30/10/2015

Diurnambuler


Il y a des jours sans sommeil où le monde nous échappe. L'esprit s'éveille, hagard et encore trempé de lambeaux de nuit, il scrute l'horizon et ne perçoit rien d'autre qu'une infinie fatigue. Alors il erre, d'être en être, de monade en monade, il papillonne sans jamais se poser vraiment, comme un long vol plané sans décollage ni atterrissage.

Entre euphorie et morosité, entre ivresse et accablement, l'errance se poursuit, trébuchements de paroles et d'actes, saccades de pensées et fulgurances d'images. Nomade moderne battant le pavé, croisant la route de ceux qui, plus braves, ont su vaincre le sommeil dans un quotidien combat.

Une journée de perdue ? Non pas. Plutôt une journée dédiée au dieu Contemplation, à la poésie et à l'introversion. Curieuses sensations que celles qui viennent rompre avec notre habitude de nous élancer avec témérité à l'assaut du jour nouveau. Succulente irruption de l'âme dans la vie du corps, de l'onirisme dans la froide raison.

Laissez-vous donc valser au rythme de la rêverie, laissez-vous donc porter par l'étrange torpeur, et que le lendemain vous saisisse enfin lorsque vous vous y attendrez le moins. 

 

 

18:07 Publié dans Aimables futilités | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg