29/11/2011

Hésitation ?

Hésitation ?

On m'a dit que j'avais été présomptueusement alarmiste dans ma récente publication, et que je sombrais dans un déterminisme historique typiquement marxiste.

http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/11/25/generat...

Est-ce vrai ?

La réponse dépend de notre appréciation de la conjoncture économique : la crise de la dette va-t-elle se résorber rapidement ou va-t-elle entraîner la quasi disparition de l’État providence tel que nous le connaissions aujourd'hui ?

Imaginons que j'aie été inutilement alarmiste.
Il est possible que l'austérité porte ses fruits (les dettes seront résorbées et les budgets équilibrés), que l’État providence puisse être maintenu après une cure d'amaigrissement, et que malgré la plus faible intervention de l’État, l'économie de marché se remette à tourner.

Quelle forme prendra ce nouvel État providence ? Quel sera sa portée ? Les populations habituées à sa main bienfaisante accepteront-t-elles cette évolution ? Si oui, dans quelle mesure cette acceptation se fera dans l'harmonie sociale (cf. la Grèce, ou l'Espagne aujourd'hui) ?

On voit donc l'évolution conjoncturelle supposée la plus probable par la majorité des analystes actuels : le capitalisme et son État providence (sous une forme amaigrie) vont se maintenir, les populations se serreront la ceinture, et tout continuera comme avant.

A cette hypothèse j'aimerais faire une remarque.

Je n'ai jamais soutenu que c'est parce que le capitalisme allait s'effondrer qu'il était nécessaire de prôner et de penser un nouveau système d'organisation de la société et des activités humaines.
J'ai défendu l'idée que le capitalisme était déterminé à s'effondrer, dès le moment où l’État providence n'était plus capable d'assurer un seuil de conditions de bien-être aux classes non possédantes et non aisées.
La nécessité d'un nouveau système découle de l'imperfection, des limites, de l’État providence dans le capitalisme, et ceci même sous sa forme la plus évoluée possible.
Un nouveau système ne doit donc pas être une création par défaut, mais un véritable idéal.

Enfin, rappelons que le capitalisme n'est pas mariable à la survie de la planète. Seule l'auto-limitation permettra de résoudre la crise écologique. Et l'auto-limitation passe nécessairement par une rupture avec les fondements et les logiques du capitalisme.
Imaginer un nouveau système n'est donc pas uniquement utopique, mais aussi une nécessité technique pour anticiper ce changement, au lieu de le subir.

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28/11/2011

Déséquilibre du malheur capitaliste

 

Après l'équilibre du bonheur néo-socialiste, je ne pouvais quand même pas m'empêcher de publier le déséquilibre du malheur capitaliste!  

Suis-je caricatural?
NON!
C'est le capitalisme qui est une caricature des aspirations de l'humanité !!

http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/09/30/lost-in...
Déséquilibre du malheur capitaliste.png

 

 

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25/11/2011

Génération post Etat-providence, génération révoltée

Génération post Etat-providence, génération révoltée

 

Cette semaine, l'austérité a atteint Genève.

On pourrait ergoter sur les causes précises et détaillées induisant cette austérité, mais au fond cela n'a aucune importance.
L'austérité est simplement un symptôme.
Elle est le symptôme que, à présent, Etat-providence et capitalisme ne sont plus en symbiose, mais qu'ils sont parvenus à un stade d'antagonisme prononcé.

L'équation contemporaine est la suivante :

Austérité progressive = fin progressive de l'Etat-providence = polarisation sociale et idéologique = renforcement de la lutte des classes = renversement du capitalisme

Marx avait donc raison !

Le renversement du capitalisme est inévitable.
Simplement, l'Etat-providence avait arrêté provisoirement le Temps en stoppant le moteur de l'Histoire, à savoir l'antagonisme de classe.
Mais l'Histoire est remise en marche par la crise économique et la crise de la dette, puisqu'ainsi, sur le long terme Etat-providence et capitalisme deviennent incompatibles.

Nous sommes entrés dans la période de transition qui marque le début de la chute de l'Etat-providence et le retour progressif au capitalisme sauvage du XIXème siècle.
Cette période est caractérisée par une polarisation sociale et idéologique croissante, double polarisation qui apparaît présentement sous les traits des mouvements d'indignation.
A la fin de cette période de transition, nous entrerons dans une période de lutte des classes prononcées avec des mouvements de révolte.

Indignée pour le moment, ma génération, cette génération que je qualifie de post Etat-providence, va tendre progressivement à la révolte.
De la révolte viendra le renversement, par la révolution ou par les urnes, du capitalisme, et l'instauration d'un nouveau mode d'organisation de la société fondé sur la partage et la coopération, une nouvelle forme d'économie planifiée, démocratique, et sûrement assez libertaire.

Mais la force d'inertie du système capitaliste est grande, et les classes dominantes tiennent à leurs privilèges et à leur domination.
Il faut donc d'attendre à une résistance accrue de leurs parts, avec un renforcement de la répression politique.
De même, on peut craindre au niveau mondial, un impérialisme renforcé visant à exploiter davantage les populations des pays pauvres.
Enfin, le nationalisme représente comme toujours un danger à surveiller.

Face à ces menaces, les forces humanistes de gauche doivent se préparer à une mobilisation de taille sur le long terme.

"L'histoire de toute société jusqu'à nos jours n'a été que l'histoire de luttes de classes."
"L'histoire ne fait rien, c'est l'homme, réel et vivant, qui fait tout."
Karl Marx

23/11/2011

Clément Wittmann, candidat de la décroissance à l'élection présidentielle française, vient en Suisse !

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Clément Wittmann, candidat de la décroissance à l'élection présidentielle française, vient en Suisse !


Le Réseau Objecteur de Croissance genevois invite Clément Wittmann, candidat du Parti des Objecteurs de Croissance (POC) français à l'élection présidentielle française de 2012, à donner une conférence lors de son Café-Décroissance bimestriel.

Clément Wittmann a 50 ans, trois enfants, et exerce la profession de charpentier.
Il est un militant de longue date de la cause écologiste et pacifiste.

Depuis plusieurs mois, il récolte à vélo, les 500 signatures de maires qui lui permettront ensuite de participer à la campagne présidentielle.

Sa venue en Suisse représente un apport bienvenu dans les débats qui traversent la société contemporaine.

D'une part, elle permet d'interpeller le camp politique écologique à la sortie des dernières élections qui ont vu un affaiblissement de l'écologie politique au profit de l'écologie McDo.
Les Verts, et la gauche dans son ensemble, ont tout intérêt (stratégiquement, logiquement, axiologiquement, et idéologiquement) à embrasser l'écologie politique originelle (l'anti-productivisme) plutôt que de frayer avec l'écologie capitaliste (mensongère, même oxymorique, et inefficace comme je l'ai déjà démontré dans mes publications précédentes).

D'autre part, elle rouvre le débat entre objecteurs de croissance sur la participation éventuelle de la décroissance à la vie politique en tant qu'idéologie politique (et plus uniquement en tant que projet de société).


*


Clément Wittmann donnera des conférences aux lieux et dates suivant-e-s :


- Mercredi 30 à Genève, 18h30 Maison des Associations, salle Gandhi

- Jeudi 1 décembre à Neuchâtel, à 19h à la salle UNIA , avenue de la gare 3 à Neuchâtel

- Vendredi 2 décembre à Bâle, 19h30, Veranstaltungsraum Klybeckstrasse 247 (Hinterhaus), 4057 Basel

- Lundi 5 à Lausanne, 19h30, Pôle Sud, avenue Jean-Jacques Mercier 3, 1003 Lausanne-Flon

- Mardi 6 à Berne


*


Plus d'informations sur le site de Clément Wittmann, avec notamment son programme politique :

http://clementwittmann2012.fr

 

22/11/2011

Équilibre du bonheur néo-socialiste

 

- Graphique schématisant les 6 principes fondamentaux du Néo-Socialisme -

http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/10/22/princip...
Equilibre du bonheur Néo-Socialiste version 2.png

 

 

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21/11/2011

Instabilité et polarisation idéologique en Europe

Instabilité et polarisation idéologique en Europe

Comme prévu, la gauche (entendez le centre gauche sur un plan idéologique) espagnole a perdu aux dernières élections. Cette défaite est la copie-conforme de celle vécue par la gauche portugaise.
En toute et bonne logique, ce scénario devrait aussi se répéter en Grèce.

Comment expliquer ces résultats ?

Et bien tout bêtement par le fait que les électeurs de gauche ne se mobilisent pas pour un gouvernement social-démocrate qui a comme seul projet de société davantage d'appliquer des politiques d'austérité !

La réaction des électeurs de gauche est donc parfaitement saine et doit faire réfléchir la gauche sud-européenne. Il est temps pour eux d'abandonner la social-démocratie et d'embrasser le socialisme, car sinon ils sont contraints de n'être qu'une copie laide et affadie d'une droite décomplexée.

Les libéraux (et leurs dérivés extrémistes en tout genre) quant à eux, profitent de la crise de la dette pour saccager l'Etat-providence et revenir à un capitalisme plus autonome, exploiteur et opprimant (pour les classes moyennes et les classes précarisées).

Mais l'affaiblissement de l'Etat-providence polarise la société et renforce la lutte des classes.
Ce phénomène produit nécessairement une polarisation idéologique avec le retour du socialisme comme alternative au capitalisme sur la scène politique.

Les mouvements des Indignés sont annonciateurs de cette double polarisation. Ils préfigurent les futures forces contestataires radicales qui sont en voie de formation dans toute l'Europe, et particulièrement dans les pays où la destruction libérale est en cours (comme en Grèce où des manifestations de communistes et d'anarchistes ont rassemblé jusqu'à 50 000 personnes, ou encore en Espagne où l'extrême gauche a remporté de bons résultats électoraux).

La polarisation idéologique et sociale a commencé.
Le capitalisme peut trembler : la révolte est en marche !

*

NB

En France, en Italie, et en Allemagne, la gauche devrait probablement arriver au pouvoir lors des prochaines élections. Toutefois, ces résultats futurs s'expliquent de la même façon par le fait que la population votera contre l'austérité décidé par les gouvernements de droite dans ce cas-la.
Les majorités se renverseront encore la fois d'après, si, entre-temps, les gauches italiennes, allemandes, et françaises ont été incapables de passer au socialisme, et donc d'apporter une réponse humaniste, efficace sur le long terme, à la crise de l'endettement.

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20/11/2011

Économie néo-socialiste

Économie néo-socialiste

Document appelé à évoluer

Il n'y a pas de dépassement du capitalisme possible, pas de solutions aux crises que traversent l'Europe, pas de solution à la crise écologique, sans une économie planifiée.

Comme il existe un grand nombre de modèles de capitalisme (du capitalisme social-démocratie au capitalisme ultra-libéral), il existe de même de nombreux modèles d'économie planifié.

Deux critiques faites à l'encontre de l'économie planifiée ne manquent pas de justesse et c'est pourquoi elles appellent des réponses :

- A la critique de Hayek sur l'incapacité des structures étatiques à accéder à l'information à temps, on répondra par une nécessaire décentralisation spatiales et économiques (logistiques).

- A la critique général sur le caractère contraignant de l'économie planifiée, on répondra par une économie mixte et démocratique.

Le modèle d'économie planifiée que je soutiens s'inscrit donc (et c'est essentiel) dans mes 6 principes fondamentaux du néo-socialisme :

http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/10/22/princip...

Le néo-socialisme doit rompre avec le socialisme scientifique (le marxisme classique et ses dérivées léninistes, trotskistes, maoïstes, cubains et même néo-marxistes), aussi bien que du socialisme utopiste trop communautariste.
Le dépassement de la social-démocratie est induite par la logique du dépassement du capitalisme.

Le modèle d'économie planifiée néo-socialiste est un modèle mixte :
Les grandes structures économiques (nécessaires à la bonne marche de l'économie, puisque les autres grandes structures sont décentralisées) sont sous contrôle étatique/collectif, mais les petites entités (paysans, artisans, indépendants, petits producteurs, etc.) restent sous contrôle privé.

La liberté d'entreprendre subsiste donc. Toutefois, le principe d'autogestion égalitaire (égalitarisme relatif s'entend) assure un fonctionnement démocratique dans ces petites structures privées. De plus, l'intervention étatique/collective tend à contrôler l'activité économique privée pour éviter tout abus.

La planification (décentralisée) doit prendre d'abord en considération la production (libre) des petites entités privées, et ensuite, définir la production des grandes structures économiques collectives.

Le crédit n'est accessible que par les banques (décentralisées), soumises au contrôle collectif (démocratique) évidemment.

L'économie sert essentiellement à combler les besoins des individus, ou leurs envies immatérielles. Les envies matérielles sont soumises au principe d'auto-limitation (démocratie écologique), ce qui ne veut pas dire qu'elles soient in-envisageables dans l'absolu, mais qu'elles doivent être écologiquement réfléchies (principe utilitariste à mon sens).

Les prix sont fixés en fonction de la quantité de travail (présente et passée) contenu dans chaque production.

L'économie est centré sur son développement interne (intérieur) : elle tend vers une autosuffisance de la production fondamentale. L'auto-production individuelle est donc encouragée (nouvelle division du travail). Le protectionnisme peut aussi être souhaitable selon les cas.

*

Comme on peut le voir, une économie néo-socialiste est un équilibre qui respecte l'individu sans toutefois permettre à certains de péjorer la collectivité.
Avec ses 6 principes démocratiques, elle résistera à toute tentation autoritaire ou élitiste.

Il est temps d'être un peu ambitieux si l'on veut en finir avec notre capitalisme archaïque, incapable d'assurer l'avènement d'une véritable société du bonheur ! 

19/11/2011

La décadence idéologique appelle une saine révolte ! (suite)

La décadence idéologique appelle une saine révolte ! (suite)

En Grèce, le consensus en faveur du sauvetage du capitalisme va jusqu'à l'extrême droite.
Le nouveau gouvernement grecque l'a en effet intégré à son union de massacreurs des droits sociaux afin de poursuivre avec davantage de violence politique sa barbare austérité.

Ceci devrait doucher les espoirs de tous les nationalistes qui croyaient encore vainement que l’idéologie conservatrice et nationaliste représentait « une troisième voie ».

Et bien non !

L'extrême droite n'est qu'une forme de capitalisme xénophobe et primaire.
L'union de tous les pro-capitalistes prend donc une teinte brunâtre particulièrement peu ragoûtante.

*

En Italie, un gouvernement technocratique (et anti-démocratique) a été mis en place.
Mais qu'est-ce qui se cache derrière ce masque technocratique ?
De la neutralité idéologique ?

Et bien non !

Derrière les masques se cachent de petits experts en survie du capitalisme !

Technocrates, nationalistes, capitalistes, libéraux, tous unis dans le même bateau contre les forces humanistes de gauche et contre les droits fondamentaux des individus !!

Le mot de la fin par le journaliste italien Giuletto Chiesa :

« Il faut mobiliser la plus vaste opposition sociale possible et se préparer à bâtir une nouvelle opposition politique.

(...)

Le devoir d'un président de la République aurait dû être, entre autres, de soustraire le pays au chantage des puissants, qu'ils viennent de l'intérieur ou de l'extérieur.
Au nom de la Constitution.

S'il le faut, nous nous en chargerons nous-mêmes. »

________________________________________________________________________________


Précédente note traitant ce sujet :

http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/11/15/la-deca...

 

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17/11/2011

Crise économique et austérité

Crise économique et austérité

Selon l'économiste Julien Bonnet :

« La vraie cause du chômage, ce sont les gains de productivité colossaux enregistrés depuis les années 1970. La productivité a été multipliée « seulement » par 2 entre 1820 et 1960, puis par 5 depuis 1960 grâce à la multiplication des robots et des ordinateurs. »

L'économiste Denis Baba revient, quant à lui, sur cette notion d'augmentation de la productivité du travail dans un de ses derniers articles :

« A compter de la fin des années 1960, la productivité du travail est tellement importante que le nombre d'heures travaillées collectivement devient insuffisant pour valoriser le capital accumulé par les entreprises. Sur notre planète économique, il n'y a plus assez de travail pour rentabiliser le capital. »

Car « pour fonctionner correctement une économie de marché doit mobiliser toujours plus de travail productif, c'est à dire du travail mis en œuvre pour rentabiliser le capital des entreprises (...) afin de garantir les taux de profit. »

Quand la productivité du travail est trop élevée (phénomène renforcé par la révolution numérique et technologique), les entreprises qui le peuvent vont chercher le travail là où il coûte le moins cher (en Chine, au Brésil, ou en Inde). Mais même ainsi, nous dit Denis Baba, il est impossible de restaurer les taux de profit.

Alors les entreprises se tournent vers la spéculation.

« En 2006, officiellement la moitié des bénéfices des entreprises multinationales américaines était de nature spéculative. »

« Les titres financiers ne valent rien d'autre que la confiance qu'ont les autres acteurs du marché dans la poursuite de la hausse des prix. Et seule celle-ci permet de rembourser les emprunts. A partir de 2007, en Occident, les défauts de paiement sur le marché des crédits hypothécaires aux États-Unis provoquent l'explosion de la bulle : les dettes ne peuvent plus être remboursées à cause de la baisse des prix des titres financiers. »

« Il est maintenant évident que l'argent créé par la bulle financière ne vaut rien car il ne correspond à aucune valeur économique, à aucun travail. Il n'a certes jamais rien valu mais maintenant plus personne ne peut faire semblant du contraire. Une crise financière c'est la chute vertigineuse des valeurs spéculatives des titres financiers et donc de l'économie marchande qu'elle soutenaient.
Mais la crise économique n'a pas son origine dans la finance ou dans les banques. Pas du tout. La folie de la finance n'est que la conséquence de la crise de l'économie : l'impossibilité de continuer à faire des profits et de la croissance sans le soutien de la bulle spéculative. »

Cette crise économique découle donc des logiques propres au système capitaliste et à ses propres limites internes ou fonctionnelles (systémiques).

Le système économique capitaliste étant en danger, les gouvernements européens, soumis aux classes dominantes (ou aliénés par l'idéologie libérale dominante), sont intervenus pour le sauver.
Pour cela, ils ont dû s'endetter, et à présent ils sont incapables de maintenir, dans le cadre des limites du capitalisme, un Etat-social correct.

Au contraire, ils se retrouvent à appliquer avec violence des politiques d'austérité et de réduction de l'Etat-social !

La conclusion logique de tout ceci, comme je l'ai démontré dans mes notes précédentes, consiste en un renversement des classes dominantes par les classes moyennes et précarisées.

http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/11/07/lutte-d...

Toutefois, le capitalisme pourrait fort bien se maintenir en mutant en une forme davantage dictatoriale et autoritaire où toute contestation se verrait réprimée. L'élitisme contenu dans le libéralisme offre d'ailleurs une base théorique à ce type de transformation répressive.

C'est pourquoi les forces de gauche doivent impérativement accéder au pouvoir et sortir du capitalisme par une transition vers une économie (néo)socialiste !


"L'Histoire ne fait rien, c'est l'homme, réel et vivant, qui fait tout." K. Marx



15/11/2011

La décadence idéologique appelle une saine révolte !

La décadence idéologique appelle une saine révolte !

La formation d'un gouvernement d'union nationale en Grèce est le symptôme de la décrépitude de la démocratie politique représentative actuelle.

Lorsque social-libéraux de droite et social-démocrates de centre gauche s'unissent, toute différence idéologique est symboliquement abolie.

Il s'agit d'une atteinte claire au principe du pluralisme politique.


Concrètement, les partis pro-capitalistes s'unissent dans une situation de crise du capitalisme pour tenter d'assurer la survie du capitalisme, et donc de préserver les intérêts des classes dominantes qui sont avantagées par la situation actuelle.
La survie du capitalisme signifie, pour les social-démocrates, sacrifier tout principe moral en appliquant des politiques d'austérité à l'opposé de leur positionnement axiologique. C'est le syndrome du paradoxe perdu de la social-démocratie.


A présent, en Grèce, l'extrême gauche se retrouve doublement renforcée pour mener la révolte des classes précarisées et moyennes.
D'une part, par l'échec de la social-démocratie qui a vendu son âme au capitalisme pour assurer la survie de l'élite politique qu'elle représente (ou simplement par auto-limitation idéologique).
D'autre part, par la politique d'austérité qui, saccageant l'Etat-social, polarise la société.

De plus, vu la situation, l'aliénation idéologique devrait s'estomper devant la conscience de classe, et permettre ainsi les mobilisations nécessaires au renversement politique et social, qui se fera par les urnes, ou par la révolution.


Il reste à espérer que une fois arrivées au pouvoir, les forces anti-capitalistes sauront mettre en place un système novateur, à l'équilibre entre socialisme scientifique et socialisme utopiste !

14/11/2011

La lutte des classes au XXIème siècle (complément)

La lutte des classes au XXIème siècle (complément)

Je publie cette note complémentaire simplement pour apporter quelques éléments tirés d'auteurs quasi contemporains en faveur de la théorie de la lutte des classes.
Ceci afin de renforcer la pertinence de ma dernière publication.

http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/11/07/lutte-d...

Par ailleurs, j'aimerais ajouter que je considère que la situation tragique actuelle en Grèce (voire même ultérieurement en Espagne) peut servir (à court, et long terme surtout) de vérification empirique de l'hypothèse du lien déterminant entre crise économique et/ou crise de l'endettement étatique, politique d'austérité et de réduction de l'Etat-social, polarisation sociétale, et logique renversement social/renversement systémique.

Extrait des travaux des sociologues Christian Baudelot et Roger Establet

« Il est possible de calculer, sur la base des résultats antérieurs, la quantité de travailleurs mobilisés au service de chacune des catégories sociales. (...)
Chaque membre d'une famille d'industriels dispose en permanence du travail annuel de 1,75 personne : Madame, Monsieur, l'aîné, et la cadette ont, chacun à leur service, un travailleur à temps plein pendant 9 mois. (...)
Chaque membre d'une famille d'ouvrier spécialisé doit se contenter d'un travailleur à temps plein pendant 4 mois. Ce sont ceux qui travaillent le plus dur qui sont les moins biens servis.
Qui disait que la théorie de Marx était dépassée ? Les nouveaux philosophes cadre supérieurs pour la plupart, dont chacun, dans la famille, dispose d'un travailleur à temps plein toute l'année et d'un autre plus de 4 mois.
(...)
[En France] 31% des travailleurs, ayant contribué à produire des biens et des services nouveaux (les autres servant à reproduire la force de travail global), ont travaillé pour les inactifs pauvres, les ouvriers, les salariés agricoles, les paysans, et les employés ; alors que 69% ont travaillé pour les cadres (moyens et supérieurs), les inactifs riches, les professions libérales et les industriels.
Traduction. Près de 70% des richesses (...) ont été accaparées par quatre catégories sociales qui ne représentent que 30% de la population des ménages. Les autres (70% de la population) n'héritent que des 30% restants.
Ce n'est pas de partage [des richesses] qu'il convient de parler, mais de pillage. »

Extrait des travaux du sociologue Louis Chauvel

« En supposant que, entre la base et la médiane, l'écart est de 1 mètre, le décile supérieur du revenu est à 2 mètres, alors que celui du patrimoine est à 4 mètres. Côté revenu, à gauche, Lindsay Owen-Jones (le PDG de L'Oréal), qui a la réputation d'être le salarié au revenu le plus important en France, se trouve à une altitude de 300 mètres. Liliane Bettencourt, héritière de la société L'Oréal, de par son patrimoine, se retrouverait côté droit à 32 000 mètres (...) Par conséquent, le patrimoine médian n'a à peu près aucun sens sociologique véritable en termes de ressources susceptibles de définir des groupes sociaux : il n'existe pas de classe de patrimoine médian, dans la mesure où ce n'est pas là un niveau de patrimoine où la population tend à venir s'agréger, alors qu'il existe une classe médiane pour les revenus, repérables à la boursouflure du strobiloïde du revenu.
Ici, non seulement l'espace entre les ouvriers et les cadres est béant, mais l'écart entre les cadres susceptibles d'espérer une ascension patrimoniale (cadre dirigeant dans une entreprises de grande dimension dans un secteur en restructuration, ou dont la maturité espérée n'est pas atteinte) et les autres est immenses. »

D'autres auteurs ont aussi développé la théorie des classes sociales, tels que Thorstein Veblen, Jean Baudrillard, Edmond Goblot, ou Maurice Halbwachs.

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07/11/2011

La lutte des classes au XXIème siècle

La lutte des classes au XXIème siècle


Aujourd'hui, on peut proposer un découpage en classes sociales en fonction du mode de vie et du mode de consommation, découlant du niveau de fortune et de revenu, eux-mêmes conséquences du mode de production et de la place dans le mode de production.

Hypothèse pour Genève (mais on devrait obtenir plus ou moins les mêmes résultats pour la Suisse)

Classes dominantes – 10% de la population genevoise
[Nombre de millionnaires à Genève, ils détiennent plus de 85% de la fortune totale du canton.]

Classes moyennes supérieure – 20 à 30 %
- classe moyenne supérieure très aisée
- classe moyenne supérieure aisée

Classe moyenne inférieure – 40 à 50 %
- classe moyenne inférieure peu aisée
- classe moyenne inférieure précarisée

Classes précarisées – 15 à 20% de la population genevoise
[moyenne suisse officielle + moyenne genevoise basée sur étude de la précarité des HUG]

NB : Les pourcentages en ce qui concerne les classes moyennes sont une hypothèse basée sur les travaux de l'économiste Alain Lipietz.


La lutte des classes n'est fortement visible et ressentie par les individus que lorsqu'une polarisation sociale élevée est en place. Cette polarisation sociale était clairement présente jusqu'à l'instauration et le développement de l'Etat-social en Europe. La lutte des classes, dans une société fortement polarisée, amène forcément à un renversement des classes dominantes par les classes dominées.


3 facteurs amenant progressivement, de nos jours, à une polarisation sociale importante


1. L'idéologie néo-libérale

Expression idéologique des désirs et des fantasmes des classes dominantes, l'idéologie néo-libérale précarise les classes moyennes en abattant pallier par pallier l'Etat-social. En agissant ainsi, la classe dominante œuvre à sa propre destruction puisqu'elle renforce la polarisation sociale qui finira par l'abattre en provoquant un soulèvement (réformiste ou révolutionnaire).

2. Les limites de la social-démocratie

Dans le cas où l'Etat-social a dû s'endetter passablement pour mener à bien ses politiques sociales et qu'il atteint ses limites de financement, il se retrouve contraint (dans le cadre des logiques capitalistes) d'appliquer une politique d'austérité renforçant les inégalités et par conséquent la polarisation sociale.

3. Les limites naturelles

La croissance économique, nécessaire au bon fonctionnement du capitalisme, dépend de l'accès aux ressources, notamment des ressources énergétiques. 85% de l'énergie consommée provient du pétrole, du gaz, et du charbon. Avec la raréfaction prochaine de ces ressources, les gouvernements pro-capitalistes devront forcément restreindre leurs dépenses, réduire l'Etat-social, et polariser la société.


L'Histoire est encore en marche.
La lutte des classes est notre réalité.
Le renversement du capitalisme et des classes dominantes est inévitable.
Reste à œuvrer pour que le bon système le remplace!

04/11/2011

La social-démocratie en question

La social-démocratie en question

Au XXème siècle, l'extension des idées marxistes dans le monde force les penseurs libéraux à répliquer. C'est pourquoi ces derniers théorisent un compromis entre socialisme et libéralisme : le social-libéralisme.
Cette idéologie prône l'intervention et la régulation de l’État dans le cadre du capitalisme pour limiter et réduire les inégalités socio-économiques. Il s'agit donc d'établir une forme d'efficacité productive équitable.

Cette idéologie (renforcée par le keynésianisme) va remporter un immense succès en convertissant progressivement la majeure partie des social-démocrates, alors marxistes réformistes.

Depuis ce moment, cette idéologie peut être séparée entre deux courants proches : le social-libéralisme (de droite) et la social-démocratie (de gauche).
Toutefois, il n'y a pas de différence fondamentale au niveau socio-économique entre ces deux courants idéologiques. Au niveau politique, la social-démocratie est classée au centre gauche, et le social-libéralisme au centre droit.

Deux principales critiques existent au sujet de la social-démocratie :

La première, marxiste, dénonce le fait que la social-démocratie et son Etat-providence empêche la polarisation sociétale nécessaire à la mobilisation des classes dominées pour que ces dernières se soulèvent et renversent les classes dominantes.

La seconde, néo-libérale (voire libérale classique), prétend que le défaut du social-libéralisme réside dans son improbable pérennité. Car toute intervention étatique visant des buts humanistes affaiblit l'efficacité du capitalisme et réduit la production de richesses.
Avec la réduction des richesses, l’État s’appauvrit et se retrouve dans l'incapacité d'intervenir. Il lui faut donc s'endetter pour financer de nouvelles mesures humanistes et par là réduire l'efficacité et la production de richesses. C'est un cercle vicieux.
Leur solution consisterait à revenir à un libéralisme classique offensif : le néolibéralisme (et ses formes voisines), seul à même de rétablir la bonne marche du capitalisme.

Aujourd'hui, on peut constater avec l'exemple scandinave, les bons résultats obtenus par la social-démocratie.
Toutefois, l'exemple actuel des pays sud-européens pourrait prouver la critique néo-libérale.

En réalité, la situation scandinave permet de se rendre compte des limites de la social-démocratie : on a certes atteint une situation de progrès humain importante, toutefois il est difficile d'aller encore plus loin dans l'égalitarisme et la justice sociale. C'est l'optimum limité de la social-démocratie.
Si on veut tendre vers une société plus juste, davantage égalitaire, il est alors nécessaire de passer au socialisme démocratique.

Quant à la situation sud-européenne, elle montre l'échec possible de la social-démocratie quand un certain nombre de facteurs péjoratifs sont réunis (par exemple pour la Grèce : forte évasion fiscale, fortes dépenses militaires, fort soutien financier au clergé).
Dans ce cas-là, la seule solution humaniste est le socialisme. L’État manquant de recettes, il faut en effet nécessairement étatiser des entreprises rentables pour maintenir l'Etat-social et l'étendre.

En conclusion, on peut définir la social-démocratie comme un juste but à atteindre, mais non comme la finalité de notre action. L'idéal auquel nous devons tendre restant le socialisme démocratique.

01/11/2011

Le mouvement des Indigné-e-s, vu par un Indigné (suite)

Le mouvement des Indigné-e-s, vu par un Indigné (suite)

Réflexion sur le devenir du mouvement et ses moyens d'action.

Quelles sont les options qui s'offrent au mouvement des Indigné-e-s ?
Que va-t-il devenir ? Comment peut-t-il avoir une quelconque influence ?

Plusieurs possibilités s'offrent au mouvement :

- Fonder un parti politique et tenter de prendre le pouvoir par la démocratie représentative et le jeu électoral.

Évidemment, cette idée est en totale contradiction avec les fondements mêmes du mouvement qui rejette majoritairement la démocratie représentative et le système des partis. Une telle contradiction tuerait symboliquement la crédibilité du mouvement.
De plus, il semble difficilement envisageable de réussir à établir de manière consensuelle une ligne idéologique commune.

- Se radicaliser et passer à la lutte armée.

Concrètement, la majeure partie du mouvement étant pacifiste cela me semble difficilement imaginable. En outre, cela soulèverait des questions morales importantes.
Par ailleurs, je ne pense personnellement pas que la situation actuelle en Suisse nécessite d'arriver à de telles solutions extrêmes.

- Développer une société alternative jusqu'à absorber la société externe.

Ce qui se fait au campement des Indigné-e-s jette les bases d'un autre mode de fonctionnement collectif, d'une organisation sociétale différente.
Concrètement, si une société interne à une autre grandissait suffisamment jusqu'à devenir majoritaire, on pourrait alors légitimement remettre en question l'existence de la société l'entourant.
Sur le plan symbolique, l'existence d'un autre mode d'organisation sociale peut donner, par l'exemple, des pistes à la société externe, et ainsi l'influencer.

- Servir de lobby citoyen

Par des mobilisations collectives, par des actions médiatiques ou populaires, par des grèves, par des occupations, par l'usage de la désobéissance civile, par le lancement d'initiatives, de référendums, de pétitions, par des campagnes lors des votations, bref par la participation à la vie collective et politique de manière a-partisane, mais en se fondant sur des valeurs et des idéaux, le mouvement des Indigné-e-s peut être réellement efficace.
En agissant sur des thèmes précis, comme le manque de logement ou les difficultés d'accès aux soins de la santé, le mouvement des Indigné-e-s peut réellement influer sur la situation actuelle.

C'est la voie que je soutiens, car c'est celle qui me semble la plus logique et la plus adéquate à la dynamique et à la composition du mouvement.

Ceci étant dit, le mouvement aura dans tous les cas permis de mettre en évidence l'existence de pans entiers de la société largement insatisfaits avec le système en place.
Et cette insatisfaction n'est pas près de faiblir !

23:18 Publié dans Les Indigné-e-s | Lien permanent | Commentaires (23) | Tags : indignation, indigné, mouvement, politique, société, moyens, actions | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg