21/02/2012

Étude des modes d'organisation socio-économique : dépassement

 

Étude des modes d'organisation socio-économique : dépassement

Je suis heureux d'arriver à un point dans mes recherches où je peux remettre en question ce que j'avais précédemment écrit.
En effet, l'étude des principaux modes d'organisation socio-économique m'amène à déclarer que : non, l'économie de marché ce n'est pas forcément le capitalisme, et non, l'économie planifiée ce n'est pas forcément le socialisme.

La question de la nature d'un mode d'organisation socio-économique réside dans le modèle de propriété réel de ce mode organisationnel et dans le caractère de l'organisation et de la division du travail.

Ainsi, l'on peut dire que le socialisme se caractérise par l'abolition du salariat et la socialisation des moyens de production. Ce qui signifie au final que le socialisme abolit tout rapport de domination ou d'exploitation de classe ou d'individu. La forme de propriété dans le socialisme, pour être réellement sociale, passe donc par la coopérative autogérée dans un système de marché, ou par l'entité étatique démocratique dans un système planifié.

Le capitalisme au contraire se caractérise par la domination d'une minorité sur une majorité. Cette minorité peut posséder les moyens de production soit par la propriété privée (comme aujourd'hui en Suisse), soit par la propriété étatique (comme en URSS où les moyens de production n'appartenaient que formellement à la population), il s'agit dans ce second cas de capitalisme d’État.

Quant à l''utilisation du marché ou de la planification, elle peut être le fait d'une organisation socio-économique socialiste ou capitaliste.

Enfin, il faut adjoindre à cette analyse un dernier élément essentiel : le caractère communautaire ou individualiste (moderne) de la société.

Afin de représenter mon analyse j'ai établi le tableau suivant :

Modèles économiques.png

 

 

 

 

10:55 Publié dans Modes d'organisation socio-économique | Lien permanent | Commentaires (11) | Tags : mode d'organisation, société, économie, socio-économie | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg

Commentaires

Pas mal.
Mais quelle que soit le mode d'organisation, vous devrez admettre de la nécessité d'un chef. Même dans les organisations coopératives, il y a une personne qui prendra la responsabilité des décisions. Que celles-ci résultent d'un vote ou d'une décision personnelle, ce sera toujours celui (ou celle) qui l'adoptera qui en sera responsable. Et à juste titre d'ailleurs car il en sera responsable face à la communauté et devra tout faire pour que cette décision atteigne son but. A savoir la responsabilité de la mise en place, du suivi, et des mesures correctrices éventueles.
A noter néanmoins que ce chef n'est pas forcément un leader, un rassembleur. C'est simplement celui qui assume, met en place et utilise les compétences des autres pour la bonne marche du projet.

Écrit par : Lambert | 21/02/2012

Intéressant. Dans ton analyse et ce que tu aimerais théoriser, tu es pour l'abolition du salariat ou non ?
Si ce n'est ni socialisme, ni capitalisme, comment donc en définir les contours ?
(P.S. : quoi que tu penses, je suis toujours capable de débattre ;-))

Écrit par : Grégoire | 21/02/2012

@ Lambert, les théoriciens élitistes pensent effectivement que toute organisation induit un rapport de domination entre organisateurs et organisés.
La solution que j'entrevois à leurs thèses serait que chacun tente d'être le meilleur dans son domaine.
Marx pensait plutôt à une administration des choses soumises à la fédération des communes en démocratie directe. Son modèle avait cela de bon qu'il éliminait le rapport de domination. Toutefois, cela signifie sûrement une organisation sociale communautaire, difficilement envisageable aujourd'hui.

Écrit par : Adrien Faure | 21/02/2012

@ Grégoire, effectivement je soutiens l'abolition du salariat et la socialisation des moyens de production. Pour moi c'est justement ces deux éléments qui caractérisent principalement le socialisme ou le communisme.
Ensuite, je différencie socialisme et communisme par l'organisation sociale de la société : le socialisme ne théorise pas le dépérissement de l'Etat, alors que le communisme le théorise, prônant une organisation communautaire par commune et démocratie directe.
Je sais bien que tu es capable de débattre.

Écrit par : Adrien Faure | 21/02/2012

" soit par la propriété étatique (comme en URSS où les moyens de production n'appartenaient que formellement à la population), il s'agit dans ce second cas de capitalisme d’État ".

Dans le capitalisme; il y a aussi la notion de propriété privée. Dans l'URSS la propriété n'était pas privée, mais étatisée, nationalisée etc... Dire que c'était un capitalisme d'état serait aussi absurde que de dire qu'une société totalement privée serait du socialisme privé. Dans le capitalisme d'état; ce sont des entreprises privée dirigées par des apparatchiks du parti unique et qui travaillent pour les intérêts de l'état. C'est la cas avec la Chine d'aujourd'hui ou des grands groupes privés travail pour le parti unique et les intérêt du pouvoir de Pékin.

D.J

Écrit par : D.J | 21/02/2012

D.J

Ce qui définit le capitalisme selon moi c'est la domination d'une minorité sur une majorité, ce qui correspond au système en place actuellement et à l'URSS.
La propriété étatique des classes monarchistes dans l'absolutisme n'est-t-elle pas un exemple de propriété privée des moyens de production (la terre) par une minorité, comme l'a été l'URSS où une classe bureaucratique et partisane dominait?

Écrit par : Adrien Faure | 21/02/2012

@ Adrien,

" Ce qui définit le capitalisme selon moi c'est la domination d'une minorité sur une majorité, ce qui correspond au système en place actuellement et à l'URSS. "

Le capitalisme est un moteur de croissance basée sur le principe de propriété privée et individuelle. Le capitalisme est aussi dans une société libérales la possibilité à chacun de pouvoir assumer ses propres responsabilités individuelles, ses compétences et à chacun de pouvoir lui-même de faire son commerce afin de bénéficier la bonne partie des fruits de son travail.

" La propriété étatique des classes monarchistes dans l'absolutisme n'est-t-elle pas un exemple de propriété privée des moyens de production (la terre) par une minorité, comme l'a été l'URSS où une classe bureaucratique et partisane dominait? "

Du moment que cela appartient à un état quelque soit son régime; on peut pas dire qu'il s'agit de propriété privée. Ce qui appartient à la confédération helvétique ou au canton n'est pas considéré comme quelque chose de privé.

D.J

Écrit par : D.J | 21/02/2012

Bonjour Adrien,

Je vois que vous tentez encore de chercher des réponses à vos interrogations. D'ailleurs votre idée de "nationalisme de gauche" en est l'illustration, tant vous n'avez pas mesuré la gravité d'une telle position. La nationalisme est l'aliénation de l'individu au profit d'une entité collective ; la Nation. A terme, elle enferme les individus dans un nationalisme qui empêchera toute ouverture au monde. Finalement, et avec le fait qu'il faut que ce nationalisme s'accompagne de socialisme, on crée clairement une situation prête à toute dérive. Une société où les individus n'existent qu'à travers la nation et où leurs libertés sont restreintes, c'est la porte ouverte aux totalitarismes ainsi qu'aux pires horreurs. Mais là n'est pas le débat.

Quant à l'anarchie, je crois que c'est une erreur de la voir comme représentant un mode d'organisation communautaire. L'anarchie, c'est simplement une situation où le droit naturel est respecté et où il existe une véritable économie de marché. La propriété privée (individuelle ou collective) ainsi que les libertés individuelles y sont donc garanties et où l'individualisme (on est un Individu avant d'être un membre d'un groupe) est à la base. C'est-à-dir que chacun est libre, s'il l'entend, d'être propriétaire d'une entreprise et d'acheter donc de la force de travail (propriété privée individuelle). Mais chacun est libre également de s'associer avec d'autres afin de bâtir une entreprise où tout, des coûts aux bénéfices, sera socialisé (propriété privée collective). Certaines micro-sociétés pourraient également s'organiser en tant qu'Etat, tant que l'unanimité des membres ont été d'accords

L'anarchie est donc une société où l'Etat non désiré a disparu et où la coopération volontaire est mise en avant, tout en respectant la liberté et la propriété de chacun. C'est-à-dire que les anarchistes voulant abolir la propriété privée par la force ne sont pas de vrais anarchistes. Finalement, les anarchistes individualistes (que j'inclue dans l'idée d'un "socialisme philosophique" ou "non autoritaire" en opposition au "socialisme appliqué" ou "autoritaire") et les anarchistes libéraux (agorisme) se retrouvent. Ces derniers, d'ailleurs, dissocient le capitaliste (détenteur de capital, non-preneur de risque et dont le capitalisme d'Etat pourrait le satisfaire) et l'entrepreneur (innovateur, producteur, moteur et conséquence du marché libre).

Bref, il est donc essentiel, pour moi, de se libérer de l'Etat oppresseur dont sa légitimité provient de la force et non du contrat. Ainsi, l'anarchie doit émerger afin de libérer l'Individu. Mais elle doit émerger progressivement et en respectant une certaine démarche. Il faut d'abord supprimer les outils étatiques permettant d'accorder des privilèges à une élite et provoquant la concentration des richesses. Il faut donc libéralisation de l'économie. L'égalité relative atteinte ainsi qu'une certaine prospérité, les individus - eux aussi ayant adhéré aux thèses anarchistes - pourraient très certainement se détourner des prestations sociales. La minarchie deviendrait réalité. Dès lors, la dernière étape doit être franchie en convainquant toujours plus d'individus que la sécurité et la justice peuvent être garanties dans une société sans Etat via la morale ainsi que le respect strict des droits naturels ; liberté et propriété.

Utopie, peut-être, mais pourquoi pas...

Écrit par : Roberto | 23/02/2012

@ Roberto, vous êtes un libertarien^^
Le libertarisme peut certes être considéré comme étant un anarchisme de droite, mais cela n'a rien à voir avec l'anarchisme de gauche qui est l'essence de la véritable pensée anarchiste.
Mais jamais je ne soutiendrai de telles thèses. La propriété privée des moyens de production est le mécanisme de domination et d'exploitation de l'Homme. C'est cela qui crée l'inégalité et la pauvreté...

Écrit par : Adrien Faure | 23/02/2012

Je sais encore qui je suis, merci M. Faure. Non, non, d'ailleurs "libertarien" ne veut rien dire. C'est un néologisme inspiré de l'anglais "libertarian", lui même inspiré du français "libertaire".

Ensuite, vous faites fausse route en m'associant à "l'anarchisme de droite" car cela n'est en aucun cas pertinent. Le clivage gauche-droite ne rentre pas en compte dans la pensée anarchiste, puisqu'il résulte simplement de l'illustration de l'hémicycle. D'ailleurs, saviez-vous que Frédéric Bastiat était placé à Gauche à l'Assemblée ? Vous voyez, cela ne veut rien dire.

De plus, les anarchistes ne rejettent pas la propriété et même Proudhon l'a confirmé. Ce qu'ils rejettent, c'est la propriété assuré par l'Etat et non celle garantie par le de droit naturel. Vous devriez élargir un peu plus votre vision de la propriété et des théories sur cette dernière. En ce sens, éliminez Marx & Cie de vos lectures.

La propriété ne crée donc pas l'inégalité et la pauvreté, cela c'est du rousseauisme primaire et irréfléchi, mais elle nous protège et assure notre liberté. Dans un monde sans Etat, il vous faut que la propriété vous soit garantit pour espérer être libre. Ensuite, il vous faut vous rendre attentif que la propriété peut être collective ; ceci n'empêche donc pas la création d'un espace où chaque individu aurait consenti à le partager et à le considérer comme propriété de tous. Ce qui n'empêche pas, bien évidemment, la propriété privée individuelle. Dans cet ordre d'idée, on peut poser notre intérêt sur la notion de "panarchie" (http://www.wikiberal.org/wiki/Panarchie).

Finalement, vous devriez éviter de recracher mot pour mot les réflexions de vos maîtres à penser marxistes. Vos deux dernières phrases sont tellement clichées qu'elles ne peuvent être prises au sérieux. Si vous aspirez à la liberté, donc, tournez-vous vers l'anarchisme individualiste ou l'agorisme, mais pas vers des sous-produits du socialisme appliqué et non consenti à l'unanimité. Mais sachez qu'un monde anarchiste vous permettrait, sans autres, de vous associer à d'autres individus consentants en vue d'établir votre idéal néo-socialiste.

Écrit par : Roberto | 23/02/2012

Vous savez bien ce que vous faites vous avez couvert les bases. Merci je suis tellement! impressionné!

Écrit par : mutuelle | 23/02/2012

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