09/10/2011

Indignation et mutation idéologique en Europe

Indignation et mutation idéologique en Europe

Cette année 2011, la social-démocratie est, symboliquement et idéologiquement, morte.

Que ce soit en Espagne, en Grèce, ou au Portugal, partout les gouvernement sociaux-démocrates de centre gauche ont échoué à gérer les crises (systémiques) auxquelles ils ont été confrontées.

Ainsi, on a pu voir que la social-démocratie ne fonctionnait pas, tant elle dépend du bon fonctionnement du capitalisme pour mener à bien ses politiques humanistes (qui péjorent ensuite la bonne marche du capitalisme... la boucle est bouclée!)

L'échec de la social-démocratie sonne évidemment le retour du socialisme sur le devant de la scène idéologique.
Ce socialisme prend la forme, présentement, d'un rejet total du capitalisme, sans que ce refus se concrétise encore formellement en un mouvement socialiste politique et idéologique à part entière.
On peut interpréter ainsi le mouvement des Indignés. Ces derniers rejettent avec fracas le capitalisme, mais peinent à proposer une alternative. C'est pourquoi, peu à peu, ils construisent à grands traits une utopie socialiste tout ce qu'il y a de plus concrète.

Ces mouvements des Indignés, essaimant dans tout l'Occident, annoncent la fin des compromissions de la gauche avec le capitalisme, et la fin des sociaux-libéraux vendus au capital (ces derniers ayant pullulé dans d'honorables partis de gauche ces dernières années).

Victoire de la gauche au Danemark, adoption du PS suisse du dépassement du capitalisme, mort du New Labour du centre-droitiste Tony Blair avec sa reprise en main par un proche des syndicats, et enfin, apparition du concept de démondialisation dans le discours du PS français.
Tous ces faits marquent la fin de la droitisation de l'Europe : le capitalisme libéral a suffisamment dégoûté les gens !

Les futures victoires électorales annoncées de la gauche en France (PS), en Italie (PD) et en Allemagne (SP) représenteront des situations importantes et intéressantes à observer pour se faire une idée de l'évolution idéologique de la gauche européenne.
Espérons que celle-ci suivra la ligne du socialisme et abandonnera le paradoxe perdu de la social-démocratie !

18:17 Publié dans Air du temps | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : indignation, social-démocratie, socialisme, politique, europe, gauche | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg

Commentaires

Les indignés et puis quoi ?
Quand ils auront fini de s'indigner qu'est-ce qui aura changé ? Rien. Parce que pour que les choses changent il faut que tous le monde cesse de vivre au dessus de ses moyens, les individus comme les états. Le capitalisme en sois n'est pas une mauvaise chose ce sont les perversions dont il fait l'objet qui sont à bannir.
Les gens sont dégoûtés de voir ce qu'on fait les banques et les financiers de tout poil sans morale. Mais au fond de soi-même tout le monde est capitaliste. Les gauches européennes ne peuvent fonctionner sans le capital. Le socialisme pur et dur ne fonctionne que lorsque le capitalisme est parti à la dérive, ce qui est le cas, mais si l'Europe vire à gauche cela durera le temps d'une guerre. Pendant les guerres les gens se contentent de ce qu'ils ont en attendant des jours meilleurs. Et après petit à petit ils redeviennent les petits patrons qu'ils n'ont cessé d'être. Voter à gauche c'est l'espoir d'avoir le minimum pour vivre mais après quelques temps on en veut plus. L'homme est toujours prêt à partager ce qu'il ne possède pas. Comme disait Coluche : Un socialiste c'est un mec qui te dit " Si tu me donnes ta montre je te donne l'heure "

Écrit par : L' Amer Royaume | 09/10/2011

Vous avez un raisonement de récupération de mouvement. Les indignés sont apolitiques. Ils ont un sentiment d'injustice. Et l'injustice est certe lié au excès du capitalisme mais en rien ils ne remettent en cause un système, mais remets en cause l'inhumanité du système et son injustice.

Pour moi, la prochaine philosophie va dans le sens : Amélioration de la qualité de vie et justice dans un capitalisme humanisé.

Les idéologies n'ont pas d'avenir. Elles ont montré qu'elles divisent les humains, et donc non viable pour une société stable.
La social-démocratie est sortie du carcan de l'idéologie pour un pragmatisme qui assure une société viable.

Bref vous êtes né trop tard.

L'avenir n'est pas à la lutte des classes, mais je la vois dans l'humanisation de la société c-à-d le volet social du développement durable.

Écrit par : roket | 09/10/2011

@L'amer Royaume ,bien vu et qui a peur?des nantis,les plus pauvres ne peuvent avoir peur car ne possédant pas grand chose ils ne vont pas perdre de temps à narguer les gouvernements ,pour ensuite se plaindre d'avoir été lourdé de leur emploi ou avoir loupé leurs examens d'universitaires ratés

Écrit par : lovsmeralda | 10/10/2011

Quand on sait l'origine du socioconstructivisme menant à l'éducabilité dans la durabilité en omettant pas ,le blanc du plus blanc de chez blanc on ne peut qu'être conscient qu'en votant la séparation de l'état et de l'église pour une fois les citoyens ont pris conscience aussi de ce qui les menaçait réellement,car beaucoup de mouvances sectaires et chrétiennes sont dirigée par un empire qui commença en 1930 déjà!alors vigilence s'impose et plus que jamais

Écrit par : lovsmeralda | 10/10/2011

Apparemment à Hong Kong ou à Singapour ils n'ont en pas marre du capitalisme. Peut être parce que les méthodes appliquées ne sont pas les mêmes... Et qu'on a là bas un vrai capitalisme.

Écrit par : changer assurance | 10/10/2011

@ Changer d'assurance, à Singapour les habitants ont une allocation universelle. Mais bon la fortune de Singapour découle du fait que c'est un paradis fiscal, alors ce n'est pas un modèle de réussite capitaliste.

@ Rocket, je ne récupère pas le mouvement, puisque j'en fais moi-même partie.
Ne croyez pas que le mouvement des Indignés se laissera tomber dans votre fatalisme paresseux! Votre pragmatisme n'est qu'une compromission de perdant! La social-démocratie a échoué, et le développement durable a été corrompu par l’idéologie productiviste!
La démocratie c'est le dissensus, c'est la confrontation idéologique. Votre conception de la politique est donc anti-démocratique.

Écrit par : Adrien Faure | 10/10/2011

Sans commentaires :

http://www.guardian.co.uk/environment/2011/aug/30/eco-activist-tim-dechristopher

Ou plutôt si : au Moyen Age, on brûlait les sorcières. Il a de la chance Tim!

Écrit par : Johann | 12/10/2011

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