17/11/2011

Crise économique et austérité

Crise économique et austérité

Selon l'économiste Julien Bonnet :

« La vraie cause du chômage, ce sont les gains de productivité colossaux enregistrés depuis les années 1970. La productivité a été multipliée « seulement » par 2 entre 1820 et 1960, puis par 5 depuis 1960 grâce à la multiplication des robots et des ordinateurs. »

L'économiste Denis Baba revient, quant à lui, sur cette notion d'augmentation de la productivité du travail dans un de ses derniers articles :

« A compter de la fin des années 1960, la productivité du travail est tellement importante que le nombre d'heures travaillées collectivement devient insuffisant pour valoriser le capital accumulé par les entreprises. Sur notre planète économique, il n'y a plus assez de travail pour rentabiliser le capital. »

Car « pour fonctionner correctement une économie de marché doit mobiliser toujours plus de travail productif, c'est à dire du travail mis en œuvre pour rentabiliser le capital des entreprises (...) afin de garantir les taux de profit. »

Quand la productivité du travail est trop élevée (phénomène renforcé par la révolution numérique et technologique), les entreprises qui le peuvent vont chercher le travail là où il coûte le moins cher (en Chine, au Brésil, ou en Inde). Mais même ainsi, nous dit Denis Baba, il est impossible de restaurer les taux de profit.

Alors les entreprises se tournent vers la spéculation.

« En 2006, officiellement la moitié des bénéfices des entreprises multinationales américaines était de nature spéculative. »

« Les titres financiers ne valent rien d'autre que la confiance qu'ont les autres acteurs du marché dans la poursuite de la hausse des prix. Et seule celle-ci permet de rembourser les emprunts. A partir de 2007, en Occident, les défauts de paiement sur le marché des crédits hypothécaires aux États-Unis provoquent l'explosion de la bulle : les dettes ne peuvent plus être remboursées à cause de la baisse des prix des titres financiers. »

« Il est maintenant évident que l'argent créé par la bulle financière ne vaut rien car il ne correspond à aucune valeur économique, à aucun travail. Il n'a certes jamais rien valu mais maintenant plus personne ne peut faire semblant du contraire. Une crise financière c'est la chute vertigineuse des valeurs spéculatives des titres financiers et donc de l'économie marchande qu'elle soutenaient.
Mais la crise économique n'a pas son origine dans la finance ou dans les banques. Pas du tout. La folie de la finance n'est que la conséquence de la crise de l'économie : l'impossibilité de continuer à faire des profits et de la croissance sans le soutien de la bulle spéculative. »

Cette crise économique découle donc des logiques propres au système capitaliste et à ses propres limites internes ou fonctionnelles (systémiques).

Le système économique capitaliste étant en danger, les gouvernements européens, soumis aux classes dominantes (ou aliénés par l'idéologie libérale dominante), sont intervenus pour le sauver.
Pour cela, ils ont dû s'endetter, et à présent ils sont incapables de maintenir, dans le cadre des limites du capitalisme, un Etat-social correct.

Au contraire, ils se retrouvent à appliquer avec violence des politiques d'austérité et de réduction de l'Etat-social !

La conclusion logique de tout ceci, comme je l'ai démontré dans mes notes précédentes, consiste en un renversement des classes dominantes par les classes moyennes et précarisées.

http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/11/07/lutte-d...

Toutefois, le capitalisme pourrait fort bien se maintenir en mutant en une forme davantage dictatoriale et autoritaire où toute contestation se verrait réprimée. L'élitisme contenu dans le libéralisme offre d'ailleurs une base théorique à ce type de transformation répressive.

C'est pourquoi les forces de gauche doivent impérativement accéder au pouvoir et sortir du capitalisme par une transition vers une économie (néo)socialiste !


"L'Histoire ne fait rien, c'est l'homme, réel et vivant, qui fait tout." K. Marx



Commentaires

Ah c'est sûr, sans le progrès technologique, on serait beaucoup mieux à tailler la pierre à mains nues. Bannet et Bobo sont tellement obsédés par les profits des autres qu'ils seraient bien en peine de s'apercevoir que leurs centaines d'heures d'études ne servent qu'à nous resservir du bon gros malthusianisme bien dégoulinant, les pauvres.

"L'impossibilité de continuer à faire des profits et de la croissance sans le soutien de la bulle spéculative." Ouhouhouhouh, elle est gratinée celle-ci. :') L'hypertrophie de l'activité spéculative comme preuve supposée de l'impossibilité à trouver de nouveaux schémas économiques profitables. C'est bizarrement fait une tête de décroissant un peu, non? Comme d'hab, vos références confondent allégrement causes et conséquences, oubliant commodément les sommes colossales d’argent gratuit déversées sur le secteur par des décisions politiques ineptes dont on va payer les conséquences pour encore plusieurs décennies.

C’est le plus grand problème de tous les socialistes, décroissants et autres réactionnaires du même acabit : condamnés à s’acharner perpétuellement sur un capitalisme qui présentera toujours trop de défauts à leurs yeux, ils passent à côté des opportunités gigantesques d’innovation et de prospérité qui existent aujourd’hui, et parviennent en plus à légiférer en leur faveur de façon à miner le terrain et décourager les initiatives de ceux qui entendent les développer et les exploiter.

La véritable entrave au progrès, c’est la chape de plomb bureaucratique chérie de vos amis socialistes, qui s’y accrochent comme à leur bouée de sauvetage contre les aléas d’une vie jugée trop imprévisible. Commençons par démanteler les administrations pléthoriques, à retirer à des fonctionnaires tatillons et aigris par l'ennui le droit d’inverser la charge de la preuve sur de pauvres gusses qui veulent expérimenter leurs innovations à titre privé, et ensuite, on reviendra disserter sur les limites incontournables de la croissance capitaliste.

Écrit par : Naith | 17/11/2011

Julien Bonnet à l'air d'être de faire plus de journalisme qu'un travail d'économiste.

Quand à Denis Baba, pareil, économiste certes, mais semble être uniquement connu pour son travail de journaliste, chroniqueur (La Décroissance, Arbeitmachtnichtfrei, ... )... de bonnes et solides références absolument impartiales ....

C'est comme lorsque je vous avais demandé des exemples de systèmes qui ne sont pas basés sur le capitalisme, qui n'aient pas tourné en dictature et qui fonctionnent, et que vosu m'avez donné des exemples de tape associations de jardins familiaux ....

Vous faites du vent.

Écrit par : Alfred | 17/11/2011

" « La vraie cause du chômage, ce sont les gains de productivité colossaux enregistrés depuis les années 1970. La productivité a été multipliée « seulement » par 2 entre 1820 et 1960, puis par 5 depuis 1960 grâce à la multiplication des robots et des ordinateurs. » "

Il faut aussi connaître les travaux de l'économiste Joseph Schumpeter sur la destruction créatrice. Quand l'innovation ( entre autre les robots et les ordinateurs )remplace les anciens métiers par de nouveaux. Et le gains de productivité servent aussi aux investissements futurs création d'emploi. Et pas seulement dans les pay émergents.

" Il est maintenant évident que l'argent créé par la bulle financière ne vaut rien car il ne correspond à aucune valeur économique, à aucun travail. Il n'a certes jamais rien valu mais maintenant plus personne ne peut faire semblant du contraire. Une crise financière c'est la chute vertigineuse des valeurs spéculatives des titres financiers et donc de l'économie marchande qu'elle soutenaient. "

les bulles ont plusieurs causse. Notamment la spéculation sur des innovations qui ne décollent pas. Mais le bilan global est positif même après une bulle ( téléphonie mobile et internet ).

Les bulles spéculatives peuvent venir par des taux d'intérêts restés trop longtemps bas. Ces taux bas favorisent la croissance et l'emploi. Mais cela génèrent trop de liquidité qui amène à la spéculation et aux bulles. Ce sont les banques centrales qui doivent jouer la dessus pour éviter trop de spéculations qui forment ces bulles Mais bon; on a non plus rien sans rien.

" Toutefois, le capitalisme pourrait fort bien se maintenir en mutant en une forme davantage dictatoriale et autoritaire où toute contestation se verrait réprimée. L'élitisme contenu dans le libéralisme offre d'ailleurs une base théorique à ce type de transformation répressive. "

Se sont des théories idéologiques qui n'ont aucune expérience connue dans l'histoire ou l'on a vu des sociétés libérales et capitaliste qui ont appliqué des répressions au nom de ce système. Par contre; les économies socialistes et communistes oui.

Le libéralisme et le capitalisme sont dans la nature humaine. Etre libre entreprenant, savoir ce qu'il y de mieux pour soi-même ne se décrète pas. Les hommes ont toujours fonctionnés comme cela. Le commerce marchand a existé bien avant l'existence de la notion de l'état et du socialisme. Le commerce est l'une des activités la plus ancienne de l'humanité.

D.J

Écrit par : D.J | 17/11/2011

Vos économistes à deux balles partent d'un présupposé stupide, qui fleure bon le marxisme des premiers âges. A savoir que pour faire du pognon, il faut forcément exploiter un travailleur. Mais honnêtement, si vous acceptez d'y réfléchir deux secondes sincèrement, qu'est-ce qui empêche de faire du pognon en exploitant un robot ?
Si l'automation est partiellement responsable du chômage, cela n'a rien à voir avec le capitalisme en soi. C'est juste qu'à partir du moment où le même boulot peut être fait par des machines, on n'a plus besoin de travailleurs. Allez-voir les carrières de Meillerie un de ces jours. Là où jadis, jusqu'au début du XXème siècle, bossaient plus de 700 ouvriers entretenant tout une petite ville, des bistrots et un commerce florissant, il n'y a plus que deux techniciens. Pour un débit de pierraille équivalent...
Ce que vous oubliez aussi, c'est que le socialisme dans le temps revendiquait également l'automation comme outil de libération des masses travailleuses. De fait le boulot dans les carrières était particulièrement éprouvant, fatigant et malsain. Et mal payé. Idem dans les usines. Les deux conducteurs de machines d'aujourd'hui gagnent correctement leur vie, dans des conditions bien meilleures. Mais que sont devenus les autres ? Eux sont morts depuis longtemps. Leurs enfants et petits enfants ont fait des études, du moins c'est ce qu'on leur souhaite... Mais s'il n'y a plus de boulot pour eux, ce n'est peut-être pas forcément de la faute des méchants capitalistes ?
Peut-être qu'ils pourraient l'inventer eux-mêmes, leur boulot, plutôt que d'attendre qu'un hypothétique exploiteur leur verse un salaire de misère afin qu'ils puissent se révolter et faire grève ???

Écrit par : Séraphin Lampion | 17/11/2011

@ D.J

"Se sont des théories idéologiques qui n'ont aucune expérience connue dans l'histoire ou l'on a vu des sociétés libérales et capitaliste qui ont appliqué des répressions au nom de ce système."

Le Chili, la dictature, et Friedman, ça ne vous dit rien?

"Les hommes ont toujours fonctionnés comme cela."

Allons, les premières économies fonctionnaient par le don, le troc, ou la propriété commune. C'est ce qu'on appelle le communisme primitif.

@ Alfred, vous êtes élitiste! Vous rejetez mes références parce qu'elles ne sont pas de votre standing!

Écrit par : Adrien Faure | 17/11/2011

" Le Chili, la dictature, et Friedman, ça ne vous dit rien? "

Friedman était un théoricien économique. Il a pour le Chili donné des directives pour l'application d'un libéralisme économique et non pour faire appliquer une politique de répression politique. Pinochet était un dicteur. Il n'était pas libéral et ni démocrate et ne connaissait rien à l'économie capitaliste. Sa repression politique le fut au nom de la lutte contre le socialisme et le communisme et pas au nom du capitalisme ou du libéralisme ou pour son instauration.

" Allons, les premières économies fonctionnaient par le don, le troc, ou la propriété commune. C'est ce qu'on appelle le communisme primitif. "

Le troc c'était déjà une forme de commerce dont les bénéficiaires étaient les ceux qui le pratiquaient. Pour la propriété commune ce n'était pas du communisme même primitif. A l'époque ces terres appartenaient aux tribues ou aux comunautés sur place. Ils en faisaient ce qu'ils voulaient. Cela n'appartenait pas un apareil d'état ou à un état dirigiste quelconque. Cela ressemble plutôt à de la propriété privée " primitif ".

D.J

Écrit par : D.J | 17/11/2011

@adrien

"@Alfred, vous êtes élitiste! Vous rejetez mes références parce qu'elles ne sont pas de votre standing!"

Non! Mais je perdrais mon temps à développer, vous êtes un "crétin cultivé", mais vous restez avant tout un crétin.

Je ne reviendrai plus perdre mon temps sur votre blog

Écrit par : Alfred | 18/11/2011

"@ Alfred, vous êtes élitiste! Vous rejetez mes références parce qu'elles ne sont pas de votre standing!"

Le même reproche peut vous être fait (et je dirais même plus, vous affichez une autosuffisance qui est presque malpolie), car vous rejetez également systématiquement les idées qui ne sont pas de votre standing. La seule différence entre vous et les défenseurs du système capitaliste (et non de ses dérives, une fois encore) c'est que vous êtes dans l'incapacité totale d'apporter des arguments concrets à vos élucubrations Marxistes. FAUCON YAKA FTW!

@Alfred : "C'est comme lorsque je vous avais demandé des exemples de systèmes qui ne sont pas basés sur le capitalisme, qui n'aient pas tourné en dictature et qui fonctionnent, et que vosu m'avez donné des exemples de tape associations de jardins familiaux ...."

Vous avez de la chance qu'il vous ait répondu quelque chose ; J'ai posé la même question et j'attends toujours la réponse. Mais comme M. Faure est incapable de donner une réponse construite, il préfère tourner autour du pot et détourner l'attention sur d'autres sujet comme le ton des commentaires qui le dérangent. C'est dommage.

Écrit par : Nom/Prénom | 18/11/2011

Denis Baba est un économiste complètement dépassé. Et depuis longtemps. Ne disait-on pas déjà de lui dans les années 1960 : "Baba coule !"?

Écrit par : Armand Lothar | 18/11/2011

@ Alfred, vous rejetez mes sources parce qu'étant de gauche radicale, elles ne travaillent évidemment pas pour des multinationales (!) et maintenant vous m'insultez! Bel exemple de capacité à débattre!

@ Armand Lothar, +1 :D

@ D.J, vous avouerez tout de même que autoritarisme et capitalisme peuvent fort bien s'accorder ensemble (prenez la majorité des dictatures dans le monde du XXIème siècle, ne sont-t-elles pas capitalistes?)

Le socialisme dans sa finalité ne doit pas être conçu comme étant étatiste le moins du monde. Marx n'a-t-il pas dit que l'Etat dépérirait une fois la société sans classe atteinte? ;)
De même, dans le communisme primitif, avec la propriété commune, l'Etat ne correspond qu'à un facteur organisationnel.

Écrit par : Adrien Faure | 18/11/2011

@ Alfred, vous pensez bien que si un Etat avait déjà adopté l'anti-productivisme vous n'en seriez pas à me demander des exemples d'application!
Alors les exemples que je vous ai donné sont les meilleurs actuellement existants que je connaisse!
Que croyez-vous? Qu'on a quitté la monarchie absolue pour la démocratie représentative en sachant exactement ce que cela donnerait?!
Evidemment qu'il faut se lancer un peu dans l'inconnu, c'est le propre de la réflexion idéologique!

@ Nom/Prénom, ce commentaire peut aussi vous être adressé. Mais si vous me rappelez quel était votre question je promets de vous répondre, si c'est faisable.

Écrit par : Adrien Faure | 18/11/2011

@ Adrien,

" @ D.J, vous avouerez tout de même que autoritarisme et capitalisme peuvent fort bien s'accorder ensemble (prenez la majorité des dictatures dans le monde du XXIème siècle, ne sont-t-elles pas capitalistes?) "

Ce sont surtout du proto-capitalisme ou crypto-capitalisme; mais en aucun cas du capitalisme libéral. Je ne défend pas le modèle chinois. Mais le capitalisme chinois par exemple a au moins sorti plus de 300 millions de chinois de la misère et de la pauvreté. La preuve que même sous une dictature; le capitalisme améliore la situation économique d'une bonne partie de la population.

" Le socialisme dans sa finalité ne doit pas être conçu comme étant étatiste le moins du monde. Marx n'a-t-il pas dit que l'Etat dépérirait une fois la société sans classe atteinte? ;)"

Pourtant tout les socialistes du monde entier vouent un culte pour l'état. Les classes sociales sont nées sous les sociétés capitalistes. Parait-il que même Marx le disait.

D.J

Écrit par : D.J | 18/11/2011

VÉRITÉ ET COURAGE: soyons franco!

Le chargé d'affaires des classes capitalistes, en France, et dernier rejeton de la cinquième république, a tout lieu d'être satisfait des manoeuvres dilatoires des agences de notation à propos de la dégradation de l'économie française. Monsieur 100 000 euros avait promis de réconcilier le capital et le travail. Il a favorisé la rente. C'est effectivement une forme de réconciliation: compter ses sous prend du temps.
Et quoi de mieux qu'une mauvaise note, pour dire aux classes capitalistes qu'on pense très fort à elles. En langage SMS, ça donne quelque chose comme: tout va bien. On coule! Les agences en question exultent:

(lire la suite sur 1847.overblog.com)

Écrit par : valentini | 19/01/2012

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