30/09/2011

LOST in Capitalism

LOST in Capitalism

Pourquoi désirer dépasser le capitalisme ?
Est-ce une lubie idéaliste de jeune gauchiste? Une élucubration passéiste soixante-huitarde ? Une finasserie intellectuelle sans lendemain?

Nos adversaires droitistes nous répondrons certainement un peu de tout cela, car de manière évidente leur horizon se borne au capitalisme, puisque ce dernier fait le profit des classes dominantes qu'ils représentent.

Pourtant, il est de bonnes raisons de se battre pour en finir avec le capitalisme !
Allons-y pour un petit tour de salle.

Crise sociale

‎« La masse des pauvres, dans les pays riches, se débat dans la gêne d'un quotidien fait de pâtes à l'eau, de conserves à bas prix et de factures impayées. Tapie dans cette médiocrité lancinante gît la menace de glisser vers la déchéance de la rue, de l'alcoolisme et de la mort anonyme du petit matin » Hervé Kempf

En Suisse, on compte, selon une récente étude de Caritas, 1 million de pauvres.
Pourtant, on trouve 10% de la population mondiale de milliardaires chez nous.
En outre, on peut noter la présence de 283 000 millionnaires (sans prendre en compte le capital immobilier), et dans le même temps de 400'000 working poor (personnes travaillant à 100%, mais incapables de vivre avec le revenu qu'ils touchent).
Par ailleurs,
10 000 millionnaires possèdent plus de 10 millions de francs, alors que 56 % des contribuables possèdent entre 0 et 50'000 francs.
La moyenne suisse des écarts salariaux s'élève d'un facteur 73 (écart moyen entre le plus bas et le plus haut salaire), dans certaines grosses entreprises cet écart se chiffre parfois en plusieurs centaines de fois. A Genève, 18% des Genevois n'ont pas accès aux soins dont ils auraient besoin par manque d'argent (étude HUG),
alors que 9% des Genevois est millionnaire et possède 85% de la fortune totale du canton.
Au niveau mondial, 3 milliards d'êtres humains vivent avec moins de 3 dollars par jour, alors que 1011 milliardaires se partagent 3600 milliards de dollars (classement Forbes).
La classe mondiale des millionnaires représentent 0,2% de la population mondiale, toutefois elle possède 38% des richesses.
Enfin, je citerais Paul Ariès :
« Les 3 personnes les plus riches au monde ont un revenu annuel équivalent à celui des 150 millions les plus pauvres!
2 % des humains détiennent la moitié de la richesse mondiale!
50 % des humains n'en détiennent que 1 % »
et Jean Ziegler : « 35 millions de personnes meurent chaque année de la faim. Toutes les 5 secondes, un enfant âgé de moins de 10 ans meurt de faim. Près d'un milliard de personnes sont en permanence sous-alimentés. »


Crise écologique

Le capitalisme et son rouage central, le productivisme, a amené l'humanité devant le gouffre de l'auto-destruction en nous poussant à consumer toujours plus notre biosphère. Nous devons faire face à la raréfaction des ressources naturelles, à la chute drastique de la biodiversité, à l’acidification des océans, à l'épuisement des sols, au réchauffement climatique, pour ne citer que les principaux problèmes.
Capitalisme et écologie sont INCOMPATIBLES! Toute amélioration technique (de l'efficience en terme de consommation énergétique par exemple) est immédiatement annulé par une augmentation de la consommation du bien lui-même : (on réduit de 5% la consommation en essence d'une voiture, mais dans le même temps on augmente ses ventes de 15%), c'est ce qu'on appelle l'effet rebond.
La crise écologique, produite par le capitalisme, menace d'engloutir l'humanité !

http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/10/01/lost-in...

Crise politique

Le capitalisme tue le citoyen qui est en nous et dépolitise notre société par le biais de son industrie du divertissement visant à droguer le citoyen à la sur-consommation débilitante.

http://www.facebook.com/note.php?note_id=185170798174118


Crise psychique

Le capitalisme, construction du libéralisme économique (l'idéologie des riches), provoque chez ceux qui le subissent une mutation des valeurs en prônant la compétition et non la coopération, l'avidité et non le partage, la consommation et non le bon usage, l'exploitation et non l'entente, la guerre économique et non la coopération économique, l'individualisme et non la démocratie collective, l'hégémonie du privé et non l'association publique. Ces nouvelles valeurs ont comme conséquences de changer nos modes de vie et nos modes de comportement, avec comme conséquence un déséquilibre profond dans notre nature humaine. Le lien social, la vie en collectivité, l'espace public se retrouvent tour à tour affaibli. Le capitalisme pousse l'individu à travailler sans cesse davantage pour gagner davantage, afin de consommer davantage : l'individu perd ainsi sa vie à la gagner.
Enfin, on notera que globalement la joie de vivre se perd, vu les ventes croissantes d'anti-dépresseurs en Occident.

Ce petit tour de salle des conséquences du capitalisme est largement suffisant pour motiver la proposition d'un modèle alternatif, tel que je tente de le développer régulièrement dans mes écrits. Je reviendrai prochainement sur une transition vers un modèle de socialisme utopique abouti.
Mais il appartient à chacune et à chacun de s'engager dans la lutte politique pour un monde meilleur, aujourd'hui plus que jamais, la nécessité d'un changement appelle à la mobilisation!

10:44 Publié dans Capitalisme | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : capitalisme, économie, politique, société, écologie | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg

Commentaires

Vous feriez bien de méditer de temps à autres cette maxime. Le capitalisme répartit la richesse de manière inégale, le communisme répartit la pauvreté de manière égale. Certes le capitalisme est en crise, mais le communisme lui, est bien mort et enterré, et toutes les sociales-démocraties sont en crise également. Personne n'à jamais trouvé une forme de société idéale, et ce ne sont pas vos utopies naïves qui vont y changer quoi que ce soit. Votre monde idéal n'existe que dans votre imagination, et ce ne sont pas vos idées surannées qui changeront la nature humaine. ABE

Écrit par : Bruno | 30/09/2011

Bruno, je vous répondrai par deux citations :

"Je trouve les idéalistes plus près de la vérité que ceux qui prennent les apparences du monde pour la réalité." François Brune

"Les pensées de la classe dominante sont aussi, à toutes les époques, les pensées dominantes." Karl Marx

Écrit par : Adrien Faure | 30/09/2011

Les esclaves ont courru après une utopie en cherchant la liberté et le peuple a voulu une utopie en desirant les droits de l homme. Par conséquent tout changement commence par une recherche de l utopie.

Écrit par : plume noire | 01/10/2011

@Bruno : "(...)et ce ne sont pas vos idées surannées qui changeront la nature humaine"

Si l'on ne peut espérer un quelconque changement dans la nature humaine, alors autant se suicider tout de suite. Je ne crois pas vraiment au fatalisme.

Écrit par : Val | 03/10/2011

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