31/01/2012

Des avantages de l'économie planifiée

 

Des avantages de l'économie planifiée

- La planification démocratique de la production permet de sélectionner quelle production est socialement et écologiquement souhaitable. Ainsi, contrairement au chaos capitaliste, on supprime le travail excessif en éliminant le travail qui sert à une production non souhaitable ou futile.
Résultat : un gain de temps libre pour les travailleurs.

- Grâce à la planification de la production en fonction des besoins, on supprime la publicité consumériste, ce qui permet de réaliser des économies.
Résultat : ces sommes pourront être intégrées à des activités économiques réellement utiles.

- L'économie planifiée permet de ne pas impacter écologiquement au-delà des capacités régénératives de la biosphère en sélectionnant un niveau d'activité économique soutenable.
Résultat : on règle la crise écologique.

- Dans l'économie planifiée, toutes les forces sont utilisées. Tout le monde œuvre en fonction de ses capacités et de ses souhaits (qui se traduisent par le choix de formation).
Résultat : il n'y a plus de chômage.

- La planification économique permet de supprimer les inégalités sociales, la rente managériale, et la rente actionnariale, en socialisant la propriété des moyens de production.
Résultat : la pauvreté est abolie.

- L'économie planifiée permet de libérer l'information en la collectivisant. Les coûts de recherche de l'information sont donc supprimées. L'imposition et la taxation se font en toute transparence.
Résultat : on peut réduire la bureaucratie.

- Grâce à l'économie planifiée et la libre information collective, la transparence est instaurée dans toute l'économie.
Résultat : la corruption est éliminée.

- Comme chacun a sa place dans l'économie planifiée, le stress au travail et les maladies qu'il induit sont supprimés.
Résultat : les travailleurs sont en meilleure santé et on peut économiser 10 milliards de frais de soin en Suisse.

- La planification de l'économie permet de supprimer la recherche non socialement et écologiquement utile.
Résultat : cet argent peut être investi dans la recherche vraiment utile.

En outre, avec toutes les économies qu'induit l'économie planifiée comparée à l'anomie capitaliste, on devrait pouvoir financer à la longue :

● la gratuité de la santé
● la gratuité de l'éducation
● la gratuité du logement
● la gratuité des transports publics
● un libre accès à la culture

19:09 Publié dans Socialisme & économie planifiée | Lien permanent | Commentaires (43) | Tags : économie planifiée, planification, socialisme, économie | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg

29/01/2012

De la liberté dans le socialisme

 

De la liberté dans le socialisme

Une critique classique que l'on fait au mode d'organisation économique socialiste consiste en sa limitation de la liberté économique. Car la planification, lorsqu'elle remplace le marché, ne laisse pas place au libre désir individuel, mais à la prise de décision collective ou sociale.
Pourtant, si l'on prend en compte les externalités négatives sociales et écologiques d'une économie de marché, on se rend compte que la planification semble en réalité davantage démocratique, puisque la liberté collective et le bien-être collectif passe avant le profit égoïste.
Cette critique de la liberté économique limitée semble au final plutôt être une critique venant des classes dominantes qui voient en la limitation de leur liberté individuelle, une limitation de la liberté collective.
Mais la liberté individuelle des classes dominantes n'est qu'une liberté de créer des externalités sociales négatives à travers l'expropriation d'une part de la valeur du travail des salariés afin d'assurer, soit le payement du salaire managérial, soit la rente des actionnaires oisifs.
Cette liberté économique est donc une liberté à sens unique qui ne concerne que les propriétaires des moyens de production et des capitaux économiques.
Pour l'individu lambda, la liberté économique consiste en la liberté de se vendre. Car dans le capitalisme, nous sommes tous des prostitués, des ressources humaines, exploitables pour produire de quoi assurer le salaire managérial et la rente actionnariale.
Les idéologues libéraux ont tendance à répliquer que les individus sont libres d'investir (en s'endettant s'ils n'ont nuls capitaux) et de lancer leur propre entreprise. Ainsi tout individu serait un entrepreneur potentiel. Dans les faits, il s'agit d'une liberté formelle, car l'individu lambda sera rarement à même de trouver un secteur non monopolisé par des entreprises dominantes, pas plus qu'il ne jouira des connaissances et des réseaux nécessaires à sa réussite économique. Les classes dominantes jouissent en effet d'une position assurée et maintiennent leur domination par l'accumulation de capitaux sociaux et symboliques qui leur permettent d'éliminer sur le long terme toute réelle nouvelle concurrence. Pour creuser la question, j'invite le lecteur à se référer aux travaux sur la reproduction sociale de Bourdieu et de Lipietz.

Dans le socialisme, il y a liberté individuel dans le sens où l'individu ne domine pas ses pairs, et ne les exploite pas. Cette liberté de ne pas dominer et de ne pas être dominé, est essentiel.
J'aimerais ajouter que tout projet socialiste doit assurer une grande liberté des mœurs, et une grande liberté culturelle, car le conservatisme n'est qu'une forme de domination agissant via d'autres capitaux (moraux, symboliques, culturels) et à travers d'autres champs.

Toutefois, il est sensé de poser la question de l'autonomie individuel dans le socialisme.
Comment assurer l'autonomie individuel de l'individu quand il n'est pas souhaitable de le laisser dominer ses pairs ?
Ceci pose en fait la question du type de propriété dans un système socialiste.
Dans les économies socialistes en transition du XXème siècle, une critique pertinente présente leur échec comme la non adéquation entre le mode de propriété formel et l'appropriation réel des fruits de la production économique. Cette non adéquation produirait des contradictions qui auraient miné le bon fonctionnement des économies planifiées.
Ainsi, on peut tirer la conclusion de cela que le problème de l'économie planifiée réside dans la bonne distribution et division de la propriété des moyens de production.
Pour éviter le bureaucratisme il est souhaitable de ne pas passer uniquement par la propriété d’État, mais aussi (voire surtout) d'établir des coopératives (ce que j'appelais dans le néo-socialisme l'autogestion dans l'organisation du travail des petites entités économiques).

« Le régime des coopératives civilisées, quand les moyens de production appartiennent à la société et que le prolétariat a triomphé de la bourgeoisie comme classe, c'est le régime socialiste. » Lénine

Ainsi, on voit se dessiner un certain équilibre entre une autonomie des travailleurs et la nécessité d'assurer une véritable liberté des individus au sens de non domination (démocratie/égalité économique).

15:51 Publié dans Socialisme & économie planifiée | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : socialisme, liberté, domination, planification | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg

28/01/2012

De l'étude contemporaine du socialisme

De l'étude contemporaine du socialisme

L'étude du socialisme en tant que projet de société non seulement idéologique et politique, mais aussi, et surtout, comme organisation économique de la société, est aujourd'hui il me semble quelque chose de relativement ésotérique.

Il semblerait que les institutions idéologiques d’État mises en place par les classes dominantes, couplées à l'aliénation systémique du capitalisme, jouent leur rôle avec efficacité.
Ainsi l'enseignement économique contemporain se contente-t-il de présenter le capitalisme sous toutes ses formes, mais fait abstraction des modèles anciens ou alternatifs. Plus précisément, la non étude de l'organisation économique socialiste a pour but latent (et non manifeste) d'instaurer la domination d'un mode de production sur les autres.
C'est ce que j'appellerais, à la manière des individualistes méthodologiques, une prédiction auto-réalisatrice. On enseigne un seul modèle parce que c'est celui qui est en place, avec comme conséquence qu'il reste le seul modèle connu, et donc le seul modèle en place...

Néanmoins, il est encore possible de se procurer des livres d'étude sur l'organisation économique socialiste de la société dans les bibliothèques universitaires. Les bibliothèques publiques réservant quant à elles leurs étagères aux seuls ouvrages de propagande pro-capitalistes.

*

L'étude du socialisme n'est pas aisément accessible aux libéraux et aux libertariens. Ces derniers semblent (explication manifeste) en effet incapables de concevoir un mode de production autrement que sur le critère de l'efficacité. Mais en réalité, ce n'est qu'un prétexte (inconscient ou conscient) pour maintenir la prééminence idéologique d'un mode de production sur un autre (et donc pour maintenir les rapports actuels de domination).
Car le mode d'organisation socialiste ne vise pas seulement à modifier des caractéristiques des circuits économiques, mais à changer les rapports sociaux découlant du mode de production en place.
C'est en modifiant les rapports sociaux du mode de production actuel que l'on peut parvenir à un mode de production socialiste établissant une distribution égalitaire des ressources lors de la production et dans l'organisation du travail.
Le mode d'organisation socialiste ne vise donc pas tel optimum de l'efficacité productive, mais à la disparition des rapports de domination entre classes ou entre individus.
On notera toutefois que par la disparition des rapports de domination on élimine un gaspillage de ressources (la rente capitaliste) qui est réintégré au circuit économique productif.
Au final donc efficacité et distribution égalitaire ne sont pas antinomiques dans le mode de production socialiste, contrairement au mode de production capitaliste, même sous sa forme social-libéral (qualifié souvent de social-démocrate).

15:44 Publié dans Socialisme & économie planifiée | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : étude du socialisme, socialisme | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg

27/01/2012

De la démocratie libérale à la barbarie

De la démocratie libérale à la barbarie 

Nos démocraties libérales assurent théoriquement (formellement) un certain nombre de droits et de libertés fondamentales à leurs citoyens. La catégorie des droits sociaux est celle qui soutient la construction de l’État providence social-libéral.
Tant que les démocraties libérales assuraient le maintien de ces droits fondamentaux (à la base de leur fondements idéologiques formels), alors la démocratie libérale donnait un sens au capitalisme.

Mais j'apprends, dans le Courrier International, que en Grèce des parents sont si pauvres qu'ils se retrouvent à devoir abandonner leurs enfants !
Au XXIème siècle, en Europe, des couples doivent donc abandonner leurs enfants à cause de la pauvreté !

N'est-ce pas la preuve flagrante de la décadence morale des démocraties libérales en Europe ?
N'est-ce pas la démonstration parfaite de la barbarie capitaliste ?

La décadence du régime capitaliste en Grèce appelle une saine révolte.
Les classes jetées dans la misère doivent se mobiliser et renverser le gouvernement corrompu de pantins technocrates, laquais du système en place, afin d'instaurer une véritable démocratie socialiste.

Il est extrêmement inquiétant de voir qu'il n'y a qu'un pas entre nos démocraties libérales du XXIème siècle, et les conditions de vie du capitalisme sauvage du XIXème siècle...

12:57 Publié dans décadence idéologique | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : démocratie libérale, barbarie, décadence | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg

24/01/2012

Historique de la formation de l'esprit du productivisme

Historique de la formation de l'esprit du productivisme

A l'origine, on trouve des êtres humains qui vivent en harmonie avec leur environnement naturel. Ces premières sociétés communautaires anti-productivistes s'organisent soit par le troc, soit par le don (et le contre-don), soit par la propriété commune, ou soit par un mélange de tout cela.
L'environnement naturel de l'être humain est alors vu comme faisant partie d'un équilibre sociale dont il est partie intégrante.

Mais avec l'invention de la propriété privée, par l'appropriation (de gré ou de force) par certains des ressources et des terres, naît une autre construction sociale de l'environnement naturel. Car toute privatisation de la nature induit une marchandisation. Toute marchandisation signifie une exploitation de la nature. Les premiers propriétaires privés créent donc un rapport de domination de la nature. Ils construisent la nature et le vivant comme une altérité, au service du développement de l'être humain.
Ce premier pas franchi, il est ensuite facile de passer de la domination de la nature à celle des autres humains, construits comme faisant partie de cette nature sauvage à dominer et à exploiter.
Mais l'ignorance de l'être humain l'empêche de comprendre le fonctionnement de la nature. En conséquence de quoi, il ne peut complètement la dominer et va construire des représentations divines de cette nature (on en a un aperçu à travers les grandes mythologies).
Le catholicisme ne rompt pas avec le caractère divin de la nature, création sacrée de Dieu, dans laquelle les ermites et les sages recherchent la parole du Seigneur.

Alors arrive le protestantisme.
L'éthique du protestantisme, comme Weber l'a très bien démontré, pousse le croyant au travail acharné, à l'acceptation de l'ordre établi et de sa place dans la société, à la réalisation de soi par le travail uniquement, à l'ascèse pour permettre l'épargne et donc l'investissement, et au puritanisme pour maximiser le profit.
Cet éthique protestante forme l'individu travailleur, prêt à exploiter et à être exploité sans limite.
Sa maxime : travailler plus pour gagner plus !
C'est le second rouage du productivisme qui se met ainsi en place.

Mais le développement du mode de production capitaliste amène la jeunesse occidentale à une position où elle n'accepte plus de devoir trouver sa réalisation existentielle par le travail (cf. Bell).
C'est la révolte contre le productivisme !
C'est mai 68.
« On arrête tout, on réfléchit, et c'est pas triste !» nous dit L'An 01.

Alors les idéologues capitalistes répliquent (car le productivisme est partie intégrante du capitalisme, pas de capitalisme sans productivisme, pas de productivisme sans capitalisme).
Après le bonheur par le travail, voilà venu le temps du bonheur par la consommation !
La propagande du régime se met en place via la publicité de masse qui abrutit tout esprit de révolte et tue la critique, ainsi qu'à travers la production télévisuelle qui vise à divertir sans cesse l'individu pour mieux l'endormir.
La société de consommation se met en place.
La révolte s'est tue.

En joignant injonction au travail et injonction à la consommation, en poussant les individus à trouver le bonheur par la consommation, une nouvelle maxime est forgée : Travailler plus pour consommer plus. (cf. Boltanski)
La pulsion consumériste et matérialiste est le troisième et dernier rouage du productivisme.

Le productivisme a provoqué la crise écologique en poussant l'être humain à la surexploitation de son environnement. Le productivisme a fragilisé les régimes de nos démocraties libérales en transformant le citoyen en consommateur. Le productivisme a infecté nos corps en nous poussant à tous les excès (parce que PLUS c'est mieux...). Le productivisme a créé la crise financière en faisant perdre tout sens des limites aux dirigeants des grandes banques.

Le productivisme nuit sérieusement aux chances de survie de l'humanité...




16:10 Publié dans Productivisme | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : productivisme, anti-productivisme | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg

23/01/2012

Les 8 réponses à la crise de la dette

Les 8 réponses à la crise de la dette


Les réponses institutionnelles


1. L'austérité, un capitalisme (néo)libéral – une réponse de droite

2. Les plans de relance, un capitalisme social-démocrate – une réponse de centre gauche

3. L'austérité & les plans de relance, un capitalisme social-libéral – une réponse de centre droit


Les réponses non institutionnelles principales


4. Le retour à la nation, un capitalisme nationaliste – une réponse d'extrême droite

5. Le passage démocratique à l'économie planifiée, un socialisme démocratique – une réponse de gauche


Les réponses non institutionnelles secondaires


6. Le passage à l'économie planifiée par la révolution et la dictature de classe, un marxisme-léninisme – une réponse d'extrême gauche

7. Le projet communautaire, une organisation anti-productiviste – une réponse anarchiste ou écologiste


La réponse non institutionnelle anecdotique


8. Le passage à un capitalisme pur, un capitalisme libertarien – une réponse d'une certaine droite





13:21 Publié dans crise de la dette | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : crise, dette, solutions | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg

22/01/2012

L'Histoire n'est qu'une confrontation de capitaux différenciés...

L'Histoire n'est qu'une confrontation de capitaux différenciés...

Communisme primitif – Âge sans domination

Le capital spatial est partagé entre tous. Les capitaux naturels sont exploitées dans une réelle égalité des ressources. Le capital anatomique (la force) est la seule forme de domination potentielle, mais cette domination ne s'exprime pas encore.

Barbarie primitive – Domination des guerriers

Les capitaux anatomiques se multipliant, les capitaux spatiaux et naturelles ne se multipliant pas, la situation est source de la création d'un antagonisme entre capitaux anatomiques. Ces derniers vont se battre pour le contrôle des capitaux spatiaux et naturels. Cette apparition de la propriété privée voit l'avènement de la domination des capitaux anatomiques.

Esclavagisme grecque – Domination des philosophes et des guerriers

Les capitaux intellectuels et les capitaux anatomiques dominants fonctionnent en symbiose en exploitant les capitaux anatomiques dominés.

Féodalisme – Domination des seigneurs de guerre

Les capitaux anatomiques dominants gouvernent à nouveau seuls. Ils exploitent capitaux spatiaux, naturels, et anatomiques dominés. Mais le développement de l'exploitation des capitaux spatiaux et naturels amènent l'apparition des capitaux économiques.

Absolutisme – Domination des enfants des seigneurs de guerre

Les capitaux anatomiques ne sont plus au pouvoir, mais les capitaux intellectuels soutiennent le régime. Les capitaux économiques en profitent pour renverser les restes de leur ancien ordre.

Capitalisme du XVIIIème siècle – Domination des marchands

Les capitaux économiques sont au pouvoir et exploitent les capitaux anatomiques, spatiaux, et naturels.

Révolutions socialistes – Domination des intellectuels

Les capitaux intellectuels renversent les capitaux économiques avec l'aide des capitaux anatomiques dominées. Ils veulent instaurer l'égalité des ressources et créer un nouvel âge de non domination.

Dictatures socialistes – Domination des guerriers

Les capitaux anatomiques dominants éliminent ou soumettent les capitaux intellectuels. Ils exploitent ensuite les capitaux anatomiques dominées, naturels, et spatiaux.

Capitalisme du XIXème et XXème siècle – Domination des marchands cultivés

Les capitaux économiques accaparent les capitaux culturels et les capitaux symboliques. Ils assurent ainsi une domination sans faille.

Capitalisme du XXIème siècle - Domination des marchands décadents

Les capitaux économiques perdent la majeure partie de leurs capitaux culturels et symboliques, au profit des capitaux intellectuels. L'antagonisme entre capital intellectuel et capital économique s'accroît. Les capitaux anatomiques dominées s'indignent.

11:54 Publié dans L'Histoire vu à travers une confrontation de capit | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : histoire, capitaux, confrontation | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg

21/01/2012

Monsieur Pidoux, un eco-vendeur de compromission

Monsieur Pidoux, un eco-vendeur de compromission

Ce mercredi 18 janvier, Monsieur Jean-Yves Pidoux publie un écrit dans le Courrier.
Il désire offrir son analyse et son point de vue concernant l'évolution de son parti : les Verts.

Selon lui, il y aurait deux sortes de Verts : les missionnaires et les pragmatiques (ou gestionnaires).

Ce clivage consisterait essentiellement entre Verts pro-capitalistes en faveur d'un développement durable plus ou moins social-libéral (les pragmatiques), et Verts anti-capitalistes favorables à un projet de société post-capitaliste (la société anti-productiviste, ou décroissante), c'est à dire les missionnaires.

Les Verts pragmatiques permettraient d'obtenir des améliorations concrètes, certes de petites tailles, mais néanmoins tangibles. Alors que les Verts missionnaires nuiraient à la réalisation des idées écologiques à cause de leurs revendications trop radicales.

Mais l'antagonisme que construit Monsieur Pidoux ne tient en réalité pas la route !

Il y a dans les faits trois types d'acteurs: les radicaux hors-système politique (les révolutionnaires), les radicaux dans le système politique (les réformistes radicaux), et les modérés (les réformistes modérés).

Les Verts pragmatiques de (et dont) Monsieur Pidoux sont des modérés. Leurs idées sont modérés et leurs moyens d'action sont modérés.

Les Verts missionnaires de Monsieur Pidoux sont des réformistes radicaux : ils prônent un changement systémique par la réforme politique. Leurs idées sont radicales, mais leurs moyens d'action sont modérés.

En fait, quand il tente de décrédibiliser les réformistes radicaux, il agit dans le seul intérêt de renforcer la domination idéologique des centristes modérés dont il fait partie.

Un réformiste radical peut obtenir les mêmes résultats que ceux d'un modéré, mais il a la possibilité d'aller plus loin, d'envisager autre chose, de dépasser la doxa, tandis que le modéré reste avec des boulets aux pieds lorsque le temps vire à l'orage et que le capitalisme vacille (tiens c'est la situation actuelle... !)

La social-démocratie était à l'origine un courant marxiste-réformiste. A présent, elle est dominée par des social-libéraux, difficilement capables de faire face à l'évolution du monde contemporain.

Ce qui se passe en ce moment chez les Verts correspond au même mouvement, et c'est très inquiétant !

Les idéologues pro-capitalistes tentent d’anéantir l'écologie politique...

Mais des cendres de l'utopie resurgit toujours un nouveau phénix prêt à illuminer le monde.
Espérons que la décroissance prendra donc le relais !


18:56 Publié dans Monsieur Pidoux | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : pidoux, verts, écologie, décroissance | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg

20/01/2012

Vive l'indépendance de la Rom-anie !

Vive l'indépendance de la Rom-anie !

Les Roms sont une population persécutée et rejetée.
Où qu'elle demeure, elle est sans cesse victime d'une forte stigmatisation.

Certains disent que les Roms sont des populations naturellement nomades, toutefois, 90% des Roms sont en réalité sédentaires !

http://www.a-part-entiere.org/stereotypes_sedentaires.php...

Si les Roms se déplacent c'est parce qu'ils ne trouvent pas de quoi vivre dignement sur leurs propres terres où ils habitent. En Roumanie notamment, ils subissent des persécutions et son parfois chassés par des milices d'extrême droite.

La solution qui semble s'imposer à mes yeux, est la création d'un État pour les Roms.

Il pourrait s'agir d'un État multiculturel et fédéral comme la Suisse, à même de permettre à toutes les différentes populations de Roms de s'organiser dans un vivre-ensemble convivial.

L'Union Européenne pourrait coordonner la création de cet État et définir sa localisation géographique. Il s'agirait que certains pays se dévouent, et effectuent un don de ressources et de terres (notamment des terres où les Roms vivent d'ores et déjà, mais aussi d'autres terres).

Alors vive l'indépendance de la future Rom-anie !

17:17 Publié dans Les Roms | Lien permanent | Commentaires (23) | Tags : roms, rom-anie, europe | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg

18/01/2012

Potentiel de convertibilité des capitaux différenciés

Potentiel de convertibilité des capitaux différenciés

Le grand sociologue structuraliste Bourdieu avait établi un découpage en 4 sortes de capitaux : économiques, culturels, sociaux, et symboliques.

Je propose ici un découpage en capitaux davantage différencié :

1. capitaux intellectuels ou capitaux anatomiques (force)

=> permettent domination sur

2. capitaux spatiaux (centres, pôles, localisations stratégiquement avantageuses)

=> permettent exploitation de

3. capitaux écologiques/naturelles (ressources, matières premières) et/ou capitaux anatomiques ou intellectuels

=> permettent accumulation de

4. capitaux économiques (revenus, fortune, moyens de production)

=> permettent d'acquérir des

5. capitaux culturels (biens cultuels incorporés, bien culturels matériels, biens culturels institutionnalisés)

=> permettent d'obtenir des

6. capitaux symboliques (prestige, renommé, réputation)

=> permettent d'accéder à des

7. capitaux sociaux (réseaux, cercles sociaux, appartenances à des groupes sociaux)

=> offrent des opportunités qui permettent d'accéder à n'importe quels capitaux

Traduction littérale

1. A l'origine de toute construction humaine se trouve une action humaine individuelle ou collective.

2. Par l'usage de ses capacités physiques ou intellectuelles, l'action humaine domine des espaces potentiellement intéressants.

3. L'exploitation de ce potentiel spatial consiste en l'exploitation, par la domination, de ressources naturelles ou humaines.

4. Cette exploitation permet et consiste en la formation du champs des activités économiques et notamment des échanges.

5. L'accumulation issue de l'activité économique d'exploitation permet le développement de la culture.

6. La culture amène prestige et gratification sociale à ses détenteurs.

7. Le prestige permet d'accéder à de nombreux cercles et groupes sociaux.

Convertibilité

-
Tout capital offre des opportunités à l'action humaine.

- N'importe quel capital est convertible n'importe quand en capital politique, c'est à dire en potentiel facilitateur d'accès au pouvoir (et vice-versa).

- Le capital intellectuel et anatomique est convertible en n'importe quel capital, mais il n'est pas assuré d'obtenir le même potentiel d'opportunités si il ne respecte pas la graduation.

- Les capitaux économiques, symboliques, et sociaux, sont des capitaux dominants, car ils représentent un potentiel élevé d'opportunités puisqu'ils sont convertibles n'importe quand en n'importe quel capital.

- Les capitaux culturels, spatiaux, et écologiques sont des capitaux dominés, puisque difficilement convertibles. Néanmoins, le capital spatial est le capital fondamental parce que tout part de lui.

Note : Le capital spatial est convertible en capital écologique. / convertibilité directe
Le capital spatial est convertible en capital économique après avoir été converti d'abord en capital écologique. / convertibilité indirecte

16:47 Publié dans potentiel de convertibilité des capitaux différenc | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : capitaux, convertibilité, bourdieu | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg

16/01/2012

Pas d'hésitation !

Pas d'hésitation !

Le 25 novembre dernier, j'avais publié une analyse établissant l'équation suivante :

Austérité progressive = fin progressive de l'Etat-providence = polarisation sociale et idéologique = renforcement de la lutte des classes = renversement du capitalisme

Puis, le 29 novembre, suite à de nombreuses critiques remettant en cause mon excès de déterminisme, j'avais remis mon hypothèse en question tout en arguant que, normativement parlant, il n'en était pas moins souhaitable de dépasser le capitalisme.


Aujourd'hui, je tiens à dire que pour le moment c'est mon analyse première qui s'impose empiriquement.
Je constate en effet tous les jours l'évolution négative de la crise de la dette avec son cortège de coupes dans l'Etat-social et les droits sociaux fondamentaux. Quant à l’État keynésien, il semble ne plus être d'actualité.
Au Portugal on supprime carrément les jours fériés, alors qu'en Grèce les malades ne sont même plus tous soignés... En France, la perte du triple A assure une mauvaise passe pour le pays, tandis qu'en Espagne le chômage des jeunes atteint les 40%.

La moyennisation de la société n'a jamais été autant remis en question qu'en ce moment en Europe.
Nous assistons présentement à l'inversion d'une tendance avec un retour à des conditions de vie antérieures.

En réaction à cette évolution, la droite joue les pyromanes en soutenant activement le processus.
Quant à la gauche européenne... pour le moment elle semble penser, comme les évêques du Saint Siège, que économie de marché et équité sont compatibles. Un message relativement juste lorsqu'il fait beau temps, mais absolument illusoire en période de crise systémique !

Alors, la gauche européenne doit se reprendre et ne pas hésiter.
L'Histoire est avec elle et il lui suffit de l'accompagner.
Tandis que l'Etat-social s'écroule, la gauche européenne doit incarner la polarisation idéologique qui va de pair avec le processus actuel de polarisation sociale. Cela signifie proposer un modèle d'organisation de la société adéquat à la situation présente, c'est à dire soutenir un véritable système socialiste d'économie planifiée démocratique.
Sans cela, la gauche européenne est condamnée à perdre, ou à laisser les nationalistes l'emporter.

Pas d'hésitation donc !


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Texte du 25 novembre, Génération post Etat-providence, génération révoltée

http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/11/25/generat...

Texte du 29 novembre,
Hésitation ?

http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/11/29/hesitat...

13:25 Publié dans Austérité et Etat-providence | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : etat-providence, gauche, droite, europe | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg

12/01/2012

Soutien à mon camarade Romain de Sainte Marie

 

Soutien à mon camarade Romain de Sainte Marie

Mon camarade et ami Romain de Sainte Marie se présentant à la candidature pour la présidence du Parti Socialiste Genevois, il me tient à cœur de lui exprimer en quelques lignes mon enthousiaste et modeste soutien.

Enthousiaste, car avec Romain comme président, j'ai la conviction que le PSG ne peut que se renforcer.

Sa jeunesse, son énergie dynamisante, sa force de conviction, sa grande capacité d'écoute, et ses talents de communicateur, sont autant d'atouts qui devraient jouer en sa faveur.

Alors que nos sociétés occidentales prennent de l'âge, quel bel exemple ce serait que de donner une place favorable à un jeune convaincu par de bonnes idées ! 

De bonnes idées, car mon camarade porte en lui notre flamme pour une société meilleure, où chacun trouverait sa place et où une vie digne et harmonieuse serait possible pour tous : une société socialiste.

Car c'est bel et bien l'étendard du socialisme justicier qui se dresse dans les mains de Romain de Sainte Marie.
Cet étendard est notre espoir commun de faire progresser nos idées et nos causes. Cet étendard c'est toute l'espérance d'une génération pour une autre organisation de la société, plus égalitaire, et plus heureuse.

Avec Romain de Sainte Marie, j'ai confiance que le Parti Socialiste Genevois bouge !

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10/01/2012

Bilan du débat sur l'allemand et ouverture sur l'école contemporaine

Bilan du débat sur l'allemand et ouverture sur l'école contemporaine


Ma génération est porteuse d'un habitus (d'un bagage normatif et axiologique intériorisé) occidental, cosmopolite, et mondialisé. Nous ne sommes plus des récipients d'une seule culture helvétique ou genevoise, mais le fruit d'un mélange multi-culturel. Ce multi-culturalisme occidental est fait d'un brassage d'identités et d'appartenances diverses.


Le débat sur la suppression de l'obligation d'apprendre l'allemand a provoqué des centaines de commentaires sur mon mur Facebook, et des débats acharnés entre partisans et opposants. Je me suis entres autres vu qualifié du charmant sobriquet d’infâme suppôt du « mondialisme » et de l'impérialisme anglo-saxon !

J'aimerais réagir pour conclure ce débat en deux temps.

Tout d'abord, je souhaiterais rappeler quelques éléments basiques de ma réflexion : l'anglais est plus facile à apprendre que l'allemand, et une société suisse qui fonctionnerait (hypothétiquement) avant tout en anglais serait donc avantageuse pour les francophones.
Ceci étant dit, je ne nie pas que actuellement l'apprentissage de l'allemand est très utile, voire essentiel, pour trouver sa place dans la société contemporaine ; il faut savoir différencier les discours empiriques et normatifs !
Je ne nie pas non plus que l'apprentissage de l'allemand est très pertinent pour quiconque désire en apprendre davantage sur la culture suisse ou germanique.
Enfin, il est certain que l'apprentissage de l'allemand souffre d'un problème de méthodes d'enseignement dont les résultats sont présentement relativement médiocres.

Plus intéressant, je tiens à dire que je rejette tous les arguments de ceux qui ont fait l'apologie de l'école qui impose des choix absolus aux élèves.
Pourquoi en effet les élèves se voient-t-ils imposer dogmatiquement certaines matières (et certains choix dans ces matières) et pas d'autres ?!

Deux réponses possibles :
1) Le marché du travail capitaliste réclame un certains types de capitaux humains performants qu'il faut produire dans nos centres de formation scolaire.
2) L'universalisme (à l'opposé de tout relativisme culturel et axiologique) des choix en matière scolaire sert les classes dominantes en axant les programmes sur des connaissances obtenues par héritage de capitaux culturels.

L'école idéale est donc l'école qui donne le choix.
L'école de la liberté est en effet la seule à pouvoir former de véritables individus matures.

Mais que signifie la liberté dans le capitalisme, c'est à dire dans une société bâtie sur des rapports de domination entre les individus?

« Les pensées de la classe dominante sont aussi, à toutes les époques, les pensées dominantes. »
Karl Marx


Ci-dessous, les différentes fonctions que devrait incarner le collège en tant qu'institution fonctionnelle d'un système.

Le fonctionnalisme gymnasial.png

 

16:36 Publié dans L'école contemporaine | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : l'allemand, et l'école contemporaine | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg

05/01/2012

Les Indigné-e-s : une tentative de réenchanter le monde

Les Indigné-e-s : une tentative de réenchanter le monde

La révolution industrielle, la révolution bourgeoise, et la révolution culturelle individualiste ont forgé la société contemporaine telle qu'elle est aujourd'hui en Occident.
Automatisation du travail, machinisme dans la production et la distribution, extension des technologies dans nos rapports entre humains, gadgétisation de nos loisirs, dogmatisation de la propriété privée, sont caractéristiques de cette société moderne où l'individu se doit d'être rationnel, calculateur, et logique, dans ses rapports avec ses pairs.
Le sociologue Tönnies parle de passage d'une société communautaire (Gemeinschaft), à une société moderne (Gesellschaft) marquée par l'individualisme. Dans cette société, seule l’État (bureaucratie wéberiennement rationnelle) peut garantir la cohésion de la société et évité l'anomie du lien social.

Alors dans la froideur de ce monde moderne en décomposition morale et idéologique, des groupes d'êtres humains s'élèvent contre l'ordre imposé de cette morne société capitaliste. Ces individus sont le fruit de la modernité, ils n'échappent pas à une certaine intériorisation des normes dominantes. Néanmoins, ils tentent de résister à la déliquescence sociale en cours et occupent l'espace public laissé jusqu'à présent aux derniers rassemblements rituels (et ritualisés) qui incarnent l'ultime lien entre les membres de notre modernité.
Les Indigné-e-s ne sont pas qu'un mouvement politique à la ligne idéologique fluctuante, ils sont aussi une réaction à ce délitement du lien social, une tentative (plutôt réussie selon moi) de recréer cette société communautaire pré-moderne. On retrouve en effet chez les Indigné-e-s certains aspects de ces sociétés communautaires pré-modernes, notamment la recherche du consensus, la valorisation du groupe et de l'action de groupe, et la mise en avant de valeurs communes fondamentales.
Mais les Indigné-e-s dépassent les faiblesses des sociétés communautaires, par exemple en étant ouvert sur le reste de la société, non seulement fonctionnellement parce qu'ils désirent la changer en mieux, mais aussi par la volonté affirmée d'intégrer les 99% de la population à leur reconstitution d'une société au lien social développé.

Cette tentative de dépassement de l'anomie capitaliste représente un bon exemple pour les partis et mouvements de gauche. Il n'est plus suffisant de mobiliser des militants, il faut à présent tenter de les intégrer à un mouvement populaire que nous formons inconsciemment d'ores et déjà. Ce mouvement en soi, doit devenir un mouvement pour soi.
Alors notre force politique sera en adéquation avec notre projet de société et avec nos valeurs, ce qui ouvrira ainsi la voie à l'instauration d'une société post-moderne et post-capitaliste : la société socialiste !

12:47 Publié dans Les Indigné-e-s | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : indigné-e-s, indignation, tönnies, société, modernité | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg

04/01/2012

Le Saint Empire Germanique

Le Saint Empire Germanique

Lorsque j'ai publié ma petite pensée polémique hier sur la suppression de l'obligation d'apprendre l'allemand, j'étais loin de penser que cette question allait davantage passionner les foules que ma Théorie néo-socialiste de la démocratie sur le dépassement du capitalisme. Néanmoins il semblerait que la remise en question de la superstructure (ici représentée sous son pan culturel) soit un sujet davantage mobilisateur que les réflexions sur l'infrastructure.

Remettre en question l'enseignement obligatoire de l'allemand a été attaqué par plusieurs types de personnes. Citons notamment (et de manière non exhaustive) : les professeurs d'allemand, qui ont un intérêt rationnel à défendre le maintien de leur gagne-pain en place, les germanophones (suisse-allemand ou allemand), qui peuvent éventuellement se sentir attaqués dans leur identité culturelle, les lettrés, dont les valeurs sont remises en question, et les nationalistes (ou traditionalistes), pour des raisons idéologiques.

Mais le soutien à l'enseignement obligatoire de l'allemand est venu majoritairement d'une petite élite culturelle (principalement constituée d'étudiants) qui justement (après des années d'études acharnées) maîtrise présentement de manière efficiente la langue germanique.
Cette petite élite culturelle (rappelons de manière générale que seul 20 à 25% de la population termine et réussit le collège en Suisse), voit la remise en question de l'allemand comme une atteinte à ses privilèges (comprenez une atteinte aux capitaux linguistiques qu'elle s'est obtenus par l'investissement de ses heures de travail).
Mais dans les faits, de manière empirique, que constate-t-on ?
La majorité des gens n'étudie pas l'allemand pendant aussi longtemps qu'un collégien, et se dépêche de se lancer dans un processus de lent oubli graduel de la langue de Goethe dès qu'elle a terminé ses années de formation obligatoire à la langue germanique.
Comme on me l'a fait remarqué, ces individus subissent ensuite une discrimination, puisque sur le marché du travail ils sont moins performants que les individus germanophones. Cette discrimination offre à l'élite culturelle l'accès à un certain nombre de postes accessibles à une concurrence réduite.

La défense de l'enseignement obligatoire de l'allemand par l'élite culturelle correspond à une tentative de masquer le caractère élitaire et non démocratique que prend la sélection professionnelle en fonction de l'apprentissage de la langue allemande.
Alors que l'anglais est une langue aisée et accessible à tous, alors que son usage pourrait être généralisé au monde suisse du travail, l'élite culturelle préfère malgré tout imposer le maintien du statu quo.

Le pas suivant consiste à remettre en question l'école actuel et son caractère élitaire de reproduction des inégalités sociales (cf. Bourdieu).
J'aimerais bien savoir pourquoi il m'a été nécessaire d'étudier (en français) le Nouveau Roman de Sarraute ou l'autofiction de Doubrovsky, ou pourquoi j'ai dû apprendre tout un tas de théorèmes incompréhensibles en mathématiques.
Quelle est la part du contenu des programmes scolaires dont le rôle (conscient ou inconscient) est de faciliter l'accès à une classe (ayant des capitaux culturels hérités) à un certain type d'études universitaires et par la suite à un certain nombre de postes à haute valeur ajoutée ?

03/01/2012

Stop teaching German, enjoy Globish !

Alors que le débat sur l'école le mercredi matin fait rage, on assiste à des échanges relativement binaires : pour ou contre l'école le mercredi matin...

Mais il existe pourtant une autre solution : la suppression de l'enseignement de l'allemand à l'école primaire, et sa mise à option au cycle d'orientation.

Voyez-vous, j'ai étudié l'allemand de la 3ème primaire à ma 4ème année du collège, ce qui correspond à 11 ans d'étude de cette langue ardue.
11 ans, avec comme résultat que je suis à peine capable de bredouiller quelques phrases...
Et attention, je suis considéré comme un élève plutôt bon en allemand.

Mais réfléchissons un peu au terrifiant coût d'opportunité que cela représente !

Tout ce temps et cette étude pourraient être investis dans d'autres matières plus productives et plus enrichissantes.
Quel gaspillage de ressources pour maintenir une tradition dépassée !

Aujourd'hui, grâce à la mondialisation, le monde entier parle le globish !
Cette forme simplifié de l'anglais, et accessible à tous, représente la clef de la compréhension entre les peuples.
Et nous autres en Suisse ferions bien de nous y mettre aussi.
Nous pouvons fort bien communiquer en globish et démontrer ainsi notre capacité à dépasser des traditions archaïques.

La Suisse est un État multinational et sa cohésion serait mis à mal par un tel changement ?

Je ne le crois pas. Un sage a dit que si les Suisses s'entendaient si bien entre eux, c'est parce qu'ils ne se comprenaient pas.
Alors cessons d'essayer de forcer le destin, et acceptons le globish comme vecteur de communication principale entre les cultures.

Stop teaching German, enjoy Globish !

18:14 Publié dans Globish and German | Lien permanent | Commentaires (31) | Tags : german, globish, allemand, anglais, école, formation scolaire | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg