16/01/2012

Pas d'hésitation !

Pas d'hésitation !

Le 25 novembre dernier, j'avais publié une analyse établissant l'équation suivante :

Austérité progressive = fin progressive de l'Etat-providence = polarisation sociale et idéologique = renforcement de la lutte des classes = renversement du capitalisme

Puis, le 29 novembre, suite à de nombreuses critiques remettant en cause mon excès de déterminisme, j'avais remis mon hypothèse en question tout en arguant que, normativement parlant, il n'en était pas moins souhaitable de dépasser le capitalisme.


Aujourd'hui, je tiens à dire que pour le moment c'est mon analyse première qui s'impose empiriquement.
Je constate en effet tous les jours l'évolution négative de la crise de la dette avec son cortège de coupes dans l'Etat-social et les droits sociaux fondamentaux. Quant à l’État keynésien, il semble ne plus être d'actualité.
Au Portugal on supprime carrément les jours fériés, alors qu'en Grèce les malades ne sont même plus tous soignés... En France, la perte du triple A assure une mauvaise passe pour le pays, tandis qu'en Espagne le chômage des jeunes atteint les 40%.

La moyennisation de la société n'a jamais été autant remis en question qu'en ce moment en Europe.
Nous assistons présentement à l'inversion d'une tendance avec un retour à des conditions de vie antérieures.

En réaction à cette évolution, la droite joue les pyromanes en soutenant activement le processus.
Quant à la gauche européenne... pour le moment elle semble penser, comme les évêques du Saint Siège, que économie de marché et équité sont compatibles. Un message relativement juste lorsqu'il fait beau temps, mais absolument illusoire en période de crise systémique !

Alors, la gauche européenne doit se reprendre et ne pas hésiter.
L'Histoire est avec elle et il lui suffit de l'accompagner.
Tandis que l'Etat-social s'écroule, la gauche européenne doit incarner la polarisation idéologique qui va de pair avec le processus actuel de polarisation sociale. Cela signifie proposer un modèle d'organisation de la société adéquat à la situation présente, c'est à dire soutenir un véritable système socialiste d'économie planifiée démocratique.
Sans cela, la gauche européenne est condamnée à perdre, ou à laisser les nationalistes l'emporter.

Pas d'hésitation donc !


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Texte du 25 novembre, Génération post Etat-providence, génération révoltée

http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/11/25/generat...

Texte du 29 novembre,
Hésitation ?

http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/11/29/hesitat...

13:25 Publié dans Austérité et Etat-providence | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : etat-providence, gauche, droite, europe | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg

Commentaires

Oui mais, "objection" les publications "Agora" en ont fait leur titre depuis belle lurette; est-ce un plagia? Hum...Mettez au minimum les références...

Écrit par : Pierre NOËL | 16/01/2012

@Pierre Noël, en quoi est-ce que je plagie qui que ce soit? :O
Merci de développer votre commentaire.

Écrit par : Adrien Faure | 16/01/2012

Ben non. Vous inversez causes et conséquences avec la sincérité touchante mais hors-sujet du rêveur persuadé que le monde sera bien meilleur pour peu qu’on le laisse l’arranger à sa façon.

Ce qui me frappe chez les frénétiques de la société planifiée, c'est que leur recherche d'égalité, qui paraît souvent sincère, leur paraisse mieux garantie par le bon vouloir du planificateur que par un fonctionnement fluide des mécanismes d'ajustement des prix. L'idéologue socialiste ne voit pas cela, il est accroché à l'idée de l'homme qui contrôle et peut modifier à sa guise le processus à tout moment, seul, même si c'est plus dangereux pour ses semblables qu'un processus systémique coordonné par des milliers d'actions.

Si les belles consciences de gauche, ce titre dont l'obtention semble dispenser de réfléchir, n'avaient vraiment à l'esprit que le bien-être des leurs et l'évolution de la société vers le progrès et la prospérité, elles feraient tout ce qui est en leur pouvoir pour empêcher ces situations où des milliers des leurs dépendent de l'arbitraire d'un redistributeur. Mais ce n'est pas ce qu'elles veulent, les belles consciences socialistes : elles veulent la reconnaissance de leurs pairs pour leurs intentions si hautement philanthropiques. C'est d'ailleurs pour ça que les régimes socialistes fabriquent du pauvre à la chaîne : un pauvre, il ne lui en faut pas beaucoup pour être reconnaissant.

Donc au lieu de chercher le meilleur pour le plus grand nombre, on va plutôt chercher à donner l'impression au grand nombre qu'on a tout fait pour lui fournir, les obstacles que la réalité oppose à l'utopie étant alors considérés comme autant d’œuvres de déloyauté de ceux-là même qui ont le tort de ne pas y croire. Ici, l'économie "planifiée démocratique" étant considérée par défaut comme le seul choix raisonnable possible, tout contrevenant sera immédiatement suspecté de manque d'altruisme. On y voit déjà se décider, lors d'assemblées communales populaires et démocratiques, des quotas de production calculés en fonction des "besoins" de chacun, notion à géométrie variable qui promet de grands moments de rigolade égalitaire et d'abnégation citoyenne. Si si, c'est comme ça que ça se passe, lorsqu'on impose au producteur à qui il doit distribuer au lieu de le laisser écouler sa production à qui bon lui semble et au prix juste. En général ça a plutôt tendance à le décourager d'ailleurs, le producteur. Il préférera attendre que ça tombe, comme les autres. On prend les paris? Vous me direz, c'est pas si grave, on nationalisera et d'autres gens plus dévoués à la Cause prendront le relais. Sauf qu'ils n'auront pas le même savoir-faire ni les mêmes incitations, les militants dévoués de la Cause, et les biens et services qu'ils proposent s'en ressentiront, se dégradant graduellement comme dans... oh wait, c'est déjà ce qui se passe?

Bref, si ce nouveau modèle auquel vous aspirez mais qui reste à construire n'existe pas encore, c'est qu'il y a des raisons, et vous qui invoquez l'Histoire devriez l'avoir deviné. Inutile d'inventer de toutes pièces un nouveau modèle. Que la justice s'applique, que le contrat soit respecté, que l'escroc soit sanctionné et l'honnête homme justement récompensé pour ses efforts, et vous n'aurez pas besoin de recréer une communauté éco-consciente idéale digne d'une pub Volkswagen pour que tout ce joli monde vive ensemble bien plus harmonieusement qu'aujourd'hui.

Bonne année quand même!

Écrit par : Naith | 16/01/2012

Bonne année Naith!^^
Je pourrais répliquer à votre argumentation anti-planification par ma théorie néo-socialiste de l'économie planifiée décentralisée mixte, ou bien en vous disant que vous n'abordez pas le problème à partir de la même base ontologique de l'humain que moi. Mais je vous promets en tout cas que le Cercle Gramsci fournira prochainement des publications plus fournies que les miennes à ce sujet.

Écrit par : Adrien Faure | 16/01/2012

Cela peu être aussi une coïncidence, je ne mets pas votre bonne foi en doute.

Les "Publications Agora"

"Offre Promotionnelle - L'Investisseur Or & Matières

Je m'appelle Simone Wapler
et j'ai une annonce très sérieuse à vous faire :

L'Etat-providence a signé son propre arrêt de mort !

A présent, c'est chacun pour soi."

D'ici deux ans, une poignée de Français
pourrait être jusqu'à 4 fois plus riche
-- tous les autres risquent de voir leur pouvoir d'achat
laminé par l'inflation.

Je vous aurais prévenu.

Donnez-vous une chance de faire partie des rescapés
en poursuivant votre lecture...

Écrit par : Pierre NOËL | 16/01/2012

Ecoutez Pierre Noël, je suis bien content que d'autres aient les mêmes réflexions que moi :)
Cela signifie que notre pensée se propage et se renforce.
Maintenant j'aimerais bien savoir une chose : que préconise l'auteur pour faire face à la "mort-annoncé" de l'Etat providence?

Écrit par : Adrien Faure | 16/01/2012

Oups;;;;; Votre égocentrisme vous joue des tours!

Écrit par : Pierre NOËL | 16/01/2012

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