23/12/2011

Fondation du Cercle Gramsci

Fondation du Cercle Gramsci

Nombre de partis et de forces de gauche parlent aujourd'hui de dépassement du capitalisme. Toutefois, on peine concrètement à voir comment ils comptent s'y prendre, au-delà de l'instauration d'un capitalisme social-démocrate à la sauce scandinave.

Dans ce contexte, j'ai le plaisir de vous annoncer la fondation du Cercle Gramsci.

Antonio Gramsci (1891-1937) théorisa l'idée selon laquelle le capitalisme se maintenait par la construction et le maintien d'une hégémonie culturelle, idéologique, et morale. Selon lui, il était donc nécessaire pour renverser le capitalisme de renverser d'abord cette hégémonie.

Le Cercle Gramsci consistera en un collectif intellectuel de recherche idéologique et politique axé sur le développement théorique d'un modèle d'organisation de la société alternatif au capitalisme.
Car si un tel modèle n'est ni intelligible, ni accessible, ni audible, ni démontrable, ni descriptif, alors prôner le dépassement du capitalisme revient à crier dans le vide.
Concrètement, il s'agira donc d'imaginer, dans le détail et avec le maximum de précision possible, un nouveau modèle d'économie planifiée, ayant intégré et dépassé les erreurs des expériences passées.

Le Cercle Gramsci publiera les résultats de ses recherches, notamment sur un blog de la Tribune de Genève.

Toute personne intéressée à se joindre à notre cercle de réflexion peut me contacter par mail ou via Facebook.

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22/12/2011

Staline versus Néo-socialisme

Staline versus Néo-socialisme

Mes détracteurs m'ont régulièrement accusé d'être en faveur du «
socialisme réellement existant », c'est à dire d'un retour à l'URSS stalinienne. C'est pourquoi aujourd'hui je publie la démonstration théorique que mes thèses sur le néo-socialisme ne sont en rien semblable au stalinisme. L'économie planifiée stalinienne, autrement dit le capitalisme d’État (cf. André Gorz), n'a en effet rien de commun avec mon modèle d'économie planifiée mixte, à cheval entre l'économie DES marchés (cf. Serge Latouche), le socialisme utopiste (cf. Babeuf ou Cadet), la social-démocratie contemporaine, et le marxisme réformiste.

Centralisation économique vs Décentralisation économique

Le stalinisme se caractérisait par une centralisation marquée de la prise de décision économique (de la planification). En conséquence, Hayek pointe le manque d'information qui en découle. Dans le néo-socialisme, cette défaillance est corrigée par une
décentralisation de la planification économique, qui se fait à l'échelle la plus locale possible.

Économie planifiée sur-étatisée vs Économie planifiée mixte

Même dans l'URSS existait encore un libre marché pour 5% des producteurs agricoles. Malgré tout, l'énorme majorité de la production et de la distribution était effectuée par l’État. Certains secteurs de petites tailles sont pourtant plus efficients lorsqu'ils restent sous contrôle privé, sans pourtant devenir anti-sociaux ou anti-démocratiques pour autant. C'est pourquoi, dans le néo-socialisme, les petites entités économiques peuvent rester sous contrôle privée (même si un contrôle étatique reste éventuellement souhaitable, ainsi qu'une organisation du travail fondée sur l'autogestion).

Centralisation politique vs Décentralisation politique

Le modèle stalinien est fortement politiquement centralisé, avec comme conséquence que les décisions politiques sont prises avant tout par l’État central, affaiblissant ainsi l'autonomie individuelle et collective, et faussant la planification économique. Le néo-socialisme distribue les compétences par degré d'échelles en partant du village ou du quartier et en remontant jusqu'à la fédération (ou la confédération), permettant une juste prise en charge collective de soi-même.

Spécialisation de la production par région vs Autosuffisance locale

L'économie planifiée stalinienne organisait sa production à partir d'une chaotique et improductive spécialisation par région. Avec l'augmentation future des coûts des transports du à la raréfaction des ressources et par conséquent la baisse des échanges commerciaux, il est nécessaire au contraire de relocaliser notre production économique. C'est pourquoi le néo-socialisme organise les sociétés humaines en maximisant leur autosuffisance collective et individuelle (par le développement de l'autoproduction), et donc en maximisant leur autonomie. Ce qui ne veut certainement pas dire qu'une approche d'autosuffisance régionale ne soit pas souhaitable en complément. Il s'agit donc ici d'une nouvelle division du travail collective et individuelle.

Organisation autoritaire du travail vs Organisation autogestionnaire du travail

Les entreprises étatiques soviétiques organisaient le travail avec un management autoritaire niant la liberté de l'individu et son autonomie. Le néo-socialisme, au contraire, organise le travail par la prise décision collective (autogestionnaire) de la coordination des activités productives par les travailleurs eux-mêmes. Lorsque cela est possible, il est souhaitable qu'un tournus des fonctions s'effectuent, principalement entre travailleurs et coordinateurs.

Autoritarisme totalitaire élitiste vs Démocratie exemplaire

Alors que le modèle stalinien était caractérisé par un autoritarisme écrasant non respectueux des libertés individuelles et par une concentration des pouvoirs parfaitement élitiste, le néo-socialisme propose lui de mettre en place une véritable démocratie populaire, citoyenne, et directe. Cette démocratie exemplaire est composée : d'un premier niveau locale fonctionnant en assemblées populaires et délibérant par consensus ou par démocratie directe, et d'un second niveau multiple de délégation politique fondée sur le tirage au sort et l'élection à la proportionnelle (auquel on adjoint les outils de la démocratie représentative semi-directe). Les libertés et droits civiques et politiques seraient bien entendu assurées.

Impérialisme vs Localisme

Les soviétiques pensaient que pour que leur modèle survive il leur fallait une révolution mondiale. A cause de cela, ils gaspillèrent énormément de ressources à tenter de concrétiser leur domination par une politique impérialiste. Le néo-socialisme n'a nul besoin de révolution mondial ! C'est un modèle concret et fonctionnel qui peut être mis en place localement, régionalement, ou sur un plan fédéral (national). Il peut fort bien fonctionnellement s’accommoder d'échanges avec d'autres régimes capitalistes. Attention, cela ne signifie pas que le renversement mondial du capitalisme ne soit pas souhaitable sur un plan axiologique, simplement le néo-socialisme n'en a pas besoin pour fonctionner.

Productivisme vs Anti-productivisme

Le stalinisme était productiviste et inconscient des limites de la biosphère. Au contraire, le néo-socialisme a à cœur d'employer l'outil de la planification démocratique décentralisée afin de procéder à une limitation de l'impact écologique des activités humaines au-dessous des capacités régénératives de la Terre.

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19/12/2011

Aliénation idéologique capitaliste : maux et remèdes

Aliénation idéologique capitaliste : maux et remèdes

Est victime de l'aliénation idéologique, toute personne étant amenée à penser et à agir contre son intérêt, tout en pensant le contraire.

Ce processus de l'aliénation idéologique peut expliquer, dans une très large mesure, les défaites successives de la gauche en Suisse.

On peut distinguer quatre types d'aliénation idéologique différentes.

L'aliénation idéologique directe volontaire et consciente, dont la propagande libérale diffusée par les classes dominantes (à travers les partis de droite) est l'illustration parfaite. Toutefois, il est intéressant de noter que à droite on trouve des individus dont les intérêts consisteraient à défendre la social-démocratie ou le socialisme, mais qui s'engagent néanmoins en faveur du libéralisme contemporain. Ces individus, aliénés, vont par la suite participer à propager l'aliénation idéologique dont ils sont les victimes.
On a donc à faire ici à un cas d'aliénation idéologique directe volontaire et inconsciente.

En fait, il est difficile de prouver l'existence réelle d'une aliénation idéologique volontaire et consciente, puisqu'on peut montrer que le bonheur des classes dominantes ne peut être atteint dans le système qui semblent les avantager. En effet, une récente étude sociologique a démontré que à partir d'un certain niveau de revenu, toute augmentation provoquait une baisse de la satisfaction globale (baisse de l'utilité marginale). L'intérêt réel, non illusoire et libéré de toute aliénation, des classes dominantes tend donc à rejoindre celui des autres classes sociales (l'intérêt de tous est dans l'égalité des ressources).

L'aliénation idéologique directe involontaire consiste dans la production dans le cadre du système capitaliste, de vecteurs d'aliénation par des agents qui ne recherchent pourtant pas une telle finalité à leur action. Ainsi, l'étude de l'économie de marché durant la formation scolaire part de l'idée de former les individus de manière trouver un emploi ensuite, dans le cadre du système en place. Mais cette étude exclusive de l'économie de marché durant la formation scolaire tend à forcer l'adhésion à cette même économie de marché, puisque cette dernière apparaît comme le modèle qui fait force de loi au niveau du savoir scientifique.

L'aliénation idéologique indirecte (ou systémique) correspond à toute la production aliénante non créée dans le but de servir de vecteur d'aliénation. Il s'agit de la force d'intertie, de résistance, et d'enracinement, du système capitaliste, qui s'exprime à travers une certaine production télévisuelle, un certain cinéma, une certaine mode vestimentaire, une certaine presse, etc. Ces vecteurs d'aliénation agissent surtout en forçant l'intégration de pré-notions axiologiques ou idéologiques chez les individus, afin de les rendre dociles et accessibles aux autres formes d'aliénation.

Face à l'aliénation idéologique capitaliste,
que faire ?


On peut certes compter sur l'évolution de la conjoncture socio-économique pour faciliter une conscientisation des individus, et par conséquent une désaliénation idéologique. Toutefois, ce serait se terrer dans une passivité contre-productive.

La solution pour combattre l'aliénation, pour désaliéner les individus, réside dans l'adoption d'un comportement militant décomposable en quatre points :

- Mobilisation

C'est uniquement par l'activité de contre-propagande active que nous pouvons espérer faire passer nos messages et nos idéaux, remèdes au mal de l'aliénation.

- Intégration

Partis politiques de gauche, collectifs, groupements, associations, syndicats des travailleurs, et mouvements sociaux, doivent intégrer le maximum possible d'aspects de la vie des individus pour pouvoir assurer une conscientisation idéale et un niveau de désaliénation adéquat.

- Radicalisation

Le rejet et la rupture avec le capitalisme sont nécessaires à tout processus de désaliénation sur le long terme. On ne saurait en effet lutter uniquement contre des conséquences sans éliminer le problème à sa source.

- Détermination

C'est la condition de la réussite de toute lutte contre l'aliénation idéologique capitaliste.
Face à des forces plus puissantes que nous, notre détermination doit être à toute épreuve.

18:22 Publié dans Aliénation idéologique | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : aliénation, idéologie, capitalisme, mobilisation | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg

14/12/2011

La jeunesse en marche !

La jeunesse en marche !

Le 4 octobre 2010, je fondais avec Julien Vogler, Kevin Fernandez, et Gérald Laury, la Gauche des Collèges de Genève. Notre collectif se livra pendant une année et demi à un travail d'information engagée et de politisation active visant à conscientiser et mobiliser nos camarades sur des thèmes qui nous importaient, comme l'écologie, les inégalités sociales, la xénophobie, la diversité culturelle, etc. Durant ce laps de temps, nous publiâmes un certain nombre de manifestes, de tracts, et d'affiches, avec le soutien, plus ou moins prononcé, de nos professeurs, tout en subissant par contre une attitude plutôt répressive de la part des directions de nos établissements scolaires respectifs. Notre activité s'étendit à la majorité des collèges de Genève, ainsi qu'à l’École de Culture Générale, raison pour laquelle nous prîmes alors le nom de Gauche du Post-Obligatoire Genevois.
Notre collectif rassembla plusieurs dizaines de jeunes qui souvent restèrent uniquement pendant de courtes périodes de temps.
Au final, il me semble que nous avons agi aux mieux de nos moyens et de nos forces.

Aujourd'hui, je pense que l'on peut dire que le projet prend fin avec l'enterrement de la Jeunesse Humaniste, collectif mort-né qui tenta de se développer sur les restes de la Gauche du Post-Obligatoire Genevois.

Quel impact réel avons-nous eu sur nos camarades ? A vrai dire, difficile de le savoir, car peu d'entre eux semblent avoir rejoint les rangs des mouvements sociaux ou des partis politiques humanistes (c'est à dire de gauche). L'impact le plus important de notre action collective est celui qui s'est porté sur nous-mêmes, les acteurs de ce collectif, étant donné que la plupart d'entre-nous a rejoint à présent un parti politique humaniste. Personnellement, c'est par mon activité au sein de la Gauche des Collèges que j'ai d'ailleurs été repéré et recruté par la Jeunesse Socialiste Genevoise.

Il y a donc des esprits militants qui sommeillent chez les jeunes et il s'agit de les éveiller, d'incarner cette main tendue qui se révélera véritablement lorsque l'étincelle de l'indignation ou de la révolte aura mobilisé l'énergie politique potentielle contenue dans chacun. C'est pourquoi il revient aux militants politiques de gauche (et notamment aux jeunesses de gauche) d'occuper le terrain des établissements de formation des jeunes pour concrétiser cette main tendue pleine d'espérance réciproque.

Car les futurs changements sociaux ne se réaliseront pas sans la mobilisation de la jeunesse. C'est en effet par l'union des jeunes, des précaires, et des intellectuels, qu'émergera une force de changement capable de transformer la société.

09/12/2011

Théorie néo-socialiste de la démocratie

 

Théorie néo-socialiste de la démocratie

Ou comment organiser une société afin de maximiser la liberté, l'égalité, et l'autonomie de l'individu.

I. Démocratie (Liberté/autonomie) spatiale

Les conditions nécessaires à l'autonomie et l'indépendance de l'individu passent par l'établissement d'une société décentralisée et relocalisée au maximum possible. La décentralisation et la relocalisation des activités humaines (notamment politiques et économiques) permet de construire une liberté réelle pour la société et les individus. La décentralisation et la relocalisation induisent une autosuffisance collective maximale et une autosuffisance individuelle (capacités d'autoproduction) minimale, en tout cas au niveau des besoins fondamentaux. Une société relocalisée est une société à taille humaine où les liens sociaux sont renforcés, c'est donc une société conviviale. La décentralisation politique et économique signifie une organisation de la société contre-pyramidale, en partant de sa base, avec une division par degré d'échelle (quartier ou village, commune, canton, et fédération) du niveau de prise de décision.
La démocratie spatiale est une première condition fondamentale à toute construction sociale visant à maximiser l'autonomie et la liberté de l'individu.

II. Démocratie (Liberté/autonomie) populaire

Grâce à la décentralisation et à la relocalisation, on peut tendre vers la
démocratie directe par l'instauration généralisée d'assemblées populaires de quartiers ou de villages (c'est à dire de petites entités politiques). La démocratie directe permet de donner directement au peuple la possibilité de décider des décisions collectives qui le touchent justement directement, sans passer par une délégation de sa souveraineté politique. A ce niveau d'échelle, un fonctionnement de prise de décision par consensus est envisageable.
La démocratie populaire établit un degré basique de liberté et d'autonomie pour la société et l'individu.

III. Démocratie (Liberté/autonomie) citoyenne

Dans le cas (probable) où des espaces communs de prise de décision politique subsistent à une échelle supérieure à celle de la plus petite entité politique (ceci malgré la décentralisation et la relocalisation maximale possible), alors il faut passer par un processus de délégation politique. La
démocratie représentative semi-directe (système helvétique) doit alors être combinée à la démocratie athénienne (par tirage au sort). 50% des députés doivent être élus, et 50% doivent être tirés au sort. Les outils de la démocratie directe (droit d’initiative populaire et droit de référendum) restent bien entendu en place. Le tirage au sort (sur la base du volontariat et du parrainage citoyen) permet d'éviter que les plus riches, ou que les orateurs les plus talentueux ou les plus charismatiques, ne soient systématiquement élus. Il règle le problème de l'élitisme qui est caractéristique de nos sociétés contemporaines où le pouvoir politique est concentré dans quelques mains.
La démocratie citoyenne est un rouage essentiel de l'organisation sociale pour corriger le système politique contemporain et ses déficiences, et fonder une véritable égalité politique.

IV. Démocratie (Liberté/autonomie) économique

La seule structure économique soumise à la démocratie (à la prise de décision collective) étant l'outil étatique, l'économie privée est étatisée (socialisée). Seules les petites entités économiques restent sous contrôle privé. La
planification démocratique et décentralisée définit ce qui est nécessaire à l'accomplissement du bonheur collectif et individuel. Toutefois la planification démocratique de la production des grandes structures étatiques se fait à partir de la libre production privée des petites entités. La production des petites entités privées restent néanmoins soumises à une planification possible et à un contrôle démocratique sur leurs activités. C'est le principe d'une économie planifiée mixte : au lieu d'avoir une production privée et publique dans un système d'économie de marché, on instaure une production privée et publique dans un système d'économie planifiée.
La démocratie économique permet d'en finir avec la domination d'une minorité possédante (moyens de production, capitaux, et fortune) sur une majorité non possédante. Par la démocratie économique, la majorité se réapproprie son
droit à s'autodéterminer (égalité économique) et acquiert la liberté de jouir d'elle-même sans devoir se vendre aux possédants. Par ailleurs, l'expropriation capitaliste par la plus-value est ainsi stoppée, au profit d'un véritable partage des bénéfices du travail.

V. Démocratie (Liberté/autonomie) sociale

Les activités humaines socio-économiques se fondent sur le modèle de
l'autogestion égalitaire (égalitarisme relatif). L'autogestion définit un tournus des tâches dans l'organisation du travail, et une prise de décision collective dans les choix économiques. Par l'autogestion de l'organisation du travail, on s'assure qu'une prise de décision partagée, directe, et collective (donc démocratique) soit toujours en place dans la société, quelle que soit la structure concernée. Bien entendu, cette mesure protège évidemment en premier lieu les travailleurs des petites entités privées.
La démocratie sociale est une sorte de garde-fou démocratique pour préserver les droits des travailleurs de toute dérive (
égalité sociale).

VI. Démocratie (Liberté/autonomie) écologique

Les activités humaines sont fondées sur le principe d'auto-limitation et de simplicité volontaire.
L'impact écologique des activités humaines ne doit pas dépasser les
capacités régénératives de la biosphère. La planification démocratique s'assure donc que ces principes sont respectés, car toute l'organisation de la société dépend de ceux-ci. En effet, la liberté humaine et son autonomie ne sont possibles que si son environnement se maintient de manière pérenne.
La démocratie écologique est la condition non négociable à toute construction collective et politique.

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Comme on peut le voir, dans le néo-socialisme, la démocratie amène à l'autonomie/indépendance, qui amène à la liberté, qui amène à l'égalité pour parvenir à l'harmonie collective, individuelle et écologique.
Au final, ces grands principes axiologiques, que sont l
a démocratie, la liberté, l'autonomie et l'égalité, s'équivalent.

Equilibre pluri-démocratique néo-socialiste II.png

 

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06/12/2011

Petit glossaire des idéologies politiques - version IV

Petit glossaire des idéologies politiques - version IV

Établir une nouvelle version de mon petit glossaire des idéologies politiques s'est révélé impossible en utilisant le format simplifié que j'employais jusqu'à maintenant.
Ce nouveau format se veut donc bien plus ouvert, et axé sur un mode moins affirmatif.


Le Nationalisme

Contrairement à la doxa contemporaine qui veut que tout nationalisme soit d'extrême droite, le nationalisme peut aussi bien être de gauche que de droite. Un nationaliste adule sa nation (communauté culturelle), se montre le plus souvent conservateur sur les questions de mœurs, et adhère au conservatisme (patriotisme) économique (protectionnisme, autosuffisance, etc.)
C'est l'adulation de la nation et de ses origines culturelles qui va pousser le nationaliste à rejeter et à stigmatiser l'étranger (et l'Autre en général). La différence culturelle étant perçue comme remettant en question la stabilité (donc la pérennité) et la cohésion (voire la pureté) de la communauté culturelle nationale originelle (native).
Un nationalisme de droite se positionne en faveur du capitalisme et d'un État minimal (peu interventionniste sur le plan des droits sociaux). Le nationalisme de droite trouve son parfait exemple en l'Union Démocratique du Centre (UDC) ou en le Front National (FN).
Un nationalisme de gauche se positionne en faveur d'une économie planifiée ou en tout cas d'un État fort (très interventionniste sur le plan des droits sociaux) dans le cadre de l'économie de marché. Le nationalisme de gauche peut être illustré par le nazisme, ou bien par le groupuscule Genève Non Conforme, ou encore par les idées de Alain Soral.
Le nationalisme anti-productiviste existe aussi.

L'Extrême droite

La doxa voudrait me faire placer dans la case extrême droite le nationalisme. Extrême droite signifie pourtant simplement « à la droite de la droite ». Alors strictement idéologiquement parlant, l'extrême droite n'est constituée de rien d'autre que les courants libéraux extrémistes (ou radicaux).
La plus extrême de ces formes est l'anarcho-capitalisme, c'est à dire l'anarchisme de droite, qui se rapproche très fortement du libertarisme, assez bien représenté aux USA (notamment par certains membres du Parti Républicain et du Tea Party). Cet anarchisme de droite prône la suppression de l’État-providence, et donc l'abandon du respect des droits sociaux (pourtant intégrés aux droits fondamentaux des Constitutions contemporaines). Il s'agit donc de privatiser les services publics en charge de ces droits sociaux et de donner ainsi davantage d'importance à l'économie de marché et à ses logiques. Notons toutefois que certains libertariens imaginent souvent des mécanismes de solidarité ou de charité pour permettre la survie des plus pauvres.
Le projet libertarien consiste à revenir au libéralisme classique, c'est à dire aux mécanismes organisationnels collectifs du XIXème siècle, et donc à préserver uniquement les fonctions régaliennes de l’État (justice, police, armée), lui permettant de préserver seulement les droits civiques et politiques. Les conséquences d'un tel mode d'organisation sont la constitution d'une société extrêmement inégalitaire que certains qualifient même de néo-féodalisme où une oligarchie (ploutocratie) domine sans partage. Les anarchistes de droite vont parfois plus loin que les libertariens en imaginant une privatisation totale de l’État, comprenant ses fonctions régaliennes. Quelque uns vont donc jusqu'à imaginer que la classe ultra-dominante économiquement s’appuierait logiquement dans ce cas sur des milices privées pour assurer sa domination totale.

Il existe par ailleurs d'autres formes libérales extrêmes, mais néanmoins moins extrêmes que celles précédemment étudiées . L'ultra-libéralisme en est une dénomination idéologique possible qui définit une privatisation partielle de l’État-providence que l'on tente de restreindre le plus possible, en limitant au maximum les impôts, les taxes, la redistribution des richesses, ou toute intervention de l’État visant à assurer le respect des droits sociaux. On vise ici un État minimal, comme la doctrine ancienne du libérisme qui se développa en Italie il y a un certain temps, où le capitalisme peut au maximum organiser la société. Cela crée évidemment des sociétés ultra-inégalitaires.
Le néo-libéralisme est une autre dénomination possible de ce courant contemporain d'un libéralisme radicale. Par l'emploi de ce terme on marque parfois l'importance d'un État répressif accru (par un processus de pénalisation de la pauvreté et de l'exclusion) pour accompagner la privatisation de l’État-providence, et donc l’accroissement des inégalités et de la précarité. On peut aisément qualifier les partis de droite suisses de néo-libéraux au vu de leur politique actuel. Ainsi le Parti Libéral-Radical (PLR), le Parti Démocrate-Chrétien (PDC), le Parti Bourgeois Démocrate (PBD) et les Verts Libéraux (V-Lib) adhèrent clairement aujourd'hui à un libéralisme radical du type néo-libéral.

La Droite

La droite se caractérise par son adhésion au capitalisme. Néanmoins elle est en faveur d' un Etat-providence minimal qui intervienne un minimum pour assurer un tant soit peu le respect des droits sociaux des individus. Ce compromis s'appelle le social-libéralisme, ou nouveau libéralisme.
Cette faible intervention étatique dans le cadre du capitalisme permet d'éviter des taux d'inégalités trop explosifs et de limiter la précarité ou l'exclusion.
Une certaine proportion des membres des partis suisses de droite (principalement au PDC, au PBD et chez les V-Lib) sont encore social-libéraux, mais ils sont présentement plutôt minorisés par les membres (majoritaires) les plus extrêmes.

Le Centre Droit

Le centre droit est conscient de la nécessité d'assurer les droits sociaux des individus, et donc de l'importance de l’État-providence. C'est pourquoi il est en faveur d'une intervention moyenne de l’État dans le cadre du capitalisme, afin de limiter inégalités, précarité, et exclusion. Ce social-libéralisme renforcé représente une gradation dans les modèles possibles d’État providence.
A nouveau, certains membres des partis suisses de droite pré-cités se retrouvent dans cette case idéologique.

Le Centre

Le centre n'existe que de manière abstraite. Il n'y a en effet pas d'équilibre pur et parfait entre intervention de l’État et liberté de l'économie de marché, pas de modèle définissable de l’État providence centriste. En théorie le centriste pur se trouve entre le social-libéralisme renforcé du centre droit et la social-démocratie de centre gauche.


Le Centre Gauche


Le centre gauche est en faveur d'une intervention forte de l’État dans le cadre d'une économie capitaliste. Rompant avec la solidarité, il en appelle à la justice sociale, qui se concrétise en un modèle d’État providence fort et très interventionniste, à même d'assurer les droits sociaux des individus dans une large mesure. Cette doctrine est celle qu'on appelle de nos jours la social-démocratie. L’État social-démocrate assure un taux assez bas d'inégalités sociales, limite la précarité, et réduit l'exclusion, en mettant en place des services publics étendus et de qualité, en levant des impôts progressifs assez élevés, en créant un cadre juridique protecteur pour les plus faibles, et en taxant les secteurs à fortes externalités négatives.
Pour améliorer son efficacité et ses capacités, la social-démocratie peut se faire étatiste et étatiser des secteurs économiques pour s'assurer des recettes supplémentaires.
Le centre gauche peut fort bien se montrer conservateur sur le plan économique.
En Suisse, une majorité du Parti Socialiste (PS) correspond à ce centre gauche.

La Gauche

A la gauche du centre gauche, on trouve les idéologies socialistes.
Le
socialisme contemporain correspond idéologiquement au marxisme réformiste. Ce courant prône l'instauration démocratiquement décidée d'une économie étatisée et planifiée (les moyens de production sont la propriété commune de la société). En tendant vers l'égalité des ressources par une distribution égalitaire des revenus, les inégalités, l'exclusion, et la précarité, sont réduits quasiment au néant. C'est ce courant qui est qualifié, comme la social-démocratie, de réformiste, puisqu'il n'est pas révolutionnaire. Le socialisme contemporain peut fort bien être conservateur sur le plan économique.
Le
socialisme anti-productiviste, correspond à l'articulation politique (collective) du socialisme utopiste (communautaire). Il s'agit toujours d'une économie étatisée et planifiée, mais en plus de cela s'ajoute une décentralisation économique et politique, relocalisation des activités humaines, un niveau d'autoproduction et d'autosuffisance élevée, un conservatisme économique obligatoire, et une auto-limitation de l'impact collectif écologique aux capacités régénératives de la biosphère et des écosystèmes.
L'écologie politique est assez proche du socialisme anti-productiviste, sans en reprendre tous les aspects.
Elle prône une économie privée de petites entités (coopératives, associations autogérées, indépendants, paysans, artisan, etc.) et se passe donc d'économie étatisée et planifiée.
Décentralisation économique et politique, relocalisation des activités humaines, un niveau d'autoproduction et d'autosuffisance élevée, un conservatisme économique obligatoire, et une auto-limitation de l'impact collectif écologique aux capacités régénératives de la biosphère et des écosystèmes, restent des éléments constitutifs de son projet de société.
Enfin, le
néo-socialisme fait la jonction entre socialisme contemporain, socialisme anti-productiviste et social-démocratie. Il représente un projet plus modéré que le socialisme, mais plus à gauche que la social-démocratie. Il s'agit d'étatiser et de planifier les grandes structures économiques, tout en maintenant une économie de marché sous tutelle pour les petites structures économiques. La tutelle signifie que les petites entités économiques sont soumises à un droit de regard total de l'État sur leurs activités. Ce sont là les principes fondant une économie planifiée mixte. Dans le néo-socialisme, l’égalité des ressources est relative, et l'organisation du travail est autogéré. Par ailleurs, décentralisation économique et politique, relocalisation des activités humaines, un niveau d'autoproduction et d'autosuffisance élevée, un conservatisme économique obligatoire, et une auto-limitation de l'impact collectif écologique aux capacités régénératives de la biosphère et des écosystèmes, viennent s'ajouter à ce projet de société. Et pour conclure, au sujet de l'organisation collective et politique, on applique le principe de la démocratie directe par assemblée populaire à la plus basse échelle spatiale, et de la démocratie athénienne (par tirage au sort 50%) et représentative (par élection 50%) à l'échelle supérieure.

L’Extrême gauche

A la gauche de la gauche, l'extrême gauche rassemble plusieurs courants idéologiques.
Le
communisme contemporain correspond au marxisme classique (et à ses dérivés). Il préconise une économie étatisée, centralisée, et planifiée instaurée par la lutte révolutionnaire (donc la lutte armée). La dictature de classe permet d'atteindre l'égalité des ressources quasiment totale, et donc la disparition des classes sociales. La centralisation politique et économique est sensée disparaître avec le dépérissement attendu de l’État dans la société sans classe. Le marxisme-léninisme imagine une organisation démocratique par assemblées populaires (démocratie directe) dans le cadre de cette société sans classe.
Le
communisme libertaire, c'est à dire l'anarchisme de gauche, prône l'abolition de l’État, mais uniquement après avoir atteint une société sans classes (et donc une égalité des ressources ce qui signifie l'abolition de la propriété privée des moyens de production précédemment). L’organisation de la société se fait par libre association d'individus par affinités qui forment des communautés politiques décentralisées (aussi sur le plan économique) et autogérées. La démocratie directe ou le consensus permettent ensuite d'organiser la prise de décision collective.
L'anarchisme de gauche anti-productiviste existe aussi.
La forme la plus extrême de l'anarchisme est celle du
weganarchisme qui prône la non exploitation des animaux, ces derniers étant libérés de l'exploitation après la libération des êtres humains (qui sont à leur yeux aussi des animaux).
L'anarcho-individualisme est une forme incompréhensible sur le plan collectif et politique de l'organisation de la société.

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Glossaire version III :
http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/10/07/petit-g...ideologies-politiques-traditionnelles-ve.html


Glossaire version II :
http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/09/25/petit-g...


Glossaire version I :
http://www.facebook.com/note.php?note_id=204377546253443



05/12/2011

Le lac de Coase : le capitalisme vert en action !

Le lac de Coase : le capitalisme vert en action !

Coase a imaginé comment régler la crise écologique en utilisant les logiques mêmes qui l'ont produites, à savoir les logiques du capitalisme.

Son idée était que en privatisant (en marchandisant) la nature, alors cette même nature serait préservée de toute nuisance. Dans le capitalisme en effet tous les individus font des choix rationnels (une hypothèse osée sur la nature humaine sur laquelle est basée notre économie contemporaine), et ainsi, tout propriétaire d'un bien privé le gérera de manière à en tirer le plus grand profit. Il est donc dans l'intérêt du propriétaire d'un bien privé que ce bien ne perde pas de sa valeur. De même, si il s'agit d'un moyen de production, il sera dans l'intérêt du propriétaire de ce moyen de production d'en assurer la pérennité afin que sa rente de propriétaire ne se tarisse point.

Prenons donc l'exemple d'un lac.
Plusieurs pêcheurs pêchent du poisson dans ce lac, et ils en tirent un revenu qui leur permet de vivre. Ce lac est un moyen de production naturel qui n'appartient à personne, donc dont la propriété est commune (c'est un bien collectif). Mais les pêcheurs ne sont pas assez rationnels pour se rendre compte que si ils pêchent trop de poissons il n'y en aura plus (que si ils exploitent Mère Nature au-delà de ses capacités régénératives alors Mère Nature dépérira).
Coase propose donc de privatiser ce lac pour le préserver.
Le lac devient la propriété d'un seul pêcheur. En tant que propriétaire (rationnel) de ce lac, il veut en assurer la pérennité, et donc il limite le nombre de pêcheurs qui en ont l'accès. Pour cela il instaure un droit de péage pour accéder à son bien. Les autres pêcheurs vont donc devoir lui payer une certaine somme pécuniaire qui correspond à une partie de la valeur marchande de leur production. On peut aussi dire que les pêcheurs doivent travailler plus longtemps pour obtenir le même revenu qu'ils pouvaient obtenir quand le lac n'était pas le propriété privée d'un seul pêcheur. On voit ici le principe de l'expropriation capitaliste : le possesseur des moyens de production (des capitaux) dérobe une partie de la valeur du travail du travailleur simplement parce qu'il possède les moyens de production.

Cette démonstration de la théorie de Coase amène le constat suivant : la privatisation de la nature peut certes amener à préserver dans une certaine mesure la nature (mais pas à régler la crise écologique puisque celle-ci découle d'une logique inhérente au capitalisme, à savoir le productivisme, le toujours plus), mais elle provoque en échange l’accroissement des inégalités et donc une précarisation croissante.

La crise écologique ne se résoudra pas à coup de baguette magique capitaliste à privatiser le monde.
Elle ne se réglera que par la refonte de nos sociétés contemporaines sur une logique d'auto-limitation, c'est à dire par un apprentissage collectif à distinguer l'essentiel du futile. Toute auto-limitation induit nécessairement le partage. Et c'est ce partage que redoute les classes dominantes et qui les enferme dans des délires à la Coase.

13:16 Publié dans Capitalisme vert | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : lac, coase, capitalisme vert, privatisation, propriété privée, écologie | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg