16/10/2011

Comment le capitalisme détruit la liberté et l'autonomie de l'individu – 1ère partie

Comment le capitalisme détruit la liberté et l'autonomie de l'individu – 1ère partie

Essai théorique

Le capitalisme nie la liberté de l'individu et réduit son autonomie, car il est fondé sur un mouvement fondamental qui est sa finalité : la centralisation.

La centralisation provoque l'atomisation de l'individu, car elle l'éloigne du lieu collectif de prise de décision. La centralisation représente l'antithèse de l'indépendance et de l'autonomie humaine, et en cela, elle réduit sa liberté. Plus une société est centralisée, plus l'individu se retrouve incapable d'agir sur sa vie et son quotidien. Je pense que cette notion peut expliquer partiellement la raison pour laquelle le mouvement des Indignés réclament une démocratie réelle aujourd'hui.

Regardons à présent l'Histoire de la centralisation.

Au temps des premiers Hommes, l'être humain primitif et nomade était mû par une logique coopérative. Étant faible, il lui était en effet impossible de faire autrement que de coopérer avec ses semblables pour faire face aux défis quotidiens nécessaires à sa survie.
Cette tendance naturelle à la coopération fonde les sociétés primitives humaines et nomades, qui fonctionnaient en une forme de communisme primitif puisque dans une société faiblement établie la propriété collective et le partage égalitaire sont nécessaires au maintien de la coopération entre tous.

Avec la sédentarisation vient la possibilité d'accumulation et donc la création de la propriété privée.
La sédentarisation consiste en la première centralisation fondamentale, alors que le nomadisme représente la décentralisation ultime.

Avec l'augmentation de la prospérité des sociétés humaines, due à l'augmentation des rendements alimentaires induits par la sédentarisation, les sociétés humaines ne sont plus autant menacées et la coopération n'est plus une logique nécessaire à leur survie. La propriété privée ayant été instituée, une logique de compétition se crée, encouragée par l'apparition des premières formes de commerce marchand remplaçant le troc ou le don.

A l'époque féodale, les sociétés humaines sont relativement décentralisées (comparativement à aujourd'hui). Cette décentralisation économique induit, selon Hanspeter Kriesi, une grande créativité des acteurs économiques qui innovent passablement (charrue lourde, fer à cheval, harnais d'attelage pour les bêtes de trait, etc.)
Mais les logiques de compétition induites par la propriété privée poussent les seigneurs de guerre à la lutte armée pour l'appropriation des possessions adverses. Ces conflits militaires à répétition forcent les seigneurs de guerre à centraliser le pouvoir politique et économique afin d'avoir la possibilité de tirer davantage de ressources de leurs territoires. L'époque absolutiste est marquée par un cercle de guerres, d'augmentation des dépenses, et de centralisation.

La création de l'Etat-nation représente un stade avancé de la centralisation économique et politique.
Mais le capitalisme, dont les fondamentaux (propriété privée, logique de compétition, commerce marchand) sont à présent bien établis, va renforcer cette centralisation.

La concurrence (c'est à dire la guerre économique), renforcée par l'extension du libre-échange, provoque une centralisation des capitaux dans quelques grandes entités économiques mondialisées : c'est la centralisation économique.

Le capitalisme, créant des crises mondiales (comme les crises écologiques), affaiblit d'autant l'autonomie des États, car ceux-ci sont contraints de tenter de régler des problèmes au niveau politique mondial et perdent ainsi en autonomie : c'est la centralisation politique.

Aujourd'hui, certains se demandent si il ne serait pas temps d'instaurer un État-mondial. Cette idée totalitaire fait froid dans le dos !

Dans ma prochaine note, j'aborderai la clef de l'émancipation humaine : la décentralisation !

Commentaires

Il faut retourner à la vraie décentralisation, création originale du socialisme : le centralisme démocratique. C'est le seul moyen de préserver la liberté des individus, car ce centralisme est celui du parti, qui a en priorité pour but celui de la collectivité.

Toute autre centralisation est totalitaire.

Écrit par : André Baldini | 16/10/2011

Lorsque l'on sait, ne serait-ce qu'en raison de son âge, que les pires centralisateurs "démocratiques" étaient les partis communistes anticapitalistes d'URSS et de Chine populaire, on se dit qu'au lieu de pérorer, vous feriez mieux d'étudier l'histoire...

Écrit par : Déblogueur | 16/10/2011

Toutes les idéologies, de droite comme de gauche, religieuse tendent à supprimer la liberté. Aucune ne fait exception.
Quand vous comprendrez celà, vous saurez que le changement ne peut pas se faire par l'idéologie.
J'espère qu'avec le 20ème siècle, toutes les idéologies sont mortes parce c'est source d'injustice, de frein.
Jamais les théorie ne peuvent rejoindre la réalité qui elle bouge se modifie en dehors de toutes pseudo-théories.

Justice, égalité, solidarité etc.. Tous ces mot n'ont pas besoin d'idéologie, l'humanisme est suffisant.
Se baser sur une idéologie n'est en rien mal, l'appliquer oui.

Écrit par : roket | 16/10/2011

"Justice, égalité, solidarité etc.. Tous ces mot n'ont pas besoin d'idéologie, l'humanisme est suffisant."

Ce que vous décrivez est une idéologie. Malheureusement peu à l'ordre du jour et de moins en moins dès que les gens grimpent l'échelle du pouvoir.

En France, on a un bon exemple de centralisme non-démocratique. Jamais le peuple français n'a été appelé à voter, par exemple, sur les centrales nucléaires.

Chacun doit pouvoir être maître chez lui. Actuellement il y a trop de moyens, même en Suisse, pour détourner la volonté populaire ou pour la manipuler. Nous vivons sous une oligarchie ploutocratique.

Écrit par : Johann | 16/10/2011

Le communisme est effectivement une centralisation du pouvoir et il est malsain. Penser que les idées exposées ont pour but de nous ramener au communisme révèle les oeillères que certains ont. La question n est pas de revenir à ce système mauvais. La question est de dépasser cela en mettant l homme au centre de l économie. Faut il encore avoir assez d imagination pour le faire et ne pas étudier bêtement l histoire. Il suffit simplement d être évolué. Quand les USA ne pourront plus payer leurs dettes la réaction en chaîne sera violente et il faudra bien proposer autre chose que des systèmes connus. Vu le manque de lucidité il y à de forte chance que l on bascule de nouveau vers une dictature grâce à la croyance aveugle des moutons. Il suffit d étudier l Histoire pour le savoir.

Écrit par : Plume noire | 16/10/2011

Le capitalisme est aussi une logique d’accaparation. Et c’est là également un point fondamental de la destruction de liberté et d’autonomie puisque l’accaparation par qqun signifie le dépouillement de tous les autres.

Cette affirmation peut être remise en question grâce à la croissance économique. Si on envisage la quantité de richesses produites comme un gâteau qu’il faut partager entre les travailleurs et les détenteurs de capitaux (et leurs serviteurs les patrons, hauts cadres, traders etc.) et le fait que le but des détenteurs de capitaux est d’améliorer leur rendement et donc leur vitesse d’accumulation, sans croissance la part des travailleurs est réduite, la pauvreté augmente ainsi que les conflits sociaux.

Grâce à la croissance, la part des capitalistes peut augmenter sans que la part des travailleurs ne soit réduite. C’est ce qu’on a constaté depuis 1980 avec une part de la valeur ajoutée allant aux salaires toujours plus réduite alors que la productivité des travailleurs augmentait.

Ceci est mis à mal en période de croissance nulle et de récession. Là, on constate que les salaires sont mis sous pression et que des baisses d’impôts pour les entreprises et les plus privilégiés sont exigées.

Ceci pourrait plaider en faveur d’une recherche perpétuelle de croissance toujours plus grande mais les analyses de l’impact écologique montrent que c’est intenable à court terme et les crises capitalistes qui sont de plus en plus violentes et de plus en plus rapprochées correspondent à des réajustement, comme avec une soupape de sécurité. Malheureusement, ce sont généralement les travailleurs qui en font les frais et il semble qu’ils commencent à en avoir assez.

Le capitalisme a donc vitalement besoin d’une croissance qui n’est pas tenable à long terme sans provoquer le malheur des peuples, leur appauvrissement et la restriction de leur liberté et de leur autonomie.

Écrit par : arturo | 17/10/2011

@ André Baldini, Déblogueur et Plume Noire, la centralisation marxiste est au coeur de l'échec de ce modèle de socialisme (qui est celui du socialisme productiviste que Marx qualifiait de scientifique).
Un nouveau socialisme ne répétera pas les mêmes erreurs! Le socialisme productiviste amène au capitalisme d'Etat, le socialisme anti-productiviste est le seul à pouvoir accomplir notre projet humaniste véritablement émancipateur.

@ Arturo, vous avez bien raison de mettre en évidence la privation de liberté que provoque les inégalités et la précarité du capitalisme. C'est un aspect que j'avais traité il y a un moment dans un texte précédent :

http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/09/27/le-socialisme-du-xxieme-siecle.html

Sinon, je partage à 100% votre analyse du lien croissance-capitalisme.

Écrit par : Adrien Faure | 17/10/2011

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