28/01/2012

De l'étude contemporaine du socialisme

De l'étude contemporaine du socialisme

L'étude du socialisme en tant que projet de société non seulement idéologique et politique, mais aussi, et surtout, comme organisation économique de la société, est aujourd'hui il me semble quelque chose de relativement ésotérique.

Il semblerait que les institutions idéologiques d’État mises en place par les classes dominantes, couplées à l'aliénation systémique du capitalisme, jouent leur rôle avec efficacité.
Ainsi l'enseignement économique contemporain se contente-t-il de présenter le capitalisme sous toutes ses formes, mais fait abstraction des modèles anciens ou alternatifs. Plus précisément, la non étude de l'organisation économique socialiste a pour but latent (et non manifeste) d'instaurer la domination d'un mode de production sur les autres.
C'est ce que j'appellerais, à la manière des individualistes méthodologiques, une prédiction auto-réalisatrice. On enseigne un seul modèle parce que c'est celui qui est en place, avec comme conséquence qu'il reste le seul modèle connu, et donc le seul modèle en place...

Néanmoins, il est encore possible de se procurer des livres d'étude sur l'organisation économique socialiste de la société dans les bibliothèques universitaires. Les bibliothèques publiques réservant quant à elles leurs étagères aux seuls ouvrages de propagande pro-capitalistes.

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L'étude du socialisme n'est pas aisément accessible aux libéraux et aux libertariens. Ces derniers semblent (explication manifeste) en effet incapables de concevoir un mode de production autrement que sur le critère de l'efficacité. Mais en réalité, ce n'est qu'un prétexte (inconscient ou conscient) pour maintenir la prééminence idéologique d'un mode de production sur un autre (et donc pour maintenir les rapports actuels de domination).
Car le mode d'organisation socialiste ne vise pas seulement à modifier des caractéristiques des circuits économiques, mais à changer les rapports sociaux découlant du mode de production en place.
C'est en modifiant les rapports sociaux du mode de production actuel que l'on peut parvenir à un mode de production socialiste établissant une distribution égalitaire des ressources lors de la production et dans l'organisation du travail.
Le mode d'organisation socialiste ne vise donc pas tel optimum de l'efficacité productive, mais à la disparition des rapports de domination entre classes ou entre individus.
On notera toutefois que par la disparition des rapports de domination on élimine un gaspillage de ressources (la rente capitaliste) qui est réintégré au circuit économique productif.
Au final donc efficacité et distribution égalitaire ne sont pas antinomiques dans le mode de production socialiste, contrairement au mode de production capitaliste, même sous sa forme social-libéral (qualifié souvent de social-démocrate).

15:44 Publié dans Socialisme & économie planifiée | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : étude du socialisme, socialisme | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg

Commentaires

N'est-ce pas ce que le camarade Poutine tente de faire en Russie ?

Écrit par : Ivan Skyvol | 28/01/2012

S'il est juste dee dire que l'organisation actuelle de nos sociétés occidentales nous mènent droit dans le mur si l'on ne change rien, il est erroné de dire comme vous le faites que "un mode de production socialiste établissant une distribution égalitaire des ressources lors de la production et dans l'organisation du travail" serait une meilleure solution.
On parle souvent des modèles scandinaves. Certes ils fonctionnent bien et pour certains ce serait LA solution aux erreurs capitalistes de ces dernières années. Mais y avez-vous vécu ? Pour ma part je les connais bien. La vie y est chère, la santé est la même pour tous à condition de supporter les files d'attentes (sinon on paie tout soi-même), à condition d'accepter d'être hospitalisé dans des dortoirs à 6 ou 12 personnes, à condition de ne pouvoir s'adresser que dans les hôpitaux ouverts pendant les vacances, à condition d'accepter de vivre sa vieillesse dans des mouroirs.
Et pour ce qui concerne la production. Pour produire il faut des sous. Et pour en avoir il faut être rentable. Alors, socialisme ou libéralisme, le résultat sera toujours le même. A moins d'instaurer un socialisme communiste où la production est planifiée et les magasins vides.
Faut pas rêver.

Écrit par : Lambert | 28/01/2012

@ Lambert, vous me semblez paradoxal dans vos propos. Vous rejetez le communisme, le socialisme, et le social-libéralisme, et pourtant vous dites que le capitalisme actuel "nous mène droit dans le mur"...

@ Ivan Skyvol, Poutine n'est absolument pas socialiste.

Écrit par : Adrien Faure | 29/01/2012

@ Monsieur Faure : pour Poutine vous avez raison. Par contre tous les pays qui ont eu une révolution l'an dernier se disaient "socialiste".

Écrit par : Ivan Skyvol | 29/01/2012

@ Ivan Skyvol, je pense que les pays dont vous parlez sont plutôt des pays proches d'un modèle de capitalisme d’État.

Écrit par : Adrien Faure | 29/01/2012

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