense ou citant un pseudo-philosophe prenant la défense, que dis-je? vénérant un réactionnaire de la pire espèce. C'est sans doute là mon crime! Contre Saint Frédéric et Saint Michel. Qui nous proposent une idéologie fasciste et une haine de la vie. L'un fondant cette idéologie, l'autre s'en faisant la propagateur mensonger.

Qui donc a écrit : "Près de moi une enfant parlait, jouait, passait le temps. [...] elle leva la tête, son regard rencontra le mien, elle eut un superbe sourire. Dans son visage magique et magnifique, je vis les traits de la morte qu'elle serait, un jour, reposant dans une morgue."

Qui donc a écrit : "La vie passe en souffle, rien, presque rien susceptible d'être un tout par la transfiguration(*) hédoniste, certes, mais qui restera malgré tout une misère tant reste grande la solitude des morts que nous ferons. Et il faudrait nourrir cette farce? Enrichir ce théâtre cruel comme si rien de tout cela n'était?"

Qui donc a écrit que la vie n'est qu'une "chaire à cercueil"?

Vous semblez confondre socialisme libertaire et nihilisme.


"Debord a tout à fait raison de critiquer la société du spectacle. Il ne faut juste pas confondre : diffuser ses idées via les médias et s'y collusionner."

Vous pourriez traduire collusionner? En attendant vous ne vous êtes jamais demandé comment il se faisait que les médias acceptent la diffusion d'idées réactionnaires sous le couvert d'un vernis "de gauche"? Alors oui, collusion il y a. Mise en scène il y a, spectacle il y a. Et toutes les occasions pour le spectacle sont bonnes, y compris avec Sarkozy, le cautionnant du même coup. Vous avez dit "collusionner"? Il est partout. Comme caution du système spectaculaire.


"Je n'ai pas d'idole, contrairement à vous. Idolâtrer rend agressif, sectaire et haineux."

Relisez-vous. Et quelle est mon idole? J'attends avec curiosité votre réponse.
Les vôtres, facile : Michel Onfray et Albert Camus. Et il est typique de juger autrui - qu'on ne connaît pas - à l'aune de ses propres valeurs : agressivité, sectarisme, haine. Dès que ses idoles sont mises à mal pour ce qu'elles sont.


"Je suis ouvert à toutes les propositions. Chaque individu se doit d'avoir une pensée propre, c'est-à-dire : indépendante de tous les partis et de toutes les idéologies existantes. L'héritage des Lumières est plus important que l'idéologie politique."

Dommage que vous ne pratiquiez pas ce que vous proposez. Il n'y a pas plus anti-humaniste, anti-Lumières que fn.

Et finalement, je constate que pratiquement vous n'avez pas répondu sur le fond. Vide intersidéral. Ad hominem, c'est plus facile. On dit aussi procès d'intention. Je me garderai bien d'écrire "qui n'est pas socialiste libertaire est un..."

Bonne soirée.


(*) Transfiguration, bigre :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Transfiguration_%28christianisme%29

Écrit par : Johann | 10/05/2012

Le fait que toute vie est destinée à mourir, voilà la vérité qui pour vous est nihiliste ?... C'est la réalité. La vie est tragique et nous sommes tous de la chair à cercueil. Je souscris, je souligne, j'adhère, à 100 %. On appelle aussi cela : la lucidité...

Écrit par : Cedric | 11/05/2012

Johann : Il n'y a que de la détestation violente d'un bout à l'autre de vos commentaires, et vous voudriez que je prenne du temps pour répondre constructivement à votre haine gratuite ?!... C'est inutile, et vous le savez bien.

Écrit par : Cedric | 11/05/2012

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