22/12/2011

Staline versus Néo-socialisme

Staline versus Néo-socialisme

Mes détracteurs m'ont régulièrement accusé d'être en faveur du «
socialisme réellement existant », c'est à dire d'un retour à l'URSS stalinienne. C'est pourquoi aujourd'hui je publie la démonstration théorique que mes thèses sur le néo-socialisme ne sont en rien semblable au stalinisme. L'économie planifiée stalinienne, autrement dit le capitalisme d’État (cf. André Gorz), n'a en effet rien de commun avec mon modèle d'économie planifiée mixte, à cheval entre l'économie DES marchés (cf. Serge Latouche), le socialisme utopiste (cf. Babeuf ou Cadet), la social-démocratie contemporaine, et le marxisme réformiste.

Centralisation économique vs Décentralisation économique

Le stalinisme se caractérisait par une centralisation marquée de la prise de décision économique (de la planification). En conséquence, Hayek pointe le manque d'information qui en découle. Dans le néo-socialisme, cette défaillance est corrigée par une
décentralisation de la planification économique, qui se fait à l'échelle la plus locale possible.

Économie planifiée sur-étatisée vs Économie planifiée mixte

Même dans l'URSS existait encore un libre marché pour 5% des producteurs agricoles. Malgré tout, l'énorme majorité de la production et de la distribution était effectuée par l’État. Certains secteurs de petites tailles sont pourtant plus efficients lorsqu'ils restent sous contrôle privé, sans pourtant devenir anti-sociaux ou anti-démocratiques pour autant. C'est pourquoi, dans le néo-socialisme, les petites entités économiques peuvent rester sous contrôle privée (même si un contrôle étatique reste éventuellement souhaitable, ainsi qu'une organisation du travail fondée sur l'autogestion).

Centralisation politique vs Décentralisation politique

Le modèle stalinien est fortement politiquement centralisé, avec comme conséquence que les décisions politiques sont prises avant tout par l’État central, affaiblissant ainsi l'autonomie individuelle et collective, et faussant la planification économique. Le néo-socialisme distribue les compétences par degré d'échelles en partant du village ou du quartier et en remontant jusqu'à la fédération (ou la confédération), permettant une juste prise en charge collective de soi-même.

Spécialisation de la production par région vs Autosuffisance locale

L'économie planifiée stalinienne organisait sa production à partir d'une chaotique et improductive spécialisation par région. Avec l'augmentation future des coûts des transports du à la raréfaction des ressources et par conséquent la baisse des échanges commerciaux, il est nécessaire au contraire de relocaliser notre production économique. C'est pourquoi le néo-socialisme organise les sociétés humaines en maximisant leur autosuffisance collective et individuelle (par le développement de l'autoproduction), et donc en maximisant leur autonomie. Ce qui ne veut certainement pas dire qu'une approche d'autosuffisance régionale ne soit pas souhaitable en complément. Il s'agit donc ici d'une nouvelle division du travail collective et individuelle.

Organisation autoritaire du travail vs Organisation autogestionnaire du travail

Les entreprises étatiques soviétiques organisaient le travail avec un management autoritaire niant la liberté de l'individu et son autonomie. Le néo-socialisme, au contraire, organise le travail par la prise décision collective (autogestionnaire) de la coordination des activités productives par les travailleurs eux-mêmes. Lorsque cela est possible, il est souhaitable qu'un tournus des fonctions s'effectuent, principalement entre travailleurs et coordinateurs.

Autoritarisme totalitaire élitiste vs Démocratie exemplaire

Alors que le modèle stalinien était caractérisé par un autoritarisme écrasant non respectueux des libertés individuelles et par une concentration des pouvoirs parfaitement élitiste, le néo-socialisme propose lui de mettre en place une véritable démocratie populaire, citoyenne, et directe. Cette démocratie exemplaire est composée : d'un premier niveau locale fonctionnant en assemblées populaires et délibérant par consensus ou par démocratie directe, et d'un second niveau multiple de délégation politique fondée sur le tirage au sort et l'élection à la proportionnelle (auquel on adjoint les outils de la démocratie représentative semi-directe). Les libertés et droits civiques et politiques seraient bien entendu assurées.

Impérialisme vs Localisme

Les soviétiques pensaient que pour que leur modèle survive il leur fallait une révolution mondiale. A cause de cela, ils gaspillèrent énormément de ressources à tenter de concrétiser leur domination par une politique impérialiste. Le néo-socialisme n'a nul besoin de révolution mondial ! C'est un modèle concret et fonctionnel qui peut être mis en place localement, régionalement, ou sur un plan fédéral (national). Il peut fort bien fonctionnellement s’accommoder d'échanges avec d'autres régimes capitalistes. Attention, cela ne signifie pas que le renversement mondial du capitalisme ne soit pas souhaitable sur un plan axiologique, simplement le néo-socialisme n'en a pas besoin pour fonctionner.

Productivisme vs Anti-productivisme

Le stalinisme était productiviste et inconscient des limites de la biosphère. Au contraire, le néo-socialisme a à cœur d'employer l'outil de la planification démocratique décentralisée afin de procéder à une limitation de l'impact écologique des activités humaines au-dessous des capacités régénératives de la Terre.

18:14 Publié dans Stalinisme & URSS | Lien permanent | Commentaires (11) | Tags : staline, stalinisme, urss, néo-socialisme | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg

Commentaires

" L'économie planifiée stalinienne, autrement dit le capitalisme d’État "

Faut pas trop charier non plus. Le capitalisme d'état se sont des entreprises privées capitalistes au service de l'état. Contrairement à l'état soviétique du début jusqu'à la fin de l'URSS qui était l'unique propriétaire de tout les moyens de productions ( et du gaspillage massif qui s'en suivit).

D.J

Écrit par : D.J | 22/12/2011

@ D.J

Cette expression de capitalisme d'Etat, je l'emprunte à André Gorz qui définissait le capitalisme d'Etat comme un système d'organisation de la société fonctionnant toujours sur des logiques capitalistes. Pour lui tant qu'il y avait des logiques capitalistes en place on ne pouvait parler d'autre chose que de capitalisme - d'Etat puisque les moyens de production avaient été étatisés.

Écrit par : Adrien Faure | 22/12/2011

Je ne connais pas encore tous ces théoristes mais toutes ces théories sont bien simplistes : "Le capitalisme d'état" dans le communisme ; la biospère chez Staline et le néo-socialisme ! Woahhh : OK les jeunes, mais alors apparemment vous n'avez rien capté...regardez plutôt ce que peut être le communisme en version "Coréenne du Nord"; Et vous, vous proposez quoi d'autres sauf de l'idiotie bien qu'emplie de belles réthoriques. Mais où en êtes vous ? Au néosoviétisme j'espère. Là, ca pourrait marcher encore mais ce que vous nous raconter, ce sont des propos de "baltringues" tels ceux du parti communiste de l'après guerre. Allez "Dodo"...Sacha

Écrit par : Kochka | 22/12/2011

C'est marrant Kochka... Bien qu'Adrien nous abreuve de ces théories néosocialistes, il s'appuie néanmoins sur des arguments tandis que vous ne faîtes qu'opposer des critiques dénuées du moindre argument. Avant de critiquer et dire des inepties, apprenez d'abord à discourir correctement. NB : rhétorique ne s'écrit pas réthorique.

Écrit par : Roldana | 22/12/2011

@ Adrien,

Je voit un peu où vous voulez en venir. Mais cela porte une grande confusion sur la définition même d'organisation et de production entre les deux systèmes.

Ce serait un peu comme de considérer pareil un homme en apesanteur sur la Lune et un homme immergé au fond d'une piscine ou d'un lac. l'apparence semble la même; mais l'analogie ça s'arrête là.

D.J

Écrit par : D.J | 22/12/2011

Quand je lis ça me fait peur car je remarque qu'en France nous ne sommes pas totalement en démocratie.
A noter que je viens d'apprendre un autre mot : axiologie , donc merci.

Écrit par : Herve | 22/12/2011

Un océan de naiveté et de méconnaissance du monde réel, de l'économie et de la nature humaine, maladroitement camouflé dans une prose ronflante pseudo-intellectuelle.

Écrit par : Amusé | 23/12/2011

@ Amusé, si vous voulez démontrer la pertinence de vos critiques acides, je vous invite à construire un discours argumenté. Sinon vous n'atteindrez même pas le stade pseudo-intellectuel ;)

Écrit par : Adrien Faure | 23/12/2011

et une méconnaissance flagrante de la réalité de l'URSS, aussi !

Écrit par : rhodine | 23/12/2011

@ Rhodine, développez donc votre critique : qu'ai-je énoncé qui trahis ma méconnaissance de l'URSS (et particulièrement de sa période stalinienne puisque c'est à celle-ci que je fais directement référence).

Écrit par : Adrien Faure | 23/12/2011

hello Adrien, merci de votre explication. Votre proposition néo socialiste est proche de ce qui était débattu avant que Marx soit désigné grand vainqueur pour le grand bonheur du capitalisme. La responsabilisation du citoyen afin qu il s autogère est la solution pour décharger l Etat. Ceci dit cela est plus proche de l anarchie de Proudhon. Le communisme version moderne n est pas la Corée du Nord. Ce pays est juste un vestige branlant d un laboratoire idéologique. La version actuelle du communisme est la version chinoise. Cette dernière a fusionné la thèse (communisme) et l antithèse (capitalisme) pour arriver à une synthèse plus brutale que notre version occidentale. Aujourd'hui bien que l'occident ne partage pas (en apparence seulement) la vision chinoise, notre économie a définitivement besoin de la Chine pour survivre. Les coûts d exploitations (plutôt que de dire le coûts de la main d œuvre) est tellement bas en Chine. Même Serge Dassault en personne souhaiterait pouvoir traiter le travailleur français de la même manière. Nos sociales démocraties proches des pays nordiques sont sur le point de mourir. La croyance aveugle au libéralisme qui ne libère pas le travailleur est entrain de devenir obsolète. Autant il fut un pêcher de dire que la Terre était ronde que le capitalisme et le meilleur des systèmes. Une alternative est donc nécessaire. Et qui alternative, ne veut pas dire que l on reste dans une logique binaire qui consiste à ne pas évoluer en communisme et capitalisme.

Écrit par : plume noire | 24/12/2011

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