02/05/2012

Qu'est ce qu'être social-libéral aujourd'hui ?

Qu'est ce qu'être social-libéral aujourd'hui ?

Être social-libéral c'est ne pas être marxiste.
Être social-libéral c'est ne pas être néo-libéral.
Être social-libéral c'est ne pas être socialiste.*
Être social-libéral c'est être éventuellement social-démocrate.**
Être social-libéral c'est être keynésien.
Être social-libéral c'est être en faveur du capitalisme.
Être social-libéral c'est être en faveur de l’État-providence.

*Une question qui me taraude ces derniers-temps : peut-on être socialiste sans être marxiste ?
**Être marxiste réformiste, ou socialiste, aussi.

Être social-libéral aujourd'hui, c'est faire partie de la deuxième plus grande famille politique en Europe (après l'aile dominante néo-libérale).

La critique du néo-libéralisme est facile, surtout en ces temps de mise en application drastique de cette politique dans les pays d'Europe du sud, avec les résultats désastreux que l'on peut observer de jour en jour.
Mais critiquer le social-libéralisme est bien plus ardu, puisque ce courant représente la norme en terme de bien-pensance et de politiquement correct.

Être social-libéral c'est aimer les PME.
Le petit patron est un gentil patron puisqu'il est petit, dit le social-libéral.
Le petit patron gagne parfois moins que ses employés. Comme il est vertueux, pense le social-libéral.
Le petit patron a investi ses économies, ou bien il a pris un empreint, dans tous les cas, il a pris un risque. Comme il est louable, se dit le social-libéral.

Être social-libéral c'est donc être prétentieux, car c'est croire que les choix égoïstes (puisque dictés par un soucis de rentabilité de l'investissement) d'un individu sont dans l'intérêt de toute la société.
Comment un individu pourrait-il savoir mieux que la collectivité elle-même ce qui est souhaitable ou pas pour elle-même ? L'actionnariat et la création d'entreprise dans un marché libre sont donc le signe d'une grande arrogance.
Cette prétention social-libérale explique son attachement au marché.

Être social-libéral c'est penser que la domination économique d'un individu sur d'autres n'est pas un problème. Le salariat est une forme acceptable de division du travail. L'expropriation de la valeur du travail des salariés par le propriétaire des moyens de production est donc une pensée qui lui est étrangère.

Pourquoi le social-libéral accepte-t-il tout cela ?

Parce qu'il a peur du communisme, et que tout ce qui est à gauche du social-libéralisme, c'est du communisme.
D'un autre côté lire la description que Marx fait du communisme (dans son texte sur la Commune de Paris notamment) est trop ésotérique pour lui. Mieux vaut lire encore un coup de Keynes.

Être social-libéral c'est ne pas avoir compris que la crise actuelle du capitalisme a détruit la crédibilité du social-libéralisme. Les gouvernements social-libéraux du sud de l'Europe ont abandonné leurs théories et sont passés au néo-libéralisme (qui s'est traduit par l'austérité), car autrement la seule solution aurait été de passer au socialisme afin de faire face au niveau d'endettement élevé.

Être social-libéral aujourd'hui c'est être dans le mauvais sens de l'Histoire.
Mais ça, il va falloir encore un peu de temps pour que cela devienne clair à toutes et à tous...

16:49 Publié dans Social-libéralisme | Lien permanent | Commentaires (10) | Tags : social-libéralisme, libéralisme, nouveau libéralisme, idéologie | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg

Commentaires

Bonsoir Adrien,

Je comprends que vous cherchiez à théoriser le monde. Moi aussi. Problème ici: la théorie vient de la théorie, pas du réel.

J’ai été un petit patron, très petit (au mieux moins de 3 employés). Je ne le suis plus. Je n’ai rien de gentil à cause de cela. J’avais des idées, des envies, des convictions, de l’énergie à y mettre, et pas d’argent. Je l’ai quand-même fait. Rien de vertueux, rien de louable, dans le fait que j’aie fait des emprunts, des dettes, mais quand-même gagné ma vie simplement ainsi.

Les quelques employés qui se sont succédés, ou collaborateurs free-lance, ne voulaient pas ma place. Eux avaient un contrat, étaient payés pour un travail, cela leur permettait de vivre sans la responsabilité des emprunts, des pertes quand il y en avait, des résultats, du long terme. Quand ils voulaient changer ils s’en allaient. Liberté que je n’avais pas. Ils avaient un horaire précis, que je n’avais pas.

Peut-être un jour créerez-vous votre entreprise. Nous reparlerons alors.

Ai-je décidé avec prétention que mes choix étaient dans l’intérêt de la société? La réponse vient de la société: quand quelque chose marche c’est que la société, au moins en partie, trouve son intérêt. Quand cela ne marche plus c’est qu’elle n’y trouve plus son intérêt. Dans ce système libéral personne ne peut forcer à ce qu’une entreprise marche. En cas de cessation d’activité tout le monde est mal: patron et employés, et tout le monde paie, patron et employés, d’une manière ou d’une autre. Par les charges sociales entre autre.

J’ai eu l’ambition, et je l’ai toujours, de penser que ce que je fais peut intéresser d’autres gens. Sans quoi je n’écrirais pas, ne donnerais pas mon temps pour les autres, n’aurais pas créé des entreprises, je n’existerais même pas. Je suis fier de mon ambition - ou prétention, peu m’importe. Je n’ai pas (pas encore?) réussi tout ce que j’aurais voulu. Je connais l’échec. Mais je dis encore: vive l’ambition, vive la prétention de croire en soi et d’essayer de réaliser quelque chose.

Mes choix égoïstes sont donc limités par l’intérêt qu’ils représentent pour les autres. Et je trouve cela bien. Par exemple, dans un système de subvention (artistiques, économiques) on fait vivre une activité sans forcément que le public y trouve assez d’intérêt. La force du libéralisme et du privé c’est justement de se soumettre à la sanction de l’intérêt des gens. C’est donc l’inverse de votre théorie.

J’ai aussi beaucoup fonctionné dans des comités d’associations, où je n’étais qu’un parmi d’autres et où les décisions étaient prises à la majorité. Et bien cela va quand il n’y a pas de gros enjeux, sinon les egoïsmes se déchaînent et les plus influents (par le charisme, l’argent, la position) l’emportent.

Le salariat est une forme de division du travail? Mais l’indivision n’existe pas. Dès qu’on est deux on divise les tâches, les responsabilités, les implications.

On pourrait imaginer une société entière d’artisans et d’indépendants. Il n’y aurait plus de patrons ni d’employés, ni de grande industrie. Un ordinateur serait fait manuellement et coûterait si cher que seuls les très riches en auraient. Les voitures, les téléphones, la médecine de pointe, la chirurgie, etc, n’existeraient plus.

Désolé de vous dire cela ainsi Adrien, car je vous crois sincère, mais votre théorie ne se nourrit que d’elle-même.

Bien à vous.

Écrit par : hommelibre | 02/05/2012

Se définir en fonction du "contre" est également à l'envers de l'histoire. A force de tout instrumentaliser pour tenter de valider une vision du monde étroite voire étriquée... voici une belle leçon, une fois de plus, de ce qu'il convriendrait de ne pas faire. Et comme votre vie doit être ennuyeuse. Et l'ennui est contre révolutionnaire.

Écrit par : Déblogueur | 02/05/2012

Etre social libéral c'est comme être à voile ou à vapeur, ça dépend avec qui on est. Ca aide pour faire carrière.

Écrit par : norbert maendly | 02/05/2012

Le principal problème du "social-libéralisme" c'est que c'est un oxymore.

Quant à la "théorie qui ne se nourrit que d'elle-même", je préfère m'abstenir pour une fois de dire ce que j'en pense tellement la formule est creuse.

Écrit par : Johann | 02/05/2012

Bonsoir Hommelibre,

Votre témoignage est intéressant et je vous en remercie, mais je pense que vous vous méprenez sur le sens de mon propos.

Je vais rédiger une clarification.

Bien à vous

Écrit par : Adrien Faure | 02/05/2012

Ok. Merci.

Écrit par : hommelibre | 02/05/2012

beaucoup ont enfin compris l'origine de la veste polaire et réversible,grâce aux socialistes la mode peut offrir des vestes offrant la possibilité de changer d'apparence aux grés des humeurs de la météo
bonne journée pour Vous Adrien

Écrit par : lovsmeralda | 03/05/2012

Déblogueur, merci d'avoir pris le temps de rédiger votre réponse à ma question^^
Ça me fait plaisir que vous vous soyez donné cette peine : )
Néanmoins vous ne donnez pas les caractéristiques du socialisme et du marxisme (dans l'analyse et dans les solutions) qui permettraient de faire la part des choses entre les deux... :S
Par exemple : peut-on vouloir socialiser les moyens de production (solution socialiste et marxiste) sans une analyse marxiste de la société?

Écrit par : Adrien Faure | 03/05/2012

Et voici ma clarification Hommelibre :

http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2012/05/03/pme-petits-patrons-socialisme.html

Bon après-midi!

Écrit par : Adrien Faure | 03/05/2012

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