21/11/2011

Instabilité et polarisation idéologique en Europe

Instabilité et polarisation idéologique en Europe

Comme prévu, la gauche (entendez le centre gauche sur un plan idéologique) espagnole a perdu aux dernières élections. Cette défaite est la copie-conforme de celle vécue par la gauche portugaise.
En toute et bonne logique, ce scénario devrait aussi se répéter en Grèce.

Comment expliquer ces résultats ?

Et bien tout bêtement par le fait que les électeurs de gauche ne se mobilisent pas pour un gouvernement social-démocrate qui a comme seul projet de société davantage d'appliquer des politiques d'austérité !

La réaction des électeurs de gauche est donc parfaitement saine et doit faire réfléchir la gauche sud-européenne. Il est temps pour eux d'abandonner la social-démocratie et d'embrasser le socialisme, car sinon ils sont contraints de n'être qu'une copie laide et affadie d'une droite décomplexée.

Les libéraux (et leurs dérivés extrémistes en tout genre) quant à eux, profitent de la crise de la dette pour saccager l'Etat-providence et revenir à un capitalisme plus autonome, exploiteur et opprimant (pour les classes moyennes et les classes précarisées).

Mais l'affaiblissement de l'Etat-providence polarise la société et renforce la lutte des classes.
Ce phénomène produit nécessairement une polarisation idéologique avec le retour du socialisme comme alternative au capitalisme sur la scène politique.

Les mouvements des Indignés sont annonciateurs de cette double polarisation. Ils préfigurent les futures forces contestataires radicales qui sont en voie de formation dans toute l'Europe, et particulièrement dans les pays où la destruction libérale est en cours (comme en Grèce où des manifestations de communistes et d'anarchistes ont rassemblé jusqu'à 50 000 personnes, ou encore en Espagne où l'extrême gauche a remporté de bons résultats électoraux).

La polarisation idéologique et sociale a commencé.
Le capitalisme peut trembler : la révolte est en marche !

*

NB

En France, en Italie, et en Allemagne, la gauche devrait probablement arriver au pouvoir lors des prochaines élections. Toutefois, ces résultats futurs s'expliquent de la même façon par le fait que la population votera contre l'austérité décidé par les gouvernements de droite dans ce cas-la.
Les majorités se renverseront encore la fois d'après, si, entre-temps, les gauches italiennes, allemandes, et françaises ont été incapables de passer au socialisme, et donc d'apporter une réponse humaniste, efficace sur le long terme, à la crise de l'endettement.

13:39 Publié dans Air du temps | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : polarisation idéologique, polarisation sociale, politique, gauche, droite, austérité, dette | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg

Commentaires

Mais le mouvement des indignés arrivera-t-il à faire changer les choses avant que les choses s'écroulent ? Ces fabuleux chateaux de cartes économiques sont en train de vaciller et... A-t-on jamais vu un chateau de carte commencer à s'écrouler et se redresser ? Moi jamais.

Écrit par : riekl zhangsun | 21/11/2011

@ riekl zhangsun, il est probable que le mouvement des Indignés en lui-même, et dans l'état actuel de ses forces et de son organisation, n'est pas de taille à mener seul un changement systémique par les voies politiques "actives"(la création de communautés étant une autre option politique). Mais il est annonciateur de la formation de mouvements sociaux et politiques radicaux aptes à mener cette (r)évolution.

Écrit par : Adrien Faure | 21/11/2011

La crise sociale est là. La vague de licenciement a commencé et ne va pas se terminer. Il y aura de plus en plus de chomeur et la plupart (surtout ceux entre 45-60) ne trouveront pas de nouveau travail. Ajouté à cela la pauvreté va gagner du terrain.

Cette augmentation va générer automatiquement une prise de conscience et le mouvement des indignés prendra de l'ampleur. C'est déjà le cas au USA. Des personnes ont été arrêtée pour avoir retiré leur argent dans des banques. Cette action bête fait peur au système. Le mouvement d'indigné n'est pas une solution en soi puisqu'il ne propose rien mais pousse à la réflexion. La prochaine étape c'est l'engagement.

Par contre à savoir si c'est avant que l'économie s'écroule difficile à dire. Ce que je peux parier par contre c'est que la bande d'incompétant qui nous mis dans cette situation va finir par nous proposer une solution. Se sera le moment de bien regarder ce que l'on nous propose (regression ou évolution) et de ne pas se laisser faire comme on l'a fait jusqu'à maintenant.

Écrit par : plume noire | 23/11/2011

Le capitalisme, hélas, ne tremblera pas tant que la télévision, les écrans et la publicité joueront leur rôle anesthésiant auprès d'une masse abasourdie et très largement majoritaire.
Les minorités marginales qui s'agitent dans les pays riches ne déclenchent rien de plus que la passivité habituelle. Car les occidentaux ont beau être grincheux dans la forme (et encore!) et pour faire la causette, dans le fond, ils n'ont pas envie de renoncer au peu qu'ils ont. Ils s'accrochent à leur médiocrité, en redoutant que cela puisse être pire dans l'inconnu à venir... Le mouvement ne viendra probablement pas des populations biberonnées à la consommation et hyper-dépendants aux loisirs-écrans.

Écrit par : Aleksk | 23/11/2011

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