26/09/2011

NEO-SOCIALISME

NEO-SOCIALISME

Le libéralisme a su se réinventer plus d'une fois, et trouver des formes de plus en plus en adéquation avec le contexte historique et culturel afin d'assurer la domination des classes les plus riches.
Aujourd'hui, le socialisme doit répliquer, et seule une refonte idéologique permettra de faire face aux défis actuels.

En effet, nous assistons à une crise du capitalisme qui se découpe en trois sous-crises : financière, économique et politique. Ces sous-crises s'articulent ensuite en crises-conséquences : crise sociale (la plus importante), crise écologique (qui englobe tout) et crise psychique (que l'on peut relier à toute les crises). Bien entendue, on peut aussi dire que le capitalisme est une crise en lui-même puiqu'il représente un modèle inadéquat à assurer le bonheur de la race humaine (ce qui doit être e but de tout système idéologique).
Les crises ne tueront pas forcément le capitalisme, ce dernier pouvant fort bien muter (et a déjà commencé à muter) en une forme autoritaire, ploutocratique et malthusienne pour s'assurer la domination des classes les plus riches sur le reste de la société.

Un néo-socialisme doit fermer la parenthèse de la social-démocratie qui aura failli tuer la gauche, et donc déclarer son opposition naturelle et fondamentale au capitalisme (et donc à tout modèle quelconque d'économie de marché), au libéralisme économique (et non au libéralisme des moeurs), et au productivisme (comprenant consumérisme et matérialisme).

Le néo-socialisme pourrait s'axer autour des points suivants :

- Revenir à un certain marxisme, et le dépasser par la démocratie.

Cela signifie concrètement revenir à un modèle d'économie globalement étatisé, selon le principe que l’État est la seule structure économique démocratique. Toutefois, les petites entités ne seraient pas concernés (on ne va pas étatiser le boulanger du coin!) En outre, le système de marché sera remplacé majoritairement par un système planifié. La planification a aussi un rôle de bon usage des ressources à jouer au niveau écologique.
Attention : toute idée de dictature de classe ne me semble plus d'actualité évidemment.
Par ailleurs, l'idée de centralisation est abandonnée au profit de la décentralisation au maximum.
La planification se fera donc de manière décentralisée.
Bref, c'est un retour aux socialismes utopistes (Fourrier, Babeuf, etc.) plutôt que aux socialismes scientifiques qui ont abouti au capitalisme d’État.

- Intégrer les thèses altermondialistes.

Concrètement ce point est fort aisé à accomplir : il consiste à cesser d'imposer un modèle dominant à l'étranger et de ne pas s'ingérer de manière impérialiste dans les affaires des pays étrangers.
Donc, adieu FMI, OMC , BM, libre-échange, dette oppressive, dépendance à l'exportation, et autres dogmes libéraux dépassés et nuisibles. Par contre, vive le protectionnisme intelligent, l'autosuffisance, les échanges intérieurs, et l'autoproduction.

- Incarner l'anti-productivisme.

C'est le point le plus complexe à établir. L'anti-productivisme (aussi appelé décroissance) est une pensée d'avant-garde, dernière mutation de l'écologie politique (qui accomplit ainsi comme le socialisme son retour en avant). L'anti-productivisme consiste en de nombreux points énoncés aux points précédents (autosuffisance, autoproduction, protectionnisme intelligent, etc.), mais on peut faire ressortir comme points essentiels la nécessité de relocalisation (décentralisation) des activités humaines, la baisse du temps de travail, ou le droit à une dotation d'existence.

Le but du néo-socialisme doit être d'émanciper l'être humain de la domination d'une minorité possédante, et d'assurer son bonheur (ou les conditions du bonheur) en se centrant sur ses besoins non seulement matériels (à ne pas confondre avec ses envies comme le fait le capitalisme), mais aussi immatériels (comme l'importance du lien social, de la culture, de l'art, etc.)

Cette courte et imprécise présentation mérite d'être développée et détaillée.
Je vous invite toutefois à vous référer à mes récents textes pour trouver davantage de pistes, sur le socialisme : http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/09/18/pour-un... ou sur la décroissance : http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/09/17/la-decr...

La lutte continue !

Commentaires

Beau texte et bonnes idées (que je partage entièrement).
Mais, dis-voir, c'est pas par hasard la faute au PS la dérive de la gauche? Ce ne sont pas eux les sociaux-démocrates?
Alors pourquoi néo-socialisme, nous parlons bien de socialisme, le vrai? Alors au lieu de faire changer une idéologie de dénomination, pourquoi ne pas simplement changer le nom du PS??? Et ainsi se réapproprier le terme "socialisme"?...
Cello

Écrit par : Cello | 26/09/2011

"Attention : toute idée de dictature de classe ne me semble plus d'actualité évidemment."

C'est fou que pratiquement tout le monde détourne la fameuse "dictature du prolétariat". Marx considérait que tous les régimes jusqu'à lui étaient des dictatures de la bourgeoisie. La dictature du prolétariat n'est que la "dictature" de la majorité des citoyens (les prolétaires étant les plus nombreux) dans un système démocratique alors que la bourgeoisie est minoritaire. Evidemment les choses ne sont plus aussi simples qu'au 19me siècle. La dictature du prolétariat n'est pas la même chose que la dictature au nom du prolétariat qui n'est qu'une imposture. Il suffit de regarder l'actualité pour comprendre que nous vivons sous une dictature économique contre laquelle personne ne se révolte. S'indigne parfois, oui, mais pas de révolte... et encore moins de révolution. Mais le système est en bonne voie de pourrissement du fait de ses contradictions internes, comme l'annonçait Marx...

Écrit par : Johann | 26/09/2011

Johann, faire le pari que le capitalisme s'auto-détruira est faire un pari risqué... Le capitalisme a déjà maintes fois prouvé ses capacités de survie!
C'est à nous de l'abattre!

Écrit par : Adrien Faure | 26/09/2011

à quand une note sur le national - socialisme ? ? ?

Écrit par : Victor Winteregg | 27/09/2011

Vos réflexions de petit-bourge occidental, qui plus est suisse, donc la double crème du capitalisme mondial, me font doucement rigoler. Déjà, mettre le nazisme à gauche, fallait oser (parce qu'Hitler est arrivé au pouvoir avec l'argent du grand capital allemand, les Krupp & Co, parce que toute l'aile gauche du NSDAP avait été proprement égorgée lors de la nuit de cristal et parce que des spartakistes aux communistes, toute la gauche allemande a constitué le premier peuplement des camps).
Mettre le libéralisme à l'extrême-droite, c'était passablement gonflé aussi, en oubliant qu'il y a entre autres des libéraux qui défendent un Etat mondial fort, pour réguler les excès de la finance, d'autres qui sont les plus fervents défenseurs de la liberté d'expression ou encore que les libertarians disent en gros la même chose que vous: liberté d'entreprendre pour les petits...
Mais alors là, votre couplet sur le protectionnisme intelligent et la dépendance aux exportations, c'est à peu près le niveau zéro de l'économie. A des lieues du réalisme de Marx en la matière. Vous pensez vraiment que des milliards de pauvres dans le monde vont accepter de continuer à crever de faim au lieu d'exporter de plus en plus des produits contenant de plus en plus de valeur ajoutée, pour peu à peu arriver à note niveau ? Et que pensez-vous que deviendra votre société de néo-socialistes suisses, sans importations (ben oui, si on supprime les exportations, les importations aussi) de matières premières ? Parce que je vous rappelle que la Suisse n'a quasiment aucune matière première et que même la bouffe, si on ferme les frontières, on va en manquer... Les Helvètes et les Allobroges, déjà, échangeaient leurs produits avec les Grecs, les Etrusques et les Calédoniens... A l'époque des croisades, le meilleur acier d'Europe était produit... en Afghanistan... Jusqu'à quelle époque au juste comptez vous reculer ?
Avant de commencer à pondre des théories sur ce que que devrait être le monde, jeune homme, il faut commencer par essayer de le connaître et de comprendre comment il fonctionne. Au moins essayer. Sinon, plutôt que de passer pour un néo-socialiste, vous aurez juste l'air d'un néo-con.

Écrit par : Gracchus Baboeuf | 27/09/2011

Cello, vous avez raison, le PS est actuellement majoritairement social-démocrate. Toutefois, au vu des dernières décisions qu'il a pris au dernier congrès (entre autre le dépassement du capitalisme), on peut espérer une évolution (portée par la conjoncture et les militants) en direction du socialisme.

Victor Winteregg, je ne compte pas m'étendre sur des thèses nationalistes parce qu'elles ne correspondent pas à mon positionnement personnel. En tant qu'humaniste, la tolérance est une vertu.

Gracchus Baboeuf, je ne parle pas de supprimer les échanges commerciaux qui ont toujours existé, mais de les réduire.
En effet, il est nécessaire d'anticiper le ralentissement des flux économiques qui surviendra inévitablement avec la fin de l'énergie bon marché, notamment la fin du pétrole. Penser des économies autonomes et auto-suffisantes sur le plan alimentaire c'est donc simplement anticiper la fin des ressources naturelles et des combustibles bon marché.
Certes, je ne nie nullement que notre économie sera fort différente, mais elle aura aussi ses points forts.
Marx n'avait pas à se soucier des variables écologiques, c'est pourquoi ses analyses restent assez marquées par un certain scientisme.
Sinon, si j'ai placé le nazisme à gauche c'est parce que son programme contient nombre de mesures de gauche : "13 : Nous demandons la nationalisation de toutes les entreprises appartenant aujourd'hui à des trusts." ou "14 : Nous demandons le partage des bénéfices des grandes entreprises."
On ne peut pas dire que ces mesures soient très libérales.
Au sujet du libéralisme, je crois l'avoir mis à droite non? Ce sont ses formes plus extrêmes que j'ai mis à l'extrême droite. Ce dont vous parlez correspond à ma définition du social-libéralisme, ce courant qui découle du "nouveau libéralisme" né en réaction au marxisme du XIXème siècle et qui intègre l'intervention de l'Etat comme un nouveau paradigme.
Voilà je crois avoir répondu à vos diverses remarques.

Écrit par : Adrien Faure | 27/09/2011

Au moyen-âge, une Genève de 20 000 habitants a connu la famine et même l'anthropophagie lorsque les Portugais ont détourné la route des épices et de la soie qui faisait sa fortune. Les champs alentours ne suffisaient plus à nourrir la population et il n'y avait plus assez d'argent pour acheter de quoi se nourrir à l'extérieur... Et vous voulez faire vivre aujourd'hui en autarcie alimentaire les 450 000 habitants du Canton ? Vous rêvez !
Une Suisse de 4 millions d'habitants en 40, a eu du mal à nourrir sa population - selon des normes de 40, à 100 lieues de nos habitudes d'aujourd'hui - en transformant en champs de patates le moindre morceau de jardin public. Et vous voulez nourrir deux fois plus de monde avec deux fois moins de surface ? Réveillez-vous.
A part ça, opposer le "scientisme" à l'écologie, c'est assez piquant...

Écrit par : Gracchus Baboeuf | 27/09/2011

Quant au nazisme, l'existence de mesures de gauches confirme juste que les extrêmes se rejoignent, notamment en temps de crise, comme on peut à nouveau le constater aujourd'hui où alter-mondialistes et extrême-droite souverainiste se rejoignent sur un tas de points, à commencer par le protectionnisme et le goût pour les frontières.

Écrit par : Gracchus Baboeuf | 27/09/2011

Gracchus Baboeuf, concernant Genève, je vous accorde qu'il est nécessaire d'avoir une approche régionale (valdo-franco-genevoise). Actuellement le taux d'autosuffisance de la région est de 48%, ce qui est une base acceptable.
Pour les villes comme Genève on peut imaginer des toits végétalisés pour les logements, et des jardins communaux publics ou associatifs (sur le modèle des Transition Cities). Les parcs peuvent ou les espaces verts peuvent aussi être mis à contribution, sans parler de certaines rues, puisque lorsque nous aurons besoin de cette autosuffisance alimentaire, la crise énergétique aura réduit le transport privé motorisé. Mais certes, il faut avoir une approche régionale.
Maintenant, on ne peut pas comparer la situation actuelle à celle d'autrefois, c'est à dire que les techniques et les connaissances en agronomie, en agriculture biologique et agroécologique, et en micro-biologie des sols, sont à un niveau jamais atteint auparavant!
N'oubliez qu'il y a aussi des choix alimentaires à faire : consommer bcp de viandes est un gaspillage en termes de ressources alimentaires.
Enfin, je vous rappellerais que la Suisse a une autosuffisance alimentaire de 60% dans son ensemble et que les défis qui l'attendent pour tendre à une plus grande autonomie alimentaire ne sont donc pas si compliqués.

Sinon, oui, le scientisme est l'ennemi de l'écologie, car il préconise des réponses technologiques pour traiter des symptômes plutôt que une réflexion sur la sources des problèmes au niveau systémique.

Écrit par : Adrien Faure | 27/09/2011

Donc si je comprends bien, il y a une bonne science, celle qui aide à faire pousser davantage de patates (mais attention, sans OGM, comme si toutes vos plantes bios et merveilleuses avaient été obtenues par sélection naturelle, sans intervention humaine depuis quelques millénaires) et une mauvaise, celle qui n'y aide pas. Et c'est je le suppose, l'assemblée des soviets qui décide qu'elle science est utile et laquelle ne l'est pas. Comme aux plus beaux temps du stalinisme. Selon des critères dont par exemple, la capacité à intriguer des différents thésards pour obtenir leurs subventions seront miraculeusement absents. Bonne nuit, rendormez-vous sur vos douces certitudes. Et vivez votre vie, quelques années, découvrez le monde et ces fastidieuses réalités, et on en recause. Car comme le remarque Naith, vous avez l'air sincère. Donc tout espoir n'est pas perdu. Vous avez encore le choix entre devenir un vieil apparatchik borné et un mec ouvert et évolutif. Un conseil encore, lisez peut-être un peu moins de maîtres à pensées toutes faites et apprenez à réfléchir par vous-mêmes.

Écrit par : Gracchus Baboeuf | 27/09/2011

Tu peux effectivement attendre et espérer, comme tu dis, un changement de cap du PS. Mais je crois plus bizarrement aux autres utopies de ce blog qu'à celle-ci! Penses-tu réellement au plus profond de toi-même que le PS jouera un rôle vers le socialisme, avec 2 conseillers fédéraux (de droite) et une direction aussi bourgeoise? Le PS est dépassé et si tu crois en tes idées, tu ferais mieux d'aller vraiment à gauche, chez ensemble à gauche ou chez les communistes, encore que...

Écrit par : Cello | 28/09/2011

Cello, notre meilleure chance de changer le cours des choses en Suisse par la politique traditionnelle c'est en agissant avec le PS. Et puis, la social-démocratie est une étape bienvenue pour préparer le socialisme (j'y reviendrais rapidement dans ma prochaine note).

Écrit par : Adrien Faure | 28/09/2011

Aucune chance que les socialistes changent quoi que se soit. Les hommes qui croient en notre version du monde, qui est la moins pire. Ce qu il y à de drôle c est que meme des pesticides fabriqués par mansanto interdit par 180 pays trouvé grâce devant l OMC, autorité qui trouve grâce devant les moutons fatigués de trouver une solution. L horloge fait tic tac. La crise s aggrave et peu s en rende compte. Quand celle-ci sera généralisé la solution facile sera une dictature. Dans 50 ans nos enfants diront comment on a pu faire la même bêtise qu en 33 on leur repondra comme aujourd' hui "on ne savait pas"...alors bonne chance au croyants du libéralisme, douce utopie qui vit ses dernière heures sous cette forme...
Je ne me permettrai ps de dire que vos idées sont une utopie pour la simple raison que je n ai ps la prétention d être sur qu elles n aboutiront jamais. D ailleurs aucun ne peut l avoir...

Bien à vous

Écrit par : plume noire | 28/09/2011

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