02/11/2014

Appareils idéologiques d’État ou comment l'Etat nous asservit



Beaucoup de gens croient que l’État est une hydre omnipotente millénaire (si ce n'est éternelle) que rien ni personne ne pourra détrôner de son piédestal. Et il est effectivement le cas que l’État jouit d'un atout puissant : le monopole de la violence légale (ou le monopole légal de la violence) sur un territoire donné et pour une population donnée. Et pourtant, ce n'est ni la police, ni les tribunaux, ni l'armée, qui maintiennent l'ordre étatique en place à coups de triques et de crosses. Ce qui maintient l’État est en place est bien plus pernicieux : c'est nous-mêmes.

Refoulée en nous, notre croyance en cette grande fiction qu'est l’État, notre crainte devant un monde fondé sur la liberté et le consentement mutuel, s'expriment sous la forme d'une adhésion répétée à l'existence du Léviathan.
Mais pourquoi laissons-nous la part libertaire de notre esprit être étranglée de la sorte par sa part autoritaire ?

Le marxiste Althusser y a répondu en trois lettres : AIE (pour Appareils Idéologiques d’État). Ce sont les structures de propagande étatiques qui influencent notre esprit, et le conditionnent à craindre la liberté et à se résoudre à la société bureaucratique contemporaine. Parmi ces nombreuses structures, ses trois piliers sont : le contrôle des médias (et de la presse), le contrôle des arts (ce qu'on appelle souvent de nos jours la culture), et le contrôle de l'éducation (et de la formation).

Par le contrôle des médias, soit direct lorsque l’État est propriétaire majoritaire de certains médias, soit indirect lorsqu'il se contente de les subventionner, l’État favorise la diffusion des informations qui arrangent ses intérêts (ceux de la classe politicienne et bureaucratique, et de leurs complices économiques). Toute concurrence des médias étatiques ou subventionnés par des médias libres est évidemment rendue ainsi très difficile (très coûteuse et risquée), ce qui pousse les médias libres à rentrer eux aussi dans le système de la dépendance-subvention envers l’État.

Par le contrôle des arts, essentiellement à travers le système asservissant des subventions, l’État peut favoriser les formes d'expression artistique, et les contenus idéologiques qu'ils colportent, qui ne remettent pas en question son existence ou ses intérêts. Même des artistes anarchistes finiraient par cesser de critiquer l’État s'ils se mettaient à vivre sous perfusion étatique. Et c'est ainsi que se crée la servitude volontaire et que les opposants sont muselés avant même d'envisager tout acte subversif.

Enfin, par le contrôle total étatique de l'éducation et de la formation, le pire de tous, la classe politicienne et bureaucratique contrôle le formatage des esprits de l'ensemble des membres de la société et élimine tout enseignement potentiellement subversif.

 

Voici comment la classe politicienne et bureaucratique, et ses complices économiques, maintient son pouvoir, et voilà ce que nous devons libérer en premier lieu. Car si le mouvement libertarien parvient à libérer les médias, les arts, et l'éducation, les verrous mentaux sauteront, l'endoctrinement étatique prendra fin, et une société libre deviendra enfin possible.


 

L'Etat est une fiction qu'il faut tuer en nous.png


13:33 Publié dans Aliénation idéologique, Appareils idéologiques d'Etat | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg

19/12/2011

Aliénation idéologique capitaliste : maux et remèdes

Aliénation idéologique capitaliste : maux et remèdes

Est victime de l'aliénation idéologique, toute personne étant amenée à penser et à agir contre son intérêt, tout en pensant le contraire.

Ce processus de l'aliénation idéologique peut expliquer, dans une très large mesure, les défaites successives de la gauche en Suisse.

On peut distinguer quatre types d'aliénation idéologique différentes.

L'aliénation idéologique directe volontaire et consciente, dont la propagande libérale diffusée par les classes dominantes (à travers les partis de droite) est l'illustration parfaite. Toutefois, il est intéressant de noter que à droite on trouve des individus dont les intérêts consisteraient à défendre la social-démocratie ou le socialisme, mais qui s'engagent néanmoins en faveur du libéralisme contemporain. Ces individus, aliénés, vont par la suite participer à propager l'aliénation idéologique dont ils sont les victimes.
On a donc à faire ici à un cas d'aliénation idéologique directe volontaire et inconsciente.

En fait, il est difficile de prouver l'existence réelle d'une aliénation idéologique volontaire et consciente, puisqu'on peut montrer que le bonheur des classes dominantes ne peut être atteint dans le système qui semblent les avantager. En effet, une récente étude sociologique a démontré que à partir d'un certain niveau de revenu, toute augmentation provoquait une baisse de la satisfaction globale (baisse de l'utilité marginale). L'intérêt réel, non illusoire et libéré de toute aliénation, des classes dominantes tend donc à rejoindre celui des autres classes sociales (l'intérêt de tous est dans l'égalité des ressources).

L'aliénation idéologique directe involontaire consiste dans la production dans le cadre du système capitaliste, de vecteurs d'aliénation par des agents qui ne recherchent pourtant pas une telle finalité à leur action. Ainsi, l'étude de l'économie de marché durant la formation scolaire part de l'idée de former les individus de manière trouver un emploi ensuite, dans le cadre du système en place. Mais cette étude exclusive de l'économie de marché durant la formation scolaire tend à forcer l'adhésion à cette même économie de marché, puisque cette dernière apparaît comme le modèle qui fait force de loi au niveau du savoir scientifique.

L'aliénation idéologique indirecte (ou systémique) correspond à toute la production aliénante non créée dans le but de servir de vecteur d'aliénation. Il s'agit de la force d'intertie, de résistance, et d'enracinement, du système capitaliste, qui s'exprime à travers une certaine production télévisuelle, un certain cinéma, une certaine mode vestimentaire, une certaine presse, etc. Ces vecteurs d'aliénation agissent surtout en forçant l'intégration de pré-notions axiologiques ou idéologiques chez les individus, afin de les rendre dociles et accessibles aux autres formes d'aliénation.

Face à l'aliénation idéologique capitaliste,
que faire ?


On peut certes compter sur l'évolution de la conjoncture socio-économique pour faciliter une conscientisation des individus, et par conséquent une désaliénation idéologique. Toutefois, ce serait se terrer dans une passivité contre-productive.

La solution pour combattre l'aliénation, pour désaliéner les individus, réside dans l'adoption d'un comportement militant décomposable en quatre points :

- Mobilisation

C'est uniquement par l'activité de contre-propagande active que nous pouvons espérer faire passer nos messages et nos idéaux, remèdes au mal de l'aliénation.

- Intégration

Partis politiques de gauche, collectifs, groupements, associations, syndicats des travailleurs, et mouvements sociaux, doivent intégrer le maximum possible d'aspects de la vie des individus pour pouvoir assurer une conscientisation idéale et un niveau de désaliénation adéquat.

- Radicalisation

Le rejet et la rupture avec le capitalisme sont nécessaires à tout processus de désaliénation sur le long terme. On ne saurait en effet lutter uniquement contre des conséquences sans éliminer le problème à sa source.

- Détermination

C'est la condition de la réussite de toute lutte contre l'aliénation idéologique capitaliste.
Face à des forces plus puissantes que nous, notre détermination doit être à toute épreuve.

18:22 Publié dans Aliénation idéologique | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : aliénation, idéologie, capitalisme, mobilisation | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg