27/02/2012

La Démocratie Radicale de la Jeunesse Socialiste Suisse

La Démocratie Radicale de la Jeunesse Socialiste Suisse

Lors de son dernier grand congrès, le Parti Socialiste Suisse s'est engagé à dépasser le capitalisme.
Aujourd'hui, la Jeunesse Socialiste Suisse propose dans son dernier document (encore en discussion), Démocratie Radicale, tout une articulation politique d'un projet de société post-capitaliste, véritablement socialiste.

http://radikaledemokratie.ch/?page_id=7&lang=fr

Je me contenterais ici de citer un extrait sur les aspects socio-économiques les plus essentiels.

« Une alternative à l’actuelle répartition des ressources serait que les ressources matérielles appartiennent à l’Etat démocratique, de manière à ce que toutes et tous puissent décider de leur gestion. Une autre possibilité consisterait en une forme de coopérative, au sein de laquelle tous les membres auraient accès aux ressources et pourraient participer aux décisions quant à leur utilisation. Nous revendiquons une voie à mi-chemin entre les organisations étatiques et coopératives. Pour certains biens, il serait sensé que l’Etat démocratique puisse décider de leur gestion et utilisation. Ceci concerne principalement les biens élémentaires, tels que l’eau et l’air, mais aussi des biens rares, ayant une importance prépondérante pour l’ensemble de la population, comme le sel ou les médicaments. Les autres biens doivent être gérés par une coopérative, toutefois placée sous contrôle démocratique. De cette manière, par exemple, il devrait être possible qu’une coopérative décide démocratiquement de l’emploi de son terrain, les règles et les conditions générales quant à son attribution ou son utilisation étant cependant établies par l’Etat. »

«
C’est ainsi que dans une entreprise le droit de codécision doit être accordé à toutes et tous, car les décisions qui concernent la production doivent absolument être prises avec la base de cette production : les travailleuses et travailleurs. Ils décident comment seront gérés et alloués les moyens de production. »

Socialisation des moyens de production, abolition du salariat. Organisation de la société en entités économiques étatiques et en coopératives autogérées.
Bref, un véritable socialisme de marché, puisque seule l'activité productrice étatique est planifiée.

La voie du dépassement du capitalisme est donc esquissée.
Félicitons-nous de la fougue idéologique de notre parti.
Et vive la Jeunesse Socialiste !


There’s class warfare, all right, but it’s my class, the rich class, that’s making war, and we’re winning.”

Warren Buffett, 26 novembre 2006

17:44 Publié dans Jeunesse Socialiste Suisse | Lien permanent | Commentaires (45) | Tags : jeunesse socialiste suisse, jss, démocratie radicale, socialisme | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg

23/02/2012

Nouvelle théorie néo-socialiste de la démocratie

Nouvelle théorie néo-socialiste de la démocratie


Ou comment organiser une société afin de maximiser la liberté, l'égalité, et l'autonomie de l'individu.

I. Démocratie (Liberté/autonomie) spatiale

Les conditions nécessaires à l'autonomie et l'indépendance de l'individu passent par l'établissement d'une société décentralisée et relocalisée au maximum possible. La décentralisation et la relocalisation des activités humaines (notamment politiques et économiques) permet de construire une liberté réelle pour la société et les individus. La décentralisation et la relocalisation induisent une autosuffisance collective maximale et une autosuffisance individuelle (capacités d'autoproduction) minimale, en tout cas au niveau des besoins fondamentaux. Une société relocalisée est une société à taille humaine où les liens sociaux sont renforcés, c'est donc une société conviviale. La décentralisation politique et économique signifie une organisation de la société contre-pyramidale, en partant de sa base, avec une division par degré d'échelle (quartier ou village, commune, canton, et fédération) du niveau de prise de décision.

La démocratie spatiale est une première condition fondamentale à toute construction sociale visant à maximiser l'autonomie et la liberté de l'individu.

 

II. Démocratie (Liberté/autonomie) populaire

Grâce à la décentralisation et à la relocalisation, on peut tendre vers la démocratie directe par l'instauration généralisée d'assemblées populaires de quartiers ou de villages (c'est à dire au niveau des plus petites entités politiques). La démocratie directe permet de donner directement au peuple (c'est à dire à tous les habitants du pays) la possibilité de décider des décisions collectives qui le touchent justement directement, sans passer par une délégation de sa souveraineté politique.
La démocratie populaire établit un degré basique de liberté et d'autonomie pour la société et l'individu.


III. Démocratie (Liberté/autonomie) citoyenne

Dans le cas (logique et inévitable) où des espaces communs de prise de décision politique subsistent à une échelle supérieure à celle de la plus petite entité politique (ceci malgré la décentralisation et la relocalisation maximale possible), alors il faut passer par un processus de délégation politique. La démocratie représentative semi-directe(système helvétique) doit alors être combinée à la démocratie athénienne (par tirage au sort). 50% des députés doivent être élus, et 50% doivent être tirés au sort. Les outils de la démocratie directe (droit d’initiative populaire et droit de référendum) restent bien entendu en place. Le tirage au sort (sur la base du volontariat et du parrainage citoyen) permet d'éviter que les plus riches, ou que les orateurs les plus talentueux ou les plus charismatiques, ne soient systématiquement élus. Il règle le problème de l'élitisme qui est caractéristique de nos sociétés contemporaines où le pouvoir politique est concentré dans quelques mains.
La démocratie citoyenne est un rouage essentiel de l'organisation sociale pour corriger le système politique contemporain et ses déficiences, et fonder une véritable égalité politique.


IV. Démocratie (Liberté/autonomie) économique

La seule structure économique soumise à la démocratie (à la prise de décision collective) étant l'outil étatique, les moyens de productions privées sont socialisés et le salariat aboli. Toute entité économique productrice devient une coopérative autogérée. Une planification démocratique et décentralisée définit ce qui est nécessaire à l'accomplissement du bonheur collectif et individuel et planifie l'activité du secteur des coopératives productrices étatiques. Le secteur des coopératives productrices privées reste soumis au lois du marché. Toutefois, cette production privée reste néanmoins soumises à une planification possible et à un contrôle démocratique sur leurs activités qui filtre les activités économiques contraires à l'intérêt social. L'héritage et le crédit (les banques) sont socialisés, et un contrôle étatique des licenciements est institué. La publicité consumériste est interdite. Une transparence économique totale est instaurée aussi bien dans le secteur privé que étatique. 
La démocratie économique permet d'en finir avec la domination d'une minorité possédante (moyens de production, capitaux) sur une majorité non possédante. Par la démocratie économique, la majorité se réapproprie son droit à s'autodéterminer (égalité économique) et acquiert la liberté de jouir d'elle-même sans devoir se vendre aux possédants. Par ailleurs, l'expropriation capitaliste par la plus-value est ainsi stoppée, au profit d'un véritable partage social des bénéfices du travail.


V. Démocratie (Liberté/autonomie) sociale

Les activités humaines socio-économiques se fondent sur le modèle de l'autogestion égalitaire (égalitarisme relatif). L'autogestion définit un tournus des tâches dans l'organisation du travail, et une prise de décision collective dans les choix économiques. Par l'autogestion de l'organisation du travail, on s'assure qu'une prise de décision partagée, directe, et collective (donc démocratique) soit toujours en place dans la société, quelle que soit la structure concernée. 
La démocratie sociale est un garde-fou démocratique pour préserver les droits des travailleurs de toute dérive (égalité sociale).


VI. Démocratie (Liberté/autonomie) écologique

Les activités humaines sont fondées sur le principe d'auto-limitation et de simplicité volontaire.
L'impact écologique des activités humaines ne doit pas dépasser les capacités régénératives de la biosphère. Par une planification démocratique on s'assure donc que ces principes sont respectés, car toute l'organisation de la société dépend de ceux-ci. En effet, la liberté humaine et son autonomie ne sont possibles que si son environnement se maintient de manière pérenne.
La démocratie écologique est la condition non négociable à toute construction collective et politique.

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Comme on peut le voir, dans le néo-socialisme, la démocratie amène à l'autonomie/indépendance, qui amène à la liberté, qui amène à l'égalité pour parvenir à l'harmonie collective, individuelle et écologique.
Au final, ces grands principes axiologiques, que sont la démocratie, la liberté, l'autonomie et l'égalité, s'équivalent.

 

NéoSocialisme III.png


 

12:45 Publié dans Socialisme | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : néosocialisme, socialisme, société, économie, idéologie | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg

21/02/2012

Étude des modes d'organisation socio-économique : dépassement

 

Étude des modes d'organisation socio-économique : dépassement

Je suis heureux d'arriver à un point dans mes recherches où je peux remettre en question ce que j'avais précédemment écrit.
En effet, l'étude des principaux modes d'organisation socio-économique m'amène à déclarer que : non, l'économie de marché ce n'est pas forcément le capitalisme, et non, l'économie planifiée ce n'est pas forcément le socialisme.

La question de la nature d'un mode d'organisation socio-économique réside dans le modèle de propriété réel de ce mode organisationnel et dans le caractère de l'organisation et de la division du travail.

Ainsi, l'on peut dire que le socialisme se caractérise par l'abolition du salariat et la socialisation des moyens de production. Ce qui signifie au final que le socialisme abolit tout rapport de domination ou d'exploitation de classe ou d'individu. La forme de propriété dans le socialisme, pour être réellement sociale, passe donc par la coopérative autogérée dans un système de marché, ou par l'entité étatique démocratique dans un système planifié.

Le capitalisme au contraire se caractérise par la domination d'une minorité sur une majorité. Cette minorité peut posséder les moyens de production soit par la propriété privée (comme aujourd'hui en Suisse), soit par la propriété étatique (comme en URSS où les moyens de production n'appartenaient que formellement à la population), il s'agit dans ce second cas de capitalisme d’État.

Quant à l''utilisation du marché ou de la planification, elle peut être le fait d'une organisation socio-économique socialiste ou capitaliste.

Enfin, il faut adjoindre à cette analyse un dernier élément essentiel : le caractère communautaire ou individualiste (moderne) de la société.

Afin de représenter mon analyse j'ai établi le tableau suivant :

Modèles économiques.png

 

 

 

 

10:55 Publié dans Modes d'organisation socio-économique | Lien permanent | Commentaires (11) | Tags : mode d'organisation, société, économie, socio-économie | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg

18/02/2012

Réunion de fondation du Cercle Gramsci

Réunion de fondation du Cercle Gramsci

Le 16 février a eu lieu la réunion de fondation du Cercle Gramsci qui a réuni 11 personnes (sur plus d'une vingtaine de personnes qui s'étaient annoncées intéressées par le projet).

Le Cercle s'est fixé comme objectif de lutter contre l'hégémonie culturelle, idéologique, intellectuelle, et morale du capitalisme.

Pour cela, nous allons créer et diffuser les outils idéologiques et politiques nécessaires à la construction d'une alternative au capitalisme.
Nous pensons en effet que par la diffusion de tels outils, nous faciliterons la tâche de toutes celles et de tous ceux qui tentent ou tenteront de rendre audible, accessible, ou fonctionnel une autre organisation de la société.

L'objectif subsidiaire induit par le Cercle consistera en l'auto-formation de ses membres afin de leur permettre d'avoir les connaissances nécessaires à la lutte idéologico-politique contre la domination capitaliste.

Le Cercle tiendra sa première réunion le dimanche 4 mars.
La séance sera dévolue à la critique du capitalisme avec présentations et débats.

15:21 Publié dans Cercle Gramsci | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : cercle gramsci | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg

17/02/2012

Quelle vision ont les partis des autres partis ?

Quelle est la vision qu'ont les partis des autres partis ?

(... et quelques outsiders)


Vision de l'UDC :

UDC = droite

PLR = centre gauche

PBD = traîtres crypto-centristes

PDC = gauche

les Verts Libéraux = gauche hippie

les Verts = extrême gauche hippie à soigner

PS = extrême gauche à surveiller

Solidarités = dangereux révolutionnaires à enfermer

Fédération anarchiste = jeunes casseurs à réprimer

Réseau Objecteur de Croissance = malades mentaux à interner


Vision de Solidarités :

UDC = Extrême droite bourgeoise

PLR = Droite extrême bourgeoise

PBD = ex-droite extrême bourgeoise

PDC = droite extrémisante bourgeoise

les Verts Libéraux = droite délirante bourgeoise

les Verts = faux écolos bisounours

PS = fausse gauche bobo

Solidarités = vraie gauche écolo-prolétaire

Fédération anarchiste = futurs membres (après la crise d'adolescence)

Réseau Objecteur de Croissance = alliés écolos mono-thématiques bobos


Vision des Verts :

UDC = horribles pro-nucléaires

PLR = pro-nucléaires

PBD = anti-nucléaires

PDC = anti-nucléaires

les Verts Libéraux = anti-nucléaires

les Verts = les VRAIS anti-nucléaires

PS = anti-nucléaires mais après nous (fake)

Solidarités = anti-nucléaires

Fédération anarchiste = jeunes anti-nucléaires

Réseau Objecteur de Croissance = dangereuse concurrence à houspiller 


Vision de la Fédération anarchiste :

UDC = autoritaristes

PLR = autoritaristes

PBD = autoritaristes

PDC = autoritaristes

les Verts Libéraux = autoritaristes

les Verts = autoritaristes

PS = autoritaristes

Solidarités = semi-autoritaristes

Fédération anarchiste = nous, seuls contre Dieu et tous les autres


Vision du PS :

UDC = droite nationaliste

PLR = droite

PBD = centre droit

PDC = centre droit

les Verts Libéraux = centre droit

les Verts = centre (gauche parfois)

PS = gauche

Solidarités = extrême gauche crypto-stalinienne

Fédération anarchiste = jeunes en pleine crise d'adolescence

Réseau Objecteur de Croissance = hippies ?


Vision du PLR :

UDC = droite

PLR = centre droit

PBD = centre

PDC = centre

les Verts Libéraux = centre

les Verts = gauche

PS = gauche

Solidarités = extrême gauche

Fédération anarchiste = casseurs

Réseau Objecteur de Croissance = rêveurs déviants


Vision du PDC :

UDC = droite

PLR = droite

PBD = centre droit

les Verts Libéraux = centre droit

PDC = centre

les Verts = gauche

PS = gauche

Solidarités = extrême gauche

Fédération anarchiste = casseurs

Réseau Objecteur de Croissance = illuminés

Vision du Réseau Objecteur de Croissance :

UDC = Productivistes

PLR = Productivistes

PBD = Productivistes

PDC = Productivistes

les Verts Libéraux = Productivistes qui font semblant d'être anti-productivistes

les Verts = Anti-productivistes pas sérieux

PS = Productivistes

Solidarités = Anti-productivistes en devenir

Fédération anarchiste = Indéterminés ?

Réseau Objecteur de Croissance = les vrais anti-productvistes

13:12 Publié dans Les partis politiques | Lien permanent | Commentaires (23) | Tags : partis politiques, politique | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg

11/02/2012

Du nationalisme de gauche en Suisse

Du nationalisme de gauche en Suisse

C'est l'adulation de la nation et de ses origines culturelles qui va pousser le nationaliste à rejeter et à stigmatiser l'étranger (et l'Autre en général). La différence culturelle étant perçue comme remettant en question la stabilité (donc la pérennité) et la cohésion (voire la pureté) de la communauté culturelle nationale originelle (native). Ainsi l'immigration représente pour le nationaliste l'ennemi à abattre et à juguler.

Je n'aime pas le nationalisme.
Je n'adhère d'ailleurs pas à ses thèses.

Toutefois, je pense qu'il faut différencier présentement deux types de nationalisme.

Le nationalisme libéral, comme l'UDC ou le MCG (dans une version davantage social-libéral), compile tous les défauts : il est libéral et nationaliste.

Le nationalisme de gauche quant à lui, est fort différent, dans le sens où sur le plan socio-économique il défendra des positions de gauche (au moins social-démocrate au sens contemporain du terme).

Ceci me fait dire que la création d'un parti nationaliste de gauche en Suisse serait avantageuse pour la gauche. Car ce nouveau parti absorberait l'électorat des classes précarisées et moyennes qui votaient UDC contre leurs intérêts de classe.
Ainsi, si l'UDC perdait plus de 50% de son électorat au profit de ce nouveau parti nationaliste de gauche, alors la gauche pourrait à la longue l'emporter sur les questions socio-économiques, sans que le résultat politique ne change sur les questions culturelles, migratrices, ou de mœurs.

C'est pourquoi, je soutiens de manière purement stratégique la création d'un parti nationaliste de gauche.

Genève Non Conforme ayant d'ailleurs annoncé sa volonté de former un parti de ce type dans deux ans, nous pourrons étudier cette thèse de manière empirique.

A suivre donc.

14:04 Publié dans nationalisme de gauche | Lien permanent | Commentaires (29) | Tags : nationalisme de gauche, nationalisme, gauche, mcg, udc | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg

10/02/2012

Dégénérescences contemporaines

Dégénérescences contemporaines

Le mode de production et d'organisation socio-économique capitaliste (l'infrastructure) est en pleine crise systémique : il y a dégénérescence.
Cette dégénérescence est due selon moi à la scission entre Etat-providence (équité sociale) et libre marché (efficacité productive), dont le fonctionnement devient progressivement antinomique à mesure de l'avancement de la crise de la dette.

De cette dégénérescence économique, je pense que l'on peut établir plusieurs autres dégénérescences touchant aux domaines majeures de nos sociétés modernes.

Dégénérescence idéologique tout d'abord, avec la pauvreté actuelle du champ de proposition idéologique. Cette aridité de la superstructure idéologique est toutefois appelée à changer dans le sens opposé, de par le phénomène de polarisation sociale que la scission entre Etat-providence et libre marché a provoqué.

Dégénérescence morale des classes dominantes, dont la majorité se vautre à présent dans un consumérisme matérialiste décadent.

Dégénérescence nationaliste, avec des le renforcement du sentiment nationaliste et la progression électorale des partis nationalistes dans toute l'Europe.

Dégénérescence conservatrice, avec une remise en question des libertés, comme par exemple la volonté en Suisse des fondamentalistes chrétiens d'interdire l'avortement aux plus pauvres.

Dégénérescence moraliste des bien-pensants, et de tous ces intellectuels qui sont incapables (par leur habitude à un pragmatisme dogmatisé) de proposer des solutions socio-économiques à la dégénérescence du capitalisme, et qui par conséquent se contentent de faire une surenchère sur les questions de mœurs, notamment en proposant la légalisation de l'inceste ou en refusant toute légitimité à la violence.

Dégénérescence donc.

Mais toutes ces dégénérescences ne sont en fait que des symptômes négatifs d'une réaction à la détérioration du modèle économique capitaliste.

Des symptômes positifs sont aussi visibles, comme l'apparition d'Anonymous ou des mouvements des Indigné-e-s.

Ces symptômes positifs annoncent la formation d'une nouvelle antithèse au capitalisme.
Cette antithèse, minoritaire pour le moment, grandira et se transformera suivant la progression de la polarisation socio-idéologique.

Cette antihèse, c'est nous.



16:14 Publié dans Dégénérescence contemporaine | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : dégénérescence, décadence | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg

08/02/2012

Modernité, planification, socialisme, communisme

 

Modernité, planification, socialisme, communisme

Dans l'état actuel de mes connaissances sur l'économie planifiée, j'arrive à la conclusion que ce type de mode de production peut très sûrement être davantage productif et efficient que le mode de production capitaliste, notamment grâce aux nouvelles technologies informatiques qui permettraient un calcul économique incroyablement précis et juste. Toutefois, cela nécessiterait un niveau de socialisation des forces productives extrêmement élevé, et donc un contrôle collectif sur l'individu relativement élevé.
Dans notre société moderne, l'individu me semble difficilement adapté à ce type de mode d'organisation sociale.
N'est-t-il pas pour autant adaptable ?
Après tout, un changement systémique implique de manière déterminée un changement collectif des mentalités individuelles et une adaptation par intégration au nouveau système.
Néanmoins, si l'on voulait faire preuve d'un certain pragmatisme, il faudrait bien admettre que une économie planifiée, même avec un modèle de propriété mixte et une décentralisation maximale, resterait relativement contraignant pour l'individu moderne.

Si l'économie planifiée est intéressante comme modèle, il faut se poser la question de savoir si nous ne pouvons atteindre nos buts d'émancipation de l'humanité de la domination capitaliste par d'autres moyens que ce type d'organisation sociale collectivement trop contraignante.
Il est certain que le capitalisme social-démocrate, empli de contradictions et en ce moment ravagé par l'austérité néolibérale, ne peut nous aider.
Ses limites sont trop évidentes à mes yeux.

Quant aux modèles socialistes utopistes, communistes, écologistes, ou anarchistes, je vois en eux une profonde inadéquation entre la réalité des esprits contemporains et l'organisation sociale et étatique moderne. Ces modèles sont en effet tous relativement communautaires, fondant l'organisation de la société sur une base de volontariat et d'affinités.
Mais la société moderne n'est pas communautaire du tout. Au contraire, elle organise les rapports sociaux sur la base des droits et des devoirs (le contrat social).
Le retour à un modèle communautaire ne me semble donc pas approprié à la réalité moderne, ni souhaitable, car toute organisation sociale sur des bases communautaires signifie un niveau de contrainte trop élevée pour l'individu.

Ainsi, le modèle le plus aisé à mettre en place (sans que cela remette au fond la souhaitabilité de l'économie planifiée), le modèle qui serait directement le plus adapté à notre société moderne, ressemble plutôt au socialisme de marché, modèle d'économie planifiée soft, proche des expériences du socialisme économique en ex-Yougoslavie.
Dans ce socialisme de marché, il y aurait donc une planification du secteur étatique (lui-même producteur en concurrence avec le privé), et une filtration politico-étatique des activités économiques selon un critère d'utilité sociale et écologique, mais on aurait bien à faire aux règles économiques du marché.
L'organisation des entreprises productives en coopératives autogérées permettraient d'assurer un niveau de démocratie très élevé, ainsi qu'une égalité des ressources optimale. Le contrôle étatique des licenciements et la socialisation de l'héritage permettraient aussi d'éliminer les dysfonctionnements sociaux.
Les banques (donc le crédit) étant sous contrôle de l’État, on pourrait démocratiquement contrôler le développement économique.
Enfin, la transparence totale permettrait d'éviter tout bureaucratisme ou toute corruption privée ou publique.


There are alternatives !

________________________________________________________________________________

Sur le socialisme de marché :

http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2012/02/03/le-soci...

Sur les avantages de l'économie planifiée :

http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2012/01/31/des-ava...







18:32 Publié dans Modernité & utopies | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : modernité, utopies, socialisme, communisme | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg

06/02/2012

De la fondation du cercle Gramsci

 

De la fondation du cercle Gramsci



Esquisse d'une possible orientation, réalisée avant la réunion de fondation du 16 février


1. Une réponse à la conjoncture


Au vu de l'évolution du mode de production capitaliste, il est aujourd'hui extrêmement nécessaire selon moi de proposer, de manière claire et intelligible, un nouveau modèle d'organisation de la société, qui soit une véritable alternative au capitalisme.
En effet, nous assistons à un grand nombre de crises systémiques : crise financière, crise économique, crise de la dette, crise sociale, crise politique, crise écologique, crise psychique, etc.
Mais pour pouvoir envisager un changement systémique, il faut qu'une alternative au capitalisme soit audible et accessible au grand public.
De plus, il faut que cette alternative soit non seulement absolument désirable, mais en plus véritablement fonctionnellement viable et souhaitable.

2. Critique du capitalisme

Imaginer un nouveau modèle d'organisation de la société nécessite inévitablement de formuler une critique du mode d'organisation actuel. Nous devons donc analyser et décortiquer les failles et les errements du capitalisme, de ses conséquences les plus évidentes à ses défauts les moins manifestes.

3. Construction d'un nouveau modèle

Pour imaginer un nouveau mode d'organisation sociale, nous pourrons puiser dans les modèles anciens des ères primitives (troc, système de don-contre don, socialisme primitif, etc.), ainsi qu'étudier les nombreux modèles d'économies planifiées, mis en pratique ou pas.
Par ailleurs, nous pourrons explorer les propositions d'organisation plus ou moins communautaire (anarchistes, écologistes, utopistes, etc.).
De l'ensemble de ces éléments, nous tirerons une synthèse du mode d'organisation idéale.


4. Penser une transition

A partir de notre modèle idéal établi, il nous faudra encore penser une transition entre l'état actuel de l'organisation sociale et la réalisation de notre modèle. Le développement d'une théorie de la transition peut se fonder avant tout sur les aspects fonctionnels de cette transition.

5. Réflexion sur les moyens

Enfin, nous aborderons la question de savoir comment renverser le système capitaliste.
L'élaboration d'une méthode du changement paraît souhaitable.

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03/02/2012

De la disparition de l'ancienne bourgeoisie

 

De la disparition de l'ancienne bourgeoisie



Hypothèse théorique


La mondialisation économique (le développement de la concurrence mondiale) et l'apparition des nouvelles technologies de l'information et de la communication brise l'assise économique de l'ancienne bourgeoisie et la pousse dans les rangs des classes moyennes en l'appauvrissant.

Les nouveaux riches qui prennent leur place dans la domination de classe sont décadents, car ils sont les fruits de l'ethos consumériste, et matérialiste de leur temps, et n'ont plus les limites morales de l'ancienne bourgeoisie, ni leur culture de la modération (l'ethos protestant chez Weber).

De la domination de cette nouvelle classe décadente naît une radicalisation idéologique : le néolibéralisme.

L'appauvrissement de l'ancienne bourgeoisie, encore détentrices d'importants capitaux culturels, sociaux, et symboliques, provoque l'apparition dans ses membres d'une nouvelle génération d'intellectuels anticapitalistes frustrés de leur échec économique familial.

Ainsi l'évolution du mode de production capitaliste produit-il naturellement, par les conséquences de la loi de la concurrence, son antithèse potentielle à même de le dépasser.



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Le socialisme de marché

 

Le socialisme de marché

Originellement la social-démocratie est constituée d'un courant marxiste réformiste tout à fait dans la ligne du socialisme. En cela, elle diffère du social-libéralisme qui n'est qu'une invention des penseurs libéraux pour pérenniser le capitalisme et la domination de classe. Il est toutefois difficile aujourd'hui d'imaginer la social-démocratie effectuer un grand retour aux sources. C'est pourquoi, je trouve intéressant de proposer à la social-démocratie une autre finalité que le capitalisme social-démocrate à la sauce scandinave : le socialisme de marché.

Dans le socialisme de marché, la propriété des moyens de production est privée et étatique.
Il n'y a pas de planification, mais seulement les lois du marché qui dirigent l'économie.

Toutefois, toute entreprise est une coopérative autogérée.

Par coopérative autogérée, on entend :
- une prise de décision collective dans la gestion et la coordination de l'entreprise.
- une égalité (selon un barème fixe, mais justes – par exemple 1 pour 5) des rémunérations
- un tournus dans les fonctions administratives/coordinatrices de l'entreprise.

Dans le socialisme de marché, l’État :
- contrôle que la production et les recherche soient socialement et écologiquement soutenables.
- contrôle les licenciements.
- socialise l'héritage.
- interdit la publicité consumériste.

L’État fonctionne ainsi comme un filtre aux lois du marché.

De plus l’État développe des entreprises étatiques de production (et non uniquement de service public) en concurrence avec les entreprises privées. Ceci afin d'assurer un maximum d'espaces économiques démocratiques, malgré les lois du marché.

En outre, les banques sont sous contrôle de l'Etat qui détient ainsi la gestion des mécanismes de crédit.

Par ailleurs, la transparence de toutes les activités économiques privées et étatiques est instaurée.


Le socialisme de marché me semble une alternative très concrète à l'économie de marché social-démocrate. Mais, faut-il pour autant le prôner davantage qu'un modèle d'économie planifiée ?

00:35 Publié dans Socialisme de marché | Lien permanent | Commentaires (19) | Tags : socialisme de marché, socialisme, marché, économie | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg

02/02/2012

Les fondements de l'économie planifiée

 

Les fondements de l'économie planifiée

*
Du fonctionnement général de la planification

1. Récolte d'informations afin de connaître les besoins de tous.

2. Planification de la production en fonction des besoins.

3. Coordination de la production en fonction de la planification.

4. Production en fonction de la coordination de la production.

5. Distribution en fonction des besoins.

6. Consommation.

7. Feedback informatif.

8. Ajustement de la planification.

9. Nouvelle coordination de la production en fonction de l'ajustement de la planification.

Etc. (circularité)

* De la mobilisation des forces productives

La production ne se fait pas en fonction des forces productives, mais les forces productives sont faites en fonction de la production.
C'est exactement la même chose dans le capitalisme, sauf que ce dernier n'arrive jamais à une adéquation parfaite entre forces productives et production.
L'économie planifiée permet de mobiliser toutes les forces productives et de leur trouver une place adéquate dans le mode de production. L'efficience de l'économie planifiée devrait donc théoriquement être supérieure à celle de l'économie de marché en terme de mobilisation et de juste utilisation des facteurs de production.
Il y a concurrence entre individus dans la formation pour l'accès aux postes désirées. Il semblerait donc que la véritable méritocratie soit un paramètre de l'économie planifiée.

*
Des différents modes de production

1. Planification totale : propriété étatique des moyens de production. En théorie, le mode de production le plus à même de mobiliser parfaitement toutes les forces de production.

2. Planification semi-totale : propriété étatique et/ou privée (sous forme de coopérative autogérée) des moyens de production, mais planification de la production étatique et privée.

3. Planification mixte : propriété étatique et privée (sous forme de coopérative autogérée) des moyens de production. Planification uniquement des structures de production étatiques, et présence d'un libre marché pour la production privée.

4. Socialisme de marché.
(Un modèle que je développerai dans ma prochaine note.)

5. Économie de marché avec secteur public. (Modèle actuel)

6. Économie de marché totale (pure). (Modèle proto-néolibéral, voire libertarien).

02:06 Publié dans Socialisme & économie planifiée | Lien permanent | Commentaires (30) | Tags : économie planifiée, socialisme, mode de production, économie | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg